Aksel Johan Smith
Notre bien-aimé frère Aksel J. Smith est retourné auprès du Seigneur le 24 août. Nous lui portions vraiment une affection particulière. Il a exercé son ministère fidèle de berger parmi nous pendant de très nombreuses années ; il nous a montré la voie du bien et sa vie a été pour nous un exemple éloquent. C’était un « modèle du troupeau », comme le dit Pierre dans 1 Pi. 5, 3. C’est pourquoi la « couronne incorruptible de la gloire » l’attend maintenant (v. 4).
L’enterrement a eu lieu le lundi 31 août au cimetière de Horten, après que les obsèques eurent été célébrées à Brunstad. Et c’est aussi à Brunstad qu’a eu lieu la fête commémorative après l’enterrement, en présence de nombreux amis de Norvège et d’ailleurs. Environ 1.600 personnes ont assisté à la fête commémorative.
Les obsèques dans la salle de conférences de Brunstad se sont faites dans une atmosphère pleine de dignité, et c’était tout à fait approprié, quand on pense au prince spirituel qui est maintenant retourné auprès de Dieu. Et comme on pouvait s’y attendre, toute la cérémonie nous a parlé puissamment, et a été un appel pressant : « Viens ! », une incitation forte à suivre les mêmes traces. Aussi bien les obsèques que la plus grande partie de la fête commémorative ont été diffusées en direct par satellite aux différentes assemblées en Europe.
Le frère Kåre J. Smith a cité pendant les obsèques le passage d’És. 55, 3 qui parle de la « riche grâce de David, celle qui est assurée » (autre trad.) Une grâce abondante reposait sur la vie et sur le ministère du frère Aksel J. Smith. Et comme nous savons que Dieu fait grâce aux humbles, nous comprenons qu’il y avait aussi dans sa vie une abondance d’humilité et une crainte respectueuse de Dieu. Rien dans sa conduite ou dans sa manière d’être n’affaiblissait le respect devant la face de Dieu. Nous comprenons que la riche grâce qui reposait sur lui signifiait qu’il était un homme selon le cœur de Dieu, comme David. Depuis son enfance, il a vécu dans et pour l’Assemblée.
Son œuvre parmi nous a consisté avant tout en un ministère de prophète et de berger. L’esprit prophétique qui habitait en lui avait beaucoup de puissance pour élever les autres ; c’était comme si un courant céleste venait nous élever au-dessus de la terre et des choses terrestres. Il était toujours debout et vigilant dans son esprit, et pouvait de ce fait apporter un message venant directement du ciel. Les brebis et les agneaux se sentaient en sécurité lorsque le berger les conduisait dans la vallée, où l’esprit de l’Éternel pouvait les mener au repos. És. 63, 11–14. Ses paroles ont apporté la délivrance à beaucoup de personnes. Là où il y avait de la détresse et des difficultés, Aksel J. Smith était présent, comme Melchisédek, avec le bon ministère au bon moment.
Le frère Kåre J. Smith a aussi lu Ja. 3, 17, où l’on voit que la sagesse d’en haut est premièrement pure, ce qu’on pouvait dire tout spécialement d’Aksel J. Smith. C’était aussi un homme exceptionnellement patient, ferme et inébranlable. La sagesse d’en haut ne se concilie jamais avec le fait d’être imbu de soi-même. Le sage est au plein milieu de la fraternité, où tout se fait selon les lois saintes de la soumission. Les liens de fraternité qui, pendant tant d’années, ont lié ensemble les frères Elias Aslaksen, Sigurd Bratlie et Aksel J. Smith, étaient de beaux liens. Comme il était petit à ses propres yeux, il se réjouissait de la sagesse qui avait été donnée à ses frères. Et c’est justement de la sagesse, car la sagesse est toujours liée à la pauvreté en esprit. Il ne laissait jamais l’impression d’être imbu de lui-même. Nous l’avons vu dans beaucoup de circonstances, y compris des circonstances difficiles, et qu’avons-nous vu ? La gloire que Le Fils a manifestée, pleine de grâce et de vérité. Jn. 1, 14. Le sage accepte volontiers les remarques. Il sait qu’il n’y a pas de croissance possible en dehors de la communion avec les autres membres du corps de Christ. Le frère Aksel J. Smith se réjouissait dans cette sagesse. Il avait affaire au Dieu qui pardonne abondamment, c’est pourquoi il était lui-même plein de pardon.
C’est en vérité un homme exceptionnel qui est retourné auprès de Dieu, un semeur de l’Éternel, un visionnaire dans la parole de Dieu. Il était tellement sain dans son ministère et dans sa prédication. Ce qu’il disait était inspiré par l’esprit de vérité, et accompagné d’une onction bénie de bonté. Il avait l’esprit de répartie d’une manière tellement bonne et humoristique, en « frappant dans le mille », et il pouvait de cette manière donner beaucoup de bonnes exhortations cachées ; il opérait comme un chirurgien habile, jusqu’aux racines du cœur. Puissions-nous aussi avoir part à l’entendement de berger qu’il avait, et avoir la même force prophétique pour élever et porter. Le fr. Aksel J. Smith a inscrit son nom en lettres de feu dans l’histoire de l’Assemblée, et sa vie comme son œuvre exercent sur nous une grande force d’attraction.
Pendant les obsèques à Brunstad, des couronnes ont été déposées de la part de la famille et des amis. Une première couronne venait de l’épouse et aide fidèle du fr. Aksel J. Smith, Mossi. Leur fille Anne a déposé cette couronne et elle a dépeint la très belle et bonne relation que le frère Smith et son épouse ont eue pendant toutes ces années. Nous avons ainsi entendu qu’ils débordaient de bonnes paroles l’un envers l’autre, d’amour et de sollicitude, et qu’ils avaient l’habitude de se tenir la main, avec amour et respect, quand ils étaient tous les deux malades ces dernières années.
Leur fils Ove a déposé une couronne de la part des enfants, des gendres et des brus, avec le Ps. 23, que son père avait voulu qu’il apprenne quand il était enfant. Il y avait aussi des couronnes de la part des petits-enfants et arrière-petits-enfants, et des frères et sœurs, de la belle-sœur et des neveux et nièces du fr. Smith. À cette occasion, le fr. Sigurd Johan Bratlie a cité une remarque du frère aîné de fr. Aksel J. Smith, Kristian : Aksel a toujours été quelqu’un qui crée une bonne atmosphère et qui répand la joie autour de lui. Le fr. Smith savait lier les gens les uns aux autres dans l’amour. Il était présent aux moments cruciaux de la vie, et apportait de l’aide et de la consolation. C’était un oncle exceptionnellement bon pour ses neveux et nièces, à qui il faisait passer des moments très agréables, parce qu’il comprenait où étaient les besoins. Il pouvait voir par-delà la façade de « gros dur » que se donnent beaucoup de jeunes, et il savait toucher leur cœur.
Il y avait aussi des couronnes de plusieurs assemblées et amis, entre autres une couronne de la part de Mme Yvonne Huslid de Bruxelles.
« Merci pour ton ministère bon et fidèle. 1 Pi. 5, 4 » était l’inscription que portait la couronne déposée par l’assemblée de Horten. Comme dirigeant de cette assemblée, le frère Smith laisse le souvenir d’un berger qui n’a jamais dominé sur les autres, qui n’a jamais cherché un gain sordide. Il était attentif à tout ce qui se passait, il remarquait les réactions et les besoins. Même quand il était lui-même durement éprouvé, il restait capable de servir les amis, de les consoler et de les aider.
Au cimetière, le fr. Elihu Pedersen a parlé de l’espérance vivante par la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts (1 Pi. 1, 3). Cette espérance fait que nous ne nous affligeons pas « comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1 Th. 4, 13). Le fr. Aksel J. Smith a offert son corps comme un sacrifice agréable à Dieu. Et comme collaboratrice à son œuvre, son épouse a présenté son offrande dans le caché et sans faire de bruit. Elle a ainsi obtenu beaucoup, beaucoup d’actions dans l’œuvre de son mari. Maintenant, Dieu nous parle. Nous ne traversons la vie qu’une seule fois, et nous avons des jours de grâce, un à la fois. Utilisons-les avec fidélité !
La fête commémorative
La journée s’est poursuivie par une fête commémorative à Brunstad, que le fr. Sigurd Johan Bratlie a commencée en lisant dans És. 54, 2 : « Elargis l’espace de ta tente… Allonge tes cordages, et affermis tes pieux ! » Le fr. Aksel J. Smith a accompli cette parole. Il travaillait avec les hommes, et son désir était d’en atteindre le plus possible. Son cœur était auprès des faibles et des malades. « Tu seras affermie par la justice » (v. 14). Le fr. Aksel J. Smith parlait beaucoup de la justice et était affermi en elle. Il était loin d’être juste à ses propres yeux, loin de juger et de critiquer son prochain. La justice divine prend soin des autres et elle les porte dans son cœur.
Le fr. Aksel J. Smith a été responsable du journal Skjulte Skatter (« Trésors cachés » en norvégien) pendant 55 ans. Il était toujours vigilant pour que rien de ce qui y était imprimé ne dévie dans quelque direction que ce soit. Cela est aussi manifeste dans tous les articles et les comptes-rendus de conférences qu’il a écrits au fil des années. Il pouvait y avoir des temps et des circonstances difficiles, mais le fr. Aksel J. Smith a fait l’expérience de ce que dit És. 54, 17 : « Toute arme forgée contre toi sera sans effet. » Son ministère consistait à bénir les hommes. Quand la question de la vidéo et de la transmission par satellite de nos conférences s’est posée, il était naturel de lui demander ce qu’il en pensait. Sa réponse simple et pleine de sagesse a été que tout ce qui peut bénir les amis est bon et utile. Il savait gagner les cœurs. Il avait entre autres un don remarquable pour raconter les choses, et il utilisait ce talent quand il était avec les enfants et les jeunes. Et tout se faisait dans cet esprit : « Et quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus. » Col. 3, 17.
Le fr. Bernt Stadven a souligné ce que le fr. Aksel J. Smith a signifié pour le lieu de conférences de Brunstad, et comment il a été depuis le début une personne-clé dans le travail et la responsabilité à Brunstad. Nous avons aussi expérimenté dans ce travail à quel point il était plein de sagesse et de flexibilité. En tout point, il est l’un de ceux qui ont eu la grâce de faire les œuvres dont parle Jésus en Jn. 14, 12 : « celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes… » Ces œuvres plus grandes, c’est de rassembler pour Christ, d’édifier le corps de Christ sur terre. Il avait une grande sagesse, et quand il y avait des difficultés, il pouvait dans cette sagesse dénouer les nœuds et aider de manière divine. Dans un article qu’il a écrit en 1983 sur l’unité parfaite, il dit : « Pour qu’il y ait une harmonie parfaite dans cette unité, nous devons être remplis d’une riche plénitude de la sagesse, qui joue sur toutes les cordes, selon les lois de l’Esprit de vie. » « L’homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor. » Mt. 12, 35. S’il parlait tant de la bonté et de l’amour, c’était justement parce qu’il était comme cela. C’est ainsi qu’il vivait, et il parlait de la vie qu’il vivait.
Le fr. Kåre J. Smith a souligné particulièrement la vie de prière d’Aksel J. Smith. Il intercédait pour toute l’Assemblée. Il pouvait aussi prier pour ceux qui ne sont pas dans l’amour. Il priait aussi pour son pays et pour les autorités, comme nous y exhortent les Écritures, « afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté. » 1 Ti. 2, 2. La parole de Dieu parle clairement du ministère de la prière et de la Parole. C’est le ministère de la prière qui donne de la force et de l’onction au ministère de la Parole. Quand il y a peu de prière et d’intercession, il n’y a pas de force, ni d’onction, quand on veut servir avec la Parole. Le frère Smith avait de la force dans sa prière, comme le dit Ja. 5, 16 : « La prière fervente du juste a une grande efficace. » C’est pourquoi la prière du fr. Smith avait aussi de la force quand il priait pour les malades. « Daniel, homme bien-aimé… » (Da. 10, 11). Le passage se poursuit par l’annonce de l’aide qui venait à cause des prières de Daniel. Cela décrit aussi très bien notre frère bien-aimé Aksel J. Smith. Puisse son exemple nous exhorter à être fidèles dans ce ministère de l’intercession, le plus important des ministères !
Le fr. Elihu Pedersen a lu un passage du Ps. 50, et a cité ce que le fr. Aslaksen avait dit d’Aksel J. Smith : il entoure de ses bras et il rassemble. Sion est appelée la beauté parfaite. Quand le fr. Aksel J. Smith annonçait la parole de la croix, il faisait justement apparaître cette beauté. Cela éveillait le désir de faire le bien chez ceux qui l’écoutaient. Il mettait en évidence ce qu’il dit lui-même dans l’un de ses cantiques : « La lumière et la force de Dieu rayonnent de la croix ». Et « la parole de la croix est une parole de délivrance ». Il pouvait en vérité apporter des paroles de délivrance, à propos de la bonté qui sait pardonner, de la beauté qui attend l’homme pieux, déjà ici-bas, et là-haut. Le fr. Elihu Pedersen a aussi raconté plusieurs répliques joyeuses et pleines d’humour du fr. Smith, même ces derniers temps, quand il était malade.
Il y a eu beaucoup de contributions pendant la fête commémorative, et le tout a été une exhortation unanime à suivre les traces de notre frère fidèle. Ses cantiques ont été cités, entre autres ; leur contenu indique la même direction que sa vie. Beaucoup d’exemples ont été donnés de l’intérêt qu’il portait à beaucoup de personnes avec son cœur large et chaleureux. Il est dit du torrent qui sort du temple (Éz. 47) qu’il apporte la vie et la santé partout où il coule (v. 9). Il en était de même du fr. Smith. Il annonçait la saine doctrine, et la vie et la santé s’épanouissaient là où il travaillait. Son œuvre l’a amené dans beaucoup de pays et de continents. En juin dernier, il rappelait des épisodes de l’activité à laquelle il avait participé à l’étranger, et cela est devenu tellement vivant à son esprit qu’il s’est tout à coup mis à parler allemand, et a continué à rappeler des souvenirs en allemand.
Un tel homme est comme un iceberg : la plus grande partie est cachée. C’était donc une expérience extraordinaire d’avoir un petit aperçu de cette partie cachée. Par exemple toutes les lettres et les salutations qu’il a envoyées à des personnes seules, toutes ses visites, ses bonnes paroles, sa conduite simple et bonne dans son foyer. Ses enfants pouvaient raconter qu’il se conduisait de manière très naturelle à la maison, le tout étant empreint de piété, et cela confirme fortement le fait qu’une personne spirituelle est en tout premier lieu naturelle et simple dans sa conduite. Ses enfants n’ont jamais entendu de médisance dans le foyer. Une de ses filles a exprimé son désir de suivre les traces de son père, vers le bas, car « plus je descends, plus je m’approche de papa et de la vie qu’il a vécue. » En ce qui concerne le foyer, nous avons aussi appris quel ministère caché et béni son épouse a exercé. Elle savait « disparaître », rester cachée et accomplir son ministère pour son foyer et pour l’Assemblée tranquillement et dans le caché, avec fidélité. Entre autres, elle avait souvent beaucoup de travail avec l’envoi aux abonnés du journal Skjulte Skatter, à une époque où on n’avait pas les moyens techniques qui sont maintenant à notre disposition pour ce genre de travail.
Le journaliste Kjell Arne Bratli a dit à la fête commémorative que ses nombreuses conversations et rencontres avec Aksel J. Smith confirmaient qu’il avait beaucoup d’affection pour la population locale parmi laquelle il vivait à Horten, ainsi que pour la société en général. Il a décrit Smith comme un homme qui avait une corne d’abondance extraordinaire, dont beaucoup ont pu profiter, aussi en dehors de l’Assemblée.
Un article écrit par le fr. Aksel J. Smith il y a 50 ans a été cité : « Quelle impression les hommes auraient-ils s’ils pouvaient tout à coup lire dans nos pensées, regarder dans les chambres secrètes de notre cœur ? Que verraient-ils s’ils allaient de chambre en chambre ? – Le cœur de tes adversaires fondrait-il s’il pouvait voir que dans le lieu de prière de ton cœur, les murs sont couverts de noms qui y sont inscrits, et que leur nom y est aussi inscrit avec amour et sollicitude ? » Cela nous donne une petite idée de profondeurs cachées.
En 1964, il écrit dans un autre article : « Puissions-nous aussi achever notre vie avec un Amen prononcé sur une course d’amour courue de tout cœur, dans la fidélité envers Christ ! » Le frère Aksel J. Smith a maintenant achevé sa course d’amour. Puissions-nous tous, le moment venu, achever nos vies ici sur terre de la même manière, avec une course menée jusqu’au terme !