Montrer du doigt et médire
« Alors tu appelleras, et l’Éternel répondra ; tu crieras, et il dira : Me voici ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux (que tu t’abstiennes de montrer du doigt et de médire, autre trad.). » És. 58, 9.
« Car, même si vous aviez dix mille maîtres (pédagogues, autre trad.) en Christ, vous n’avez cependant pas plusieurs pères, puisque c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Évangile. Je vous en conjure donc, soyez mes imitateurs. » 1 Co. 4, 15-16.
Si l’on n’est pas né de nouveau à une vie nouvelle dans l’amour et la sollicitude, on voit facilement toutes sortes de choses qui devraient être corrigées, et l’on en vient aisément à montrer du doigt et à médire.
L’amour croit et espère le meilleur pour chacun en particulier. Il se réjouit de tout progrès qui va dans le sens du bien. Les « gestes menaçants », les index pointés, quant à eux, s’accompagnent de jugements et de critiques qui ne favorisent pas la croissance dans l’amour et la sagesse. Le ministère qu’on exerce alors est comparable à celui d’un chien qui aboie dans toutes les directions. Cela n’a rien à voir avec le service de la justice et de la gloire.
« Soyez mes imitateurs ! » dit Paul. Il était plein de douceur parmi les Thessaloniciens, comme une mère qui réchauffe son enfant sur son sein. « ... nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Évangile de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers. » 1 Th. 2, 7-8.
Voilà une vie digne d’être imitée. Paul était sévère envers le péché, mais il aimait le pécheur. Là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression. Ro. 4, 15. Ce verset est important, car il peut nous garder de porter bien des jugements et d’exprimer bien des critiques. Nous ne sommes pas responsables devant Dieu au-delà de la lumière que nous avons selon la loi de notre conscience. Si l’on juge et critique des frères et sœurs selon la lumière que l’on croit avoir, on se rend coupable devant Dieu et on tombe sous son jugement. Celui qu’on a jugé et critiqué est peut-être tout à fait innocent, tandis que celui qui juge est lui-même jugé. Il est dangereux de condamner l’innocent.
Si l’on n’a pas un cœur pur et bon, on finit par montrer du doigt et médire. Il y a très peu de pères en Christ, par rapport au nombre de pédagogues. Les pédagogues sont souvent très forts pour étaler leur connaissance et se faire remarquer par leur parole habile. À Corinthe, il n’y avait que des pédagogues, et personne n’était capable de prononcer un jugement entre ses frères.
« Je le dis à votre honte. Ainsi il n’y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse prononcer un jugement entre ses frères. » 1 Co. 6, 4-5. Ils demandaient conseil à des personnes qui ne jouissaient d’aucune considération dans l’assemblée. Ils savaient bien quels conseils ils auraient reçu s’ils s’étaient adressés à Paul.
Timothée était un véritable fils de Paul en Christ, et il acceptait les exhortations et les réprimandes, qui lui permettaient de grandir et de se développer dans tout ce qui est bon. L’espérance et la consolation ne manquaient pas, et c’était une grande joie pour tous.
Les pédagogues sont sans cesse à la recherche de choses qu’ils puissent montrer du doigt, et ils n’apportent ni aide ni consolation. Jésus était un maître dans l’art d’aider. Son aide, il la recevait du sanctuaire, et sa force lui venait de Sion. Tout ce qu’il disait apportait de l’aide et de la consolation. Ps. 20, 3.
Quand on passe son temps à montrer du doigt, il n’en ressort ni encouragement dans l’amour, ni communion dans l’Esprit. Paul avait enfanté beaucoup d’âmes en Christ, mais les pédagogues n’enfantent ni apôtres, ni prophètes, ni pasteurs, ni docteurs. Ils n’amènent personne à la perfection dans l’œuvre du ministère. Ils savent châtier, mais sont incapables d’édifier.
Il serait bon que de telles personnes comparent le résultat de leur propre ministère avec celui du ministère d’autres frères que Dieu a bénis de façon exceptionnelle. Combien d’âmes ont-ils eux-mêmes aidé à parvenir à une vie victorieuse et heureuse en Christ ? Le résultat est-il comparable à celui d’autres frères et sœurs fidèles ?
Le Seigneur exauce et bénit celui qui s’humilie profondément, reconnaît son véritable état et crie à lui dans sa détresse.
« Je m’en irai, je reviendrai dans ma demeure, jusqu’à ce qu’ils s’avouent coupables et cherchent ma face. Quand ils seront dans la détresse, ils auront recours à moi. » Os. 5, 15.
Que l’esprit d’accusation soit à jamais chassé du ciel de nos cœurs pour ne plus jamais y revenir !