La conférence de Pâques
La conversion
« ... et que la repentance et le pardon des péchés seraient prêchés en son nom... » Lu. 24, 47. Ces choses ont été très clairement annoncées pendant la conférence de Pâques à Brunstad cette année. Une conversion radicale accompagnée d’une sincère et véritable repentance sont une condition absolue pour obtenir le pardon des péchés. Un combat a été mené contre la fausse compréhension et la fausse prédication qui détachent la grâce de la vérité, et qui font du pardon des péchés une sorte de « permission de pécher ». Dieu a béni le peuple d’Israël par beaucoup de moyens pendant leur marche dans le désert, mais la plupart d’entre eux ne furent pas agréables à Dieu. Dieu s’est irrité contre eux et ils n’ont pas pu entrer dans son repos.
On a l’entendement totalement corrompu, si on pense que tout ira bien, même si l’on continue à vivre dans le péché, manifeste ou caché, comme par exemple la jalousie, l’envie, la médisance ou même l’impudicité. Si une vraie conversion a lieu, le salut est accessible au plus grand pécheur et à celui qui est tombé le plus bas possible, mais si on ne met pas sa vie en ordre et qu’on ne se détourne pas de son péché, on fait partie de cette race de vipères que Jean reprenait, ceux qui cherchent à s’en sortir quand il n’y a plus d’autre issue, mais qui souhaitent demeurer dans leur péché. Jean les exhorte à « produire des fruits dignes de la repentance. » Lu. 3, 7-8. Il ne sert à rien de se réclamer de l’assemblée, de fréquenter les « bonnes » réunions, d’avoir la « bonne » doctrine, et peut-être même d’oser enseigner les autres, si on ne veut pas se détourner de son péché. De telles personnes se moquent de Dieu. A leur sujet, il est dit : « Otez le méchant du milieu de vous. » 1 Co. 5, 13.
Une conversion radicale est nécessaire, aussi par rapport au désir de vouloir être quelque chose aux yeux des hommes. Et par rapport à tout mécontentement et toute critique. On peut, dans une conversation, témoigner de la mort de Christ et de la vie de Christ, et pourtant laisser transparaître du mécontentement à l’égard de certains frères et sœurs, et laisser entendre qu’on n’est pas tout à fait d’accord avec tout ce qui se passe. On est zélé à la manière des hommes et on n’édifie pas. Celui qui agit ainsi sabote même la confiance que les autres ont pu placer en lui, et il détruit l’œuvre que Dieu avait prévu de faire au travers de lui.
La nouvelle alliance signifie la pureté au plus profond du cœur. « Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité, par l’Esprit, pour un amour fraternel sincère. » 1 Pi. 1, 22. On se purifie peut-être dans une situation ou une autre, mais pas jusqu’à avoir un amour fraternel sincère. Dans ce cas, on ne s’est pas purifié. On reste correct et poli à l’égard de son frère, mais on ne se réjouit pas à la pensée de le voir et d’avoir de la communion avec lui ; on n’a pas un amour sincère. On évite certaines personnes, et on sympathise avec d’autres. Il faut alors se convertir. Une conversion constante dans une lumière grandissante.
Jean annonçait que le Seigneur nettoierait son aire, qu’il amasserait le blé dans son grenier, mais qu’il brûlerait la paille dans un feu qui ne s’éteint point. Lu. 3, 17. Le blé a du poids. Si on vit en revanche une « vie de paille », on n’a aucun poids. On est alors satisfait quand on peut être un centre d’intérêt. La vérité affranchit chacun, même s’il est ou a été le plus grand des misérables. Si on aime la vérité et qu’on se laisse affranchir par elle, cela réussira pleinement.
Il y a un jour pour l’Eternel contre tout homme orgueilleux et hautain, afin qu’il soit abaissé. Es. 2, 12. Personne ne peut se soustraire au jugement de Dieu. « Si nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés. » 1 Co. 11, 31. Si nous nous humilions, le jugement est levé. Ac. 8, 33. Il repose un fort jugement contre le péché dans la chair, mais quand nous nous abaissons, le jugement est levé - pendant les jours de notre chair.
Les versets de Ésaïe 4, 3-4 parlent d’un esprit de purification et de jugement. C’est par le jugement et la purification que nous pouvons pénétrer dans les profondeurs du salut. Il est tout d’abord question de se purifier des péchés manifestes, mais ensuite nous devons avoir part à une purification par rapport au péché qui est dans notre chair. Pour cela, nous devons suivre les injonctions de l’Esprit. Sinon, nous faisons du « sur place ». Nous avons hérité de beaucoup de tendances humaines de la part de nos pères, et ces tendances qui caractérisent notre famille d’origine, notre parenté, doivent être livrées à la mort. « Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. » 1 Pi. 4, 17. Il commence par moi ! Que chacun pense de cette manière. De cette façon, nous aurons des occasions de souffrir, de souffrir pour être débarrassés du péché. Nous devons alors rester comme l’argile entre les mains du potier et ne pas « descendre du tour » quand viennent les épreuves.
La louange vient quand tout est mis à sa bonne place avec l’aide de l’épée à double tranchant. Le psaume 149 commence et termine avec un alléluia. Le premier alléluia dont il est question dans le Nouveau Testament est celui qui retentit lorsque la prostituée est précipitée. Ap. 19. D’abord nous devons nous débarrasser de la prostituée dans notre vie. Ne pas jouer avec le péché ! Pas d’admiration devant une « chair distinguée » de manière à faire acception de personnes ! Ne pas aller au-delà de son domaine oint. On ne peut pas être plus qu’un collaborateur de Dieu.
2 Chroniques 16, 10 nous offre l’exemple d’un roi qui s’est mis en colère contre un prophète qui avait placé la lumière sur le chandelier. On peut être insensé à ce point quand la Parole de Dieu est annoncée dans toute sa clarté. Aimons plutôt le feu. Car c’est le feu qui éprouvera l’œuvre de chacun. « Et quand il s’en prend à ta chair, suis Jésus, le voile est ouvert. » LVS n° 136.
Affranchi du péché
« Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » Ro. 3, 24. « Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. » Ép. 2, 8. Voilà l’œuvre de rédemption de Jésus à notre égard. Par grâce. Un don de Dieu. Mais vouloir recevoir ce don sans vouloir se détourner de sa mauvaise conduite, c’est se moquer de Jésus et de sa rédemption.
Le fondement doit être posé. Mais une fois que c’est fait, nous ne devons pas le poser sans cesse, comme il est dit en Hé. 6, 1 et suivants. Non, nous devons tendre vers ce qui est parfait. Jésus a inauguré une voie qui retourne vers le Père. Il est devenu l’auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui lui obéissent. « ... à plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie ! » Ro. 5, 9-10. C’est là qu’est la vocation de l’Épouse. La question essentielle est de savoir si tu expérimentes le salut dont il est question dans ce passage ? Un salut par sa vie ! Nous devons être tellement saisis par ce salut que nous ne recherchons que les choses d’en haut. « Car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec Christ en Dieu. » Examinons-nous nous-mêmes. Est-ce effectivement vrai ? « Quand Christ, notre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. » Col. 3, 1 et suivants. Seulement si Christ est notre vie. « Faites donc mourir... ! » Nous devons alors travailler à notre salut avec crainte et tremblement.
Il y a une fausse prédication qui prétend que Dieu nous regarde au travers de Jésus comme si nous n’avions jamais péché. A l’abri d’une telle prédication, on mène une vie où on « pèche sur le compte de la grâce ». Non, les apôtres annonçaient Christ, en exhortant et en instruisant en toute sagesse, afin de présenter tout homme, devenu parfait en Jésus-Christ. Col. 1, 25-29. C’est ce travail qui est fait dans l’Assemblée.
Les versets de Ro. 6, 18 et 22 disent que nous avons été « affranchis du péché ». A ce moment-là, notre entendement n’est plus captif des choses qui sont une tentation pour nous. Notre entendement et nos pensées sont alors dans le ciel, et nous obtenons la force de vaincre. Cet affranchissement du péché est évidemment une condition pour pouvoir servir dans l’Assemblée. Si on n’est pas fidèle dans le caché, on attire de l’opprobre sur l’œuvre que Jésus a accomplie pour nous.
Il est écrit que Jésus a été exaucé à cause de sa piété. Hé. 5, 7. On ne peut donc pas escompter qu’il suffit de prier pour recevoir ce qu’on a demandé. Non, il faut que nous craignions Dieu. Les larmes et les grands cris ne servent à rien non plus si on ne craint pas Dieu.
Le chemin sur les traces de Jésus est resserré. Il est tellement resserré qu’on n’y trouve de la place que pour ses traces. Ses traces nous sont entre autres clairement décrites en 1 Pi. 2, 21 et suivants. Lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il ne s’est trouvé aucune fraude. Ne nous servons pas de notre bouche pour essayer d’excuser ou de cacher du péché ou notre vie propre. Il ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement. Ces traces mènent au repos. Nous devons être fidèles dans ce domaine, de sorte que notre vie dans l’Assemblée ne soit pas différente de celle que nous menons à la maison et à notre lieu de travail.
L’ange de l’église d’Éphèse a été loué parce qu’il ne supportait pas les méchants. Supporter est une vertu, mais c’est un malentendu de penser que nous devons supporter les méchants. « Chaque matin, j’anéantirai tous les méchants du pays », écrit David dans le psaume 101. La prédication dans nos assemblées locales doit être tellement claire et puissante que les méchants se tiennent à l’écart. L’Assemblée ne doit pas être un lieu où le pécheur peut se cacher avec son péché.
Les prophètes de l’ancienne alliance ont pu apercevoir le chemin nouveau et vivant que Jésus a inauguré. L’Esprit de Christ qui était en eux attestait d’avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. Mais le chemin n’avait pas encore été frayé et ils n’en avaient sans doute qu’une « compréhension globale ». C’est quand nous arrivons aux détails, aux tentations, quand nous sommes face à d’autres personnes, au milieu de nos circonstances qu’il s’avère si nous aussi nous n’avons qu’une « compréhension globale » du chemin, ou si nous sommes disposés à suivre les traces de Jésus, dans les détails, dans les souffrances.
Paul témoigne de cette fidélité dans les détails lorsqu’il dit : « Je trouve donc en moi cette loi ; quand je veux faire le bien, ... » Ro. 7, 21. Cela vaut la peine de s’examiner soi-même et de se poser la question : Est-ce que je veux faire le bien ? C’est-à -dire dans les détails. Est-ce que je veux bénir, par exemple ? Est-ce que je veux vraiment bénir ce frère ou cette sœur ? Est-ce que je le veux véritablement ? C’est loin d’être une question inutile !
Quand la relation entre des frères n’est pas tout à fait harmonieuse, cela vient souvent du fait qu’ils se jugent les uns les autres, qu’ils en soient conscients ou non. Cela peut en effet prendre du temps avant que l’on soit suffisamment attentif à l’Esprit pour comprendre que c’est réellement le cas, et pour qu’on découvre les sacrifices nécessaires pour arriver à la communion.
L’édification du corps
En ce qui concerne l’édification du corps de Christ, nous devons prendre à cœur le passage de Éph. 2, 20-22, où il est question, entre autres, d’être édifiés pour être une habitation de Dieu dans l’Esprit. Au sujet de cette habitation de Dieu, il est écrit en 1 Ti. 3, 15 qu’elle est la colonne et l’appui de la vérité. Chacun de nous doit croître d’une telle manière que notre vie et notre confession soient la colonne et l’appui de la vérité. Pour cela, nous avons besoin de révélation, de façon à avoir de la force et du courage pour défendre et confirmer la vérité. Une telle activité procure beaucoup de force et de joie. On obtient alors de l’autorité dans le monde des esprits. Beaucoup de mensonges sont répandus au sujet de l’assemblée. Dans ce domaine, nous devons être sans crainte et combattre comme des hommes. Nous pouvons apprendre quelque chose des troupeaux de moutons qui paissent dans les alpages. Les moutons les plus forts restent sur les côtés pour servir de protection, tandis que les agneaux circulent en toute tranquillité à l’intérieur du cercle. Résistons fermement à l’esprit de mensonge et levons bien haut notre bannière, la bannière de la croix. « Ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les ! » Éph. 5, 11.
Nous avons reçu une vocation sainte et élevée. Paul parle d’une « vierge pure pour Christ », « de la simplicité à l’égard de Christ », « d’un temple du Saint-Esprit ». En Éph. 4, 16, il est dit : « C’est de lui et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage... » Chacun de nous doit avoir de la crainte pour ne pas rompre les liens que Dieu donne. Dieu nous a unis à des personnes avec lesquelles il veut que nous soyons édifiés. « ... tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s’édifie lui-même dans la charité. » On comprend ce que signifie la force qui convient à chaque partie, seulement lorsqu’on en a fini avec la recherche de l’honneur ! C’est Dieu qui place les uns et les autres dans l’Assemblée ; on ne peut pas choisir soi-même un ministère à remplir. C’est quand notre corps est affranchi du péché que nous sommes en mesure de servir de la bonne manière.
Dans un corps, aucun membre ne doit être trop grand. Cela ne plaît aucunement à Dieu quand on se met en valeur à la manière des hommes, et que l’on se met en avant à la moindre occasion. De telles personnes ne comprennent pas ce qu’est l’édification du corps. D’autres sont timides et se tiennent à l’écart. Ils ne comprennent pas non plus l’édification du corps. Mais quand chacun se laisse briser, alors se nouent des liens, et la communion apparaît.
Quelques-uns ont pris pour habitude de se nommer « les frères crocodiles ». C’est de la folie de se livrer à de tels « enfantillages », au beau milieu de l’Assemblée du Dieu vivant. Le corps de Christ n’est pas composé de « crocodiles », et n’est pas non plus édifié de cette manière.
D’autres à leur tour ne se donnent pas de nom, mais se comportent comme étant des personnes très importantes. Ils sont à l’affût d’invitations. Et s’ils viennent quelque part, ils se mettent à poser des questions, cherchent à s’informer sur les amis formant l’assemblée locale, et se mêlent de problèmes qui ne les regardent absolument pas et qu’ils ne sont d’ailleurs pas en mesure de résoudre. Non, que chacun comprenne ce que cela veut dire « d’édifier avec les autres ». Rien d’autre n’a le droit de vivre. L’esprit du réveil, c’est l’humilité, l’amour et la bonté.
L’ange de l’Église de Laodicée était sur le point d’échapper au plan de Dieu et à l’œuvre que Dieu avait entreprise avec lui. Il n’est pas facile d’être soudé à quelqu’un qui est riche, qui s’est enrichi, et qui n’a besoin de rien. Il n’est pas écrit que cet homme vivait dans des péchés grossiers, mais il ne vivait pas en reconnaissant la vérité sur lui-même. « Tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, ... » Voilà ce qui était dit à son sujet. C’était sans doute la seule chose qu’il ne connaissait pas, car dans l’abondance de sa prétendue richesse, il était certainement capable d’exposer beaucoup de connaissance. Mais il ne le savait pas ce qui était pourtant l’essentiel !
Dieu veut que la vérité soit au fond du cœur. Ps. 51, 8. Et : « Les sacrifices qui sont agréables à Dieu, c’est un esprit brisé. » v. 19. La sagesse vient là où on a expérimenté le châtiment de Dieu dans sa vie. Celui qui a un esprit brisé n’est pas un homme abattu, mais il se fortifie en Dieu. De tels cœurs font monter des prières et de grands cris. L’œil critique disparaît. On acquiert un œil exercé pour voir l’Assemblée. Le manque de sincérité dans l’amour fraternel, dans l’humilité et dans la sollicitude disparaît alors. Et la vérité est alors au fond du cœur.
C’est en particulier ces deux vérités qui sont clairement annoncées dans l’Assemblée : qu’il y a un chemin à suivre et que nous sommes appelés à former un seul corps. Le diable use de toutes ses forces pour tenter de « jeter un flou » sur la compréhension du corps. Il cherche à embrouiller le chemin, les traces de Jésus-Christ. Des traces signifient qu’il y a à faire un pas après l’autre. Les frères qui nous ont précédé sur ce chemin ont vécu une longue vie empreinte de zèle. Mais ils ont fait un pas après l’autre.
Le frère Johan O. Smith a écrit : « Nous sommes autorisés à aller très loin dans la limite qui nous est assignée, mais nous n’avons pas le droit d’aller au-delà de notre limite. Ce genre de dépassement de ses limites a ses racines dans la chair et a des répercussions qui montrent que l’on est enflé.
Ce genre d’effort ne mène jamais à la victoire, mais ne fait que montrer qu’on cède à l’envie charnelle d’ajouter quelques coudées à sa croissance pour tenter de rattraper à toute vitesse d’autres hommes, qui, par leur pénible et lente marche à l’intérieur de leur propre domaine, détiennent pourtant le pouvoir de stopper un tel saut dans le vide. Dieu ne permet pas ce genre de victoire dans son assemblée, et ce sera toujours peine perdue de se lancer sur cette voie, même si les forces et la confiance en soi semblent prometteuses. » (Article de 1917).
Beaucoup d’énergie et d’efforts sont gaspillés quand on cherche à être plus que ce que Dieu nous a appelés à être. Dieu porte son regard sur celui qui souffre et qui a l’esprit abattu (És. 66, 2), mais il ne porte les regards sur aucun sage. (Job 37,24).
1 Co. 12 nous explique que les membres que nous estimons être les moins honorables, nous les entourons d’un plus grand honneur. On devrait se poser la question : Ai-je pratiqué cela ? Dieu honore celui qui est le moins honorable. Afin qu’il n’y ait pas de divisions dans le corps !
Saül disait : « J’ai péché, mais honore-moi en présence ... » 1 Sa. 15, 30. Figure-toi qu’il ait plutôt dit : Prie pour moi ! Ici, nous voyons la fraude du péché : au beau milieu de sa misère, il voulait encore être honoré. « Sonde-moi, ô Dieu... conduis-moi. » Ps. 139, 24. Celui qui prend les choses de cette manière est reconnaissant pour toute exhortation et toute aide. Il est même à l’affût de tout indice et de tout ce qui pourrait d’une manière ou d’une autre contribuer à lui donner davantage de lumière.
Ministère et vie personnelle
Le ministère qu’on exerce dans l’Assemblée a un rapport étroit avec la vie que l’on mène personnellement. On ne peut pas continuer à vivre dans le péché tout en croyant être en mesure d’édifier l’Assemblée. Il est tout aussi impossible d’édifier des personnes spirituelles par de la connaissance dénuée d’esprit.
La cohésion dont il est question dans Ep. 4, 16 se construit dans l’Esprit et elle ne s’appuie pas sur de la sympathie ou de vieux liens d’amitié. Il est question dans ce passage de la force (l’activité) qui convient à chacune de ses parties. Personne ne peut dépasser les limites de cette activité fixée par Dieu. Quand on a des dons naturels et la parole facile, il est vite fait de dépasser la mesure que Dieu nous a assignée, mais ceux qui sont spirituels le sentent bien et ils le remarquent.
Nous devons nous servir les uns les autres comme de bons administrateurs. 1 Pi. 10-11. Un administrateur doit être fidèle. Il doit servir selon la force que Dieu donne. Si on est négligent dans sa propre vie, on n’a pas de force dans le ministère. L’ange de l’église d’Éphèse (Ap. 2) avait perdu sa force spirituelle, son premier amour. Le ministère d’une telle personne est entouré d’un courant d’air froid.
« ... de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion. » Ro. 12, 3. Certains ont une trop haute opinion d’eux-mêmes, ce qui fait qu’ils n’ont pas la force spirituelle nécessaire. D’autres ont d’eux-mêmes une opinion plus « modeste » que celle qu’ils devraient avoir, et cela les empêche aussi de servir comme ils devraient. - Quand on ne sert pas dans les limites de l’activité prévue par Dieu, on fait des efforts démesurés. C’est comme si on se servait de ses orteils pour chasser une mouche de son oreille. Les orteils ne sont pas prévus pour exercer une telle activité.
Si on pèche secrètement, on perd évidemment toute force spirituelle. Mais la parole de la Croix est une puissance de Dieu. Cette puissance doit agir dans notre vie autant que dans notre ministère.
Paul, qui avait été transporté au Paradis et qui avait entendu des paroles ineffables, était tellement humble dans son ministère qu’il, se recommandait aux prières de l’Église, « afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Évangile ». Ép. 6, 19 et 20. - On peut citer la croix autant qu’on veut dans son témoignage, cela ne sert strictement à rien si la puissance de la croix n’agit pas dans notre vie personnelle. Nous devons servir selon la force que Dieu communique et non selon la connaissance que nous avons dans la tête.
Quelqu’un a par exemple le don de diriger. Mais si, dans ce ministère, il va au-delà de la force que Dieu communique, cela crée des souffrances pour d’autres personnes. Celui qui sert dans l’assemblée doit être pur au plus profond du cœur. Dans ces conditions, on a le pouvoir d’édifier.
Paul s’était vu confier l’Évangile. Celui qui est fidèle dans les petites choses est aussi fidèle dans les grandes. Celui qui est fidèle avec les richesses injustes se voit confier les vraies richesses. - « Il a rassasié de biens les affamés. » Lu. 1, 53. C’est une faim et une soif continuelles après la justice dans notre vie personnelle qui constitue le fondement à partir duquel nous pouvons servir dans l’Assemblée. De telles personnes ont une langue de disciple. Elles sont elles-mêmes à l’écoute pour faire ce qu’elles entendent. Elles sont en mesure de soutenir celui qui est abattu. És. 50, 4. De telles personnes sont toujours tournées vers le ciel. C’est lorsque le sel est en contact avec la terre qu’il perd sa force et sa saveur.
Ceux qui sont fidèles dans le secret ne cherchent pas seulement comment ils vont pouvoir traverser les circonstances dans lesquelles ils se trouvent. Ce qui les intéresse, c’est de traverser la chair dans les circonstances dans lesquelles ils se trouvent.
(Suite au prochain numéro)