Au milieu des sentiers de la droiture
«Ne vous y trompez pas, mes frères bien-aimés !» Ja. 1, 16. C’est l’exhortation que Jacques donne à des frères bien-aimés, après leur avoir expliqué très clairement que la tentation vient de ce qu’on est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Ne vous y trompez pas ! Ne croyez pas que la tentation ait une autre origine ! Si nous voulons fuir la corruption qui existe dans le monde, nous devons savoir qu’elle résulte de la convoitise. Et cette convoitise habite dans notre propre chair. C’est donc là que nous pouvons régler son compte à la convoitise qui existe dans le monde. Ne vous y trompez pas ! Ne croyez pas que la racine de la corruption se trouve ailleurs ; c’est là que le combat doit avoir lieu et que la victoire doit être remportée. Ne vous y trompez pas !
Dans Mt. 24, Jésus parle de son retour et met plusieurs fois en garde contre la séduction. Il y a des forces qui sont à l’action pour «séduire, s’il était possible, même les élus.» Nous avons bien des occasions de voir de nos propres yeux à quel point on peut facilement se tromper, s’égarer, faire un faux pas, juger une situation ou des personnes d’une manière erronée. Il y en a même beaucoup qui se trompent complètement après avoir été sous l’influence de la parole de la vérité toute leur vie. L’égarement peut être tout près, comme il est dit dans Éz. 43, 8 : «... leur seuil près de mon seuil, leurs poteaux près de mes poteaux.» Cela signifie que l’égarement est à portée de la main. Si on se trompe de seuil, on a immédiatement pris une mauvaise direction. Et celui qui a construit sur le bon fondement, mais qui, pour finir, voit toute son œuvre consumée par le feu et perd sa récompense, parce qu’il a construit avec des matériaux combustibles — des choses humaines et non spirituelles — crois-tu qu’il aura imaginé que les choses finiraient un jour comme cela ? 1 Co. 3, 14-15.
Tout cela doit nous exhorter à la piété. «Je marche dans le chemin de la justice, au milieu des sentiers de la droiture», dit la sagesse. Pr. 8, 20. La sagesse est premièrement pure. Il est donc possible de marcher au milieu des sentiers de la droiture ! Par la piété, on peut rester au milieu des sentiers de la droiture, et y être gardé, gardé de l’égarement. «C’est pour quoi nous devons d’autant plus nous attacher aux choses-que nous avons entendues, de peur que nous ne soyons emportés loin d’elles.» Hé. 2, 1. C’est quand vient la souffrance, quand il s’agit de s’humilier, qu’on a vite fait d’être emporté loin des choses qu’on a entendues, et dont on a soi-même parlé avec une grande assurance.
«J’ai encore vu sous le soleil que la course n’est point aux agiles ni la guerre aux vaillants...», dit l’Ecclésiaste (ch. 9, 11),«... car tout dépend pour eux du temps et des circonstances.» Justement ! C’est quand on est soumis à l’épreuve du temps et des circonstances que survient le danger d’être emporté loin de ce qu’on a entendu. Ce qui compte alors, c’est la façon dont on prend ces circonstances. C’est alors qu’il s’agit d’avoir le regard fixé sur le chemin (à travers la chair) et sur le but. C’est alors qu’il s’agit d’avoir les regards sur celui qui est le chef et le consommateur de la foi, celui qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert avec patience. Sinon, nous serons retenus par «le temps et les circonstances», nous perdrons de vue le chemin, et nous serons emportés par le courant.
«En vue de la joie qui lui était réservée» ! Ce n’était pas une joie égoïste qu’il avait en vue. C’était la joie désintéressée d’avoir des frères, et la joie de voir la création délivrée de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Ayant un tel but désintéressé devant les yeux, il se trouvait toujours au milieu des sentiers de la droiture. Cela le gardait à l’heure de la souffrance, et l’a conduit jusqu’à la droite du trône de Dieu. 11 n’a jamais été emporté. Il ne s’est pas égaré. Il n’a jamais dévié.
Hé. 12, 1-3. L’égoïsme et le fait qu’on recherche son propre intérêt conduit obligatoirement à dévier. La sagesse est premièrement pure. Elle est pure de la recherche de son propre intérêt. Son but est pur et désintéressé. C’est par cette pureté que nous pouvons nous tenir au milieu des sentiers de la droiture. Par où passent les sentiers de la droiture, à la lumière et avec la compréhension de la nouvelle alliance ? Par la mort de notre propre moi !
«Avant d’avoir été humilié, je m’égarais ; maintenant j’observe ta parole.» Ps. 119,67.