La conférence de Pâques

mai 1998

La conférence de Pâques

Nous avons de nouveau eu une conférence bénie, particulièrement riche et bonne. Les témoignages et les messages se sont fondus dans une unité bénie, un ensemble harmonieux. En dehors du grand nombre de personnes de tous les pays rassemblées à Brunstad, de nombreux amis de différentes assemblées d’Europe ont pu suivre plusieurs réunions au moyen d’une transmission par satellite, technique pour laquelle les amis de ces différents endroits sont très reconnaissants. On trouvera ci-dessous un compte-rendu des réunions :

Détruire les œuvres du diable

«Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur.» 1 Jn. 3, 3. Pur comme lui-même est pur ! Saint comme lui-même est saint ! C’est vraiment une vocation céleste. C’est très loin du fait de pratiquer le péché, de transgresser la loi. V. 4. «Quiconque pratique le péché ne l’a pas vu, et ne l’a pas connu.» V. 6. Le Fils de Dieu a paru afin de détruire les œuvres du diable. Détruire, y mettre un terme ! C’est vraiment la bonne nouvelle pour tous ceux qui ont un ardent désir d’entrer de plus en plus profondément, et même le plus profondément possible dans ce si grand salut.

Mais comme il est facile d’avoir ces paroles à la bouche tout en restant à la traîne dans la pratique, nous avons tous besoin de l’exhortation de Hé. 4, 1 : «Craignons donc qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard.» Tous les enfants d’Israël voulaient très volontiers entrer dans le pays promis, mais à l’exception de Josué et Caleb, ils sont morts dans le désert. Le pardon des péchés leur a été accordé, mais ils ne sont jamais parvenus à la gloire à laquelle ils étaient appelés. Ils ne voulaient pas croire. Chap. 3, 18. C’est lorsqu’ils devaient combattre eux-mêmes qu’ils ne voulaient pas croire. Lorsqu’on fait des compromis avec les commandements de Dieu, on tombe dans l’incrédulité et le mensonge, et on termine en se trompant profondément soi-même. Un terrible péché de notre temps est par exemple tout ce qui concerne l’impudicité et l’adultère. Les impies ne resteront pas debout dans l’assemblée de Dieu. Dieu veille à ce que de telles personnes soit dévoilées.

Peu nombreux sont ceux qui trouvent la porte étroite et le chemin resserré qui mènent à la vie. Mt. 7, 13-14. Oui, en ayant des vœux pieux uniquement et en se contentant du témoignage des hommes, on ne trouve pas le chemin où la croix peut agir. «Empressons nous donc d’entrer dans ce repos.» Hé. 4, 11. La paix nous est alors donnée, le repos au milieu des plus grandes difficultés.

Le vieil homme ne pourra jamais apprendre quoi que ce soit de ce qui est divin, c’est pourquoi on doit s’en dépouiller. Ep. 4, 20 etc. Nous devons être renouvelés dans l’esprit de notre intelligence. Tout ce qui ne mène pas à la communion et à l’unité est mensonge et tromperie. Il ne sert à rien de se parer d’une bonne forme extérieure si on ne peut s’unir dans un seul corps. Le chemin resserré qui mène à la vie consiste à renoncer à soi-même, à prendre chaque jour sa croix et à suivre Jésus. Suivre Jésus ! C’est en vérité la bonne nouvelle !

Dans Hé. 12, il est question du châtiment auquel nous avons part lorsque nous suivons Christ. Ce devrait être pour nous une grande joie de sentir que nous avons part à ce châtiment, car c’est une preuve de l’amour du Père envers nous. On passe par des tribulations, on est peut-être traité injustement, on perd de l’honneur etc. Est-ce que Dieu a perdu le contrôle ? Non, nous sommes aimés du Seigneur, il nous châtie pour notre bien, pour que nous ayons part à sa sainteté. V. 10. C’est pourquoi nous pouvons être remplis d’assurance au jour du jugement, c’est-à-dire lorsque le jugement sur la maison de Dieu nous frappe, ce jugement qui détruit le péché. Ne méprisons pas le châtiment du Seigneur, mais utilisons-le pour notre salut.

Nous passons par toutes sortes de circonstances dans la vie. Combien c’est bête de s’arrêter à toutes ces «circonstances». Elles ne doivent que servir à ce que nous soyons justifiés de toutes les choses dont nous ne pouvions être justifiés par la loi de Moïse. Ac. 13, 39. En nous humiliant sous la main puissante de Dieu dans nos circonstances, nous verrons que l’Esprit à quelque chose à nous dire, il a davantage de choses à nous dire. «Hâte toi de descendre !» dit le Maître à Zachée. Oui, faisons comme lui, et nous aurons ainsi communion avec le Père et le Fils et tous les saints.

Timothée, ce serviteur du Seigneur qui craignait Dieu reçoit des exhortations telles que : Fuis ! Recherche ! Il convient que nous ayons une telle crainte de Dieu. Pense à toute la corruption causée par les passions et les désirs. Fuis la corruption, est-il dit. Fuis l’amour de l’argent ! Recherche la justice, la piété, la foi, l’amour ! Celui qui aime le châtiment connaîtra les «bons fruits de la justice». Nous sommes alors heureux dans nos circonstances. Nous devons être remplis de l’esprit de la foi et d’une vision de la foi dans nos circonstances, en fixant notre regard sur le jour de la résurrection.

Succomber au moment de la tentation

«Recevez avec douceur la parole qui a été plantée en vous.» Ja. 1, 21. Cette parole doit devenir notre vie. Et c’est justement dans les diverses circonstances que nous devons la recevoir, comme nous le voyons dans la parabole des quatre terrains : «Ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la parole avec un cœur honnête et bon, la retiennent, et portent du fruit avec persévérance.» Lu. 8, 15. Dans cette même parabole, il est question du terrain pierreux, de ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie ; mais ils n’ont pas de racines et succombent au moment de la tentation. V. 13. Lorsqu’on n’est pas tourné vers l’intérieur et à l’écoute pour puiser de la force au moment de la tentation, on succombe. On ne se détourne pas nécessairement de Dieu et de l’assemblée, mais on tombe dans l’épreuve qui devait nous rapprocher de Dieu. La parole reçue avec joie ne porte pas de fruits, les fruits de l’Esprit n’apparaissent pas. Ayons nos racines dans la Parole de Dieu et soyons vigilants, afin de connaître la force de la résurrection et d’expérimenter la vie de résurrection dans les épreuves.

Nous voyons en Jn. 12, 27-28 comment Jésus prenait les choses au moment de la tentation : «Père, glorifie ton nom !» C’est cette pensée et cette prière qui l’ont porté à travers toutes les épreuves et les tribulations qu’il a rencontrées.

Dieu produit en nous le désir de faire ce qui lui est agréable. Ph. 2, 13. Nous voyons clairement par les exemples donnés dans ce chapitre que ce qui est agréable à Dieu, c’est que nous nous abaissions, comme Christ s’est abaissé. «...la semence de Dieu demeure en lui ; et il ne peut pécher.» 1 Jn. 3, 9. C’est une parole claire. C’est lorsque la parole de Dieu demeure en nous au moment de la tentation que nous avons la force de vaincre. Il y a des forces dans le corps du péché devant lesquelles nous sommes sans recours, mais la parole de Dieu nous donne la force nécessaire. Par la parole de Dieu, nous sommes délivrés des pensées à «courte vue» qui se cachent derrière tout péché et toute folie, et nous recevons de Dieu quelque chose avec quoi nous pouvons édifier nos frères et nos sœurs. Nous ne pouvons pas construire l’assemblée avec des pensées intelligentes et humaines, mais uniquement avec les pensées de Dieu. Marchons avec piété afin de ne pas détruire cette relation subtile, où Dieu peut nous faire partager ses pensées.

«... ces œuvres même que je fais, témoignent de moi ...» Jn. 5, 36. Ainsi, les œuvres que nous faisons au moment de la tentation, la manière dont nous prenons les choses, témoignent de nous. Et lorsque quelque chose de nouveau est produit en nous dans les épreuves que nous traversons, de façon que notre conjoint puisse par ex. constater quelque chose de nouveau, une croissance dans notre vie, nous avons alors des choses nouvelles et anciennes qui peuvent édifier l’assemblée.

Il s’agit d’être tourné vers l’intérieur et de rester à l’écoute au moment de la tentation. Nous constatons alors que Dieu touche les points les plus sensibles de notre vie. «Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs.» Hé. 3, 7-8. Au jour de la tentation, le peuple d’Israël s’est endurci. Si nous ne sommes pas attentifs et n’obéissons pas à sa voix «aujourd’hui», un endurcissement caché commence.

Par rapport à la parole semée parmi les pierres, nous lisons : «il croit pour un temps» et «il y trouve une occasion de chute.» On ne trouve peut-être pas d’occasion de chute lorsque la parole de la croix est annoncée, mais dans les tribulations on ne retient pas fermement la parole de la croix dans son cœur.

Un bon berger

Les chefs tyrannisent. Les grands asservissent. «Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur.» Mt. 20, 25-28. Puis il est question de servir et donner sa vie. C’est aussi le chemin que nous devons suivre. C’est uniquement ainsi que nous pouvons aider les autres. Nous sommes alors une odeur de Christ agréable pour Dieu. Voyons-nous notre œuvre missionnaire en cela, que ce soit à la maison ou ailleurs ? Cela ne dépend pas des dons de grâce, mais de la piété. Nous avons alors une plénitude d’esprit, de sorte que ceux qui entendent la parole que nous annonçons sont saisis. 1 Ti. 4, 16 donne une indication claire : «... tu te sauveras toi-même, et tu sauveras ceux qui t’écoutent.» Il n’est pas question ici de don d’éloquence, mais uniquement d’une vie pieuse. On trouve peut-être qu’il y a trop peu d’esprit et de vie dans l’assemblée. Eh bien, qui doit combler cela ? Chacun de nous peut le faire en restant ferme au moment de la tentation. Nous apportons ainsi notre contribution pour que la vie puisse être communiquée aux autres.

Paissez le troupeau de Dieu ! Gardez-le ! Soyez les modèles du troupeau ! Voici les exhortations que Pierre adresse aux anciens. Il est tout à fait possible d’être un modèle d’humilité, de sacrifice et d’amour. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Jn. 10, 11. En s’examinant à cette lumière, il est facile de savoir si on est un bon berger ou non. Il s’agit premièrement d’être un tel berger dans son foyer, puis dans l’assemblée.

Le prix à payer pour que l’assemblée puisse exister a été le sang du cœur de Jésus. Quiconque sert dans l’assemblée doit prendre cela à cœur. Ac. 20, v. 28 et suivants. Paul parle des loups cruels qui n’épargnent pas le troupeau, mais qui entraînent les disciples après eux. De telles personnes se comportent souvent comme des colonels, qui exercent leur pouvoir au travers de leurs sergents. Paul nous a laissé un tout autre exemple. Il exhortait avec larmes, même ceux qui étaient difficiles ! Qu’en est-il de notre amour et notre compassion envers ceux qui à nos yeux ne sont pas si sympathiques ou qui ne nous aiment pas ? Celui qui est un vrai serviteur se met à la place de Jésus et tend à tous la main de la réconciliation. Tous avaient une place dans le cœur de Paul, personne n’était laissé de côté.

«Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation : lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ?» Lu. 22, 24. Jésus leur parla alors de ceux qui règnent et dominent et sont appelés bienfaiteurs. Note bien que les opprimés croient que de telles personnes sont leurs bienfaiteurs. C’est parce qu’ils recherchent eux-mêmes de l’honneur qu’ils ne sont pas capables de discerner, mais se laissent tromper. Les disciples venaient de se disputer, mais les versets 28-30 nous montrent l’esprit de serviteur et de berger qui était en Jésus, lorsqu’il leur ouvre le ciel. C’est avec un tel entendement qu’il nous faut exercer notre ministère. Le corps de Christ est construit selon les lois que Dieu a données. Plus nous entrons dans cet entendement de Christ, plus nous sommes reconnaissants pour tous ceux qui sont sous la même grâce.

«Obéissez à vos conducteurs», nous dit Hé. 13, 17. Personne ne doit utiliser cette parole abusivement pour exercer une pression sur d’autres. Certains ont une forte tendance à dominer, et d’autres préfèrent être en position de soumission pour échapper à la difficulté que représente le fait d’écouter la voix de l’Esprit eux-mêmes. Il faut s’abandonner à l’Esprit pour entendre sa voix. Dieu a placé dans l’assemblée des serviteurs qui se sont laissés sauver et qui savent personnellement ce que signifie le fait d’écouter la voix de l’Esprit. «Qui est le plus grand de ces serviteurs ?» pourrait-on demander. L’apôtre, pense-t-on immédiatement. Non, le plus grand, c’est l’amour, et celui qui accompli son œuvre avec le plus amour est le plus grand, qu’il s’agisse d’un frère ou d’une sœur. Ces personnes ne lient pas les âmes. C’est terrible lorsqu’on peut constater sur l’expression du visage ou sur un témoignage que des âmes sont liées par de fortes personnes. On jette souvent un regard vers ces personnes pour voir si ce qui est dit a leur assentiment ou non. De telles personnes stagnent dans leur développement. 1 Co. 9, 19 nous apprend que nous devons être libres à l’égard de tous et serviteur de tous. Premièrement libre. On peut alors servir de la bonne manière, on est libre et heureux dans l’œuvre de son ministère.

«Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu.» Hé. 13, 7. Les vrais conducteurs annoncent la parole de Dieu, ils ne dirigent pas en détail la vie des autres. En temps que conducteur il faut avoir soi-même une bonne relation avec l’Esprit, et laisser à l’onction le soin d’enseigner à chacun toutes choses en détail. Dans ces conditions, les amis quittent la réunion en retenant l’impression produite par l’Esprit qu’ils ont bu, et non avec le sentiment d’avoir été blessés par la bride qu’on leur a mis sur le cou.

Certains dominent par exemple dans leur famille. Pourquoi domine-t-on ? C’est parce qu’on n’est pas une personnalité en Christ, mais un grand minable. L’esprit qui est dans les hommes pieux n’est jamais dominateur ou contraignant. Les hommes pieux s’abaissent eux-mêmes, ils ont communion avec les autres. Ils s’intéressent aussi bien aux plus âgés qu’aux enfants. Ils rentrent dans leur chambre et reçoivent la sagesse de Dieu. Cela impose du respect et de la confiance. Ceux qui dominent dans leur foyer risquent d’être un jour accusés par leurs enfants de leur avoir volé leur enfance. Un bon père et une bonne mère sont aimés et respectés de leurs enfants.

Notre héritage

L’assemblée est comparée à un chandelier d’or. C’est l’or, la parole de Dieu, qui a produit le chandelier. C’est cette vision que nous devons avoir, chacun dans notre assemblée locale, nous devons voir le chandelier d’or.

Les versets de Ep. 1, 17 et suivants montrent que lorsque l’esprit de sagesse et de révélation nous est donné, nous voyons aussi quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints. Nous allons nous hériter les uns les autres. Ceux qui sont doux hériteront la terre. L’épouse de Christ héritera la terre et le ciel. L’héritage des saints est dans la lumière. Col. 1, 12. Si on ne voit pas cette gloire, cela vient du fait qu’on a quelque chose dans les ténèbres.

«Tout est à vous», nous dit 1 Co. 3, v. 21 et suivants. Nous allons hériter les apôtres, avoir part à la gloire qu’ils ont atteinte. Selon Ro. 8, 30 nous ne serons pas uniquement justifiés et sanctifiés, mais nous serons aussi glorifiés. Demandons dans nos prières des yeux illuminés pour voir notre appel céleste ! C’est facile de prendre les bonnes décisions lorsqu’on voit clairement.

Les Corinthiens étaient des enfants en Christ et n’avaient pas encore de sens exercés. Ils ne pouvaient par exemple pas voir la gloire qui était en Paul. La communion croît lorsque nous voyons le bien qui est chez les autres. Ph. 6. Nous voyons alors les valeurs que nous avons les uns dans les autres. Jean a vu les 144.000 debout sur la Montagne de Sion, et il s’est vu lui-même parmi eux, bien sûr, et il a aussi vu ses frères et ses sœurs parmi les accomplis.

Dans Ac. 11, 23-24 nous voyons que Barnabas était un homme de bien, plein d’Esprit-Saint et de foi. Une traduction dit que c’était un «homme bon». Lorsqu’il est allé chez les amis récemment convertis à Antioche, il vit la grâce de Dieu et s’en réjouit. Il y avait certainement beaucoup de manquements et de défauts dans ce groupe de débutants, mais Barnabas était un homme de bien – un homme bon – avec des yeux bons, il voyait la grâce de Dieu. Un œil critique aurait sûrement vu d’autres choses, ainsi qu’un œil envieux. Nous croyons, c’est pourquoi nous parlons, dit Paul. Dans ces conditions, on est capable d’exhorter, mais on ne peut pas le faire si on s’adresse aux autres parce qu’on est fatigué de constater tel ou tel manquement ou imperfection. J’ai gardé la foi, témoignait Paul. Il avait gardé la foi que cela réussirait pour chacun, que l’assemblée serait présentée sans tâche ni ride.

Oui, ne soyons pas aveugles, incapables de voir de loin, mais voyons loin par l’Esprit afin que les vertus de Christ soient en nous et qu’elles puissent croître. 2 Pi. 1, 8-9. Donnons aux autres ce que Jésus a donné, lorsqu’il dit : «Car je vous ai donné un exemple.» Jn. 13, 15. «Mais sois bon, et tout sera très bon ! », chantons-nous dans un cantique.

«Jésus, nous le voyons», lisons-nous dans Hé. 2, 9. Lorsque nous le voyons lui, sa fidélité au moment de l’épreuve, puis couronné de gloire et d’honneur, nos cœurs sont alors saisis et remplis d’un seul désir : être bon comme il est bon. Nous ne verrons alors que des jours heureux, parce que nous nous éloignons du mal et que nous faisons le bien. 1 Pi. 3, 10-11.

Si on applique à son frère la parole que l’on entend, au lieu de se l’appliquer à soi-même, on finit par ressembler à cette terre qui s’abreuve de la pluie qui tombe souvent sur elle mais qui continue à produire des épines et des chardons. Hé. 6, 7-9.

«Une foule assez nombreuse se joignit au Seigneur», nous dit le passage où il est question de Barnabas, qui était un «homme bon», plein d’Esprit-Saint et de foi. Pense à tous les enfants qui sont parmi nous et qui doivent être gagnés pour le Seigneur. Nous sommes responsables de ce que nous permettons ou interdisons dans nos foyers. Par la bonté, nos enfants peuvent être gagnés pour le Seigneur. Nous ne permettons pas de rapport entre la lumière et les ténèbres. 2 Co. 6, v. 14 et suivants. Il faut évidemment fixer des limites, en parlant avec les enfants et les jeunes, afin de leur donner une compréhension des choses, pas en les assaillant de reproches. C’est la bonté qui attire, et c’est la bonté qui est en mesure de tracer ces limites.

«Nous n’avons fait tort à personne» dit Paul. On peut faire tort à ses enfants. «Nous n’avons ruiné personne.» 2 Co. 7, 2. Par un zèle humain, on peut porter préjudice à ses enfants et à d’autres. Des personnes comme Barnabas ne le font pas. Elles donnent l’exemple aux autres, afin que le désir de suivre Jésus naisse dans leurs cœurs.

Simplicité

Jésus louait le Père «de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants.» Mt. 11, 25. C’est magnifique de se trouver au nombre de ces enfants. Beaucoup d’autorité humaine se cache derrière une forte volonté. Jésus avait pour but que le Père devienne tout en tous. Lorsqu’il est venu dans le monde, ce n’est pas pour occuper un poste. Non, il trouvait son plaisir dans les fils des hommes et mourut pour nous lorsque nous étions encore des pécheurs.

Nous devons rejeter tout reste de méchanceté. Ja. 1, 21. On peut avoir une forte volonté et des capacités d’organisateur, mais si on tend la main à certains et pas à d’autres, tout cela cache souvent un reste de méchanceté. «Nous avons été pleins de douceur au milieu de vous», écrit Paul aux Thessaloniciens. 1 Th. 2, 7. «De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants.» C’est cette bonté qui doit guider nos pensées, paroles et actions. Les Thessaloniciens ont reçu cette parole, mais pas comme une parole d’homme. Ils n’avaient pas l’impression que quelqu’un les assaillait de reproches.

Jonas n’était pas un homme mauvais. Mais lorsque Dieu décida d’épargner la ville de Ninive, Jonas fut irrité. Nous voyons là la nature humaine et combien il est difficile d’être entièrement bon. Dans son ministère, on peut avoir sa «stratégie», déplacer des pions, tout en restant complètement aveugle pour l’ensemble du corps de Christ. Dans cette cécité on piétine d’importantes lois de l’Esprit, et on détruit la communion.

Dans la parabole des ouvriers de la vigne (Mt. 20), nous trouvons aussi cette manière humaine de penser. Les ouvriers avaient noté les efforts qu’ils avaient faits, cette «comptabilité» était en ordre, et ils pensaient pouvoir exiger quelque chose. Le maître répondit : «Vois-tu d’un mauvais œil que je sois bon ?» V. 15.

Dans 2 Co. 11, 1-3, nous sommes exhortés à rester dans la simplicité à l’égard de Christ. Cela veut dire de glorifier Christ par notre vie, quoi qu’il advienne. Les Corinthiens étaient de petits enfants en Christ et admiraient les dons de grâce et l’autorité humaine. Il n’existe cependant aucune autorité plus grande que celle qui se trouve dans la bonté et l’amour. Si nous ne servons pas avec un esprit de douceur, nous manquons d’intelligence, comme l’autruche qui est dure envers les siens.

C’est Dieu qui donne à chacun un ministère dans l’assemblée. Nous devons reconnaître cela si nous voulons parvenir à l’unité et à l’état d’homme fait. Ep. 4, 11-13. C’est un reste de méchanceté qui nous empêche de nous réjouir de celui que Dieu oint et bénit. Paul nous a laissé un exemple éclatant. Regarde par exemple dans Ph. 1, combien il se réjouit à propos de chacun, comment il les porte dans son cœur et garde la foi pour eux. De telles personnes peuvent créer la communion autour d’elles.

Quelles opinions avons-nous émises au sujet d’autres personnes ? Les mauvais propos tenus sur d’autres ont-ils été mis en ordre ? Christ est-il toujours glorifié dans notre corps ? Paul pouvait en témoigner pour sa propre part. V. 20. Nous ne parviendrons pas à ce point si nous ne pouvons pas dire avec Paul : «Christ est ma vie, et mourir m’est un gain.» Glorifier Christ dans notre corps doit être notre seule tâche dans la vie. Lorsqu’on n’est pas en mesure d’honorer son frère, mais qu’au contraire on se vexe, on est loin de glorifier Christ. On a été tellement négligent que l’Esprit n’a pas pu inscrire cette magnifique loi de vie dans notre cœur et nos pensées. Au lieu de glorifier Christ, on aura sujet d’avoir honte au jour du Seigneur.

Le royaume de Dieu

Lorsque Jésus invite le jeune homme riche à vendre tout ce qu’il possède et à le donner aux pauvres, il le fait pour le délivrer des liens terrestres, afin qu’il ait les yeux du cœur illuminés pour voir ce qui est céleste et impérissable. Jésus met en garde contre les soucis du monde et la séduction des richesses et contre le fait de laisser les soucis passagers appesantir nos cœurs. L’apôtre Jean exhorte les enfants, les jeunes et les pères en Christ : «N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde !»

Nous vivons à une époque où il est facile d’être entraîné par l’esprit du siècle. Il est important de bien utiliser son temps. Consacrons nous à la parole de Dieu et à la prière, afin que notre vision céleste soit de plus en plus claire à chaque jour qui passe.

Nous sommes appelés à vivre une vie céleste, où l’amour est au centre de tout ce que nous pensons, disons et faisons. En tant qu’hommes, nous sommes durs et froids, même après nous être convertis. Ayons en horreur tout ce qui est mal, dur et froid, afin d’être pleins d’affections et de chaleur. Ro. 12, 9-10. Le royaume des cieux appartient aux enfants C’est le royaume de la joie. «L’huile et les parfums réjouissent le cœur, et les conseils affectueux d’un ami sont doux.» Pr. 27, 9.

C’est hors de ce royaume des cieux que l’accusateur a été précipité. Les hommes sont dès l’enfance habitués à l’accusation et à la critique et ils y sont eux-mêmes très sensibles. On ne dit pas à son frère : «Je veux t’accuser, frère.» Non, on dit plutôt : «Je veux t’exhorter, frère.» Mais une exhortation peut contenir une accusation cachée. Dans le royaume des cieux il n’y a pas de querelle concernant la doctrine, on ne se regarde pas de travers en pensant qu’une grande partie de l’assemblée appartient à la prostituée spirituelle. On n’est pas froid et distant. Partons pour un «voyage de découverte» dans ce royaume magnifique ! On a peut-être mis pied à terre dans la «baie du zèle» sur la plage céleste et on ne comprend pas que le pays est riche et vaste et qu’il y a beaucoup à «découvrir». Il y a beaucoup de froideur de sentiments dans notre vie que nous n’avons pas encore découverte. Des richesses de l’amour de Dieu nous sont encore inconnues. C’est pourquoi partons avec zèle pour ce voyage de découverte, et nous découvrirons les eaux paisibles et les chemins de la justice, de beaux «paysages» où la douceur et la bonté règnent. Nous serons alors délivrés de notre froideur et notre dureté pour devenir comme le soleil de justice qui se lève avec la guérison sous ses ailes. Quel avenir glorieux !

Nous avons réellement eu une conférence riche ! Comme cela a été dit à la dernière réunion, on avait l’impression que pratiquement tout ce qui est important avait été abordé.

Loué soit Dieu pour nos conférences et nos rencontres et pour la richesse qui s’y révèle.