La conférence de Pâques
« Que dirons-nous donc à l’égard de ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Ro. 8, 31. Cette parole s’applique très bien à la conférence de Pâques que nous venons d’avoir à Brunstad. En effet, que dirons-nous ? La seule chose qu’on puisse dire, c’est que Dieu est extrêmement bon envers l’Assemblée, il la bénit, la fortifie, la garde, lui permet de faire des progrès et de se développer, et lui accorde des réunions et des rencontres d’une richesse inhabituelles. Les pages qui suivent donneront un extrait des réunions de la conférence.
La maison de Dieu et la porte des cieux
« C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des cieux ! » s’écria Jacob lorsqu’il se réveilla de son sommeil à Béthel. Le Seigneur venait alors de se révéler à lui et de répéter la promesse qu’il ne l’abandonnerait pas, et qu’il accomplirait parfaitement ce qu’il lui avait promis. « Que ce lieu est redoutable ! », dit-il. Ge. 28, v. 15 et suivants.
Lorsque nous nous voyons nous-mêmes à la lumière de Dieu, cela nous effraie, mais c’est dans cette attitude de cœur humble, en reconnaissant ce que la vérité nous dévoile, que se trouve réellement la maison de Dieu et la porte des cieux. C’est dans cette maison que nous sommes libérés du péché et ceux qui se laissent ainsi affranchir du péché demeurent dans la maison pour l’éternité. Jn. 8, 32-36. Aussi longtemps qu’on n’est pas affranchi du péché conscient, on est retenu captif dans les chaînes du péché. « Réellement libres ! », voilà le message de l’Evangile. Ceux qui aspirent à cela et qui sont pauvres en esprit sont les héritiers de la promesse. Dieu qui ne peut pas mentir a juré qu’ils obtiendraient l’effet de la promesse. Hé. 6, 17-20. L’œuvre qui doit se faire en nous et pour nous, c’est l’œuvre qui a eu lieu en Jésus dans les jours de sa chair, quand le péché a été condamné et vaincu dans la chair.
Cette espérance d’être présenté saint, irréprochable et irrépréhensible devant la face de Dieu (Col. 1, 21-29), Paul ne l’avait pas seulement pour lui-même, non, « Christ en vous, l’espérance de la gloire », s’écrie-t-il. Dans tout son ministère pour ses frères et sœurs, il y avait toujours un courant profond d’espérance pour les autres et d’amour pour eux. On ne sent jamais d’irritation chez lui devant le peu de progrès des uns et des autres, jamais il ne prend un ton supérieur, un ton de reproche, comme celui d’un pédagogue. Quand on frappe les autres avec la Parole, quand ils peuvent sentir entre les lignes qu’on est mécontent d’eux, cela prouve qu’on manque beaucoup de maturité et qu’on ferait mieux de veiller sur soi-même et sur son enseignement, au lieu d’essayer de corriger les fautes des autres.
« Christ en vous… C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse… » V. 28. L’Assemblée est la maison de la sagesse. On y trouve des cœurs joyeux, disposés à faire la fête. Quand on est affranchi du péché et qu’on vit dans la sanctification, on a des raisons de se réjouir et de faire la fête ! Et toute cette gloire a été créée « au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés par sa propre gloire et par sa vertu ». 2 Pi. 1, 3-4. Il a inauguré la route qui fait passer de la mort à la vie, qui mène à la gloire au travers des souffrances. Il y a une grande différence entre le fait de souffrir avec un ciel fermé au-dessus de soi et celui de souffrir avec le ciel ouvert. Celui qui n’est pas pauvre en esprit garde un ciel fermé dans les circonstances de la vie.
La parole prophétique renferme de l’édification, des exhortations et de la consolation. Elle est ferme et inébranlable. 2 Pi. 1, 19, et elle brille dans la « brousse lugubre » (trad. suédoise) qu’est notre chair. Elle éclaire jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans nos cœurs. C’est pourquoi nous devons retenir fermement la parole prophétique. Retenons-la et ne la lâchons à aucun prix !
Pour avoir part à la maison qui n’a pas été faite de mains d’homme, la demeure éternelle et impérissable, il faut que nous passions par un dépouillement. 2 Co. 5, verset 1 et suivants. Il faut que nous reconnaissions profondément la vérité et que nous supportions le traitement qui est nécessaire pour que ce qui doit être anéanti le soit réellement.
« Certainement, l’Eternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas ! » dit Jacob. Ge. 28, 16. « Sion disait : L’Eternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! » Es. 49, 14. On peut avoir cette impression lorsque les sentiments se dérobent et qu’on est en plein combat. Mais ce n’est absolument pas vrai. « Voici, je t’ai gravée sur mes mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux. » V. 16. Celui qui reconnaît sa pauvreté et son incapacité n’est jamais réduit à ses propres ressources, et les impressions qu’il peut avoir n’y change strictement rien.
Nous devons apprendre à enflammer et fortifier nos enfants. Combien c’est destructeur pour les enfants lorsqu’on les reprend et les « harcèle » dès qu’ils font quelque chose qui n’est pas très bien. En tant que pères et mères, nous devons être en mesure de transmettre le flambeau de la foi à nos enfants. « Car la promesse est pour vous, pour vos enfants ». Ac. 2, 39. Lorsqu’ils sont pieux, les parents peuvent transmettre à leurs enfants des valeurs inestimables. Dieu était tellement enthousiasmé par la foi et la piété d’Abraham qu’il lui promit de s’occuper de sa postérité à tout jamais.
Lorsque Jésus purifia le temple, les disciples se souvinrent de cette parole : « Le zèle de ta maison me dévore. » Jn. 2,17. Nous devons aussi être saisis de ce zèle pour la maison du Seigneur, le zèle pour que la pureté habite jusqu’aux tréfonds du temple de notre cœur. Avec ce zèle, le calme s’installe dans le temple du cœur, on est libéré de ses opinions humaines, des pensées, des idées et conceptions du vieil homme.
En toute sagesse et intelligence spirituelle
Paul a donné au peuple d’Israël le témoignage qu’ils étaient zélés pour Dieu, mais que ce zèle était sans intelligence. Ro. 10, 1-2. Il est donc possible d’être zélé et de manquer en même temps d’intelligence. C’est par le salut qu’on parvient à cette intelligence. Cela peut avoir de funestes conséquences si l’on entreprend des choses dans son foyer ou dans l’assemblée et qu’on manque d’intelligence. Dans 2. Pi., 1, 5, nous sommes exhortés à joindre à notre foi la vertu et à la vertu la science (l’intelligence, le discernement). On pourrait croire que la vertu renferme aussi le discernement, mais la question est de savoir si, tout exerçant la vertu, nous parvenons à un salut plus profond. On peut se satisfaire d’avoir la victoire, et rester aveugle quant au fait que lorsque nous faisons le bien, le mal est attaché à nous. Dans ces conditions, on ne travaille pas à son salut, et ce que l’on dit et fait n’est agréable ni à Dieu, ni aux hommes. Il manque l’intelligence spirituelle, le discernement, ou comme on le lit dans Col. 1, 9 : « toute sagesse et intelligence spirituelle ».
Pour pouvoir faire preuve d’intelligence spirituelle quand nous pratiquons la vertu, il faut que nous travaillions à notre salut et que nous soyons constamment réceptifs à l’exhortation. Il se peut que celui qui exhorte soit énervé et charnel, et qu’on soit obnubilé par cela, au point de ne pas entendre l’exhortation. Ou si par exemple les enfants sont irrités et qu’ils claquent la porte, il se peut que les parents n’entendent pas le signal qu’ils auraient peut-être dû percevoir. Le père ou la mère en question ont la connaissance de la volonté de Dieu (Col. 1, 9), mais peut-être que leurs enfants ou leur conjoint souffrent de leur manque total de sagesse et d’intelligence spirituelle quant à l’accomplissement de la volonté de Dieu. C’est pourquoi nous devons toujours être intéressés par un salut plus profond. Il ne suffit pas d’avoir un bon témoignage. On ne rend pas injure pour injure, par exemple, mais on passe peut-être complètement à côté du salut plus profond auquel on aurait dû avoir part dans la situation en question.
« Priez pour moi ! » écrit l’apôtre Paul dans Ep. 6, 19. Il était fort (v. 10), mais ce n’était pas la force de l’homme. Ceux qui prennent les choses de cette manière exhalent un parfum béni. Quand, par exemple, un jeune donne une exhortation, il est bon que celui qui est plus âgé la reçoive avec cette attitude de cœur : « Prie aussi pour moi ! » Tous ceux qui travaillent à leur salut ont communion. Quand il est question du travail de reconstruction des murailles de Jérusalem, une expression très significative est employée dans le livre de Néhémie : « à côté d’eux travaillèrent…, à côté d’eux travailla… » Ils se tenaient côte à côte, s’épaulaient mutuellement. C’est autre chose que la critique et l’esprit de jugement. Un exemple effrayant d’esprit critique et de jugement nous est donné dans le passage où les Juifs dirent à l’homme qui avait été malade pendant 38 ans et qui avait été guéri par Jésus : « C’est le sabbat, et il ne t’est pas permis de porter ton lit. »
Nous sommes exhortés dans l’Ecriture à nous examiner nous-mêmes. 2 Co. 13, 5. Quand on s’examine soi-même, on fait preuve d’intelligence et de discernement. Nous devons nous examiner nous-mêmes par rapport à ce que dit l’Ecriture sur la justice, l’amour, la douceur et la miséricorde. C’est pourquoi nous devons être reconnaissants pour toutes les circonstances de la vie qui sont pour nous comme des « contrôles partiels », car le jour de l’« examen final » nous attend tous. Paul pouvait donner le témoignage que « maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps ». Ph. 1, 20. « Maintenant comme toujours ! » Examinons-nous nous-mêmes par rapport à ce témoignage de Paul. La Parole est comme « le niveau dans la main de Zorobabel ». Quand nous voyons dans notre vie quelque chose qui n’est pas tout à fait en accord avec « le niveau », nous avons encore la possibilité d’y remédier.
Faisons en sorte que le jour du jugement dernier – il viendra pour nous tous – soit un bon jour pour nous. « Que chacun examine ses propres œuvres. » Ga. 6, 4. Nous avons tendance à nous occuper de tout et de tous, et au milieu de tout cela, nous ne nous soucions peut-être absolument pas d’examiner nos œuvres. Si nous agissons ainsi, nous ne serons jamais rien d’autre qu’un tombeau blanchi qui s’active selon la lettre et qui est capable de dire à quelqu’un de misérable : « C’est le sabbat, il ne t’est pas permis de porter ton lit. »
« S’ils rougissent de toute leur conduite, fais-leur connaître la forme de cette maison. » Ez. 43, 11. On a toujours des raisons de rougir quand on contemple la gloire du Seigneur (2 Co. 3, 18), mais nous avons alors la promesse d’être transformés de gloire en gloire.
« Car je sais que cela tournera à mon salut. » Lorsque nous lisons ce que Paul écrit à cet égard (Ph. 1, 15-20), nous voyons qu’il ne cherchait pas à mettre de l’ordre chez les autres, à se mêler de leurs affaires. Son souci était que cela tourne à son salut, de façon que Christ puisse être glorifié par son moyen. La force créatrice de Dieu agit comme toujours. De la même façon qu’il a créé la lumière au commencement, permettant à la terre de porter progressivement du fruit, il a aussi fait briller la lumière dans nos cœurs pour que nous portions du fruit pour Dieu. 2 Co. 4, 6. Dans Ep. 1, il est question des projets que le Créateur s’est fixés à notre égard. Le verset 2 nous montre qu’il faut qu’il y ait clairement un « autrefois » dans nos vies, et que nous nous soyons dépouillés du vieil homme, et il faut qu’il y ait une séparation claire et nette entre la lumière et les ténèbres. Il n’habite rien de bon dans notre chair. Le fait de « vivre selon la chair » et celui de « vivre selon l’Esprit » correspondent à deux états tout à fait différents. Ce sont deux manières de vivre foncièrement différentes. Nous ne pouvons pas avoir à la fois part à la table du Seigneur et à celle des mauvais esprits. Il faut qu’il y ait une séparation radicale. Rien d’impur ne doit pouvoir s’introduire. Il faut s’appliquer en particulier à la pureté par rapport à l’autre sexe. Si l’on n’est pas fidèle dans ce domaine, on n’est pas en mesure d’entendre la voix de l’Esprit. Cf. Ez. 14, 3-4.
Soyez remplis de l’Esprit
Nous voyons dans Ep. 5, 17-21 quels fruits bénis et bienfaisants la plénitude de l’Esprit produit. On a alors constamment envie de dire de bonnes choses aux autres, les paroles qui sortent de notre bouche sont toujours bonnes et encourageantes. Bien qu’il ait été sous l’ancienne alliance, Michée pouvait déjà donner ce témoignage : « Mais moi, je suis rempli de force, de l’Esprit de l’Eternel. » Michée 3, 8. Il savait boire aux bonnes sources et il était rempli d’un zèle ardent pour le Seigneur, pour dévoiler au peuple son péché. Ce zèle fait partie du premier amour. Là où il manque, on devient tellement prudent et « plein de sagesse » qu’on tolère le péché et l’infidélité. Il est très significatif qu’il soit précisé dans le livre de Néhémie qu’on répara la « porte du fumier » et qu’il soit ensuite question de la « porte de la source ». Ce que Dieu a maudit est maudit et doit sortir par la porte du fumier, de manière que rien ne puisse polluer nos sources en Dieu, et que nous ayons toujours accès aux sources limpides comme du cristal pour que nous en buvions. Les hommes de Dieu fidèles qui ont construits l’Assemblée ont annoncé la parole de Dieu comme une source limpide comme du cristal et nous nous sommes abreuvés à cette source de vie, à ces « des fleuves d’eau vive » que l’Ecriture a promis. Jn. 7, 37-39.
« Il dit cela de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. » V. 39. Maintenant, l’Esprit est venu et il est tout à fait inutile de rester sec. Etienne était rempli du Saint-Esprit et il plongeait son regard tout droit dans le ciel. Si l’on sent peut-être qu’il y a quelques frictions dans la fraternité, cela prouve qu’il faut de l’huile, il faut boire à la source de vie. Par l’Esprit, cela devient un jeu d’enfants pour nous d’avoir affaire les uns aux autres. Il y a de l’espoir pour la terre aride, comme nous le lisons dans Es. 41, 17-18, mais la condition est que nous reconnaissions notre détresse devant Dieu et que nous buvions à grands traits aux sources du salut, qui sont une source contre le péché et l’impiété. Les citernes du monde sont crevassées, et beaucoup de personnes ont souillé leur esprit et sont devenues des invalides spirituellement parlant parce qu’elles s’y sont abreuvées. Nous ne devons tolérer aucune infiltration de la part de cette eau.
On peut facilement être pris dans un tourbillon, comme un tronc d’arbre qui flotte sur l’eau et qui tourne en rond sans pouvoir poursuivre son itinéraire. Allons plutôt au beau milieu du courant ! Abreuve-toi de l’Esprit ! Bois l’esprit qui est dans la Parole ! Bois l’esprit qui est dans les écrits et les paroles des frères pieux ! Lis par exemple la brochure du frère Aslaksen intitulée « Le repos en Dieu » et bois l’esprit qui s’en dégage, c’est un esprit qui donne de l’énergie, de la force, et … du repos ! Bois et donne à boire aux autres, aussi longtemps que tu seras en vie !
Gédéon se sentait petit et faible, mais le Seigneur lui a dit de partir : « N’est-ce pas moi qui t’envoie ? » Cela répondait de façon simple à la question de Gédéon. Ju. 6, 14. Nous apprenons par là que nous ne devons pas chercher notre force par le moyen de nos sentiments, mais croire fermement et pleinement en celui qui nous a appelés. L’Esprit de Dieu nous affranchit de tout découragement et de tous les liens qui nous rendent esclaves des circonstances et des personnes. Il nous permet de contempler les choses célestes, si bien que nous pouvons apprendre, comme le Maître, à « venir du ciel et parler du ciel », en étant élevés bien haut au-dessus des circonstances et des difficultés de toutes sortes. Jn. 3, 31.
« Ainsi la foi vient de ce qu’on entend. » Ro. 10, 17. C’est pourquoi il est très important de savoir à quelle prédication nous ouvrons notre esprit. Aux diverses réunions et rencontres, nous buvons de l’Esprit de foi, mais si entre les réunions, dans les circonstances de la vie quotidienne, nous écoutons la « prédication » de pensées égoïstes, de diverses opinions, sentiments et raisonnements, ce qui avait été édifié est de nouveau détruit.
Les Corinthiens avaient été « comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance » (1 Co. 1, 5), et cette richesse en connaissance aurait dû les rendre pauvres en esprit. Mais nous voyons au verset 8 du chapitre 4 qu’ils étaient devenus rassasiés et riches. Ils s’étaient enflés d’orgueil du fait de toute leur connaissance. On peut aussi manger de l’arbre de la connaissance par son intelligence humaine, mais le chemin qui donne accès à l’arbre de vie est gardé par des chérubins qui tiennent une épée étincelante à la main. Il faut que l’épée fasse son œuvre, car comme nous le chantons dans un cantique : « tous ceux qui sont fidèles dans l’épreuve du feu reçoivent la manne cachée, et nous voyons en toi l’arbre de vie, tu portes du fruit pour Dieu. »
« Dis-leur : Je suis vivant ! dit l’Eternel, je vous ferai ainsi que vous avez parlé à mes oreilles. » No. 14, 28. Faisons en sorte que ce soient des paroles de foi et des pensées de foi qui atteignent les oreilles de Dieu. Tout commence dans les pensées. Les pensées de la foi mènent aux œuvres de la foi.
« Je veux paraître encore plus vil que cela, et m’abaisser à mes propres yeux. » 2 Sa. 6, 22. Où sont les difficultés quand on a le souci de devenir encore plus petit à ses propres yeux ?
Une mesure de grâce
« Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » Ep. 4, 7. Chacun de nous a reçu une mesure de grâce. Quelle richesse pour l’assemblée locale ! Quelle richesse d’édification cela produit lorsque tout « tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties ». V. 16. Nous sommes certainement reconnaissants pour la grâce et la force que nous avons reçues nous-mêmes, mais savons-nous apprécier la grâce que d’autres ont reçue et réservons-nous la place qui revient à leur activité ? Il faut que nous nous intéressions vivement à ce que les autres ont à apporter. Si nous ne discernons pas l’activité des autres dans le corps, nous devenons rassasiés et riches, comme l’ange de Laodicée, et nous restons ignorants quant à notre misère et notre pauvreté. Il faut alors acquérir un collyre pour oindre nos yeux, afin qu’ils voient.
Si nous voulons qu’il y ait un développement et une croissance dans notre vie, nous voyons dans Ep. 1, 15 que la condition est tout d’abord la foi au Seigneur Jésus et l’amour pour tous les saints. Paul demandait ensuite dans ses prières que chacun ait des yeux illuminés pour voir la richesse de l’héritage qui est réservé aux saints. Quand on a des yeux du cœur illuminés dans ce domaine, on devient reconnaissant pour les autres, et cela crée la communion.
A cet égard, 1 Ti. 5, v. 19 et suivants renferme des exhortations très utiles. Ne fais rien parce que tu y es naturellement porté, dit la traduction norvégienne au verset 21. N’impose les mains à personne avec précipitation. La version Segond dit « de ne rien faire par faveur ». Nous ne devons pas chercher à favoriser quelques privilégiés et à repousser d’autres personnes. Chacun doit avoir la possibilité de se développer. Les enfants eux-mêmes doivent pouvoir être de la partie. Que les liens que le Seigneur donne puissent unir et souder les jeunes et les moins jeunes pour la joie de tous. Il faut que nous ayons des yeux oints pour pouvoir bénir ceux que Dieu bénit. Aucun d’entre nous ne doit être comme un « patriarche », ni dans les foyers ni dans l’assemblée, non, tous doivent sentir à notre contact que nous sommes des frères qui se réjouissent du ministère et du service des autres. C’est triste lorsque certains ont l’impression qu’on ne les apprécie pas et qu’on les blâme et les critique à cause de leur service. Nos enfants doivent aussi se développer dans le corps de Christ, avec les autres.
« Maintenant donc il y a plusieurs membres, et un seul corps. » 1 Co. 12, 20. Il faut que nous ayons des yeux oints pour voir les nombreux membres qui sont dans le corps. Paul nous donne un puissant enseignement à cet égard. Et s’il y a des difficultés dans la communion à un endroit, cela vient souvent de ce qu’on a un comportement qui s’oppose à la façon dont Dieu a composé le corps, la façon dont il y a placé les divers membres.
« Souviens-toi de ton créateur ! » Ec. 12, 3. C’est là une exhortation qui est tout à fait d’actualité à une période impie, où le diable cherche à tuer, voler et détruire autant qu’il le peut. Certaines personnes se retrouvent dans des situations qui leur semblent tellement compliquées qu’elles débouchent sur une crise existentielle qui leur fait perdre le goût de la vie. Il faut exhorter de telles personnes à penser à leur Créateur qui a un plan avec leur vie et leur rappeler que le créateur ne veut pas la mort du pécheur. C’est le diable qui inspire aux hommes des idées de mort. La parole de Dieu, elle, est saine et pleine de vitalité. Il est bien vrai que notre corps retournera un jour à la poussière, mais pas notre esprit. Notre esprit retournera à Dieu, qui l’a donné. V. 7. Dieu veut nous donner un avenir et de l’espérance. Et le Créateur veut faire son œuvre créatrice en nous aujourd’hui aussi. « Ne pensez plus aux événements passés, et ne considérez plus ce qui est ancien. Voici, je vais faire une chose nouvelle, sur le point d’arriver. » Es. 43, 18-19.
Réunion commémorative
Comme il y a exactement vingt ans que le frère Sigurd Bratlie est revenu en Norvège après 5 mois de séjour injustifié dans des prisons irakiennes, une réunion a été consacrée à marquer cet anniversaire lors du week-end de Pâques.
Le frère Sigurd Johan Bratlie a loué Dieu pour les prodiges qu’il fait, pour la constance qu’il déploie pour réaliser ses plans et pour ses projets à long terme, aussi bien à l’égard de chacun en particulier que pour l’assemblée dans son ensemble. Le séjour involontaire de son père en Irak faisait aussi partie du plan de Dieu. Nous savons que cela a été tout autre chose qu’un séjour de vacances. Cela a été une période sans coup de téléphone, sans signe de vie, sans lettres ni voyages. Cette période a aussi contribué à le préparer à l’œuvre pour laquelle Dieu a pu l’utiliser dans son grand âge, servir de pilote à l’assemblée dans des années difficiles. Le frère Sigurd Johan Bratlie a exhorté les amis à lire le livre « Messages groupés par thèmes », qui décrit de façon approfondie ce qu’est l’assemblée, ce qu’elle représente et qui montre aussi où Sigurd Bratlie a puisé la force qui l’a soutenu pendant cette période difficile et qui doit accompagner l’assemblée dans le prochain millénaire.
Nous avons lu dans le psaume 22, qui a été désigné comme le psaume de la sœur Rakel Bratlie, qui était l’épouse du frère Sigurd Bratlie. « En toi se confiaient nos pères ; ils se confiaient, et tu les délivrais. » V. 5. La sœur Bratlie a eu cru à cela dur comme fer et d’une foi inébranlable, et elle n’a pas été confuse. Le souvenir de Mme Yvonne Huslid a également été évoqué avec reconnaissance. Elle a été un instrument important que Dieu a utilisé pour la libération du frère Bratlie. L’assemblée souhaite l’honorer en appelant une aire de jeux qui est prévue dans le plan d’aménagement de Brunstad « Place d’Yvonne ».
Nous sommes aussi reconnaissants que l’écrivain et journaliste Kjell Arne Bratli ait pu être présent à cette réunion commémorative. A l’époque, il occupait une position très centrale au point de vue politique, en sa qualité de secrétaire du groupe travailliste au parlement norvégien. Il a fait un récit intéressant et vivant des événements qui ont mené à l’arrestation de Sigurd Bratlie et de beaucoup d’autres chrétiens en Irak à l’époque. Cela nous a permis de comprendre le fil des événements et les enjeux politiques qui étaient derrière tout cela. On a dit à l’époque que Sigurd Bratlie avait été un petit pion dans un grand jeu. Non, a dit Kjell Arne Bratli, Sigurd Bratlie a été un pion dans un grand plan. Il a clairement montré qu’il fallait voir la main de Dieu dans toutes ces choses.
Le frère Kåre J. Smith a raconté entre autres qu’après une conversation avec le frère Bratlie, on avait toujours quelque chose de précieux à méditer. Nous devons là aussi nous examiner nous-mêmes, qu’en est-il à cet égard ? Et il a fait preuve d’une grande fidélité pour inculquer la Parole rencontre après rencontre. Toutes les réunions de frères qu’il a faites ont eu une importance toute particulière. Comme personne d’autre, il y présentait les vérités de l’Evangile avec une grande clarté. Et dans sa vie, il montrait concrètement qui était Jésus et ce que représentait l’Evangile. C’est pour cela qu’il était capable de transmettre la bonne nouvelle aux autres, d’une façon aussi claire et aussi convaincante.
La conférence de Pâques a été à tous égards une rencontre extrêmement bénie. Six des réunions ont été transmises par satellite à de nombreux groupes d’amis dans toute l’Europe. Et beaucoup de jeunes ont cherché le salut lors des réunions de jeunes du soir.
Que Dieu les bénisse et les garde tous !