Sans paix – Plein de paix

Caïn est devenu un homme errant et sans paix sur terre. Quelle terrible situation ! Au lieu d’errer sans paix sur terre, comme le font tant de gens aujourd’hui, on peut, par la puissance de l’Évangile et par la parole de la croix, connaître une paix et une joie intérieures inébranlables en toutes circonstances. « Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ. » Ph. 4, 7.

L’absence de paix commence comme une petite pensée intérieure, au plus profond du cœur, puis elle prend racine dans la jalousie et d’autres transgressions des lois et des commandements de Dieu. Ces pensées agitées progressent en rongeant comme des rats et apportent avec elles un sentiment d’effroi : Tout mal ne peut donner naissance qu’au mal ! Cela se répercute dans toutes les directions. Nous devons ici être attentifs et vigilants, afin qu’aucune racine d’amertume ne pousse des rejetons et ne cause du tort à nous-mêmes et aux autres. Hé. 12, 15. « L’homme bon tire de bonnes choses du bon trésor de son cœur, et le méchant tire de mauvaises choses de son mauvais trésor ; car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. » Luc 6, 45.

Les esprits humains forts, doués d’éloquence, et ceux qui veulent toujours faire valoir leurs droits, ne pourront jamais trouver la paix. Ils restent dépourvus de paix.

Seuls les humbles obtiennent grâce et peuvent fondre les uns avec les autres dans un même Esprit. Jésus souhaitait que le feu de l’amour et de la sagesse brûle dans le cœur des disciples. Mais le feu de la Pentecôte n’était pas encore venu. Ils se demandaient lequel d’entre eux était le plus grand. Ces pensées devaient être consumées par le feu de Dieu.

« Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » Mt. 5, 9. Quand on est un tel fils de Dieu, on hait tout ce qui apporte du trouble, et on apporte avec soi la paix, la joie et la bénédiction. De telles personnes ne recherchent ni honneur ni gain et ne tolèrent rien qui puisse perturber l’unité dans la fraternité. En tant qu’enfants de Dieu, elles hériteront de tout avec Jésus. Elles ont choisi de le suivre dans son humiliation et seront élevées avec lui dans sa gloire. Ph. 3, 20-21.

Satan a toujours essayé de recourir à la lettre pour éloigner les chrétiens du chemin de la croix et de la souffrance, qui est le seul chemin qui mène à la gloire. Jésus nous a précédés sur ce chemin ; il est notre modèle et a été le premier et le plus grand de tous les frères.

Pierre a essayé de faciliter le chemin pour Jésus lorsqu’il a entendu combien il allait souffrir à cause de son nom. « Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! tu m’es en scandale ; car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Mt. 16, 23-24. Il n’y a jamais eu beaucoup de personnes sur ce chemin. La porte y est étroite et le chemin est étroit, mais il mène à la vie, à la vie en abondance, jusqu’au trône du Père où est réunie la foule de ceux qui auront vaincu. Ap. 3, 21 : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j’ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. »

Aujourd’hui, le faux amour a pénétré le monde religieux comme jamais auparavant. Ils ont trouvé un « chemin plus facile » qui contourne la croix, la souffrance, l’opprobre et l’abaissement. « Et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom. » Ph. 2, 8-9.

« Mais notre cité à nous est dans les cieux, d’où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ, qui transformera le corps de notre humiliation, en le rendant semblable au corps de sa gloire. » Chap. 3, 21. Si nous sommes fidèles pour suivre Jésus dans son humiliation, nous partagerons la gloire avec lui lors de la résurrection, avec un corps de gloire.

Tous ceux qui se réjouissent en dehors du chemin de la croix, parce qu’ils vivent dans une fausse liberté, sont séduits par l’esprit de Satan et de l’Antéchrist. Ils cherchent un chemin plus facile, mais ils font l’expérience que ce chemin est pénible.

Après le jour de la Pentecôte, Pierre a également compris que le chemin de la croix et de la souffrance était le seul chemin vers la véritable gloire : « Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l’allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. » 1 Pi. 4, 13.

« Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu’ai-je à désirer, s’il est déjà allumé ? » Luc 12, 49.

La gloire et la grandeur sont profondément ancrées en notre nature, et il faut donc un feu céleste pour consumer toute cette matière sinistre qui a causé tant de souffrances à travers le monde.

La porte de la gloire éternelle a toujours été ouverte pour les humbles et les hommes pieux.

La porte a toujours été fermée pour les orgueilleux.

Mais toutes les portes peuvent s’ouvrir si l’on reconnaît son péché et qu’on se convertit pour avoir part à la vie nouvelle en Jésus-Christ, « morts au péché, et vivants pour Dieu ». Tout péché s’accompagne de forces spirituelles maléfiques qui détruisent l’être humain, le rendant inquiet et le privant de paix. En triomphant du péché, on devient paisible et joyeux.

Au fil des siècles, beaucoup de « têtes bien faites » ont tenté de créer des Églises selon leur intelligence et leurs opinions, mais toutes ces tentatives ont été vouées à l’échec. Ce n’est qu’à partir des effets qui émanent de la tête, Christ, que l’Église peut être édifiée, et tout l’honneur lui revient.