La conférence d’été 1995

août/septembre 1995

La conférence d’été 1995

L’Éternel est ici

Le frère Aksel J. Smith a fortement insisté sur cette expression : «L’Éternel est ici.» C’est le nom qui est donné à la Ville en Éz. 48, 35. Il a exprimé sa grande reconnaissance pour toute la bénédiction que Dieu répand sur l’Assemblée ces derniers temps. Il est clair que l’Éternel est ici. L’Éternel est là où se rassemblent les disciples. Cet été, le record du nombre de participants à la conférence d’été à Brunstad a été battu. Des amis du monde entier étaient réunis, et voici un extrait des réunions :

«Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père.» Jn. 1, 14. C’est par lui que tous ont été bénis. De la même manière, tous les hommes qui nous côtoient doivent ressentir une bénédiction à notre contact. Si nous mangeons sa chair, la Parole, la Parole devient aussi chair en nous. L’unité à laquelle nous parvenons alors dans le corps de Christ est une unité ointe, pleine de justice, de joie et de paix dans le Saint-Esprit ; une telle unité est issue des pensées les plus intimes de notre cœur.

Peu nombreux sont ceux qui voient la grandeur de Jésus dans son abaissement. 1 Ti. 3, 16. Ph. 2. Quand cette grandeur devient claire à nos yeux, nous en avons alors fini avec le monde et toute grandeur humaine. Nous avons accès au Père au moyen d’un seul Esprit. Dans cet Esprit, l’Esprit de la vérité, on se juge soi-même et on hait sa propre vie. Si nous portons la mort de Christ avec nous dans notre corps, la vie de Jésus se manifeste – pas seulement plus tard, dans l’éternité, mais déjà ici-bas, «dans notre corps mortel». 2 Co. 4, 10-11. Nous apprenons alors à connaître Jésus comme notre souverain sacrificateur.

«... afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière.» 1 Pi. 2, 9. C’est en vérité une admirable lumière, celle qui révèle et qui condamne le péché dans la chair. Si nous portons la mort de Christ dans notre corps, nous annonçons les vertus de Christ par notre vie, par nos paroles et par notre conduite.

Christ se fait un peuple qui lui appartient, purifié par lui, et zélé pour les bonnes œuvres. Tit. 2, 14. Des œuvres mortes, c’est-à-dire des œuvres faites avec l’entendement du vieil homme, n’ont ici aucune valeur. Nous avons été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance. Ép. 2, 10. Pour faire ces œuvres, il faut que nous soyons purifiés. Au travers de ces œuvres, nous trouvons notre propre vie, et quand nous faisons mourir notre propre vie, nous avons pour fruit la sanctification. Ro. 6, 22. Il y a beaucoup de choses dont nous devons nous purifier dans cette admirable lumière de Dieu.

«Veille sur toi-même et sur ton enseignement.» 1 Ti. 4, 16. L’ensei-gnement que donne la Parole est une admirable lumière, et dans cette lumière, nous découvrons en nous-mêmes beaucoup de choses qui ne sont ni bonnes ni divines. Mais si nous veillons sur nous-mêmes et sur l’enseignement que donne la Parole, dans l’esprit de la foi, la Parole pourra créer ce qu’elle annonce. «Recherchez la paix avec tous, et la sanctification.» Hé. 12, 14. Il n’y a pas de chemin intermédiaire. Ou bien on poursuit ces choses, ou bien on se prive de la grâce de Dieu, et on entre dans le développement dont il est question au verset 15.

Le passereau trouve une maison, l’hirondelle un nid – «tes autels, Éternel des armées !» Ps. 84, 4. C’est là que nous devons trouver notre place, pour y demeurer. C’est là que nous pouvons être reconnaissants pour ce que Dieu fait. Quand on ressent par exemple qu’on aurait besoin de châtiment et qu’à la place, on goûte à l’amour et à la grâce de Christ, cela a un effet de brisement dans le cœur de celui qui a une âme sincère.

La mort de Christ
et les vertus de Christ

Annoncer la mort de Christ et annoncer les vertus de Christ sont deux aspects de la même chose. «Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même.» 1 Jn. 2, 6. Annoncer ses vertus, c’est marcher comme il a marché lui-même. Sa vie doit imprégner notre vie des pieds à la tête. Comment a-t-il marché ? Il s’est donné lui-même en offrande et en sacrifice. Il a revêtu une forme de serviteur. Il n’a pas recherché son propre intérêt. Soyons fidèles pour annoncer la mort de Christ de cette façon ! Quand la croix agit dans notre vie, les vertus apparaissent. «... celui qui perd sa vie à cause de moi». Lu. 9, 23-24. Notre vie, ce sont nos désirs et nos convoitises. Soyons zélés pour annoncer la mort de Christ sur toutes ces choses. Si nous ne sommes pas fidèles dans cette mort, aucune vertu de Christ ne peut se manifester ni en nous, ni au travers de nous.

Le salut en Christ est si grand qu’il peut nous sauver de tout ce qui est entré dans l’humanité par le moyen de la chute. Tout ce qui est entré de cette manière peut maintenant sortir. Dehors, tout affaiblissement et tout amoindrissement de ce qui est véritablement juste et vrai ! Et le but de toutes choses, c’est le but que Jésus avait devant les yeux pendant toute sa vie, et que nous aussi devons garder devant nos yeux : «afin que Dieu soit tout en tous.» 1 Co. 15, 28. Il s’agit de Dieu et de tous. Dans ce cas, on comprend que notre propre «moi» doit disparaître.

Dieu dit à Moïse : «Je ferai passer devant toi toute ma bonté.» Que tous ceux qui «passent devant nous» puissent aussi ressentir la bonté de Dieu au travers de nous ! «Ne jugez point !» Combien de mauvaises choses peuvent disparaître de nos vies, de nos foyers et de nos assemblées si nous obéissons à cette simple exhortation !

En lisant les versets de Ro. 3, 10 et suivants, nous voyons ce que nous sommes par nature, et nous comprenons que ce n’est pas un exploit de notre part de nous humilier. Non, c’est au contraire simplement la justice. Saül avait désobéi à l’ordre de Dieu, mais il voulait tout de même être honoré et souhaitait que Samuel revienne avec lui. C’était comme s’il voulait dire : Regardez, je suis en bonne compagnie, bien qu’il y ait de la fraude dans mon cœur. 1 Sa. 15. Nous devons haïr toute fraude avec une haine parfaite.

Les pensées de Christ

Dans un cantique, nous chantons : «Les pensées de Christ abondent.» Cela témoigne de pensées en Dieu riches et bénies. És. 55, 7 : «Que le méchant abandonne sa voie, et l’homme d’iniquité ses pensées.» Quelle grâce que nous puissions abandonner toutes nos pensées injustes et apprendre à penser les pensées de Dieu ! V. 8-9. Pour cela, nous devons avoir un cœur pur et un esprit de révélation. Lis les versets en Ép. 4, 16-24. Ce qui nous lie les uns aux autres, ce sont les bonnes pensées que nous avons les uns à l’égard des autres. Des pensées justes. Les bonnes pensées nous donnent des paroles qui nous unissent et qui apportent la liberté aux autres. Si l’on a des pensées injustes à l’égard des autres, on se met à traiter de chers amis qui sont dans l’Assemblée comme s’ils étaient à l’extérieur. On s’expose alors au risque de placer «à l’extérieur» des frères et sœurs qui sont beaucoup plus avancés sur le chemin qu’on ne l’est soi-même. – Apprenons la justice dans nos pensées !

Melchisédek était tout d’abord roi de justice et ensuite roi de paix. Hé. 7, 2. Il n’y a jamais de paix autour de celui qui a des pensées injustes à l’égard des autres. On peut facilement dire quelque chose de radical et de direct à son frère ou au sujet de son frère. Souvenons-nous que Jésus a des pensées justes à l’égard de chacun d’entre nous et qu’il est un souverain sacrificateur miséricordieux. Dieu a agi dans le cœur de Melchisédek pour qu’il bénisse Abraham, car Abraham avait des pensées justes. Il pensait du bien de Lot et il combattait pour sa cause, bien que Lot l’eût quitté. Le jour où tout sera révélé, ce qui aura une énorme importance pour chacun d’entre nous, ce sont les pensées auxquelles nous aurons laissé de la place. Par la parole de Dieu, nous pouvons amasser un riche trésor de bonnes pensées divines.

Certaines familles peuvent être particulièrement affectées par le soupçon. Seule la vérité peut les en affranchir. Il s’agit de reconnaître d’une manière sincère et entière la vérité sur soi-même, quelle que soit la douleur que la vérité peut engendrer.

On peut avoir un «sous-sol» dans ses pensées, dont on n’a pas encore pris suffisamment connaissance. On pense soi-même qu’on sert les autres et qu’on prend soin d’eux, mais le travail qu’on fait n’est peut-être basé que sur de fortes opinions personnelles, du jugement et de la critique. On peut ainsi se construire des forteresses de pensées injustes au sujet des autres. Que toutes forteresses de ce type soient renversées !

Racheter le temps

Nous sommes exhortés à racheter le temps, car les jours sont mauvais. Ép. 5, 15-17. Dans les jours de tribulations et d’épreuves, nous sommes tentés à cause de la pression qui vient du corps du péché. Si nous comprenons alors comment racheter le temps, en payant avec notre propre vie, alors le mauvais jour devient un jour magnifique. Jésus exhortait l’ange de l’Église de Laodicée à acheter un collyre afin de voir. C’est triste lorsque, dans les circonstances de la vie, on ne trouve rien dans sa propre vie à livrer à la mort. La différence entre les vierges sages et les vierges folles, c’est que les sages comprennent le brisement de leur vie propre, de manière à ce que l’huile puisse couler. Nous sommes par exemple appelés à souffrir injustement. C’est une bonne occasion d’amasser de l’huile dans son vase. Les vierges folles ne saisissaient pas les occasions qui se présentaient. Bientôt, ce sera trop tard pour amasser de l’huile. C’est pourquoi nous devons utiliser les occasions pour nous humilier, à fond, et même jusqu’à la mort. Ph. 2, 8. Il ne s’agit pas d’avoir une compréhension superficielle de ce qu’est l’humilité, où aucun brisement n’a lieu et où aucune huile ne peut couler.

En Ph. 3, 21, nous lisons au sujet de celui «qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire.» La question est de savoir si notre corps a véritablement été un corps d’humi-liation, un corps dans lequel nous nous sommes humiliés. Celui qui croit sait que les promesses de Dieu sont vraies et il s’humilie volontiers. Tout commence dans les pensées. Jésus demandait une fois : «A quoi pensez-vous dans vos cœurs ?» Dieu suit de près ce qui se passe. Dans les circonstances, on arrive à se taire, on évite de se défendre etc., mais à quoi pense-t-on dans son cœur ? La mort de la croix mène au repos et à la paix de Dieu qui dépasse toute intelligence. Chap. 4, 7.

«Tu disais en ton cœur...» És. 14, 13. Je veux, je pense, j’estime, je dis en mon cœur, etc. On peut facilement dire avec ses lèvres qu’on est pauvre et petit, mais que dit-on dans son cœur ?

Tous les hommes ont à passer par des souffrances et des épreuves. Mais si nous pouvons témoigner ce qui est dit en 2 Co. 5, 14 : «Car l’amour de Christ nous presse», dans ce cas, nous sommes bien armés pour affronter les mauvais jours. Les pensées qui nous animent sont alors les mêmes que celles qui animaient Paul, par exemple : Je me dois à tous les hommes. On est alors loin de toute exigence et de tout mécontentement. On acquiert alors un homme intérieur fortifié, qui est en mesure de porter à la fois ses propres fardeaux et ceux des autres.

Notre souverain sacrificateur

Paul écrit en 1 Ti. 6, 3 au sujet des saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et de la doctrine qui est selon la piété. La doctrine de Christ révèle de très grandes choses. Nous apprenons à connaître l’œuvre qui a eu lieu en Jésus pendant les jours de sa chair. Il sait ce que cela coûte de laisser l’épée de la Parole partager âme et esprit, et il peut ainsi parfaitement nous secourir lorsque nous sommes tentés. Quand notre raisonnement et nos sentiments sont frappés par l’épée, cela provoque une souffrance tellement grande que nous ne pourrions pas la supporter sans l’aide que nous apporte notre souverain sacrificateur. Hé. 4, 14-16. Nous recevons de l’aide au moment opportun auprès du trône de la grâce. Le ministère de Jésus en tant que souverain sacrificateur est très étendu. Et ce n’est pas sa faute si cela ne réussit pas avec nous. Non, si ça ne réussit pas, cela vient du fait que nous sommes devenus lents à pratiquer le bien que nous connaissons pourtant si clairement. Mais chez celui qui est fidèle, Jésus trouve des sacrifices à présenter. Hé. 8, 3. De telles personnes sont conscientes de leur alliance avec Dieu, et parviennent au témoignage du sang. De telles personnes ne se plaignent jamais, ni des autres, ni des circonstances qu’elles rencontrent dans la vie. Est-ce qu’une telle personne a du mal, par ex., à pardonner à ses ennemis ? Non, si c’est le cas, cela vient du fait qu’on n’est pas conscient de sa vocation. Ton prochain, un pauvre misérable, a péché contre toi, et toi, tu as une vocation céleste. Devrait-il être difficile de lui pardonner ? Christ a souffert afin de nous amener à Dieu, lui juste pour des injustes. 1 Pi. 3, 18. Dans de telles circonstances, on entre dans des souffrances au travers desquelles nous recevons la force d’amener les autres à Dieu.

Paul et Silas ne chantaient pas des louanges pour «la galerie». Mais les prisonniers les écoutaient. Quand la louange s’élève de nos cœurs au milieu de nos tribulations, les autres commencent à nous écouter et ils reçoivent de l’espérance.

Les versets de Hé. 12, 10-11 nous montrent les fruits bénis du châtiment de Dieu. Par le châtiment, nous recevons la sagesse et nous apprenons à prendre les choses d’une manière divine. Le châtiment a des répercussions bénies et bienfaisantes sur notre esprit. Quand le Seigneur nous châtie, c’est qu’il est très proche de nous. Quand nous sommes châtiés, un feu vient sur nous pour nous éprouver. Quand on a la victoire dans l’épreuve, on devient une colonne dans le temple de Dieu. Ap. 3, 12. Nous devons nous exciter les uns les autres à une telle fidélité dans les épreuves, et nous exhorter réciproquement, «et cela d’autant plus que vous voyez le jour s’approcher.»