La conférence d’été 1994 à Brunstad
Le chapitre 17 de l’évangile de Jean peut fort bien servir de titre pour la conférence qui a eu lieu cet été à Brunstad. Nous avons «touché de nos mains» et senti dans une mesure particulièrement grande l’unité que Jésus demande dans sa prière pour ses disciples de toutes les époques. Le frère Sigurd Bratlie, que nous avons eu la grâce d’avoir à nouveau parmi nous, a lu ce chapitre à la première réunion. Le frère Aksel J. Smith a continué en nous exhortant ardemment à être affermis dans la bonté et à demeurer fermes et inébranlables dans la fraternité de Jésus-Christ. Les frères Kåre J. Smith, Bernt Stadven et beaucoup d’autres frères ont poursuivi dans la même direction : «Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire.» Jn. 17, 4. Nous pouvons voir entre autres dans Hé. 2, 14-15 quelle œuvre Dieu avait donnée à faire à Jésus. Par la mort, il devait anéantir celui qui a la puissance de la mort et délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Jésus est venu avec une nouvelle mort, la mort qui frappe les convoitises et les passions, et c’est ainsi qu’il a inauguré une route nouvelle et vivante qui mène à la nature divine.
Nous voyons dans Lu. 10 que les 70 disciples se réjouissaient de leurs dons et de ce qu’ils étaient capables de réaliser. Jésus a vu qu’un danger les guettait là, et il leur a demandé de se réjouir de ce que leurs noms étaient écrits dans les cieux ; ensuite, il loue le Père, qui a révélé les mystères de la vie aux enfants et non aux sages et aux intelligents. «Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule.» Es. 9, 5. La domination de Dieu repose sur les épaules des petits enfants, sur ceux qui ne se préoccupent pas de leur propre nom et qui ne cherchent pas leur propre intérêt. De telles personnes sont étroitement liées et s’épaulent mutuellement dans la fraternité. Jésus parle de «celui qui se rendra petit comme cet enfant.» Nous avons des occasions dans la vie où nous pouvons soit nous «rendre grands», soit nous «rendre petits». Dieu peut donner ses révélations à celui qui se rend petit. Ce sont de telles personnes qui ont un bâton de berger à la main, pas un sceptre de dominateur. Celui qui supporte de voir de l’injustice commise contre un frère parce que cela est bénéfique pour sa propre réputation est un séducteur, un faux prophète.
Jn. 5, 39-40. Il se peut qu’on sonde les Écritures parce qu’on est poussé par le désir orgueilleux de savoir et de comprendre. Mais c’est la vie qu’on trouve auprès de Jésus, c’est un esprit de sagesse et de révélation que l’on reçoit à son contact. C’est ainsi que le bâton du berger apparaît et qu’on peut exhorter dans l’amour. Celui qui ne donne aucune exhortation montre par là qu’il manque de sollicitude et qu’il n’a pas un cœur de père. On ne peut pas fusionner là où règne le sceptre du dominateur.
Le péché a été condamné dans la chair par l’œuvre que Dieu a donnée à accomplir à Jésus. Et le Père a ainsi été glorifié. C’est aussi quand le péché est condamné dans notre chair que nous pouvons glorifier Christ. Pour que cette œuvre se fasse, nous devons plonger nos regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et persévérer dans ces choses. Ja. 1, 25. On ne peut pas progresser sur le chemin de la sanctification en plongeant ses regards ou en creusant dans le corps du péché. Dans ce cas, on s’enterre dans le découragement et les ténèbres. C’est la loi de l’Éternel que nous devons méditer et contempler. C’est la parole prophétique qui éclaire nos ténèbres. Nous ne devons pas plonger nos regards dans les profondeurs du péché et de Satan, mais dans les profondeurs qui peuvent nous éclairer. C’est ainsi que la loi de l’Éternel est inscrite dans nos cœurs et dans notre entendement. «Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l’homme intérieur.» Ro. 6, 22. Voilà le point de départ indispensable à tout développement ultérieur. L’«homme misérable» (v. 24) nous est alors révélé par la parole prophétique, et nous avons la possibilité de le livrer à la mort de Christ.
L’ange de l’Église d’Éphèse avait abandonné son premier amour, cet amour dans lequel on passe à l’attaque contre le péché dans la chair. Il n’avait donc pas achevé l’œuvre qui lui avait été donnée à faire, malgré tous les autres aspects louables de son ministère. On peut penser qu’il ne trouvait pas grand-chose à juger dans sa propre vie.
Dans Ro. 8, Paul cite toute une série de circonstances qu’on peut rencontrer dans la vie, et il dit que rien «ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur.» Quand on met en pratique le premier amour, on donne sa vie pour ses frères. Dans ces conditions, on a autre chose à faire qu’à parler des autres, et on ne déforme pas les propos d’autres frères jusqu’à les rendre méconnaissables. On ne s’attache pas non plus à l’un au détriment de l’autre dans la fraternité.
Les révélations de l’Esprit ne sont données qu’aux cœurs honnêtes et bons, qui les retiennent et portent du fruit avec persévérance (Lu. 8, 15). Dieu écrit ses lois dans de tels cœurs. Il faut se purifier de toutes les pierres, de toute dureté dans le terrain de son cœur. Les cœurs honnêtes et bons fusionnent pour former une fraternité indestructible. Entre des frères saints qui apprennent à s’abaisser les uns sous les autres, il n’y a «même pas autant de place pour les frictions que sur la pointe d’une aiguille», suivant une expression que le frère Aslaksen a employée une fois pour décrire les rapports qu’il entretenaient avec les frères Sigurd Bratlie et Aksel J. Smith. De tels frères combattent pour Sion, la couronne éclatante. Tous ceux qui sont sincères doivent se sentir en sécurité à l’intérieur des murs de Jérusalem.
«Ce qui est bon, je le sais, n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ma chair.» Ro. 7, 18. Quand cela devient une révélation pour nous, nous cessons de nous attendre à quoi que ce soit de notre propre part. Cela ouvre l’accès à la révélation de Dieu et à la lumière dans notre vie. Il y a d’innombrables raisons d’avoir une opinion modeste de soi-même. Paul se considérait comme le plus petit des saints, et quand Dieu a voulu révéler le mystère du corps de Christ, l’Assemblée, il a justement utilisé quelqu’un qui avait une telle vision de lui-même !
Pas sans souffrir dans la chair
«Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence...» 1 Pi. 4, 17. Pierre écrit ceci à de nombreuses personnes, mais chacun doit lire pour sa propre part : il commence par moi, il commence par moi ! On est en sécurité au contact de personnes en qui la mort de Jésus agit. Elles parlent parce qu’elles croient (2 Co. 4, 12 et suivants). Pas parce qu’elles en ont assez de voir ceci ou cela, par exemple. Elles parlent parce qu’elles ont de la foi pour la personne à qui elles s’adressent. Comme Paul, qui était convaincu que Dieu les ressusciterait, lui et ses collaborateurs, et qu’il les ferait paraître avec les Corinthiens en Sa présence. Les Corinthiens estimaient probablement qu’ils pouvaient très bien se débrouiller sans Paul, mais Paul ne souhaitait pas être sans eux. Ceux qui veillent sur eux-mêmes et sur leur enseignement procurent de la sécurité dans l’Assemblée ; pas la sécurité pour la chair, mais pour toute âme sincère, car ils se sauveront eux-mêmes et ceux qui les écoutent.
Quand le Sauveur ressuscité exposait les Écritures aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, leur cœur brûlait au-dedans d’eux. Lu. 24. Jésus leur a fait contempler ce qui était le plus important dans son œuvre, le secret de toute la gloire : «Ne fallait-il pas que le Christ souffrît, et qu’il entrât dans sa gloire ?» Il leur a donné la Parole, et la Parole leur a été-en aide. Nous aussi, nous devons donner la Parole aux hommes et les uns aux autres, d’une manière telle que la Parole devienne vivante. On peut volontiers oublier et nous-mêmes et notre nom.
Si nous voulons vivre la Parole, nous passons obligatoirement par toutes sortes de circonstances dans lesquelles la Parole doit faire son œuvre avec nous. Pour cela, il faut que nous passions par la souffrance, comme Jésus l’a expliqué aux disciples d’Emmaüs : «Ne fallait-il pas que le Christ souffrît ?» Par la souffrance à la gloire ! Ceux qui souffrent fidèlement pour accéder à la gloire ne se recommandent pas eux-mêmes, ne se vantent pas de leurs «exploits». Non, c’est le Seigneur qui les recommande et les approuve, et les recommandations des hommes perdent alors tout intérêt pour eux. 2 Co. 10, 17-18. Voilà le chemin que nous montre la Parole. Sur ce chemin, il ne s’agit pas de s’en sortir à bon compte, dans telle ou telle situation. Non ! Dieu nous donne son aide par l’Esprit de conseil et de force, pour que nous soyons en mesure de marcher sur ce chemin qui mène à la gloire au travers des souffrances. On ne parvient pas à la sanctification par la bénédiction d’un soir, mais par l’obéissance de la foi quand l’Esprit de Dieu apporte un jugement sur la chair.
«Et ce jugement, c’est que la lumière est venue dans le monde.» Jn. 3, 19. La Parole dans tout son tranchant est une véritable délivrance pour celui qui a l’entendement du disciple. «Persévérez dans l’amour fraternel.» Hé. 13, 1. C’est notre responsabilité à tous. Le fait de mettre en avant un frère au détriment d’un autre frère ne fait pas partie de l’amour fraternel. Depuis le temps des apôtres jusqu’à nos jours, les différents membres du corps de Christ ont eu des ministères différents. Satan veut introduire un coin justement là où se trouve cette différence. Mais il n’y arrivera pas !
«Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé.» Lu. 14, 11. Cela se passe tout d’abord dans les pensées, et il n’y a pas de limite à la profondeur à laquelle nous pouvons nous abaisser. Paul témoigne que la grâce de Dieu envers lui n’avait pas été vaine (1 Co. 15, 10). Cela montre qu’il s’abaissait dans une mesure grandissante. S’il avait commencé à s’élever, la grâce aurait été vaine. Le chemin est un chemin d’abaissement. Il n’y a qu’un seul chemin, mais de nombreuses fausses routes. Comment pouvons-nous garder pur notre sentier ? En nous dirigeant d’après la Parole du Seigneur (Ps. 119, 9). Gardons fermement ce seul esprit et ce seul chemin. Pour apprendre vraiment à connaître Christ, nous devons le suivre dans l’abaissement. L’égarement commence quand on se met à épargner sa propre vie et à chercher à éviter les souffrances de Christ.
«Ayant purifié vos âmes en obéissant à la vérité, pour avoir un amour fraternel sincère...» 1 Pi. 1, 22. Il faut par exemple obéir à la vérité qui dit que nous comprenons partiellement et prophétisons partiellement, ce qui entraîne obligatoirement que nous avons besoin des parties que les autres peuvent apporter.
Les vierges folles se contentaient d’ôter les manifestations extérieures du péché, alors que les sages continuaient à travailler pour trouver le sacrifice de culpabilité en elles-mêmes.
Dans 1 Co. 12, il est dit des membres du corps de Christ «... chacun pour sa part». Qu’est-ce que notre part ? Que le péché soit condamné dans notre propre chair ! Que c’est béni quand chacun est fidèle sur ce point, chacun pour sa part. Cela exclut toute jalousie et toute critique. Mais si nous nous retirons de la grâce de Dieu, nous nous retrouvons sur le terrain où poussent les racines d’amertume.
Quand des frères qui se trouvent eux-mêmes dans l’esprit et le feu du réveil redressent les amis suivant le «fil à plomb» de la parole de Dieu, cela éveille le désir de se conformer aux exhortations qu’ils donnent. Mais si on veut «redresser» sans être soi-même dans un réveil personnel, on apporte de la nourriture «non comestible» par ce genre de ministère.
«C’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion», est-il dit en Col. 3. Ce passage se rapporte particulièrement à l’impudicité et l’impureté dans le domaine sexuel. Jésus parle très clairement de ces choses en Mt. 5, 27-30. Le secret d’une victoire totale dans ce domaine est d’avoir un entendement ferme et décidé. Cela signifie qu’au moment de la tentation, on est déjà décidé d’avance : Pas question de pécher ! Ni en pensées, ni en regards, paroles ou actions ! Il faut être dans le bon esprit du combat de la foi, pour parvenir à un repos total dans ce domaine tellement important.
Le bâton de berger
«Et l’Esprit et l’épouse disent : Viens.» Ap. 22, 17. Ils invitent à prendre part à la plus grande gloire qui soit. «Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son œuvre.» v. 12. Cela se fera de manière juste. Ayons ce «Viens !» céleste en nous ! Nous devons nous-mêmes devenir des «Viens !» Il faut déposer tous les sceptres de domination et se munir d’un bâton de berger. On se sert du sceptre de domination pour frapper les autres, mais le bâton du berger procure de la sécurité. «Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.» Jn. 10, 11. Le mercenaire n’est pas propriétaire des brebis, il ne les a pas à cœur. Les brebis appartiennent à Jésus, car il a donné sa vie pour elles. Il a emmené des captifs et a fait des dons aux hommes (Ep. 4, 8). Il a délivré des captifs par la mort qui a frappé tout ce qui habite dans la nature humaine, il les a affranchis du péché et a pu de cette manière en faire don à l’Assemblée, pour qu’ils y exercent un ministère béni de bergers. Paul parle des dix mille précepteurs. Ceux-là sont rapides à brandir le sceptre de domination. Les pères, eux, utilisent le bâton de berger. Ils sont un «Viens !» Il y a plusieurs siècles, la Norvège a été christianisée par la force et la violence. On ne peut évidemment pas construire l’Assemblée de cette manière-là. Jésus nous montre la bonne voie dans Mt. 20, 25 et suivants. Les chefs des nations les tyrannisent et les asservissent. Mais le bon berger sert et donne sa vie «comme la rançon de plusieurs.» Celui qui a en vérité engendré des enfants en Christ a «payé» quelque chose pour ses frères. De telles personnes marchent devant les brebis, elles suivent le chemin qui descend et portent l’Assemblée.
L’Agneau était digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire et la louange, parce qu’il s’était laissé immoler (Ap. 5, 12). Tous ceux qui suivent les traces de l’Agneau se laissent immoler.
Paul a planté, Apollos a arrosé, et du fait qu’ils n’étaient rien à leurs propres yeux, ils étaient parfaitement un. 1 Co. 3, 6-8. C’est là en bas, où nous ne sommes «rien», que nous devenons un. Quand nous nous trouvons dans des circonstances dans lesquelles nous devons nous abaisser à cause de la communion, c’est une grande grâce qui nous est donnée. Mais si nous nous privons de cette grâce, une racine d’amertume commence à pousser et produit du trouble. Hé. 12, 15.
«Toute Ecriture est inspirée de Dieu, et utile...» 2 Ti. 3, 16. Tout ce qui est «inspiré» par nous-mêmes n’est utile à absolument rien. Celui qui livre à la mort tout ce qui vient de lui-même est englouti dans le tout, dans la fraternité, et tout ce qu’il fait et dit crée un pouvoir d’attraction béni qui invite à imiter son exemple. Il rassemble. Ce qu’il dit rassemble, il agit dans un esprit qui rassemble et tend une main qui veut rassembler. «Là où est le cadavre, là se rassemblent les aigles.» C’est là où la mort de Christ agit qu’il y a de la nourriture pour les amis. La mort a le pouvoir de rassembler. Un vrai berger sait que le troupeau a droit à des pâturages bons et nourrissants. «Nous contribuons à votre joie», écrit Paul. Voilà ce que fait un berger. «Nous portons ce trésor dans des vases de terre.» 2 Co. 4, 7. On ne ressent pas de force humaine chez les frères qui ont en vérité la parole de Dieu. Mais si on n’est pas un serviteur en esprit et vérité, la force humaine, l’homme dominateur, apparaissent.
Le combat dans le monde des esprits
Nous voyons dans Ep. 6, 12 qu’il y a un combat à mener dans le monde des esprits, de sorte que la victoire soit déjà remportée quand on vient sur le champ de bataille. Pense au combat que nous pouvons mener dans nos prières, pour des hommes pour lesquels Jésus a versé son sang ! Nous devons sur ce point être disposés à souffrir, de même que Christ a souffert pour nous amener à Dieu (1 Pi. 3, 18). «Mais s’il se trouve pour lui un ange intercesseur...» Jb. 33, 23-26. Quel ministère béni ! De tels hommes combattent pour leurs frères, alors que d’autres agissent comme il est dit en Ps. 50, 20 : «Tu t’assieds, et tu parles contre ton frère, tu diffames le fils de ta mère.» Dieu est très exact dans ce domaine, sans faire acception de qui que ce soit. Mais David dit au Ps. 101, 2 : «Je marcherai dans l’intégrité de mon cœur, au milieu de ma maison.» Dans ce cas, il n’y a pas de place pour la médisance. On pourrait appeler le Psaume 101 le «programme de gouvernement» de David. Nous y voyons son cœur sincère et à quel point il haïssait tout comportement hautain et orgueilleux. Il était aussi très vigilant quant aux personnes dont il s’entourait : «Celui qui se livre à la fraude n’habitera pas dans ma maison.» Cela crée la sécurité. Soyons vigilants dans nos propres maisons. Ceux qui rendent les hommes pieux grands dans leurs foyers rendent le meilleur service qui soit à leurs enfants.
«Si quelqu’un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu’il préserve sa langue du mal...» 1 Pi. 3, 10. Il faut avoir une langue crucifiée. Les femmes tout particulièrement doivent prendre cela à cœur et se parer d’un esprit doux et paisible, qui est d’un grand prix devant Dieu (1 Pi. 3, 3-4). N’est-ce pas pour être agréables à Dieu que nous devons être zélés ? Dans le réveil aussi, certain ont du mal à maîtriser leur langue et s’en prennent par exemple avec effronterie à des frères pieux pour leur demander des comptes au sujet de ce qu’ils ont dit dans leurs messages. De telles personnes ne sont pas agréables à Dieu. C’est le vieil homme dans un nouveau déguisement. Des femmes qui ont un esprit doux et paisible ont une langue ointe et peuvent apprendre aux jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, à être retenues, chastes, occupées aux soins domestiques, bonnes, soumises à leurs maris, afin que la parole de Dieu ne soit pas blasphémée. Tit. 2.
«Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt comment il est.» Ja. 1, 23-24. Quand la Parole tranchante est annoncée, nous voyons notre homme naturel, par exemple la compréhension naturelle que nous avons de l’amour, de la piété, du zèle, etc. Quand nous avons vu cela, nous devons entreprendre un travail à notre salut, sinon nous nous trompons nous-mêmes.
C’est la Parole de Dieu qui est utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger et pour instruire dans la justice. Nous ne pouvons pas construire l’Assemblée avec les «derniers potins», qui préoccupaient tant les Athéniens qui se rendaient à l’Aréopage. Des pensées intelligentes ne peuvent pas non plus contribuer à l’édification de l’Assemblée.
De l’aide
Partant du fait qu’à cause de sa faiblesse physique, il avait reçu le soutien d’un frère pour se lever et aller jusqu’au microphone, le frère Aksel J. Smith a exprimé combien c’était bon de recevoir de l’aide. Celui qui pense ne pas avoir besoin d’aide dans quelque domaine que ce soit est insensé et se trompe lui-même. Si seulement on accepte de recevoir de l’aide, on peut parvenir aux choses les plus glorieuses. «Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue ; et il a dressé mes pieds sur le roc, il a affermi mes pas.» Ps. 40, 3. Heureux tout homme qui a été retiré du fond de la boue ! La médisance, par exemple, est une boue bien noire, une fosse de destruction. «Dieu a parlé une fois ; deux fois j’ai entendu ceci : c’est que la force est à Dieu.» Ps. 62, 12. Dieu doit parler de manière répétée, car c’est tellement difficile pour un homme d’écouter et d’obéir. Mais heureux ceux qui entendent sa voix et dont les pieds sont sur le roc ! Ils parviennent à une unité ferme comme le roc, que rien ni personne ne peut détruire.
«Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par vous.» 1 Co. 4, 3. Quand notre amour pour Christ est vrai et sincère, nous aimons être aidés, nous acceptons le jugement de Dieu sur nos vies, nous reconnaissons volontiers que nous nous sommes trompés, si c’est le cas. Nous avons alors de l’assurance au jour du jugement, nous ne nous décourageons pas, et ce que les autres disent de nous a alors peu d’importance à nos yeux.
Quand on entend parler du «sceptre de domination», les pensées se portent peut-être_ facilement vers des personnes par lesquelles on estime avoir été dominé. Mais n’est-il pas plus sage de demander comme les disciples le jour de la Pâque : Ne serait-ce pas moi ? Nous trouvons alors quelque chose dont nous pouvons nous purifier nous-mêmes Si nous écoutons avec une oreille de disciple, par exemple à une conférence comme celle de Brunstad cet été, alors le champ d’obéissance dans notre vie sera considérablement étendu.
«Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas.» Ro. 15, 1. C’est vite fait, quand on parle des faibles, de ne penser qu’à ceux qui sont misérables et nécessiteux. Mais il peut aussi s’agir de personnes zélées qui n’ont pas encore bien compris certains domaines, de sorte qu’elles ne savent pas toujours apprécier leurs frères comme elles le devraient. Nous avons de multiples occasions d’être de bons bergers les uns pour les autres, de porter, de prendre soin des autres et de faire preuve de longanimité.
Hé. 12, 1 : «... rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement», par exemple de vieilles habitudes pécheresses, une «langue bien pendue», des propos légers et superficiels sur les autres. Il faut s’en prendre aux racines, il faut faire mourir la convoitise.
On peut se prendre pour quelqu’un qui reçoit beaucoup de révélations, mais s’il manque la révélation qu’on a besoin d’aide, il est douteux que ce soient les révélations de l’Esprit qu’on a reçues. Et on n’est pas humble si on veut soi-même décider d’où l’aide doit venir.
Il est dit de Jésus qu’il ne faisait pas de menaces quand il souffrait, mais qu’il s’en remettait à celui qui juge justement. C’est extrêmement important de prendre cela à cœur, car lorsque nous sommes dans une circonstance qui provoque des souffrances, parce que nous sommes tentés, nous ne sommes pas en mesure de juger justement. C’est pourquoi nous devons nous en remettre à celui qui est en mesure de le faire.
C’est lorsque les lois de l’Esprit de vie deviennent vivantes pour nous que nous trouvons ce qui doit être livré à la mort de Christ. C’est pourquoi heureux est celui «qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, et qui la médite jour et nuit !» Ps. 1. On ne marche alors pas selon le conseil des méchants. C’est vite fait de marcher selon le conseil des méchants si on écoute les plaintes ou - ce qui est encore plus dangereux - les accusations. Ce peuvent être des rumeurs et des «informations» qui sont passées de l’un à l’autre et qui ont été tellement déformées qu’elles en sont méconnaissables. C’est alors vite fait de s’arrêter sur la voie des pécheurs et de s’asseoir en compagnie des moqueurs. La moquerie est peut-être plus proche qu’on ne le pense.
L’archange Michel n’osa pas porter un jugement injurieux (Jud. 9). «... ne se moquer die personne...» Tit. 3, 2 (autre trad.). Il est dangereux de mépriser son prochain, car on insulte alors son créateur.
Le cœur des deux disciples d’Emmaüs brûlait quand Jésus leur ouvrait les Écritures. C’est ce qui se passe quand c’est la compassion pour les hommes qui fait jaillir la Parole. La douceur de Jésus se manifeste alors, aussi quand on doit exhorter ou reprendre, et on a de l’onction dans son ministère. Nos pensées doivent donc être fondées en Dieu et non dans la «vanité de nos pensées.» C’est parce que leur entendement et leurs pensées ne sont pas fondées dans la Parole que beaucoup de personnes ont si vite fait de «sortir de leurs gonds» dans les différentes situations de la vie, et qu’elles se mêlent des affaires d’autrui. Mais celui qui laisse la parole prophétique éclairer ses ténèbres est béni. Quand on a l’impression, dans certaines circonstances, d’être incapable de trouver une issue, la Parole vient à notre secours et nous montre la direction à prendre. C’est par les paroles que nous recevons du ciel que nous pouvons combattre le bon combat de la foi et nous sommes alors en mesure d aider les hommes, par amour pour eux, avec la Parole qui a été une aide pour nous-mêmes.
«Paix et miséricorde sur tous ceux qui suivront cette règle, et sur l’Israël de Dieu !» Ga. 6, 16.