L’agneau qui a été immolé
Jean-Baptiste était le plus grand prophète de l’ancienne alliance. Il avait une vision claire et un jugement perspicace. Quand il a vu Jésus passer, il a dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » Le lendemain, lorsqu’il a vu Jésus, il a dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Il a exprimé à quel point c’était grand et important que Jésus soit un agneau. Il aurait pu dire beaucoup d’autres choses. Les Juifs attendaient le Messie comme le grand roi, mais Jean voyait la grandeur dans le fait qu’il était « l’Agneau de Dieu ».
Si nous voulons suivre l’Agneau partout où il va, comme les cent quarante-quatre mille sur la montagne de Sion (Ap. 14, 1), nous devons avoir les yeux du cœur illuminés, afin de voir la grandeur qu’il y a dans le fait de suivre Jésus dans son humiliation.
Le surintendant de la reine était assis sur son char et lisait le prophète Ésaïe. Philippe lui a demandé : « Comprends-tu ce que tu lis ? » Il répondit : « Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? » Il était humble et comprenait qu’il fallait une révélation divine pour comprendre ce qu’il lisait. La plupart des gens auraient probablement répondu quelque chose comme : « Bien sûr que je comprends ce que je lis ! »
« Le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : Il a été mené comme une brebis à la boucherie ; et, comme un agneau muet devant celui qui le tond, il n’a point ouvert la bouche. Dans son humiliation, son jugement a été levé... » Ac. 8, 26-35. « Alors Philippe, ouvrant la bouche et commençant par ce passage, lui annonça la bonne nouvelle de Jésus. » V. 35.
Si nous voulons annoncer la bonne nouvelle de Jésus, nous devons nous aussi partir de ce passage de l’Écriture. C’est le cœur même de l’Évangile. Mais nous le comprenons aussi peu que le surintendant, si cela ne nous est pas révélé par l’Esprit de Christ.
Il y a un jugement de Dieu contre tout ce qui est élevé et grand aux yeux des hommes, et ce n’est que dans la mesure où nous nous abaissons nous-mêmes que le jugement qui nous frappe est ôté.
Comment réagissons-nous lorsque nous sommes « tondus » et contredits ? Est-ce la nature de l’Agneau qui se manifeste alors, ou celle du bouc ? Malheureusement, c’est cette dernière qui se manifeste habituellement, même parmi ceux qui disent avoir vécu avec Jésus pendant de nombreuses années. Ils louent Jésus comme le grand rédempteur, mais conservent leur forte volonté et leur obstination tout au long de leur vie. Ils ne peuvent pas supporter la moindre parole mauvaise qui leur est adressée. Jésus a porté tous les péchés et toute la méchanceté du monde. Il a supporté beaucoup d’opposition de la part des pécheurs. Il nous a aimés alors que nous étions encore pécheurs ; il s’est sacrifié, il a servi et s’est livré lui-même comme un sacrifice agréable à Dieu.
Il avait part à la chair et au sang comme nous, et avait les mêmes possibilités de vivre pour lui-même, de rechercher son propre intérêt, de s’impatienter, de rendre l’injure lorsqu’il était injurié, de faire sa propre volonté plutôt que celle de Dieu ; mais il a toujours choisi de son plein gré de faire la volonté de son Père céleste. 1 Pi. 2, 21-24. Toutes les exigences de la chair ont été mises à mort, égorgées. Il a porté chaque jour cette mort dans son corps afin que la vie du Père puisse être manifestée. Cette mort s’appelle maintenant la mort de Jésus, et Paul dit dans 2 Co. 4, 10 : « ... portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. »
Jésus a remporté une victoire complète et est devenu un agneau sans défaut et sans tache qui, par son sang précieux, nous a rachetés de la vaine manière de vivre héritée de nos pères. 1 Pi. 1, 18. Jésus n’a jamais vécu de manière vaine, alors que nous l’avons tous fait. Mais maintenant, nous n’avons plus aucune excuse pour vivre de cette manière. Cette manière de vivre est le résultat des exigences et des penchants de la chair, mais grâce à Jésus-Christ, nous avons tous la possibilité de vaincre, comme lui-même a vaincu, et en récompense, nous pourrons nous asseoir avec lui sur des trônes. Ap. 3, 21. Paul dit dans Ga. 5, 16 : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. » Nous sommes en communion avec Jésus dans ses souffrances et dans sa mort, comme des brebis destinées à la boucherie. « ... selon qu’il est écrit : C’est à cause de toi qu’on nous met à mort tout le jour, qu’on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. » Ro. 8, 36-37.
Dans le monde religieux d’aujourd’hui, c’est à qui niera le plus fortement la vie de Jésus, qui a vaincu et triomphé de la chair avec ses passions et ses désirs. On croit magnifier Jésus en proclamant qu’il n’avait rien à vaincre, contrairement à nous. On ne peut donc pas devenir semblable à lui, ni dans la mort ni dans la vie. Mais l’œuvre de salut s’est accomplie, et a lieu maintenant en nous, par le fait que le péché est condamné dans la chair. Ro. 8, 3. C’est là le seul chemin qui mène à la vie et à la gloire de Christ. Ce n’est pas en condamnant le péché dans la chair, dans l’Esprit de Christ, que nous devenons impurs, encore moins des faux docteurs. C’est en vivant selon ce péché qu’on le devient. Il n’est écrit nulle part dans les Écritures que ceux qui propagent de fausses doctrines ont la victoire sur le péché. Non ! partout où il est question de faux docteurs et d’égarement, c’est en rapport avec la recherche de la gloire et du profit, et cette recherche se retrouve à un degré effrayant dans le monde religieux d’aujourd’hui. Ils sont ennemis de la croix de Christ, celle que Jésus a portée chaque jour, et que ses disciples portent chaque jour – la croix sur leur propre moi. « Puis il dit à tous : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge chaque jour de sa croix, et qu’il me suive. » Voilà le chemin dans les traces de l’Agneau. Il nous invite à suivre le chemin qu’il a suivi lui-même, et à venir à l’endroit où il se trouve. Nous aurons alors notre nom inscrit dans le livre de vie de l’Agneau qui a été immolé. Ap. 13, 8.
Les cent quarante-quatre mille se tenaient debout avec l’Agneau sur la montagne de Sion, et ils avaient le nom de l’Agneau et le nom de son Père écrits sur leur front. Ap. 14, 1-5. Ces noms ne seront pas écrits sur notre front si nous ne manifestons pas la vie de l’Agneau et du Père. Dans cette vie nouvelle, nous pouvons également chanter le cantique nouveau de l’Agneau. Ap. 15, 3.
Dans Ap. 5, Jean a vu un Agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort », dit Paul. 2 Co. 12. La force de Dieu se manifestera en nous dans la même mesure où nous sommes faibles en nous-mêmes et que nous manifestons la nature de l’Agneau. Jésus était à tel point conscient de sa grande faiblesse qu’il ne pouvait rien faire par lui-même ; c’est pourquoi il avait sept cornes qui symbolisent la force parfaite. L’Agneau qui avait été immolé était digne d’ouvrir le livre scellé de sept sceaux. Ce livre était écrit en dehors, comme la loi sur les tables de pierre, et en dedans, comme les lois et les commandements de la nouvelle alliance, les lois de l’Esprit de vie. Jésus, qui porte le nom de lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, l’Agneau qui a été immolé, était le seul qui pouvait ouvrir le livre. Aucune loi dans ce livre ne pouvait l’accuser, il les avait toutes aimées et observées. Comme Jésus devient extrêmement grand et glorieux quand on sait qu’il avait une chair comme la nôtre, avec toutes les possibilités d’agir à l’opposé de toutes ces lois ! Quelle fidélité !! Seuls ceux qui le suivent sur cette voie de fidélité sont capables de l’honorer et de l’exalter comme il se doit. Aucun prêtre ou prédicateur ordinaire ne pourra dire d’une voix forte, ce jour-là : « L’Agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l’honneur, la gloire, et la louange. »
Ils n’ont aucune compréhension de la vie de Jésus dans l’humiliation. Ils écrivent et ils prêchent que Jésus ne nous ressemblait qu’en apparence, parce qu’il devait par exemple manger et dormir. Il n’avait pas de chair comme nous, aucune volonté à renier comme nous, et donc aucune victoire à remporter comme nous. À propos du Sermon sur la montagne, ils disent qu’il s’agit de la loi qui doit nous conduire à reconnaître notre état de pécheurs, afin que nous rendions grâces à Jésus de l’avoir observée à notre place. De ce fait, ils disent, en opposition nette avec les paroles de Jésus, que nous devons tous bâtir sur le sable. Dans un journal chrétien, j’ai lu il y a quelque temps une réponse à la question de savoir qui ferait partie de l’épouse de Jésus. Ce sont tous ceux qui auront cru en la rédemption, depuis le jour de la Pentecôte jusqu’au retour de Jésus. Ils barrent d’un trait les paroles de Dieu qui exhortent à acheter de l’huile, à être rendus semblables à Christ, à être crucifiés avec lui, à croître en celui qui est le chef, jusqu’à la mesure de la stature parfaite de Christ, à vivre une vie victorieuse comme celle exigée des sept Églises dans l’Apocalypse. Dans l’une des plus grandes assemblées chrétiennes de notre pays, une brochure a été publiée dans laquelle on peut lire : « Chers amis, osons faire le saut de la foi de Romains 6 à Romains 8. »
Au milieu de cette obscurité spirituelle, on met en garde contre ceux qui aiment Christ si profondément qu’ils veulent le suivre sur le chemin de la croix et du renoncement à soi-même, dans la fidélité aux lois et aux commandements de la nouvelle alliance, y compris le Sermon sur la montagne – des lois et commandements qui nous rendent parfaitement heureux. Quand Jésus dit qu’on peut observer la loi, il donne aussi la force nécessaire pour l’observer.
Chaque jour est un jour de boucherie ; c’était le cas pour Jésus et ce l’est aussi pour tous ceux qui le suivent. Mais la vie et la gloire du Père se manifestent alors aussi en nous chaque jour ; sinon, cela n’est pas possible.
C’est la lumière de l’Agneau qui illumine la ville nouvelle de Jérusalem. C’est cette lumière qui doit briller aujourd’hui dans l’Église du Dieu vivant, et non la lumière de la raison humaine, qui adore quelque chose de grand dans ce monde.
L’épouse de Jésus porte le nom : « La femme de l’Agneau ». Elle ne fait qu’un avec la vie de l’Agneau. Les apôtres sont les douze apôtres de l’Agneau.
Ce sont les appelés, les élus et les fidèles qui combattent avec l’Agneau et qui remportent la victoire. Ap. 17, 14.
C’est du trône de Dieu et de l’Agneau que sort l’eau pure, limpide comme du cristal. Ap. 22, 1. Ce courant spirituel pur s’écoule également de ceux qui de nos jours ont la vie de Dieu et de l’Agneau. Il apporte une prédication pure et saine, avec un courant de vertus de Christ qui unit les élus et prépare nos cœurs au retour prochain de Christ.