Invoquer Dieu comme Père

mars 1999

Invoquer Dieu comme Père

« Il n’y a personne comme lui sur la terre ; c’est un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal. » Job 1, 8. Voilà le témoignage que Dieu a donné de Job, et nous pouvons voir dans le livre de Job quelles épreuves il a subies et par quelle éducation divine il est passé. Pendant cette période, il avait beaucoup de questions, dont beaucoup lui ont sûrement semblé rester sans réponse. Mais il a malgré tout reçu la réponse à ses questions, car la réponse consistait en une connaissance plus profonde de Dieu. Après avoir mieux appris à connaître Dieu, Job a reconnu qu’il avait parlé, sans les comprendre, de merveilles qui le dépassaient et qu’il ne concevait pas (Job 42, 3). « Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu. » v. 5. Cet homme pieux et juste avait donc besoin d’apprendre à connaître Dieu. Il avait besoin d’être éprouvé, pour sortir de l’épreuve pur comme l’or, comme il le dit lui-même (Job 23, 10).

Ces choses nous apprennent à ne pas mépriser le châtiment du Seigneur, et à ne pas perdre courage quand il nous reprend. Hé. 12, 5. Il nous châtie pour notre bien, afin que nous participions à sa sainteté. V. 10. Comme c’est alors stupide de « baisser les bras » ou d’être désespéré, quand on doit reconnaître comme Job qu’on a parlé de choses qu’on ne comprenait pas, ou qu’on n’a pas su faire les bons choix dans telle ou telle situation. On méprise en ce faisant le châtiment que le Seigneur désire tant nous donner, et on se décourage au lieu d’être reconnaissant pour l’amour paternel de Dieu. Comme il est bon que nous puissions participer à sa sainteté, grâce à son châtiment paternel !

« Seigneur, je savais que tu es un homme dur… » dit celui qui n’avait reçu qu’un seul talent, dans la parabole des talents. Mt. 25, 24. Un homme dur ? D’où tenait-il cela ? Était-ce un homme dur qui lui avait confié le talent ? Non ! c’était la dureté de son propre cœur qui lui inspirait de telles pensées.

« Et si vous invoquez comme Père celui qui juge selon l’œuvre de chacun, sans acception de personnes, conduisez-vous avec crainte pendant le temps de votre pèlerinage. » 1 Pi. 1, 17. C’est un grand bonheur de pouvoir l’invoquer comme Père. Jésus a manifesté le Père. Il l’a manifesté comme Père, comme un Père plein de sollicitude. Et nous pouvons invoquer comme Père le Dieu tout puissant et omniscient ! Il est dit que cela doit nous amener à nous conduire avec crainte ; c’est la crainte d’avoir des pensées dures et injustes à son égard et à l’égard de sa sollicitude paternelle. Quand il est dit par exemple qu’il ne se repent pas de ses dons et de son appel (Ro. 11, 29), qui sommes-nous pour le nier et pour prétendre que cela ne peut pas réussir pour nous ? Dieu dit aux amis de Job : « Vous n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. »

Il n’est pas question ici de la crainte qui est associée à l’esprit de servitude (Ro. 8, 15), mais de « l’Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! » Nous devons plutôt craindre alors de nous mettre à douter de l’amour paternel de Dieu à notre égard, et de l’élection de sa grâce : qui a pour but de nous rendre semblables à l’image de son Fils. Ro. 8, 29.

Il se peut que des pères terrestres se comportent comme les gardiens sévères de la loi et comme le « bras long » de la loi, en accumulant des interdictions qui n’ont pas de sens. La vie peut devenir bien maussade pour les enfants qui grandissent dans de telles familles. Mais est-ce là une image juste de notre Père céleste et de sa sollicitude paternelle ? Loin de là ! Réjouissons-nous plutôt d’avoir le droit de l’invoquer comme Père, et de ce que Jésus a commencé une bonne œuvre en nous et qu’il veut l’achever pour son jour, lui qui est le reflet de la gloire du Père et l’empreinte de sa personne.