Un salut plus profond

juin/juillet 1985

Un salut plus profond

« Mais je vois dans mes membres une autre loi, qui lutte contre la loi de mon intelligence et qui me rend captif de la loi du péché qui est dans mes membres. »

Ce n’est pas n’importe quel croyant qui peut voir cette autre loi. Pour cela, il faut prendre plaisir à la loi de Dieu, de façon qu’un homme intérieur puisse se former, (Ro. 7, 22), qu’il puisse acquérir des sens exercés (Hé. 5, 14), et qu’il aspire au « salut par la vie de Jésus ». Ro. 5, 10.

Le péché dans la chair, cette autre loi qui est dans nos membres, est une force qui nous rend captifs et nous amène à faire ce que nous ne voulons pas. Nous ne sommes aucunement conscients de ces actions, et nous ne pouvons pas empêcher qu’elles se manifestent. C’est seulement une fois que nous les avons découvertes et que nous pouvons les juger, que la responsabilité nous en est imputée. « Car ce que j’accomplis, je ne le comprends pas ... » Ro. 7, 15. Les choses que nous accomplissons sans les comprendre échappent à notre contrôle. C’est notre moi - notre moi inconscient - qui les fait. Nous sommes ainsi captifs de l’autre loi. Lorsque ces actions nous sont révélées, nous devons les faire mourir par l’Esprit, et cela nous fait vivre. Ro. 8, 13.

Dans ces conditions, nous faisons connaissance avec les manifestations du péché inconscient et nous comprenons Ro. 17, 17, « maintenant, ce n’est plus moi qui accomplis cela, mais le péché qui habite en moi. » Nous avons alors appris qu’il faut établir une distinction entre les actions conscientes et celles qui sont inconscientes, et nous avons clairement saisi que c’est le moi conscient qui sert la loi de Dieu, tandis que le moi inconscient sert la loi du péché. Ro. 7, 25.

C’est « difficilement », par le jugement, que le juste est sauvé. 1 Pi. 4, 17. Ce salut a lieu « à l’intérieur du corps », Ro. 8, 3-4, et il implique une séparation d’avec le péché conscient. 1 Co. 6, 18. Pendant les jours de sa chair, Jésus était sous l’effet du jugement, (Hé. 5, 17), et nous sommes appelés à suivre ses traces. 1 Pi. 2, 21.

C’est seulement par la piété que nous pouvons voir l’autre loi qui est dans nos membres. Plus on est pieux, plus on découvre sa propre vie. C’est ici que s’appliquent les paroles de Jésus : « celui qui trouvera sa vie la perdra ».

Peu nombreux sont ceux qui ont la grâce de plonger les regards dans les profondeurs du salut que Jésus a apporté. Ces choses sont cachées dans le corps de Christ, Col. 2, 9. Elles sont bien à l’abri sous une couverture d’opprobre, Es. 4, 5, et elles font partie des choses difficiles à comprendre dont parle l’apôtre Pierre dans 2 Pi. 3, 15-16.

La lumière que nous recevons sur le péché dans la chair - par l’autre loi qui est dans nos membres - met à nu des domaines de notre nature cachée qui nous permettent d’avoir part à un salut de plus en plus profond.