La conférence de Pâques
Pureté et unité
«Moi et le Père, nous sommes un.» C’est avec cette parole de Jn. 10, 30 que notre bien-aimé frère Aksel J. Smith a commencé cette conférence exceptionnellement bénie. Il a parlé du rayonnement pur et béni qui émane d’une vie vécue dans la crainte de Dieu. Ses paroles étaient elles-mêmes un magnifique exemple de ce rayonnement. La pureté et l’unité sont liées. En communion avec le Père et le Fils. Quelle vie élevée !
«Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande.» Jn. 15, 14. On ne peut pas parvenir à cette unité avec le Père et le Fils par le seul pardon des péchés. Non, Jésus le dit clairement et expressément : «si vous faites ce que je vous commande.» La religiosité, avec son apparence de piété, n’est pas digne de l’Évangile. Dès qu’on commence à rechercher son propre intérêt, on se détourne de la pureté et de l’unité, et on n’a alors aucune sagesse. Si on annonce la doctrine de la mort de Christ sans pour autant entrer soi-même dans cette mort, on est un faux prophète, même si on a un message tout à fait correct au point de vue doctrinal.
«Afin qu’ils soient un comme nous sommes un.» Jn. 17, 22. Jésus avait reçu cette gloire de son Père, et maintenant elle peut devenir nôtre. Le chemin que Jésus a suivi pour rendre cela possible n’était pas facile. Sa piété l’a conduit à la vie de prière dont il est question par exemple dans Hé. 5, 7. Un avec le Père, le Fils et les uns avec les autres. Si on ne parvient pas à cette unité dans sa vie, c’est qu’on n’a pas compris l’Évan-gile.
Le passage d’Ésaïe 53, 10 montre que si nous voulons que «l’œuvre de l’Éternel prospère entre nos mains», il faut que notre volonté humaine soit brisée. Alors apparaît l’onction, et nous recevons de la sagesse. Celui qui parle d’unité sans haïr sa propre vie est un hypocrite.
Dieu soit loué, car une véritable unité, une fraternité sincère et une communion sans fraude peuvent croître et se développer parmi nous dans une mesure toujours grandissante ! «Non avec ma justice, celle qui vient de la loi.» Ph. 3, 9. Non, le «christianisme» légaliste ne cause que du tort et des divisions. Paul voulait apprendre à connaître Christ et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort. v. 10. Voilà le secret de la communion. S’il y a des problèmes dans une assemblée, cela vient du fait que beaucoup trop peu de personnes y sont entrées dans la mort de Christ et ont été ainsi ointes d’une huile de joie. Dans ce cas, on n’est pas en mesure de rassembler et d’édifier. De nos jours, nous expérimentons qu’un grand nombre d’amis entrent dans la communion des souffrances de Christ, et le résultat est une communion qui subsistera éternellement.
Si nous voulons arriver à cette unité, nous ne pouvons pas épargner notre propre vie. Il ne s’agit pas seulement de manifester du zèle aux réunions et aux conférences, mais c’est dans notre vie cachée que notre zèle doit tout d’abord s’exercer. Les versets de 1 Jn. 1, 7-8 nous le montrent clairement. «Marcher dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière.» Dans ces conditions, notre propre volonté est livrée à la mort. Dans la lumière, nous découvrons tout ce qui, dans notre nature, veut empêcher la communion. Lorsque par l’Esprit nous faisons mourir toutes ces choses, notre communion est sans cesse renforcée. Cette grâce repose à présent richement sur l’Assemblée. En Christ, tout ce qui cherche à séparer et à diviser a été complètement anéanti. Comme témoignage, le voile du temple s’est déchiré de haut en bas.
Chacun de nous doit apprendre à se purifier en obéissant à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère. Pour cela, il me faut un grand zèle, car il y a en moi beaucoup de choses à purifier. Peut-être a-t-on été saisi de Christ dans sa jeunesse, et on se plaît grandement dans la communion avec les frères. Et le temps passe, on atteint un âge mûr et du même coup des situations et des tentations nouvelles se présentent. J’ai alors besoin de zèle pour purifier mon âme, pour anéantir complètement cette horrible tendance qui me pousse à vouloir me comparer aux autres, me placer par rapport aux autres ou m’élever au-dessus des autres. Les Corinthiens préféraient un serviteur de Dieu à un autre. Ici, nous voyons combien il y a de fraude dont l’âme doit être purifiée, afin que l’amour fraternel soit sincère. Une personne spirituelle accepte les exhortations. La superficialité détruit la communion. La détresse et la tristesse sur nous-mêmes créent la communion. Le mont Ébal et celui de Garizim sont indispensables dans notre vie. Béni soit mon frère qui sert parmi nous ! Maudites soient toutes les mauvaises pensées hautaines qui s’élèvent de ma nature !
Notre entendement naturel ne perçoit rien de ce qui appartient à Dieu. Mc. 8, 33. Nous devons avoir des sens exercés pour ce qui appartient à la communion. On peut par exemple, donner un conseil qui provoque peut-être une division. Une véritable aide contribue à l’unité, à la communion et à la fraternité.
Pour porter du fruit
«C’est ainsi que mon Père sera glorifié.» Jn. 15, 8. Glorifié seulement par notre zèle à la réunion ? Ou par notre capacité à éprouver les esprits ? Non, il est dit : «si vous portez beaucoup de fruit.» Si cela est notre détresse, dans ce cas, il nous sera aussi révélé de quoi nous devons nous purifier, de sorte qu’il y ait plus de pureté et donc plus d’unité. Les frères qui nous ont précédés ont à la fois vécu et annoncé la parole de la vie. C’est lorsque nous vivons la Parole que le Père est glorifié.
Nous pouvons voir un exemple à ce sujet en Mt. 18, 13. «Et, s’il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que ...» Les frères qui nous ont précédés ne se retrouvaient pas autour d’une tasse de café pour discuter sur la question de savoir qui était à l’intérieur et qui était à l’extérieur. Non, ils se trouvaient «dans des lieux perdus» pour tâcher de retrouver la brebis égarée. C’est par cet entendement de berger que l’on reçoit tout pouvoir : «Tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez ...» v. 18. Voilà l’entendement du berger : c’est d’être davantage intéressé par la brebis égarée que par son propre renom.
«... que vous soyez remplis de la connaissance de sa volonté...» Col. 1, 9. Dans quelle intention ? «pour marcher d’une manière digne du Seigneur et lui être entièrement agréables, portant des fruits en toutes sortes de bonnes œuvres...» Et le chemin est simple : «... en devenant conforme à lui dans sa mort.» Les apôtres exhortent toujours à faire, faire, faire la volonté de Dieu. Par exemple à remettre son âme entre les mains du fidèle créateur «en faisant ce qui est bien.» 1 Pi. 4, 19. Il ne s’agit pas ici des œuvres de la loi, sur lesquelles on fonde sa propre justice, mais des œuvres qui nous permettent de trouver notre propre vie pour la perdre.
«Ainsi, la mort agit en nous, et la vie agit en vous.» 2 Co. 4, 12. Après un tel témoignage de Paul, on pourrait dire : Les meilleurs sont occupés à mourir. Beaucoup d’artistes ont, au fil des années, peint des tableaux qui représentent des champs de blé. Mais qui a eu le souci de peindre le grain tombé en terre et qui meurt ? Le grain de blé qui meurt n’a pas de mal ni à supporter, ni à se réjouir avec les grains en qui la vie est agissante. Jésus disait : «Là où je suis, là sera aussi mon serviteur.» Est-ce que nous souhaitons être là ? Qui veut être un grain de blé ? Celui qui veut garder sa propre vie se retrouve en dehors de la communion.
Un jour de vengeance contre le péché et la vie propre donne un résultat magnifique : une année de délivrance ! Es. 63. On expérimente alors la puissance de la résurrection de Christ. Quand on a dit quelque chose à son frère, on peut se poser la question : Est-ce que j’ai dit cela dans la force de la résurrection ou dans la force de ma propre volonté ? On a facilement la foi pour dire des choses à son frère, mais nous avons besoin d’avoir des sens exercés pour la vie cachée. On expérimente alors la puissance de la résurrection. On préfère dans ce cas se rendre dans le lieu secret pour rechercher la sagesse, le salut et la délivrance. Jésus disait que les brebis ne connaissent pas la voix de l’étranger. S’il y a la moindre accusation ou la moindre exigence dans nos paroles, notre voix devient une voix étrangère. Dans ces conditions, on ne doit pas s’étonner de ne pas être écouté.
Monte ici !
Le jour où les livres seront ouverts dans le ciel, on pourra voir qui aura un bon trésor de bonté dans son cœur. «Monte ici !», dit une voix à Paul. Ap. 4, 1. Les hommes vivent à un niveau très bas, dans le péché et dans leur vie propre. Les disciples de Jésus sont élevés bien haut. Aujour-d’hui encore, le même appel est lancé : «Monte ici !» Monte dans la vérité, dans la justice et dans la bonté. Nous vivons à l’époque où l’épouse se prépare. Soyons des intercesseurs et prions pour que nos enfants puissent un jour entrer dans le Royaume de Dieu. Prions pour les mener à la montagne de Sion. Le frère Aksel J. Smith, qui parlait de ces choses, exprimait le souhait de son cœur de voir chacun de ceux qui se trouvaient à la conférence monter dans cette vie de victoire énormément magnifique. C’est en effet très glorieux de voir ces frères qui nous ont précédés. L’Esprit témoigne alors dans notre cœur : «Ecoutez-le !» comme l’Esprit l’a fait avec Jésus.
Ps. 40, 1-6. «Il a mis dans ma bouche un cantique nouveau.» Lors-qu’on comprend vraiment du plus profond de son cœur qu’on est un vase de miséricorde, la louange devient naturelle. Le jugement et l’exigence sont alors des choses tout à fait déplacées. Paul et Silas chantaient des cantiques au milieu des tribulations. Si l’on se joint à ceux qui ont mis en oubli la purification de leurs anciens péchés, la louange disparaît. «Ainsi donc, cela ne dépend, ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde.» Ro. 9, 16. Et quand Dieu fait miséricorde à quelqu’un, qui voudrait ou pourrait l’en empêcher ?
«Après avoir été éprouvé...» Ja. 1,12. Un domaine dans lequel nous sommes éprouvés, c’est celui dont il est question dans 1 Co. 10, 23. (Lire ce passage !) Quelle grâce de pouvoir traverser victorieusement ce genre d’épreuves ! Un même langage, un même esprit et un même sentiment. 1 Co. 1, 10. Quelle unité bénie ! Chacun peut faire prospérer l’unité du corps de Christ par sa fidélité dans le caché. Dans la louange de Marie, il est dit : «Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses.» Luc 1. 51. Dieu voit ceux qui ont de telles pensées. Et il les disperse. Ceux qui s’abaissent eux-mêmes ne sont pas dispersés. L’humilité rassemble.
En Jacques 3, 17, il est dit que la sagesse est tout d’abord pure. La sagesse ne consiste donc pas d’abord à combattre pour ce qui est juste. On peut créer beaucoup de difficultés si l’on ne comprend pas ces choses. Tout d’abord pure. Ensuite ..., jusqu’au dernier point, où il est dit que ce fruit paisible de justice est semé dans la paix par ceux recherchent la paix.
La communion et un entendement de père
Celui qui veut garder sa propre vie n’expérimente jamais l’unité dans le corps de Christ. La mort du grain de blé est indispensable. Cela signifie de résister jusqu’au sang dans la lutte contre le péché. Hé. 12, 4. Dans le cas contraire, il ne reste qu’une apparence de piété, mais on renie ce qui en fait la force. Il manque alors la haine contre le péché. On est comme ces tombeaux blanchis, remplis d’ossements, tout en prétendant soi-même être plein de bonté.
Tout d’abord la communion dans son assemblée locale. C’est un mauvais signe quand on ne parvient pas à la communion dans son assemblée locale. Les versets de Col. 2, 1-3 témoignent d’un grand combat pour les amis qui devait tout d’abord contribuer à ce «qu’ils aient le cœur rempli de consolation.» Cette consolation signifie que le péché est vaincu et exterminé. Il n’y a pas d’autre consolation véritable. Le fondement est alors posé pour pouvoir être «unis dans la charité et enrichis d’une pleine intelligence...» Ici, le zèle est indispensable dans notre propre vie. Et la miséricorde à l’égard des autres.
Les versets de Col. 1, 28-29 témoignent aussi du grand combat que menait l’apôtre avec ses exhortations. Il était capable d’exhorter avec larmes. Qu’en est-il de nos ministères dans nos assemblées locales ? Qu’en est-il de nos prières pour venir en aide au plus faible et ainsi l’aider à parvenir à une vie en Dieu ? Par un tel travail, on découvre immanquablement sa propre vie. Jésus devait souffrir la mort dans la chair pour nous mener à Dieu. Ceux qui le suivent sur ce chemin de l’abaissement ne versent pas de larmes de pitié sur leur propre sort, des larmes que d’autres doivent sans cesse essuyer, mais ils sont eux-mêmes en mesure d’essu-yer les larmes de leur prochain.
Les jeunes ont besoin d’exhor-tations. De la part de plus âgés, on devrait pouvoir attendre un cœur de père. Qu’en est-il de nos combats dans la prière pour nos jeunes qui grandissent parmi nous ? Quand on a de la responsabilité dans une assemblée, on doit être conscient de sa vocation. Sinon, on risque ce qui est arrivé à Aaron. Il avait suffi que Moïse s’absente un instant, et déjà Aaron se conformait aux désirs du peuple, et bientôt on entendit dans le camp un chant qui n’était ni un chant de victoire, ni de défaite, mais une chanson entre les deux qui rendait un son étrange aux oreilles des hommes saints. Quand quelqu’un annonce la mort de Christ sans qu’elle agisse dans sa vie, toutes ces choses indignes et humaines font leur apparition.
«Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés.» 1 Co. 11, 31-32. Nous ne devons pas mépriser le châtiment de Dieu. Le châtiment de Dieu est un signe qui montre qu’il y a encore de l’espoir et de l’avenir pour nous. Israël n’avait pas exterminé les Cananéens et ceux-ci étaient devenus un aiguillon dans leurs côtés. Il n’est pas possible d’être dans le repos avec de tels aiguillons dans ses côtés. C’est pourquoi : résiste jusqu’au sang dans ton combat contre le péché. «Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur !» Paul écrit cela au milieu de ses tribulations. Là où d’autres auraient envoyé des demandes d’intercession, Paul s’écriait : «Réjouissez-vous !»
Nous avons aussi besoin de renouvellement en ce qui concerne la plénitude de l’Esprit. On s’égare si on continue inlassablement avec son ancienne force et ses vieilles expériences. La vitesse à laquelle le corps du péché est anéanti est déterminée par la mesure dans laquelle je suis saisi de Christ.
L’ange de l’église de Laodicée prétendait être riche, mais il ne savait pas qu’il était pauvre, aveugle et nu. Quelle énorme différence entre la réalité et ce qu’il prétendait être. Cela doit nous enseigner de la sagesse. Il est dangereux de se détourner de la simplicité à l’égard de Christ, où nous faisons tout pour la cause de Christ. Si l’on prend de l’honneur, on est pauvre, aveugle et nu, quelle que soit l’opinion qu’on a de soi-même.
L’héritage
Derrière chaque frère et sœur, se cachent un très grand travail et une riche grâce de Dieu. Nous devons voir les uns dans les autres ce que Dieu à créé et ce qu’il est en train de créer.
«Le Seigneur châtie celui qu’il aime.» Hé. 12, 6. Il y a donc une grande consolation dans le châtiment. La consolation que nous recevons par le châtiment est une nourriture solide.
Satan se sert de la bonté naturelle et de la pitié naturelle pour empêcher que le péché soit condamné. Comme c’est bête par exemple de consoler ou d’avoir pitié de quelqu’un qui est vexé. La véritable sollicitude est celle qui aide les hommes à sortir du péché, par exemple de la susceptibilité. Nous devons être sur la même longueur d’onde que Dieu quand il s’agit de notre salut et de celui des autres.
Les fils d’Agar ont un esprit de servitude et ils ne supportent pas le châtiment. Celui qui est exercé par le châtiment récolte un fruit paisible de justice. Hé. 12, 4-11. Il est bon pour l’homme de porter le joug dans sa jeunesse. Quand nous sommes dans des circonstances difficiles, humi-lions-nous sous la puissante main de Dieu. Ne fixons pas nous-mêmes des limites et ne pensons pas que «cette fois-ci, ça va trop loin» ! Choisissons plutôt d’obéir fidèlement et d’appren-dre au travers du châtiment.
«Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui.» Ro. 8, 17. Si nous avons part au châtiment, nous avons aussi part à l’héritage. Une partie essentielle de notre héritage, c’est que nous allons nous hériter les uns les autres ! Re-présente-toi ce que ce sera d’hériter toute la sagesse de l’apôtre Paul ! Les Corinthiens méprisaient Paul ; leurs yeux n’étaient pas illuminés. De nos jours aussi, beaucoup ont besoin de demander à Dieu qu’il illumine les yeux de leur cœur. Es-tu capable de voir l’héritage que tu as en ton frère ? Quand on a les yeux du cœur illuminés, on s’intéresse vivement à son héritage. «... en faisant reconnaître parmi vous toute espèce de bien.» Philémon 6. Sommes-nous en mesure de voir l’héritage que nous avons les uns dans les autres ? Les Corinthiens avaient une grande place dans le cœur de l’apôtre. C’est de l’amour sincère. Il ne doit y avoir personne pour qui nous n’avons pas de place dans notre cœur. Les saints dans le pays, «les hommes pieux sont l’objet de toute mon affection.» Ps. 16. C’est là une puissante preuve que l’on aime le Seigneur.
Combien c’était bête de la part de Lot de se séparer d’Abraham. En agissant de la sorte, il se séparait de toute la bénédiction que Dieu déversait sur Abraham. Il a détruit son propre avenir et celui de ses enfants. Est-ce qu’un peu de jalousie était entrée dans son cœur ?
Spécialement dans nos assemblées locales, nous devons fondre les uns avec les autres. Ou bien veux-tu avoir une communion tout seul, en prétendant que les autres ne sont pas assez zélés ? Il n’y a qu’un seul corps, et si on pense avoir mieux compris que la plupart des autres, on doit travailler pour communiquer cette lumière aux autres. Si on élève des mains pures, on n’a aucune exigence à l’égard des autres. Nous savons comment les frères ont travaillé avant nous. Tout a été poussé par l’amour qui est dans le Saint-Esprit. Nous devons continuer dans le même sens.
Paul a donné des consignes très sévères concernant l’attitude que les Corinthiens devaient adopter envers celui qui avait péché et dont il est question dans 1. Co. 5. Dans la deuxième lettre, il parle du même pécheur qui s’était converti entre temps, et il exhorte les Corinthiens à pardonner et à consoler. En 1 Ti. 5, 20, il est question de reprendre ceux qui pèchent. Plus loin, il est dit de ne rien faire par faveur. Si on n’a pas une oreille exercée pour la voix de l’Esprit, on peut garder toute sa vie une certaine manière d’agir, sans comprendre que le temps est peut-être venu pour moi de changer ma manière de faire. Un autre exemple : le règlement dit que lors de nos conférences, les jeunes doivent être dans la salle pendant les réunions du soir. On peut naturellement faire respecter cette règle comme «un chien de garde» sans écouter la voix de l’Esprit qui nous dit peut-être : Bénis !
Le christianisme des œuvres
Qu’est-ce qui caractérisait clairement l’état dans lequel étaient les anges des sept églises ? Ap. 2 et 3. C’étaient leurs œuvres. «Je connais tes œuvres.» L’accusation qui dit que nous annonçons «un christianisme par les œuvres» a toujours reposé sur l’Assemblée comme un opprobre. Dans un certain sens, on peut dire qu’il n’y a pas d’autre christianisme que celui qui se manifeste dans nos vies quand nous trouvons notre propre vie pour la perdre au beau milieu de nos œuvres.
On peut distinguer deux fossés. L’un d’eux consiste à prétendre que tout nous est donné uniquement par la foi, c’est-à-dire une foi sans les œuvres. Ja. 2, 17. L’autre fossé est formé par les œuvres de la loi qui donnent une apparence de piété. La justice ne s’obtient pas par la foi. Ga. 2, 21. On peut faire beaucoup de sacrifices et passer pour être pieux, mais en même temps on laisse par exemple la médisance se développer. 2 Ti. 3, 5. L’épouse de Christ marche au milieu des sentiers de la justice. Elle fait ce qui est bien et trouve le mal qui est attaché à elle, et fait mourir, par l’Esprit, les actions du corps. Le fin lin éclatant dont elle se revêt, ce sont les œuvres justes des saints. Ap. 19, 8.
Ja. 1, 25-27. Là, nous voyons qui est heureux. C’est celui qui met en pratique la Parole. Quand Jacques veut définir la religion pure et sans tache, il parle de visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et de se préserver des souillures du monde. Dans ce domaine, on peut faire des œuvres de la loi et obtenir une apparence de piété, tout en laissant la médisance «se porter à merveille». Mais est-ce là le sens que Jacques voulait donner à ce verset ? Non, il est question des œuvres que Dieu a préparées d’avance, dans lesquelles nous trouvons notre propre vie et au travers desquelles nous pouvons être affranchis de notre impatience, de notre exigence etc. Ce n’est pas l’œuvre dans ce cas qui est la source de notre joie, mais c’est le fait que nous trouvions quelque chose à faire mourir, de sorte que nous ayons pour fruit la sanctification.
Quand Jésus disait en Mt. 25 : «Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire, etc.», pou-vons-nous dire 2000 ans plus tard qu’il ne s’agissait que d’œuvres faites selon la loi ? Loin de là ! Les justes lui ont répondu : «Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger ?» etc. Ils étaient occupés à tisser le vêtement de l’épouse, ils étaient occupés à trouver quelque chose à faire mourir dans leur nature, tout en faisant leurs œuvres. Ceux qui avaient commis l’injustice, en revanche, eux se souvenaient très bien de leurs œuvres, mais au milieu de leur activité, ils n’avaient pas eu communion avec le Seigneur. C’est pourquoi Jésus leur a dit : «Je ne vous ai jamais connus.» Mt. 7, 23.
Les œuvres de la loi ne mènent jamais au fruit de l’Esprit. Les œuvres préparées d’avance, au travers desquelles nous entrons dans la mort de Christ, conduisent à la sanctification. Si l’on ne comprend pas ces choses, on ne comprend pas non plus Christ manifesté en chair. Ce qui est commun à tous ceux qui se trouvent dans l’un de ces fossés, c’est qu’ils n’acceptent pas les exhortations. Pour devenir capables de toute bonne œuvre, nous devons toujours porter dans notre corps la mort de Jésus-Christ.
Que Dieu soit loué pour cette conférence si bénie qui aura des répercussions bénies dans les foyers et dans les assemblées de toute la terre !