Prends soin de l’autel

« Car, le sacerdoce étant changé, il y a aussi nécessairement un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel (n’a pris soin de l’autel, trad. norv.). » Hé. 7, 12-14.

Jésus a tout changé : le sacerdoce, la loi et l’autel. Désormais, ce n’était plus une tribu humaine, les enfants de Lévi, qui devait prendre soin du sacerdoce et de l’autel. Tout a été transféré à l’intérieur de l’homme, « selon la puissance d’une vie impérissable », v. 16.

Dieu ne prenait pas plaisir en un autel de pierres, mais en un autel érigé au plus profond du cœur. C’est de cet autel que Jésus a pris soin, et dont nous devons prendre soin. Il ne sert à rien de sacrifier tout ce que nous possédons et de livrer notre corps pour être brûlé, si le feu de l’amour ne brûle pas sur l’autel de notre cœur.

C’était par le feu qui brûlait sur l’autel que Dieu avait communion avec Israël dans l’ancienne alliance. Mais leur cœur n’adhérait pas toujours à ces sacrifices, et ils offraient des animaux boiteux et aveugles au lieu d’animaux purs et sans défaut. Dans Malachie 1, 10, il est écrit : « Lequel de vous fermera les portes, pour que vous n’allumiez pas en vain le feu sur mon autel ? Je ne prends aucun plaisir en vous, dit l’Éternel des armées, et les offrandes de votre main ne me sont point agréables. » Beaucoup de sacrifices ont été faits en vain, aussi bien dans l’ancienne que dans la nouvelle alliance, et Dieu s’est indigné de tout cela. À travers les âges, les prophètes qui ont voulu mettre fin à l’hypocrisie ont été persécutés et tués. Mais Dieu a toujours recherché des hommes qui ont résisté et fermé les portes à tout culte faux, par exemple quand on associe la recherche de bénéfices matériels ou de gloire au culte que l’on rend. Aujourd’hui, la situation est pire que jamais dans le monde religieux, et de soi-disant « prédicateurs de guérison » peuvent exiger des milliers de couronnes ou de dollars avant de commencer leur « numéro ». Tout cela est abominable aux yeux de Dieu. Ils affichent les grands miracles et les guérisons qu’ils ont accomplis là où ils sont passés, mais là où ils sont, il ne se passe quasiment rien. Je l’ai moi-même constaté. Là où l’argent passe avant la vie et les vertus de Christ, c’est le diable qui règne avec ses forces spirituelles. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement », dit Jésus en Mt. 10, 8. Jésus ne s’est pas enrichi ni n’a fait de publicité sur ses nombreuses et grandes guérisons. Il ne voulait pas qu’ils aillent le raconter à d’autres. Il était humble de cœur et méprisait tout ce qui était grand aux yeux des hommes.

Toute adoration de Dieu en dehors du feu de l’autel est vaine. Toutes les fausses doctrines dont nous parle la Bible sont liées au désir de biens terrestres, à la recherche du gain, de l’honneur, du pouvoir, et à l’adultère. Ils ont toujours été les ennemis de l’enseignement de Jésus, qui nous dit de nous charger chaque jour de notre croix, de renoncer à nous-même et de suivre Christ. Ils veulent entendre parler de grâce, mais pas d’obéissance.

Dans son zèle, Élie a remis en état l’autel de l’Éternel, l’autel que les saints de l’ancienne époque avaient érigé, mais dont d’autres n’avaient pas pris soin. « Il prit douze pierres, d’après le nombre des tribus des fils de Jacob, auquel l’Éternel avait dit : Israël sera ton nom ; et il bâtit avec ces pierres un autel au nom de l’Éternel. Il fit autour de l’autel un fossé... » 1 R. 18, 30-32. Le nom d’Israël et l’autel étaient à nouveau réunis. S’il n’y avait pas d’autel, il n’y avait pas non plus d’Israël, et sans l’autel du cœur, il n’y a pas non plus d’Église de nos jours. L’autel avait été démoli, et ils boitaient des deux côtés.

Élie a rendu impossible tout feu étranger en remplissant le fossé d’eau et en versant de l’eau à la fois sur l’offrande et sur le bois. À présent, seul l’Éternel pouvait allumer le feu.

« J’ai fait toutes ces choses par ta parole », dit Élie. Et le feu de l’Éternel tomba, et il consuma l’holocauste, le bois, les pierres et la terre, et il absorba l’eau qui était dans le fossé. « Quand tout le peuple vit cela, ils tombèrent sur leur visage et dirent : C’est l’Éternel qui est Dieu ! C’est l’Éternel qui est Dieu ! » V. 38-39.

Élie a veillé à ce que le nom de Dieu soit honoré, et non le sien. En versant toute cette eau, il s’est exclu lui-même de tout mérite. Il ne dit pas : « Sur ma parole », mais « Sur ta parole », et cela a été le mot libérateur pour tous les saints depuis que Noé a construit l’arche, qu’Abraham a sacrifié Isaac et que David a vaincu Goliath. « Sur ta parole », ont dit les disciples, et ils ont jeté leur filet du côté droit de la barque et ont pris une grande quantité de poissons.

Jésus a pris soin du feu de l’autel dans la nouvelle alliance, et tous ceux qui s’unissent à lui dans son corps offrent leurs corps comme un sacrifice agréable à Dieu. Ro. 12, 1. « Je ne tire pas ma gloire des hommes », dit Jésus. Jn. 5, 41. En 7, 18, il dit : « Celui qui parle de son propre chef cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. » Il est injuste de rechercher sa propre gloire, et le feu du Seigneur ne peut jamais tomber sur de tels sacrifices, quel que soit le sacrifice consenti.

« Si tu m’élèves un autel de pierre, tu ne le bâtiras point en pierres taillées ; car en passant ton ciseau sur la pierre, tu la profanerais. » Ex. 20, 25.

Dans l’Église du Dieu vivant, nous ne devons pas être taillés à la manière du monde pour pouvoir parler, chanter, jouer ou nous habiller. Tout doit être simple et naturel, selon les injonctions de Dieu. Il est effrayant d’entendre des prédicateurs qui ont adopté une voix et un langage particuliers lorsqu’ils annoncent la parole de Dieu. Ils sont souvent plus prétentieux et artificiels dans leur façon de parler, de chanter, de s’habiller et de se coiffer que les gens ordinaires. C’est répugnant aux yeux de Dieu. Si on a eu une formation artistique pour chanter, on brille souvent par sa voix, si bien qu’il est difficile d’entendre les paroles. Il vaut alors mieux lire le texte plutôt que de le chanter. En ce qui concerne les vêtements et l’apparence, il n’est pas difficile de voir qu’ils sont taillés selon les coutumes de ce monde. Quand ils pensent alors servir Dieu et sacrifier quelque chose sur l’autel de Dieu, ils profanent en fait cet autel.

Puisse l’Église être préservée de toute cette sophistication dans les paroles, les chants, la musique, les vêtements et tout ce qui est taillé pour s’adapter à l’esprit religieux de prostitution et à l’esprit du monde.

« Tu ne monteras point à mon autel par des degrés (des marches, autre trad.), afin que ta nudité ne soit pas découverte. » V. 26.

Nous ne devons pas monter à l’autel par des marches. Il est difficile pour l’homme de sacrifier quelque chose sans que cela se voie. On aime monter quelques marches et associer son nom à son don et à son service. Mais en ce faisant, on profane l’autel en dévoilant la honte de sa nudité. Ap. 3, 18.

Si on est dirigeant de jeunes, dirigeant de la musique, frère ancien ou responsable de l’assemblée, et que l’on voit en cela quelque chose de grand à la manière humaine, alors on est monté sur une zone interdite et on a profané l’autel. On cherche la gloire tout en donnant l’apparence de vouloir se sacrifier. Pour que Dieu bénisse notre ministère, nous devons rester dans l’abaissement et l’humilité et rendre toute gloire à Dieu.

Si nous sommes fidèles à notre vocation sacrée, l’Assemblée sera préservée par une force intérieure et une vitalité auxquelles aucun esprit étranger ne pourra résister, et elle sera révélée dans toute sa gloire lors de la venue de Jésus-Christ.