Lève-toi, sois éclairée !
Au début de notre siècle (que nous pourrons bientôt appeler « le siècle dernier »), Johan O. Smith a écrit à son frère à propos de l’édition d’un journal, dont il souhaitait que ce soit un journal « qui travaille » et pas seulement un journal « qui raconte ». Ce devait être un journal dont le contenu devait conduire directement à la crainte de Dieu. Ainsi en a-t-il été. « Skjulte Skatter » (Trésors cachés, en norvégien) a commencé à paraître en 1912, et n’a jamais cessé de travailler depuis. De même, les frères ont commencé très tôt à organiser des conférences, dont on peut aussi dire que ce sont des conférences de travail, comme nos réunions doivent être des « réunions de travail », qui conduisent directement à la crainte de Dieu.
« Il est vrai que l’Esprit de Dieu ne peut travailler que là où il y a de la pauvreté en esprit », écrit Johan O. Smith dans une lettre à Elias Aslaksen. Quand ceux qui lisent ce journal ou ceux qui se réunissent pour des conférences et des réunions sont pauvres en esprit, il y a donc un travail qui se fait, un travail béni et fécond. Au fil des années, nos nombreuses conférences et réunions ont apporté de l’aide et une direction divine à beaucoup de personnes, jeunes et vieux, qui ont été pauvres en esprit. « Vous les pauvres, venez écouter ! Dieu voit le cœur humble et contrit. », chantons nous dans le cantique n° 1 de notre recueil, « Les Voies du Seigneur ».
Au fil des années, nous avons aussi fait la connaissance de beaucoup d’ouvriers fidèles dans la vigne du Seigneur. Beaucoup d’entre eux sont maintenant auprès du Seigneur. En 1953, le fr. Aslaksen a écrit un cantique missionnaire, dans lequel il exprime le désir de son cœur, qui était de trouver les âmes sincères, qui avaient faim et soif de justice. « Où sont-ils donc, ô Dieu, ceux qui aiment ta loi ? Où dans le monde peut-on les trouver ? » Dieu a entendu ce soupir de son cœur, et quelques années plus tard, beaucoup de portes se sont ouvertes au message de la sanctification, dans de nombreux pays à travers le monde. À une « conférence d’alliance évangélique » en Allemagne, le fr. Sigurd Bratlie a pu avec assurance inviter les gens à venir en Norvège, pour y expérimenter et y voir la vie, l’unité et la communion que les frères annonçaient. Quelle force cela représentait ! Il y avait donc des frères et des sœurs, jeunes et vieux, dont la vie était un « Viens et vois ! » Ces âmes fidèles ont une part très importante dans le travail missionnaire de l’Assemblée dans le monde entier.
Il y a maintenant des assemblées à beaucoup d’endroits dans le monde. Quelle tâche magnifique pour nous tous, dans chaque assemblée locale, dans chaque foyer ! C’est là que la vie doit être manifestée – Christ manifesté en chair. C’est là qu’il doit y avoir un « Viens et vois ! » Paul exprime cela de la manière suivante : « … mais que, maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance… » Ph. 1, 20.
Nous vivons à une époque où nous bénéficions de conditions très favorables – du moins dans nos contrées – pour voyager, nous réunir, avoir des réunions et des conférences. Mais nous devons aussi être conscients que dans cette même époque, il y a eu dans le monde une croissance effrayante de l’iniquité et de l’absence de toute référence à Dieu dans la vie des gens. Comme le dit Elihu Pedersen dans le cantique n° 156, on a vite fait de s’accoutumer aux ténèbres qui règnent dans le monde. Mais en tant qu’enfants de la lumière et du jour, nous ne devons jamais nous accoutumer à la nuit ou à l’obscurité. « … et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. » 1 Jn. 5, 4. Jésus dit : « Mais quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Lu. 18, 8. Trouvera-t-il la foi qui a triomphé du monde ? Il trouvera sûrement beaucoup de « foi » qui a été vaincue et terrassée par le monde, mais il est rare de nos jours de trouver la foi qui triomphe du monde et des ténèbres qui y règnent.
C’est là notre sainte vocation, chers amis ! C’est là qu’est le sérieux, et c’est là qu’est la joie ! Les disciples de Jésus-Christ sont la lumière du monde. Mt. 5, 14. C’est une preuve de confiance qui nous donne une grande responsabilité, et c’est une vocation très sainte, d’être la lumière du monde. Loué soit Dieu pour toutes les étoiles brillantes dans le ciel sombre du soir ! « Il faut que je fasse, tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit vient, où personne ne peut travailler. Pendant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. » Jn. 9, 4–5. Telle était l’attitude du Maître. Cela doit faire résonner dans nos cœurs l’exhortation : Hâte-toi pendant qu’il est encore jour ! Travaille avant la nuit ! Utilise le temps de grâce pour être sauvé ! Ne gaspille pas le temps de grâce, ces jours et heures tellement précieux ! Rachète le temps ! Dans ce chapitre de l’évangile de Jean, nous voyons comment les disciples, dans leur manque de maturité de l’époque, posaient des questions bêtes comme « à qui la faute ? », des questions si typiquement humaines, qui dressent l’un contre l’autre. Combien il est béni, en revanche, de voir ce qui occupait les pensées du Maître : Être une lumière !
Nous devons apporter de la lumière avec nous dans le siècle nouveau. Il ne s’agit pas seulement de parler de la lumière, mais d’être une lumière. Nous devons briller comme des lumières célestes dans le monde, à notre époque, comme le dit la traduction suédoise de Ph. 2, 15. Ce même verset décrit plus précisément ce que signifie le fait d’être une lumière céleste : « afin que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu irrépréhensibles au milieu d’une génération perverse et corrompue ». Des enfants de Dieu irrépréhensibles ! Jeune, as-tu noté cette expression : « des enfants de Dieu irrépréhensibles » ? Et nous qui sommes plus âgés, qui sommes parents ou grands-parents, comprenons notre vocation et notre responsabilité : « des enfants de Dieu irrépréhensibles » ! Alors, nous ne vivons pas en vain.
« Lève-toi, sois éclairée » ! Cela est vraiment nécessaire, car les ténèbres couvrent la terre, et l’obscurité les peuples. És. 60, 1–2.