Craindre et aimer le Seigneur

Ces choses vont de pair et ne peuvent être dissociées si nous voulons plaire à Dieu. Si nous craignons le Seigneur sans l’aimer, cela devient une crainte servile. Cette crainte peut nous pousser à un certain degré d’obéissance, mais pas à l’obéissance de la foi, dont l’amour est le moteur. Il ne s’agit alors que d’œuvres mortes, sans communion de vie avec le Père, le Fils et les uns avec les autres.

Tout péché porte en lui la punition et la crainte, et on mène alors une vie pesante de servitude. L’amour parfait bannit cette crainte-là. 1 Jn. 4, 18. La crainte qui est dans cet amour doit nous préserver. Elle nous remplit de joie, de paix et d’espérance, dans une vraie liberté, et nous préserve dans une communion intime avec Christ et les saints.

Ben Sira dit dans Ecclésiastique 40, 28-30 : « La richesse et la force élèvent le cœur ; plus que les deux, la crainte du Seigneur. Avec la crainte du Seigneur, on ne manque de rien ; avec elle, il n’y a pas à implorer du secours. La crainte du Seigneur est comme un jardin béni, et le Seigneur la revêt d’une gloire sans égale. » « Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Éternel. » Pr. 9, 10. C’est donc le commencement de ce que Dieu peut nous donner de plus glorieux. Jésus est la sagesse de Dieu et le reflet de sa gloire. 1 Co. 1, 30. Hé. 1, 3. La véritable crainte de Dieu fait de la vie de chacun et de l’assemblée un jardin béni, revêtu d’une gloire sans égale.

On est placé sur un fondement élevé et saint, avec un nouveau cantique dans le cœur, et nos pas sont affermis. Ps. 40, 3-4. L’argent et tout ce qu’on peut se procurer avec n’ont alors plus aucun pouvoir sur nous.

L’Esprit de crainte de l’Éternel comporte une très grande force. C’est l’un des sept esprits de Dieu qui reposaient sur Jésus. Ces sept esprits sont des lampes ardentes devant le trône de Dieu. És. 11, 2-3 et Ap. 4, 5.

Seuls ceux qui triomphent du péché et qui aiment le feu purificateur de Dieu pourront s’asseoir avec Christ sur son trône. 1 Co. 3, 13 ; Ap. 3, 21. Dans l’Esprit de crainte de l’Éternel, ils ne laissent rien de mauvais ni d’impur les priver de cette place éternelle et glorieuse auprès du trône de Dieu.

Paul avait toujours à l’esprit ce trône de victoire. Il courait pour y avoir part, dans toutes les vertus de Christ. Seul le péché nous sépare de Dieu, et Paul ne voulait pas que la moindre parcelle de péché s’interpose entre lui et Christ : « Qui nous séparera de l’amour de Christ ? ... » Ro. 8, 35-37. Ce n’est que par un amour en retour pour lui que nous pouvons être plus que vainqueurs.

David chante au Psaume 12 : « Sauve, Éternel ! car les hommes pieux s’en vont, les fidèles disparaissent d’entre les fils de l’homme. On se dit des faussetés les uns aux autres, on a sur les lèvres des choses flatteuses, on parle avec un cœur double. » Les hommes pieux et les fidèles sont ceux qui craignent Dieu et pour lesquels il est hors de question de parler avec un cœur double. Nous avons la pensée de Christ, dit Paul, et cela est très loin d’être de la duplicité.

Le mot « piété » a quasiment disparu de la surface de la terre de nos jours. On associe presque toujours ce mot à quelques chrétiens légalistes qui ont vécu il y a très longtemps. Aujourd’hui, on loue la grâce tout en mettant de côté la piété et l’obéissance, qu’on qualifie d’esclavage. On chante Jésus, la grâce et le sang en jubilant et en applaudissant, tout en aimant le monde et les choses de ce monde. On se moque de la parole de Dieu qui dit : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui. » 1 Jn. 2, 15. Jacques écrit au chapitre 4, 4 : « Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. »

On imite le monde dans les chants et les rythmes musicaux, et dès qu’une nouvelle mode sort à Paris, aussi extravagante et indécente soit-elle, les personnes religieuses sont parmi les premières à la suivre. On se moque bien de ce que dit la parole de Dieu : « ... que les femmes soient vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie... » 1 Ti. 2, 9.

Dieu ne regarde pas l’apparence, disent-ils. Ce n’est pas nécessaire pour Dieu, car il voit la laideur dans le cœur bien avant qu’elle ne se manifeste à l’extérieur. Dieu regarde au cœur, et ceux qui l’aiment gardent ses paroles. « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. » Pr. 4, 23. Jésus dit en Mt. 15, 19 : « Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les débauches, les vols, les faux témoignages, les calomnies. Voilà les choses qui souillent l’homme. » « Je ne puis voir le crime s’associer aux solennités », dit Dieu. És. 1, 13. Il aime la vérité au plus profond du cœur, ainsi que la vie et les chants qui en découlent. Ce n’est qu’en craignant et en aimant Dieu que tout trouve sa juste place ! « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole. » Jn. 14, 23.

L’argent et l’honneur sont source de troubles et de divisions dans le monde religieux. Là où l’on a instauré la dîme sur les revenus, on est facilement tenté de faire l’impasse sur certains aspects de la vérité afin que les riches de l’assemblée ne s’offusquent pas et ne s’en aillent pas. Là où la vérité prévaut et où l’on ne cherche pas son propre intérêt, on ne craint pas que la congrégation se réduise à quelques frères et sœurs pauvres et modestes. Si ceux-ci sont pieux, ils pourront édifier l’assemblée, car Dieu ajoute à l’Église ceux qui se laissent sauver. Il ne faudra pas longtemps avant qu’une telle assemblée soit comme un jardin béni, revêtu d’une gloire sans égale.

Paul était un berger bon et vigilant, digne d’être imité : « Prenez donc garde à vous-mêmes, et à tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour paître l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Veillez donc, vous souvenant que, durant trois années, je n’ai cessé nuit et jour d’exhorter avec larmes chacun de vous. Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne. » Ac. 20, 28 ; 31. 33.

Paul ne voulait pas qu’un seul membre de l’Église attriste Jésus par le moindre péché, alors qu’ils avaient été rachetés du péché par le sang précieux de Jésus. 1 Pi. 1, 17-18.

Pesons nos paroles et nos actes sur la balance de la crainte de Dieu, afin que notre vie ait du contenu et du poids.