L’amour parfait
« La crainte n’est pas dans l’amour, mais l’amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas parfait dans l’amour. » 1 Jn. 4, 18.
Il est vraiment possible de recevoir cet amour parfait dans nos cœurs et de le conserver en toutes circonstances. On est alors placé sur une base élevée et sainte, et l’on est réellement libre et heureux. Avec cet amour, on n’a évidemment rien envers personne ; on peut aimer tout le monde d’un cœur pur et bon. Ce n’est que dans cette position que nous avons vraiment une bonne vie et que nous devenons de vrais chrétiens, tels que les chrétiens doivent être. C’est là une vie entièrement nouvelle, avec une nature nouvelle et divine, et une marche bénie sur la route nouvelle et vivante. Nous pouvons alors lever la tête avec assurance et regarder tout autour de nous, et nous pouvons librement lever les yeux pour attendre avec joie notre époux céleste.
Toute l’Écriture témoigne d’une telle vie élevée et bénie. Qu’il est donc stupide de vivre sa vie dans ce monde sans avoir part à cette gloire ! C’est une gloire éternelle, dans la paix et la joie, que rien ni personne ne peut ébranler. Tout ce qui survient sur notre chemin contribue à accroître cette gloire à mesure que nous allons de lumière en lumière, de puissance en puissance, et de victoire en victoire.
Tout péché porte en lui le châtiment et la crainte. On mène alors une vie misérable et difficile. On vit dans l’obscurité et on ne sait pas sur quoi on trébuche. Qu’il est misérable et stupide, au temps de la nouvelle alliance, de vivre de telle manière que l’on a du mal à supporter et à pardonner, et que l’on soupçonne le mal. On est alors sous l’emprise de la mort, et on a toutes les raisons de la craindre. Sous l’ancienne alliance, les gens vivaient dans la crainte de la mort, et ils étaient toute leur vie retenus dans la servitude. Hé. 2, 15. Mais Jésus a vaincu le péché et, par là même, le diable et la mort. Il nous a rachetés par son sang précieux afin que nous vivions en liberté. « En vérité, en vérité, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché. Or, l’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ; le fils y demeure toujours. Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » Jn. 8, 34-36. Quelle gloire ! Dans ce monde mauvais et obscur, nous pouvons demeurer dans la maison du Seigneur dès maintenant, et nous y demeurerons ensemble éternellement, avec Christ et tous les saints, dans une joie impérissable et glorifiée.
L’amour naturel n’est pas à la hauteur devant Dieu. Nous n’avons rien en nous-mêmes qui puisse nous donner droit à la vie et à la gloire éternelles. C’est pourquoi l’amour de Dieu doit être répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit, et alors l’espérance ne nous trompera point. Ro. 5, 5.
Dieu a rendu son nom grand en Israël, et son nom est : « Je suis ». Jésus a révélé ce nom aux hommes en étant ce qu’il annonçait. Avec l’amour de Dieu dans nos cœurs, nous pouvons nous aussi glorifier le nom de Dieu par nos vies. L’amour est patient, il est plein de bonté, etc. 1 Co. 13. Il est, et il est à l’infini, tout ce qui est bien et noble. Si nous ne le possédons pas, nous ne sommes rien, quand bien même nous posséderions toute la connaissance, le don de prophétie, la science de tous les mystères, et la foi jusqu’à transporter des montagnes. Seules les œuvres qui découlent du premier et véritable amour sont agréables à Dieu et sont trouvées parfaites devant Lui. Ap. 2, 4 et 3, 2.
« Car l’amour de Christ nous presse », dit Paul en 2 Co. 5, 14. C’était la force motrice dans tout ce qu’il disait et faisait, et cela a été une force motrice dans la vie de tous les saints depuis lors. Le premier amour aime en premier et n’attend pas les autres. Il offre, sert et donne sans rien exiger en retour. En 2 Co. 12, 15, nous voyons un effet puissant de cet amour parfait : « Pour moi, je ferai très volontiers des dépenses, et je me dépenserai moi-même pour vos âmes. En vous aimant davantage, serais-je moins aimé de vous ? » Paul marchait sur les traces de Jésus et disait de lui-même qu’il avait la pensée de Christ. 1 Co. 2, 16. Jésus s’est offert pour nous lorsque nous étions encore des pécheurs. Injurié, il ne rendait point d’injures ; maltraité, il ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à Celui qui juge justement. 1 Pi. 2, 21-23.
Nous sommes appelés à être des enfants de Dieu, lui qui fait lever son soleil sur les méchants et les bons, et qui fait pleuvoir sur les justes et les injustes. Mt. 5, 45-48. Ce soleil d’amour renferme une grande puissance. Quand bien même ce soleil serait encore faible en nous au début, son rayonnement et sa chaleur proviennent néanmoins d’un cœur pur et entier. Tout au long de notre vie, nous pouvons élargir nos cœurs afin d’avoir plus de place pour ce soleil d’amour. Il occupait déjà une grande place dans la vie de Paul, mais il cherchait à en être rempli davantage. « Recherchez l’amour », écrit-il en 1 Co. 14, 1. C’est le chemin le plus court et le meilleur pour obtenir les dons spirituels, et que seraient les dons spirituels sans l’amour ? Ils ne serviraient qu’à se glorifier soi-même !
Nous devons être enracinés et fondés dans l’amour, et professer la vérité dans l’amour, afin de croître à tous égards en celui qui est le chef, Christ, et ainsi former un corps qui s’édifie lui-même dans l’amour. Ép. 3, 18 et 4, 15-16. « En professant la vérité dans l’amour » ou « en étant fidèles à la vérité dans l’amour » comme le disent d’autres traductions. Il y en a beaucoup qui, dans leur zèle, se croient fidèles à la vérité mais qui, en réalité, veulent venir à bout des différents problèmes par leurs propres forces. Mais sans un amour fraternel sincère et chaleureux, on est incapable de dire et de faire quoi que ce soit qui serve à l’édification de l’assemblée. On n’y voit pas clair, tout devient confus.
Jésus a dit dans Mt. 24, 12 que dans les temps de la fin, l’iniquité s’accroîtra et l’amour du plus grand nombre se refroidira. « Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. » V. 13. Cela veut dire : Aimer et continuer à aimer quels que soient les gens et les situations. Étienne se tenait là sous une pluie de pierres, le cœur rempli de l’amour de Christ, et a vu le ciel ouvert au-dessus de lui. Dans les cœurs des cinq vierges sages brûlait le soleil d’amour, au milieu de la méchanceté et de la nuit sombre. Christ connaît les siens et sonde les sentiments et les pensées secrètes de leur cœur. Il nous aime plus que ne le font père et mère, frère et sœur, ou conjoint. Il est rempli de grâce et d’aide, et selon sa richesse infinie, il est toujours prêt à combler les désirs de notre cœur pour faire tout ce qui est bien. « Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, les extrémités de la terre pour possession. » Ps. 2, 8.
« La fin de toutes choses est proche. Soyez donc sages et sobres, pour vaquer à la prière. Avant tout, ayez les uns pour les autres un ardent amour, car l’amour couvre une multitude de péchés. » 1 Pi. 4, 7-8. Paul voyait beaucoup de choses dans l’Église de Corinthe, mais il ne s’en est pas scandalisé. Il n’y a pas de scandale dans l’amour. Paul a été établi comme apôtre pour amener, avec beaucoup de patience, de bonté et d’exhortations charitables, ces petits enfants en Christ, désobéissants et rebelles, à l’obéissance de la foi, et à s’aimer mutuellement, de tout cœur. Que de péchés et de folies ne devait-il cacher dans son espérance pour eux ! On ne peut pas travailler avec espérance si l’on est scandalisé et aigri par ce que l’on voit et entend. On ne vaut pas alors mieux que ceux qui mènent une telle vie mauvaise.
« Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous de sentiments de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres, et, si l’un a sujet de se plaindre de l’autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Mais par-dessus toutes ces choses, revêtez-vous de l’amour, qui est le lien de la perfection. Et que la paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps, règne dans vos cœurs. Et soyez reconnaissants. » Col. 3, 12-15.
Voilà l’habit parfait de serviteur que portent tous les véritables disciples et imitateurs de Jésus. Ce n’est qu’avec un tel habit que nous pouvons rencontrer notre époux céleste sans rougir de honte. Christ et tous ses imitateurs portent le même vêtement. Par-dessus tous les beaux habits qui sont cités, nous devons nous revêtir de l’amour. C’est lui qui lie le tout ensemble. Un tel vêtement résiste au froid comme à la chaleur, à la tempête comme à la pluie, et ne s’use jamais. Il nous permet de faire face à toutes sortes de contradictions, de mépris, de moqueries et d’opprobre. L’amour supporte tout ! Il se réjouit de la vérité et ne craint rien, sauf d’agir à l’encontre de la volonté de Dieu. L’amour fait que les commandements de Christ sont faciles à observer ; mais sans cet amour, il est difficile de les observer et cela tourne à l’esclavage. L’amour pour Christ apporte une telle joie et une telle paix qu’il nous libère de l’amour du monde et des choses de ce monde. On n’abandonne pas quelque chose qui est bien meilleur pour quelque chose qui est bien pire.
« Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment. » 1 Co. 2, 9.
Nous voyons ici qu’avec l’amour de Christ dans nos cœurs, nous avons toutes les raisons d’espérer ce qu’il y a de plus grand et de plus merveilleux, et nous avons toutes les raisons de chasser loin de nous le découragement et toute crainte !