La douceur

est l’un des beaux fruits de l’Esprit, Ga. 5, 22, que ne portent que les personnes spirituelles, pour leur propre bénédiction et celle des autres. Elle est unie à la sagesse d’en haut, qui est pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits. Ja. 3, 17. C’est une très belle vertu, qui est pleine de sagesse. La véritable douceur qui est inspirée par le Saint-Esprit n’est pas compatible avec une douceur humaine faible et changeante. Tout ce que Dieu produit est ferme et inébranlable et accomplit son œuvre riche.

Joseph, notre grand modèle, a usé de paroles fortes et dures envers ses frères, tout en se retournant et en pleurant. Quand il s’est révélé à ses frères, il a éclaté en sanglots si forts que les Égyptiens les ont entendus et que la maison de Pharaon l’a entendu. Ge. 45, 2. Par ses paroles douces, bonnes et pleines de pardon, il a fait fondre tout ce qui pouvait être dur dans le cœur de ses frères.

« Une langue douce peut briser des os. » Pr. 25, 15. C’est une force qui a le pouvoir de briser là où rien d’autre n’a d’effet. Joseph aurait pu nourrir de violents sentiments de vengeance et condamner ses frères à mort ou à l’esclavage à vie, mais il les a installés, eux et toute sa grande famille, à Gosen, le meilleur endroit qui soit.

« Joseph dit à ses frères : Approchez-vous de moi. Et ils s’approchèrent. Il dit : Je suis Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être mené en Égypte. Maintenant, ne vous affligez pas, et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu pour être conduit ici, car c’est pour vous sauver la vie que Dieu m’a envoyé devant vous. » Ge. 45, 4-5. « Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. » 50, 20. Dieu a aussi confié à Joseph la mission de fermer les yeux de son père à sa mort et de transporter son corps au pays de Canaan pour l’y enterrer. 46, 4 et 50, 5.

Toute l’histoire de Joseph témoigne de douceur, de bonté et de conciliation. Lorsque Joseph a envoyé ses frères chercher Jacob, leur père, il leur dit : « Ne vous querellez pas en chemin. » 45, 24. Il y a beaucoup de dureté et de mauvaises pensées égoïstes dans le fait de se quereller les uns avec les autres. Cela ne devait pas arriver alors qu’ils avaient une mission aussi importante à accomplir en retournant chez leur père. – Et quand nous pensons à la mission importante que nous avons à accomplir sur le chemin qui nous mène à notre Père céleste, nous devrions avoir profondément honte de toute pensée de désaccord et de querelle. Les paroles douces viennent d’un cœur pur et bon.

« La flûte et la harpe font entendre de doux sons : plus que les deux, une langue bienveillante. » Siracide 40, 21. Une langue douce et bienveillante surpasse la plus belle musique.

Dans sa jeunesse, Moïse était fougueux et fort, mais la communion avec Dieu a fait de lui l’homme le plus doux de la terre. Ex. 2, 11-12 et Nb. 12, 3.

« Saül et Jonathan, aimables et chéris (aimables et doux, autre trad.) pendant leur vie, n’ont point été séparés dans leur mort ; ils étaient plus légers que les aigles, ils étaient plus forts que les lions. » 2 Sa. 1, 23. « Je suis dans la douleur à cause de toi, Jonathan, mon frère ! Tu faisais tout mon plaisir ; ton amour pour moi était admirable, au-dessus de l’amour des femmes. » V. 26. Saül et Jonathan étaient de grands guerriers, mais ils étaient aimables et doux pendant leur vie. C’était aussi le cas de David, et ce dans une mesure encore plus grande. Cela transparaît également dans ses psaumes. Dans 2 Sa. 22, 35-36, il est écrit : « Il exerce mes mains au combat, et mes bras tendent l’arc d’airain. Tu me donnes le bouclier de ton salut, et je deviens grand par ta bonté (par ta douceur, autre trad.). » Il est plus facile d’être dur, de riposter et de rendre la pareille, mais c’est par la bonté que l’on devient vraiment grand.

« Moi Paul, je vous prie, par la douceur et la bonté de Christ. » 2 Co. 10, 1. Dans Ro. 12, il exhorte, par les compassions de Dieu, entre autres à être pleins d’affection les uns pour les autres, par amour fraternel.

Paul avait un message radical de croix et de mort pour toutes sortes de péchés. Mais lorsqu’il s’agissait de mettre en pratique ce qu’il annonçait, il utilisait des mots doux et bienveillants, pleins d’espérance, de réconfort et d’aide.

« Mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. De même qu’une nourrice prend un tendre soin de ses enfants, nous aurions voulu, dans notre vive affection pour vous, non seulement vous donner l’Évangile de Dieu, mais encore notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers. » 1 Th. 2, 7-8.

Il était plein d’amour, de sollicitude, de douceur et de bonté, afin que le message qu’il annonçait fasse fondre toute dureté et ait un accès large dans les cœurs.

« Pour moi, je ferai très volontiers des dépenses, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes. En vous aimant davantage, serais-je moins aimé de vous ? » 2 Co. 12, 15.

Jésus a reçu de son Père céleste une langue de disciple, afin qu’il puisse soutenir par sa parole celui qui est abattu. És. 50, 4. De telles paroles sont très nécessaires aujourd’hui, pour ceux qui sont fatigués et découragés.

« Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, être affable (doux, autre trad.) pour tous, propre à enseigner, doué de patience. » 2 Ti. 2, 24.

« Les paroles agréables sont un rayon de miel, douces pour l’âme et salutaires pour le corps. » Pr. 16, 24.

Que Dieu nous accorde une riche mesure de sa grâce pour que puissions utiliser l’épée de l’Esprit et la langue douce, dans le bon esprit et au bon moment !