« Ce qui était dès le commencement,
ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie – et la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père, et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite. » 1 Jn. 1, 1-4.
De nos jours, de nombreux chrétiens attendent le retour d’une époque où les choses seraient comme elles étaient au commencement, au temps des apôtres. On pense alors généralement à l’utilisation des dons de grâce pour accomplir de nombreuses guérisons spectaculaires, des signes et des miracles.
De nos jours, il n’y a personne qui a vu autant de signes et de miracles que les apôtres ; pourtant ces derniers ne remplissent pas leurs lettres de ces expériences, même si celles-ci étaient impressionnantes et merveilleuses. Tout cela n’était qu’une gloire passagère, vouée à disparaître, puisque le corps est périssable. 2 Co. 3, 11 et 5, 1.
Lorsque Jean parle de ce que les apôtres ont vu de leurs yeux et entendu de leurs oreilles lorsqu’ils étaient en compagnie de Jésus, il ne s’agit pas de choses extérieures, mais de la vie elle-même. Ils pouvaient toucher et sentir la Parole de vie dans tout ce que Jésus faisait. C’était la même vie qui était dans le Père, et les apôtres ont vu la gloire du Père en voyant la Parole faite chair en Jésus. La communion que les apôtres avaient les uns avec les autres ne résidait pas dans la participation à des séances de guérison, mais dans la même vie qui était dans le Père et le Fils, une communion de vie éternelle et glorieuse. La vie des apôtres était si vraie et si authentique que personne ne pouvait avoir communion avec le Père et le Fils sans avoir en même temps communion avec eux.
Les apôtres ont annoncé ce qui était dès le commencement, la vie éternelle qui était auprès du Père et qui leur avait été manifestée. – Cela va continuer de la même manière que cela a commencé, jusqu’à l’avènement de Christ. Ceux qui ne vivent pas la vie du Père et du Fils, mais qui attendent un événement miraculeux, ne sont pas prêts et seront couverts de honte à l’avènement de Christ, car ils ne seront pas enlevés.
Les vrais disciples de Jésus ont toujours été occupés à aimer et à obéir aux commandements de Jésus, qui sont la vie éternelle, et à tout moment, ils ont enseigné aux autres à observer ce que Jésus a ordonné. C’est à tous ceux-là que Jésus dit : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. » Mt. 28, 20.
Paul écrit en Ga. 1, 15 et 16 : « Mais, lorsqu’il plut à celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang. » Paul n’avait qu’un seul intérêt : que la vie et la gloire du Fils soient manifestées en lui-même, dans sa vie quotidienne, et en tous ceux avec qui il travaillait. « Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous ! » Ga. 4, 19. Le grand mystère caché de tout temps et dans tous les âges, et qui avait une gloire tellement abondante, c’était Christ en nous, l’espérance de la gloire. Col. 1, 26-28. « Ce n’est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi. » Ga. 2, 20. « Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire. » Col. 3, 4.
La lumière du ciel doit être en nous et rayonner à travers nous. 2 Co. 4, 6. Beaucoup prétendent que tous ces magnifiques passages ne s’appliqueront à nous que lorsque nous serons au ciel, mais s’ils ne s’appliquent pas à nous dès ici-bas, nous n’irons jamais au ciel. C’est ici, dans un monde méchant et incrédule, que nous devons être lumière et sel, et manifester la gloire de Dieu.
« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » 1 Pi. 2, 9. – Voilà le message annoncé dès le commencement, et il ne supporte aucune distorsion. La prédication des apôtres était basée sur leur propre vie, comme c’était le cas pour leur Maître, qui a commencé de faire et d’enseigner. Il y a bien assez de dons d’éloquence, mais on trouve bien plus rarement une vie pieuse et victorieuse en soutien aux paroles prononcées. Mais c’est la seule chose que Jésus recherche, et dans l’Apocalypse, il juge les sept Églises uniquement d’après leurs œuvres, et non d’après leurs dons.
Quand il s’agissait de cette vie, Paul n’a consulté ni la chair ni le sang. S’il l’avait fait, il se serait éloigné de la révélation de Dieu et aurait perdu sa paix et sa joie intérieures. Si l’on consulte aujourd’hui la plupart des pasteurs et des prédicateurs, ils nous disent que Jésus a vécu sa vie pour nous et qu’il suffit de demander chaque jour le pardon de nos péchés et de se reposer sur l’œuvre qu’il a accomplie. Mais cela est une fausse doctrine, qui endort les gens dans le péché et les détourne de la crainte de pécher. Jacques dit : « Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. » Ja. 1, 22. On fait allègrement l’impasse sur de tels passages, même si c’est cet esprit qui inspire toute l’Écriture.
Jésus est venu pour nous donner la vie et la vie en abondance, et ce n’est que dans cette vie que notre joie peut être parfaite. 1 Jn. 1, 4.
Puisse notre seule tâche importante à notre époque être de rester fidèles à ce qui était dès le commencement !