La Conférence de Pâques

juin/juillet 1996

La Conférence de Pâques

(Suite et fin)

Oui, nous aimons...

L’hymne national norvégien commence par les paroles «Oui, nous aimons ce pays». Nous devons pouvoir dire de la même manière : «Oui, nous aimons la doctrine de Christ.» Notre vocation est de «faire honorer en tout cette doctrine». Tit. 2, 10. Nous devons également confirmer et défendre l’Évangile. Il est facile de critiquer les décisions et le travail des frères. Bien qu’on se soit peut-être contenté soi-même de «faire du surf sur les bénédictions de l’assemblée» et qu’on n’ait rien apporté, du fait qu’on n’a pas pris sa part de luttes et de souffrances. Dans Jg. 3, 2, il est dit qu’«il voulait seulement que les générations des enfants d’Israël connussent et apprissent la guerre, ceux qui ne l’avaient pas connue auparavant.» Restons unis dans un seul esprit dans le combat qui est nécessaire pour dévoiler le mensonge et la tromperie. Et soyons de ceux qui créent un climat agréable autour d’eux. Par exemple dans le travail avec les enfants et les jeunes. Les promenades et les excursions, par ex., ne sont absolument pas en contradiction avec la vie spirituelle et le fait d’avoir un contenu spirituel. Il faut en finir avec toutes les bêtises qui viennent de ce qu’on ne comprend pas le contenu de la vie spirituelle d’une façon réelle, saine et vraie.

Le légalisme au lieu d’une aide véritable

Dans son plaidoyer (Ac. 22), Paul parle du zèle qu’il avait eu jadis pour le judaïsme et de sa conversion, au moment où il avait entendu Jésus lui dire : «Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu ?» Dans son zèle, il persécutait l’Église, lui qui était irréprochable selon la loi. Ph. 3, 3-6. Il s’appuyait sur le fait qu’il était irréprochable selon la loi pour persécuter l’Évangile de Dieu. Ceux qui mettent leur confiance dans leur respect exemplaire de la loi persécutent aujourd’hui aussi ceux qui vivent la vie cachée avec Dieu, et qui ne se font pas un point d’honneur d’être irréprochables selon la loi. La loi ne pouvait pas mettre fin à la convoitise. Jésus est venu avec une vie toute différente, une vie intérieure, la vérité au plus profond du cœur.

«Je lui montrerai tout ce qu’il doit souffrir pour mon nom » Ac. 9, 15-16. C’est là que se trouve la différence entre la loi et l’Évangile. Ce que Jésus avait à cœur, lorsqu’il dit cela à Paul, ce n’était sans doute pas en premier lieu les souffrances extérieures, les liens et la prison. Non, Jésus a appris l’obéissance par les choses qu’il a souffertes. Si nous voulons avoir part à la vie de Christ, il faut que nous ayons part aux souffrances de Christ. 1 Pi. 4, 1. Le résultat de ces souffrances dans la chair, c’est que nous en finissons avec le péché. C’est là que nous apprenons à marcher selon l’Esprit et à travailler à notre salut. Cette vie, nous la vivons pour Dieu, et non pour des frères et sœurs qui nous admirent plus ou moins ostensiblement. Lorsque Paul a eu la révélation de la gloire à laquelle on parvient sur ce chemin, il a été tellement saisi qu’il a tout considéré comme une perte à cause de Christ. Ph. 3,7-11.

Si nous pensons au travail avec les enfants et les jeunes, il est plus facile de fixer des lois et des règles que d’aider. Mais qu’est-ce qui pourra te donner le plus de communion avec Christ dans ses souffrances ? Est-ce que ce sont les lois et les règles, ou est-ce l’aide que tu pourras apporter ?

Paul était saisi de la puissance de la résurrection. Cette puissance, il la recevait en suivant le chemin de la souffrance. En fixant des lois, des commandements et des règles, on suit un chemin plus facile. Mais le fait de servir, de façon qu’on ait la grâce de pouvoir aider, nous fait connaître la communion des souffrances de Christ. On entre alors dans le travail dont parle Paul dans 1 Co. 15, 10 : «J’ai travaillé... non pas moi toutefois, mais la grâce de Dieu qui est avec moi.» Dans ce cas-là, on ne dépend pas de la «grâce» de quelque personne que ce soit, mais de celle de Dieu. Cela produit une vie dans le service devant sa face.

On raconte parfois l’histoire d’un paysan qui avait une grosse pierre dans son champ. Il en faisait toujours soigneusement le tour avec sa charrue, parce que son père et son grand-père avaient toujours fait ainsi. - Il peut y avoir des tendances légalistes dans une famille entière, des tendances dont tous les membres de la famille souffrent peut-être. Enlevons ce genre de «pierres», pour que tout le «champ» soit cultivable.

La rencontre de Pierre avec Corneille peut nous apprendre beaucoup de choses. Ac. 10. Il fallait certainement qu’un bon nombre de principes légalistes soient «tués» avant qu’il accepte de s’asseoir à la même table que Corneille. Dieu a montré à Pierre qu’il ne devait regarder aucun homme comme souillé et impur. Cela l’amena à faire preuve désormais d’une générosité bénie dans ses rapports avec les hommes. Le pharisianisme est toujours calculateur. Tandis que la crainte de Dieu nous enseigne la spontanéité et la communion. 11 est dit que Pierre «s’entretint», ou «conversa» avec lui. Les entretiens sont autre chose que des discours.

On peut même utiliser la Parole de Dieu pour dresser des murs de séparation et pour faire obstacle à l’unité qui doit régner dans le corps de Christ. Le légalisme peut se développer jusqu’au point de devenir une véritable «manie de la persécution», tandis que le fait de s’abaisser est un chemin magnifique pour parvenir à la fraternité.

Celui qui a des oreilles

«Rendez à l’Éternel gloire et honneur !» Ps. 96, 7. Dieu ne désire par s’emparer de cet honneur ! Non, il désire que nous le lui donnions, d’après une décision prise de tout cœur et en toute liberté. Aucun péché ne peut vivre là où on donne l’honneur au Seigneur. Jésus a donné gloire et honneur à Dieu dans sa vie. Il avait une langue de disciple, car il avait une oreille de disciple. Les pécheurs et péagers eux-mêmes aspiraient à le voir et à l’entendre. Il était le soleil levant venu du haut des cieux.

D’où viennent les erreurs de jugement et les bévues ? Tout cela vient de ce qu’on m’a pas tendu l’oreille vers le Seigneur. C’est une très grande grâce d’avoir une oreille pour entendre. Celui qui a l’esprit brisé et une oreille attentive comprend ce que Dieu veut dans les différentes situations de la vie.

L’église de Philadelphie avait peu de puissance, mais elle gardait la parole du Seigneur. C’était une assemblée magnifique. Il n’y avait pas de Jézabel, comme à Thyatire. Une pleine harmonie règne dans une assemblée où on donne l’honneur et la gloire à Dieu. La parole de Dieu y juge les sentiments et les pensées du cœur. On peut se faire une idée personnelle de ce que cela signifie d’être pieux. Et on prend peut-être l’habitude de parler d’une façon particulière. Mais la parole de Dieu éclaire et sonde tout cela. Il faut par conséquent avoir une oreille qui entend.

Dans Ép. 5, 14, l’apôtre Paul nous exhorte à nous réveiller et à nous relever. On peut fort bien se réveiller, mais la question est de savoir si on se relève aussi. Si on ne se relève pas, on ne peut pas avancer, malgré le fait qu’on se soit réveillé. On a alors vite fait de se rendormir. Ceux qui se relèvent se mettent aussitôt à faire mourir les actions du corps par l’Esprit.

Paul tenait beaucoup à ce que chacun sache comment il faut se conduire dans la maison de Dieu. 1 Ti. 3, 14-15. On peut penser que ce verset s’applique avant tout aux moments où l’assemblée se rassemble pour des réunions. Mais en réalité, la maison de Dieu, c’est le corps de Christ. Et nous ne pouvons pas nous trouver tantôt dans le corps et tantôt en dehors. Toutes nos pensées, paroles et actions, toute notre conduite dans notre foyer et en dehors, sont comprises dans ce verset. C’est pourquoi nous devons écouter comme écoutent des disciples, aussi bien dans notre foyer qu’en dehors. Dans toute notre conduite, nous devons tisser la robe de l’épouse, qui est les œuvres justes des saints.

Les jeunes sont exhortés à être des modèles. Il n’y a rien d’orgueilleux à vouloir être un modèle. Cela signifie qu’on est prompt à faire mourir les actions du corps, prompt à s’humilier.

Le salut de Jérusalem doit paraître comme l’aurore, et sa délivrance comme un flambeau qui s’allume. Un tel éclat et un tel flambeau se remarquent obligatoirement. L’Assemblée doit être rendue glorieuse sur la terre. És. 62, 1-7.

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Ce compte rendu reprend les points essentiels des messages qui ont été apportés par plusieurs frères pendant la conférence de Pâques de cette année. Toute cette rencontre a été particulièrement riche et sérieuse. Il est recommandé de lire les passages cités dans ce compte rendu.

Nous avons également eu la joie de voir notre très cher frère, Aksel J. Smith, présent à l’une des réunions. Il nous a exhortés à nous apprécier les uns les autres, à apprécier chaque frère et chaque sœur, à apprécier parents, enfants et frères et sœurs. Et il a lui-même dit combien tous les amis sont précieux à ses yeux, quelle est la richesse de notre héritage parmi les saints. Il a parlé des demeures célestes, où chacun des saints a une place, et de la gloire immense que Dieu a préparée pour ceux qui l’aiment.

Loué soit Dieu pour le ministère du frère Aksel J. Smith parmi nous pendant toutes ces années. À la fin d’un de nos cantiques, il est dit que «nous pouvons suivre leurs traces. Bientôt vient le souverain pasteur dans sa splendeur, et ils auront la couronne incorruptible de la gloire.»