Une conférence de réveil

avril 2008

Une conférence de réveil

La conférence de Pâques a rassemblé environ 7.000 amis de différents pays. Et une fois de plus nous avons eu une conférence dont le contenu béni pourrait remplir un livre tout entier. Mais comme le but de ces quelques lignes est d’écrire un court compte rendu et non un livre, nous nous contenterons d’un résumé des principaux messages et particulièrement de ceux de notre frère Kåre J. Smith, dont le ministère est si riche. Un grand nombre de frères de Norvège et d’ailleurs ont participé à l’édification, avec des témoignages riches de contenu. Toute la conférence a été un grand réveil à la piété.

Le premier amour – Ne pas chercher son propre intérêt

L’ange de l’église d’Éphèse avait une bonne réputation et une vie qui inspirait le respect. Mais il a tout de même reçu ce message : « Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » Ap. 2, 4-5. Jésus lui rappelle comment il était dans les premiers temps, à l’époque où seul le nom de Jésus et une vie dans sa présence comptaient pour lui. C’est seulement lorsque nous vivons dans la présence de Jésus que la Parole peut agir profondément en nous et faire une œuvre de transformation dans notre homme intérieur. Tout propre intérêt et tout amour-propre sont comme des « grains de sable dans l’engrenage » et empêchent tout progrès. Ils ont pour résultat qu’on ne voit pas clair, qu’on se trompe dans ses jugements et qu’on prend de mauvaises décisions.

Jésus ne cherchait qu’une seule chose : glorifier le Père. Ce doit aussi être notre unique désir : glorifier Jésus par notre vie et par nos actions.

Quand on a les pensées et l’esprit occupés par l’honneur des hommes, on est constamment agité. On dit des choses qu’on n’aurait pas dû dire, ou on se tait alors qu’on aurait dû dire quelque chose. L’apôtre Paul restait le même, et il était dans le repos, qu’on l’honore ou non. Il était reconnaissant pour ce qui était son lot en Jésus-Christ. La plupart des gens cherchent malheureusement leur propre intérêt dés que l’occasion s’en présente. Et quand on cherche son propre intérêt, le mensonge et l’hypocrisie font imman-quablement leur apparition.

En même temps qu’il rendait à Timothée le témoignage qu’il ne cherchait pas, lui, son propre intérêt, Paul a aussi rendu à d’autres ce témoignage : « Tous, en effet, cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ. » Cela doit nous réveiller puissamment, car le fait de chercher son propre intérêt n’est loin d’aucun d’entre nous, que nous soyons jeunes ou moins jeunes, que nous soyons des débutants ou que nous ayons acquis une grande sagesse et une grande intelligence spirituelles.

Nous pouvons par exemple nous examiner à la lumière de 1 Co. 10, 24 : « Que personne ne cherche son propre intérêt, mais que chacun cherche celui d’autrui. » Finissons-en radicalement avec tout amour-propre et tout propre intérêt ! Prions pour avoir l’attitude de cœur du berger. Un berger a pour mission d’aider les brebis, et rien d’autre. « ... mais que les membres aient également soin les uns des autres. » 1 Co. 12, 25. Qu’en est-il du Lazare qui est couché devant ta porte ? Si tu cherches ton propre intérêt, tu ne le remarques même pas. Si nous ne servons pas Dieu selon la grâce qu’il nous accorde, nous échappons à la loi qui régit son assemblée.

A cet égard, il y a naturellement beaucoup de choses qui sont du domaine de l’inconscient. C’est pourquoi il est si bon et si nécessaire de se rassembler avec les autres. Dans la communion les uns avec les autres, on apprend aussi à souffrir ensemble et à se réjouir ensemble.

Dans Ro. 12, 3, nous sommes exhortés à ne pas avoir une trop haute opinion de nous-mêmes. Si nous avons une trop haute opinion de nous-mêmes, cela vient justement de ce que nous cherchons notre propre intérêt. Il est bon de s’examiner soi même : qu’est-ce que Dieu a pu faire en moi jusqu’à aujourd’hui ? Et qu’est-ce qu’il a pu faire par mon moyen ? Nous sommes exhortés à avoir des pensées sobres. Combien d’âmes avons-nous gagnées pour Christ ? Combien de fois t’es-tu courbé afin que d’autres puissent te dépasser en marchant « sur ton dos » ? Où étais-tu lorsque certaines personnes avaient besoin d’une aide économique ? Pourquoi n’es-tu pas plus attentif aux injonctions de Dieu dans ton cœur ? Nous ne pouvons pas vivre une vie de disciple si nous cherchons notre propre intérêt.

Dans Ézéchiel 34, il est question des bergers d’Israël qui se paissaient eux-mêmes sans paître le troupeau. Exami-nons-nous par exemple à la lumière du verset 4. Avons-nous fortifiés les plus faibles ? Avons-nous ramené celui qui s’égarait ? Avons-nous rendu visite à un de ceux qui s’étaient éloignés de la communion des saints, ou avons nous seulement constaté que, malheureu-sement, ils étaient partis ?

Une mère est un berger dans son foyer. Un père aussi. Bientôt les enfants seront grands. Quels souvenirs auront-ils de ton travail de berger ? Nous devons toujours chercher le bien-être éternel des enfants et ne pas soigner notre petite personne ou par exemple chercher de l’honneur et du respect par le moyen de nos enfants. Oh, que tout désir de « grandeur » dans ce monde soit bannis dans nos vies et nos foyers ! La postérité des hommes pieux sera bénie !

Le feu et la potasse

« Qui restera debout quand il paraîtra ? Car il sera comme le feu du fondeur, comme la potasse des foulons. » Mal 3, 2. Il vient auprès de chacun d’entre nous qui avons une vocation céleste. Il paraît aux yeux de tous ceux qui aiment la lumière et le jugement. Et lorsque sa lumière brille dans nos cœurs, nous devons nous conformer à cette lumière. Surtout lorsque la lumière nous montre davantage de notre orgueil. Notre temps est court et il faut que nous l’utilisions pour notre salut.

« Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. » Ph. 2, 13. A une conférence comme par exemple celle que nous avons eue pendant ce week-end de Pâques, Dieu agit par la lumière qu’il envoie, et il produit à la fois le vouloir et le faire. Si nous voulons atteindre le but qu’il nous a fixé, il faut que nous marchions dans cette lumière.

Le jugement commence par la maison de Dieu. 1 Pi. 4, 17. Le Seigneur nous donne de la lumière, plus de lumière. C’est le Seigneur qui nous parle pour qu’il y ait une transformation dans notre vie. « … et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions. » Hé. 3, 6. Si nous sommes « sa maison », c’est par nous que le jugement commence, ce jugement qui nous donne de la lumière et auquel tous ceux qui ont un cœur sincère donnent raison, comme c’est écrit d’une manière si bénie dans Ps. 94, 15. Si nous n’aimons pas ren-contrer le Seigneur sur la voie de ses jugements, nous ne faisons pas partie de ceux qui ont un cœur sincère. Soyons honnêtes et droits de cœur devant notre Créateur. Faisons-lui connaître notre véritable état. Il sait comment nous sommes, mais il souhaite nous entendre reconnaître la vérité, cette vérité qui peut nous libérer.

« Écoutez la parole de l’Eternel, vous qui craignez sa parole. » Es. 66, 5. La plupart n’éprouvent pas de crainte. Ils n’aspirent pas à la sainteté qui est en Dieu. Celui qui est droit de cœur, aime recevoir de la lumière sur lui-même dans une mesure de plus en plus profonde. Ils laissent le feu du fondeur et la potasse du blanchisseur faire leur œuvre de purifi-cation. Ce feu et cette potasse des foulons pénètrent aussi dans nos pensées. Nos pensées ont besoin d’être purifiées. Il faut un grand travail de purification avant de pouvoir présenter des offrandes avec justice. Mal. 3, 3. Car la parole de Dieu est pure. Et celui qui veut présenter la parole de Dieu doit être pur du fait de chercher son propre intérêt.

Et quand l’Eternel apparaît avec le feu et le jugement, nous ne devons pas nous retirer en arrière. Ce sont les épreuves du feu qui enrichissent notre vie.

Tout ce que nous faisons

« Car l’Eternel est un Dieu qui sait tout, et par lui sont pesées toutes les actions. » 1 S. 2, 3. « ...mais celui qui pèse les esprits, c’est l’Eternel. » Pr. 16, 2. L’Eternel veille sur chacun. Il abaisse et il élève. Il sait juger si les œuvres que nous faisons pèsent lourd dans la balance et si notre esprit a du poids.

Les scribes et les pharisiens tenaient compte d’un certain nombre de choses dans la loi, mais « ce qui pesait le plus lourd dans la loi : la justice, la miséricorde et la fidélité », ils ne s’en préoccupaient pas. Et de ce fait, ils étaient en opposition avec le Père, tout en rendant un culte à Dieu.

C’est l’abondance des vertus de Christ qui donnent à nos œuvres de la valeur aux yeux de Dieu ; ce ne sont pas les œuvres en elles-mêmes. Dieu aime par exemple celui qui donne avec joie. Si celui ou celle qui donne le fait sans joie, cela n’a aucune valeur pour sa relation avec Dieu.

Dans Ga. 4, 19 nous voyons que le travail de l’apôtre Paul avec les Galates avait pour but que Christ soit formé en eux. Cela veut dire que la vie de Christ, les vertus de Christ devaient être manifestées. Dans le monde religieux on s’intéresse souvent au travail mission-naire, mais Paul exhortait tout d’abord chacun en particulier à vivre dans la piété. Le travail missionnaire venait en deuxième position. Il écrit par exemple à propos de l’amour fraternel et il exhorte « à abonder toujours plus dans cet amour. » 1 Th. 4, 9-10. Les dons naturels ne donnent pas de poids à notre esprit. C’est uniquement la vie que nous vivons qui peut nous donner du poids. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus indique qu’au dernier jour, beaucoup diront qu’ils ont fait des œuvres puissantes en son nom, mais malgré cela le Seigneur ne les connaissait pas. Ils étaient capables d’utiliser leurs dons naturels au nom de Jésus, mais ils n’étaient pas capables de vivre leur vie au nom de Jésus.

Les exhortations que Paul adresse à Timothée dans 1 Ti. 4, 15-16 montrent le chemin qui permet d’acquérir du poids dans notre esprit. C’est de cette façon-là que nos paroles peuvent avoir de l’autorité : « ...en agissant ainsi, tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent. ». Quand nous annonçons la Parole, c’est la plénitude qu’il y a dans notre vie qui donne de la puissance à nos paroles. La plénitude de bonté, de misé-ricorde, d’amour. Nous pouvons le lire clairement dans 1 Co. 13. Et dans 2 Pi. 1, 8-10, nous voyons qu’il s’agit premiè-rement d’avoir les vertus de Christ dans sa vie, pour qu’elles puissent croître. Quand par exemple la parole de la patience brille comme une grande gloire à nos yeux, nous remportons la victoire dans les différentes circonstances de la vie (« vous ne broncherez jamais »), mais si nous marchons dans la vanité de nos pensées, nous sommes dans la défaite. Un combat de la foi est nécessaire si l’on veut rester en relation avec Dieu dans les circonstances de la vie.

« ... soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » 1 Co. 10, 31. Nous voyons ici qu’il n’est pas question d’œuvres précises, mais de faire tout à la gloire de Dieu. Nous sommes alors tous sur un pied d’égalité, que nous ayons un ministère visible ou caché. « Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus. » Col. 3, 17. Quoi que nous fassions ! A ce moment-là, la vie devient bénie. Nous obtenons une grande richesse dans notre esprit, nous devenons forts dans notre homme intérieur, et ce qui, en général, crée de grandes difficultés pour les hommes ne nous dérange plus.

« L’Eternel fera de toi la tête et non la queue. » De. 28, 13. Le Saint-Esprit est un esprit qui nous guide. Celui qui fait de lui-même la tête échoue – mais celui qui est rempli de l’Esprit a une force d’attraction dans ses paroles et dans son travail, et il devient la tête.

La vie en abondance

« Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. » Jean 10, 10. Dans De. 30, 15, nous voyons ce qu’est réellement la vie et ce qu’est la mort : « Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. » Pour simplifier, on peut dire que celui qui fait le bien vit la vie, tandis celui qui fait le mal vit la mort. Le bien rassemble. Le bien crée de la communion. Le mal nous sépare de Dieu et nous sépare les uns des autres. La mort signifie la séparation. L’affec-tion de la chair, c’est la mort, mais l’affection de l’Esprit, c’est la vie et la paix. Ro. 8, 6. Les œuvres de la chair, qui sont énumérées dans Ga. 5, 19-21, se manifestent là où la mort règne. Mais le fruit de l’Esprit (v. 22) dégage une bonne odeur de vie. L’amour, la joie, la paix, la patience, la douceur, la bonté, la fidélité, la sobriété ! Oh, comme c’est magnifique de vivre quand le fruit de l’Esprit se manifeste ! Plus nous avons de ces magnifiques vertus, plus la vie devient facile à vivre et plus elle devient bénie.

On peut vraiment se demander pourquoi tant de personnes qui se disent chrétiennes se sont tellement éloignées de cette vie et de cette abondance de vie. On admire volontiers les dons spirituels, mais on ne prête pas attention à la vie elle-même, alors que l’Écriture est pleine d’exhortations qui nous pressent de la vivre.

Notre vocation est d’être unis, comme le Père et le Fils sont un. Unis dans le bien. Unis dans la même vie. Unis dans la même abondance de vie.

Ac. 20, 31 nous donne un aperçu de ce qu’est un vrai travail d’apôtre : « Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous. » Paul les exhortait à travailler à leur salut avec crainte et tremblement. Pierre exhorte à faire tous nos efforts pour joindre la vertu à notre foi. Nous voyons ici un sérieux apostolique, des exhortations apostoliques. Et nous pouvons être reconnaissants de ce que ce sérieux apostolique et ces exhortations soient toujours pratiqués dans l’assem-blée à notre époque.

Quand la chair est sur la croix, ce qui est écrit dans Ep. 2, 15-16 se réalise : « ...il a voulu créer en lui-même avec les deux un seul homme nouveau. » C’est la vie ! C’est la vie de l’assemblée ! C’est la vie en abondance !

L’argile dans la main du potier

« Voici, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël ! » Jé. 18, 6. Nous nous retrouvons d’abord dans la main du potier. Ensuite, tout ce qui est dur et inflexible doit être ôté de l’argile. Toute dureté, tout entêtement, toute mise en avant de nous-mêmes, toute autosatis-faction et tout orgueil doivent être éliminés. De préférence avant que nous passions par les épreuves du feu. Si ces morceaux durs ne sont pas enlevés, le vase aura vite fait de se fendre quand il sera dans le feu.

Si un serviteur de l’Eternel devait tomber dans un péché manifeste, cela aurait bien sûr des conséquences sur la confiance qu’on peut lui faire. Il ne serait pas le vase que Dieu avait prévu de faire au départ. Mais Dieu est bon et il cherchera malgré tout à faire de lui un autre vase, tel qu’il trouvera bon de le faire. V. 4.

« Je vois les choses à ma manière, et je m’y prends à ma manière », dit on peut-être dans son arrogance et son assurance, et on ne comprend pas qu’il y a là quelque chose de dur et d’inflexible qui doit être ôté du bloc d’argile. Cela fait penser au peuple d’Israël, qui ne parvint pas à la justice de la foi, car il s’était efforcé de construire sa propre justice. Ro. 10, 2 et suivants. Ils étaient certes zélés, mais il y avait de la raideur et de l’entêtement dans leur esprit, ils voulaient y arriver par eux-mêmes. Il faut passer par une purification si l’on veut plaire à Dieu et aux hommes.

Il faut que nous aimions la vérité sur toute la ligne si nous voulons que toute la dureté soit éliminée de notre vie. Oui, il faut que nous vivions crucifiés avec Christ, comme Paul le témoigne dans Ga. 2, 20, et que nous ne vivions plus pour nous-mêmes. Les œuvres que nous faisons quand nous « vivons pour nous-mêmes », sont des œuvres mortes. Elles ne nous donnent aucune croissance et aucun développement en Christ. Nous devenons des « pharisiens du Nouveau Testament », nous sommes assis comme Zachée dans son arbre, et nous regardons tout et tous avec froideur et autocomplaisance. Par l’humilité, les morceaux durs peuvent être éliminés de notre vie.

« ... non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi. » 1 Co. 15, 10. Cette compréhension des choses doit nous accompagner dans les circonstances de la vie. On peut être honoré pour beaucoup de choses, lors d’un anniversaire, mais si l’on exige de l’attention, de l’honneur et de la recon-naissance, on s’attache à quelque chose que Paul considérait comme une perte et comme de la boue, pour pouvoir gagner Christ. Paul aspirait à être trouvé en Christ, avec la justice de Dieu qui vient par la foi, ce qui était de loin supérieur à ce qu’il pouvait obtenir par sa propre force. Il avait alors le repos et la joie, dans l’honneur comme dans l’opprobre. Il en va de même avec nous ! Dans cet amour brûlant pour Christ, tout ce qui est dur et raide fond. Quand Christ est honoré, nous pouvons nous réjouir et être dans le repos dans toutes les circonstances de la vie.