Johan Oscar Smith

janvier 1994

Johan Oscar Smith

Au mois de mai 1993, cela faisait 50 ans que le frère Johan O. Smith était retourné auprès de Dieu. C’est pourquoi une réunion de la conférence a été consacrée à rappeler les fruits innombrables de la vie et du ministère du frère Johan O. Smith. Une ligne ininterrompue relie le temps de Johan O. Smith aux jours où nous vivons. La même croix. Le même chemin. Le même message qui nous conduit à la même communion. Et par la grâce de Dieu, nous allons continuer dans cette même direction. Beaucoup de frères et de sœurs qui ont connu le frère Johan O. Smith ont donné des témoignages unanimes concernant ce grand homme de Dieu, son exceptionnel dévouement à Dieu et sa fidélité dans les petites choses comme dans les grandes. Une sœur disait qu’à chaque fois qu’elle entend la parole de Hé. 4, 12 qui dit que la Parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, elle revoit le frère J. O. Smith devant ses yeux. C’était réellement un homme de réveil. Il est donc terriblement insolent et honteux de quitter l’assemblée, comme l’ont fait certains, et de prétendre « suivre la ligne de J. O. Smith » tout en s’opposant à l’assemblée, aux frères pieux et au réveil.

Le frère Kåre J. Smith nous a lu plusieurs extraits de lettres ou d’articles de J. O. Smith. En voici un aperçu :

Au sujet du réveil qui eut lieu à Horten en 1928 parmi les jeunes et les enfants, il écrivait : « Le frère Aslaksen a passé trois semaines parmi nous juste avant Noël. Il voulait faire des réunions pour les adultes, mais la plupart d’entre eux se sont endurcis en entendant les nombreux témoignages clairs et bénis. En revanche, les enfants et les jeunes ont accepté la Parole de Dieu. Ils se sont mis à crier à Dieu pour lui demander un puissant salut, et Dieu a entendu leurs prières. » - Le fait donc de trouver un sujet d’achoppement dans le réveil n’est pas nouveau. Il s’agissait comme aujourd’hui d’un réveil de sanctification pour être transformé à l’image de Christ.

En 1934, l’assemblée a aussi connu un puissant réveil, et à l’occasion de la conférence de Pâques, le frère J. O. Smith écrivait : « Dieu nous a donné des jeunes qui ont de l’étoffe. Et je crois pouvoir dire que nous leur avons laissé un solide héritage que nous avons acquis par bien des combats et des souffrances. À vous maintenant d’avancer. Faites mieux que nous ! Et que Dieu soit avec vous ! » —

Voilà quelle était son attitude à l’égard du groupe de jeunes magnifiques dont il se réjouissait tant.

En 1909, il écrivait à son frère : « Dès le commencement, Dieu m’a infligé un traitement tel que je pensais qu’il dépassait ce qu’un homme pouvait supporter. Il m’a fait traverser des épreuves de feu que je tiens à garder entre moi et Dieu. En subissant un tel traitement de la part de Dieu et en étant déraciné comme je l’ai été, j’ai pu rapidement entrer dans la communion des souffrances avec Christ. »

J. O. Smith était un réformateur et un pionnier. La plupart de ses cantiques sont des cantiques de pionnier. Nous en trouvons un exemple dans le cantique n° 113 du recueil norvégien : « Quand le chemin de la vérité doit frayer son passage au travers de la montagne de la chair, les hommes méchants protestent. Le camp leur semble soudain trop étroit. Mais en dehors du camp, auprès de Jésus, tout prend un autre goût. » En effet, en dehors du camp, avec Jésus, il a reçu une vision céleste, et la bonté se manifestait au beau milieu de son combat.

Dans la même lettre déjà citée, il ajoutait : « Mon ministère en Christ a toujours consisté à nettoyer radicalement la base pour ensuite construire. Construire sur un fondement étranger a toujours été une chose abominable à mes yeux, je ne sais quelle expression employer, mais je considère cela tout simplement comme de la prostitution spirituelle. C’est la raison pour laquelle tout mon travail de nettoyage a d’abord semblé dur et impitoyable. Mais ceux qui par amour de la vérité, se sont laissés briser, ont aussi fait plus tard cette expérience que mon ministère en Christ ne consiste pas seulement à détruire, mais aussi à édifier. Mais malheureusement, il n’y en a pas beaucoup qui ont voulu suivre sur ce chemin-là. Mais ceux qui ont suivi peuvent témoigner de la communion bénie que nous avons ensemble dans le Saint-Esprit. » - Apprenons à être libres dans notre esprit, de façon à pouvoir utiliser l’épée sans prendre égard à la chair, ni aux liens de famille. Nous pourrons alors, par la grâce de Dieu, détruire et édifier.

Dans une lettre, il donne ce témoignage : « La Parole de Dieu est tout mon plaisir. J’aime tellement la Parole de Dieu qu’il m’arrive parfois d’être complètement absorbé par elle pendant longtemps. »

Ses rapports avec les frères étaient empreints d’humilité et de bonté, comme le montrent ces quelques phrases d’une lettre écrite au frère Aslaksen : « Pour ce qui me concerne, je veux m’en tenir, par la grâce de Dieu, à ma vocation et à mon élection, là, en bas, et travailler avec une âme à la fois. Et dans cette position, par la grâce de Dieu, je veux chercher à te fortifier, toi, dans ta vocation et dans ton élection. Et ceci sera l’alliance de paix entre nous deux, alliance qui a été conclue par la parole de Dieu et qui demeurera jusqu’aux derniers temps. Que cette devise nous accompagne jusque dans l’éternité : Que le plus grand soit le plus petit parmi vous. — Que ce soit aussi notre disposition à l’égard de nos frères et sœurs dans nos assemblées locales !

Son entendement de serviteur se révèle également dans ces quelques paroles écrites au frère Aslaksen : « Peut-être qu’en franchissant cette porte ouverte là, tout en bas, nous pourrons devenir si peu visibles que personne ne voudra se battre pour occuper notre place après notre départ. C’est sans doute ce qui est le plus parfait. Seules les paroles du Maître retentiront : Toi, suis-moi. »

La vie et l’entendement dont témoignent ces extraits ont été puissamment confirmés par les nombreux témoignages de frères et de sœurs qui l’ont connu. Le frère J. O. Smith s’attachait à ce qui était humble et ne recherchait jamais ce qui est grand aux yeux des hommes. Il remarquait rapidement si quelqu’un était orgueilleux et fier. Il prenait soin des pauvres et des humbles. Ce n’était pas pesant d’être en sa compagnie. Il se réjouissait grandement quand il sentait que la lumière commençait à briller pour les uns et les autres. Il se réjouissait aussi des jeunes et des enfants qui étaient saisis par Christ. Il s’asseyait souvent en leur compagnie. Dans un cantique, il écrit : « Ta jeunesse vient à toi, sa force est sa parure. Nous allons pleins de feu, l’avenir est sûr. » Et de la même manière que David fut saisi d’un grand zèle quand il entendit Goliath insulter l’armée du Dieu vivant, un puissant esprit animait le frère J.O. Smith pour abattre tout ce qui voulait détruire la communion.

Ce qui a particulièrement marqué les témoignages, c’est que le réveil que nous expérimentons si fortement aujourd’hui dans l’assemblée est exactement celui au sujet duquel se réjouissait le frère J. O. Smith. Un réveil pour être transformé à l’image du Fils. Un réveil pour s’abaisser. Un frère avait noté une fois cette phrase du frère J. O. Smith : « Si tu veux tester ta force, examine dans quelle mesure tu es capable de t’abaisser. »

Il a aussi été dit que nous sommes nombreux à moissonner là où nous n’avons pas semé, que nous sommes entrés dans le travail des autres. Et que celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. Jn. 4, 36. Quelle unité bénie ! Nous expérimentons maintenant le réveil, et quelques-uns, dans leur ignorance, ont affirmé qu’avant le réveil, il n’y avait pour ainsi dire rien de glorieux. De telles personnes doivent se convertir de leur orgueil. D’autres, à leur tour, ont méprisé le réveil et estiment que c’est ce qui était avant le réveil qui doit servir de référence. De telles personnes doivent aussi se convertir de leur péché. 1 Co. 3, 6-8. Ici, il est dit que celui qui plante et celui qui arrose sont un. C’est ce que nous avons expérimenté dans l’assemblée jusqu’à nos jours. Et Dieu a fait croître. Ce n’est pas celui qui se recommande lui-même qui est approuvé, c’est celui que le Seigneur recommande. Dieu a envoyé le feu et le réveil sur le travail de nos prédécesseurs. Dieu ne pouvait pas recommander nos bergers d’une meilleure manière que celle-là. Loué soit Dieu pour sa Parole claire. Nos prédécesseurs sont restés fermement ancrés dans la fraternité, ils se sont humiliés et ont fortifié et fortifient encore les autres. C’est pourquoi Dieu a pu oindre leur travail et leur sacrifice avec le réveil. Par la vie et le ministère du frère J. O. Smith, l’enseignement qui appartient à la piété a été clairement mis en lumière.

Beaucoup ont maintenant reçu dans leur cœur une claire compréhension des choses, et l’esprit de sagesse et de révélation que le frère Smith exhortait à rechercher a maintenant été répandu sur beaucoup.

Les paroles de Dieu sont des paroles pures

« Veille sur toi-même et sur ton enseignement. » Si on ne veille que sur soi-même, on se décourage. Si on veille uniquement sur l’enseignement, on s’enfle. Mais si on fait les deux, tout devient simple. Car l’enseignement dit par exemple : « Faites donc mourir... » Col. 3, 5. Quelle possibilité nous avons de pouvoir faire mourir les mauvaises choses que nous découvrons dans notre nature ! Pas question de se décourager, ni de s’enfler d’orgueil, dans ces conditions. Les prophètes prophétisaient avec enthousiasme au sujet de la grâce qui nous serait accordée dans la nouvelle alliance, celle qui nous permet d’arriver à la gloire et à la vie de Christ en passant par les souffrances de Christ. Et nous qui vivons dans le temps de la nouvelle alliance, nous devrions être beaucoup plus enthousiasmés que ceux qui ne faisaient que prophétiser au sujet d’une grâce que nous allions obtenir.

Dans Deutéronome, il est question des géants de la race d’Anak. La recherche de l’honneur représente une telle race de géants. Elle atteint jusqu’aux profondeurs de l’être humain. Mais cette race peut être exterminée. De. 9, 1-3. Si elle n’est pas exterminée, elle restera « comme des épines dans vos yeux et des aiguillons dans vos côtés, ils seront vos ennemis dans le pays où vous allez vous établir. » No. 33, 35.

Il y a beaucoup de forteresses, de raisonnements et de hauteurs dans un homme qui doivent être renversées par la parole tranchante de Dieu. Par exemple, toute l’agitation pour être « bien informé », toute ingérence dans les affaires des autres. Tout ce qui n’est pas entier de cœur doit être exterminé. À propos du roi Amatsia, il est dit qu’il fit ce qui est droit aux yeux de l’Éternel, « mais avec un cœur qui n’était pas entièrement dévoué. » 2 Chr. 25, 2. Il y avait donc une réserve, quelque chose à conserver pour soi-même, quelque chose qui rend impropre au Royaume des Cieux.

Dans Ac. 20, 29, il est question de loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau. Cette nature de loup habite dans la chair de chacun. Qu’est-ce qui épargne le troupeau ? La mort de Christ ! Quand nous nous livrons à la mort de Christ avec toutes nos exigences et nos opinions, le troupeau est épargné.

Comme Moïse, nous avons besoin d’une « tente, en dehors du camp ». Ex. 33, 7. C’est là que Moïse cherchait sa force dans la communion avec Dieu. Là, en dehors du camp, il n’y a pas d’honneur à chercher. Là, l’Esprit désigne les sacrifices dans notre vie. En Hé. 13, il est dit que le sang des sacrifices était porté dans le sanctuaire, mais les corps des animaux étaient portés hors du camp pour y être brûlés. Ceci nous apprend que tout ce qui exhale notre propre odeur doit disparaître. Il ne reste alors que le fruit de lèvres qui confessent son nom. Tout honneur revient alors à Dieu. Dans Ex. 32, 26-27, nous lisons au sujet des enfants de Lévi qui ne prirent aucun égard, ni à leur parenté, ni à leurs amis lorsque le peuple d’Israël s’était mis à danser autour d’un veau d’or. Encore de nos jours, il est possible d’avoir son propre « veau d’or », une propre opinion sur la manière dont il faut servir Dieu. Il s’avère toujours que ce sont ceux qui sont restés fidèles à l’alliance de Lévi qui peuvent aider les hommes dans leur détresse.

« Pourquoi m’appelles-tu bon ? Il n’y a de bon que Dieu seul. » Mc. 10, 18. Remarque à quel point Jésus était vigilant ! Et combien il était rapide ! Il ne se laissait pas tromper par ce « Bon maître ».

« Où est donc le sujet de se glorifier ? Il est exclu. » Ro. 3, 27. C’est une bonne et heureuse nouvelle pour tous ceux qui haïssent leur propre vie dans ce monde. Et si le sujet de se glorifier est exclu, nous sommes « inclus » dans la fraternité de Jésus-Christ pour toute l’éternité. Quand on a à faire avec Dieu, on ne fait pas « l’important ». « Si Dieu n’a pas confiance en ses serviteurs, s’il trouve de la folie chez ses anges, combien plus chez ceux qui habitent des maisons d’argile, qui tirent leur origine de la poussière. » Job 4, 18-19.

« Les paroles de l’Éternel sont des paroles pures, un argent éprouvé sur terre au creuset, et sept fois épuré. » Ps. 12, 7. De même, nos paroles doivent être pures comme la Parole de Dieu. 1 Pi. 4, 11. Nos paroles dans l’assemblée doivent être pures et ne doivent pas suivre les tendances de nos sentiments. Certains ont une tendance à frapper avec la parole, quand ils sont mécontents des autres, que ce soit des amis zélés ou nonchalants. Quand des âmes affamées viennent à la réunion, elles aspirent après des paroles pures. Pour être en mesure de dire des paroles pures, nous devons avoir un cœur circoncis à 360 degrés. Si on cherche le moindre intérêt propre, on n’est pas un sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. Nous devons servir selon la force que Dieu nous donne. C’est Lui qui donne la force, et c’est à Lui que revient l’honneur. Si l’on cherche à encaisser soi-même un peu d’honneur, c’est un signe qu’on n’a pas servi selon la force de Dieu.

Personne ne doit soupçonner son frère. Et les plus jeunes ne doivent pas penser que le fait d’avoir des sens exercés à discerner entre le mal et le bien consiste à soupçonner les uns et les autres d’être complètement ou partiellement des adversaires. Dans ce cas, on est soi-même méchant. Et si celui qui devrait être berger ne parvient pas à être en communion avec les jeunes qui sont zélés et entiers de cœur, ce n’est pas la faute des jeunes, mais c’est le manque de compréhension de son ministère de berger qui en est la cause. Dans toutes ces situations, nous devons rester nous-mêmes fidèles dans la purification !

Lors de la première réunion, le frère Sigurd Bratlie a lu le chapitre de 1 Co. 6 et nous a exhortés à le relire et à prendre à cœur tout ce qui y est écrit.

Loué soit Dieu pour sa Parole qui est pure et qui purifie ceux qui la suivent.