Nous et nos enfants
« Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier est sous la puissance du malin. » Jn. 5, 9.
« Dès qu’ils ont poussé, vous connaissez de vous-mêmes, en regardant, que déjà l’été est proche. De même, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le royaume de Dieu est proche. » Lu. 21, 30–31.
Nous sommes donc actuellement en hiver ; il fait froid, le mal a le dessus. « Le monde entier est sous la puissance du malin. » Mais nous sommes de Dieu ; nous avons le royaume de Dieu — l’été — au-dedans de nous. Quand l’iniquité s’accroît, l’amour se refroidit chez le plus grand nombre. Ce qui est habituel à notre époque, c’est de voir l’hiver l’emporter sur l’été. Mais ce n’est pas le cas chez tous. Par le Saint-Esprit, nous avons la force de vaincre le mal, si bien que le royaume de Dieu — l’été — peut se développer dans nos cœurs, et la chaleur peut se répandre à l’extérieur sur tous ceux qui ont affaire à nous. Notre vocation est de surmonter le mal par le bien. (Ro. 12, 21).
Il ne suffit pas que nous conservions l’été dans nos cœurs, car la plupart d’entre nous sont mariés et ont charge de famille. Quand on fonde un foyer, il est clair que le royaume de Dieu doit y être le maître. Il faut que nos foyers soient des endroits où règne l’été, au milieu de l’hiver, comme une île au milieu de la mer. Nous devons veiller à ce que Christ, qui est le soleil de justice, puisse y briller librement. (Mal. 4, 2).
Quand un enfant naît dans la famille, c’est un rayon de soleil qui vient du ciel. Tu le sens nettement lorsque l’enfant commence à sourire. Quand il te fait un sourire, tu sens que cela te réchauffe le cœur. Dans ce sourire, il y a du repos et de la paix. Cependant, l’enfant a hérité de ses pères une nature mauvaise, et la lutte ne tarde pas à commencer. Il s’agit alors de combattre le bon combat de la foi, pour que la froideur ne vainque pas la chaleur et que les sourires que tu fais à l’enfant ne disparaissent pas. Sinon, tu perdrais aussi les sourires par lesquels l’enfant te répondait et qui — tu t’en souviens encore — faisaient tant de bien à ton cœur. L’enfant deviendrait alors farouche, parce que tu n’aurais pas su combattre le bon combat de la foi.
Celui qui aime son fils le châtie de bonne heure. L’enfant ne sait pas lutter contre la nature mauvaise héritée de ses pères, c’est pourquoi il faut l’aider par le châtiment. Le but du châtiment, ce n’est pas de le punir mais de l’aider ! La nature mauvaise de l’enfant éveille aussi la nature mauvaise des parents, si bien qu’habituellement, la froideur s’installe. On veut que l’enfant soit obéissant, mais on ne sait pas comment faire mourir en même temps sa propre nature, son propre esprit de domination.
L’enfant a cinq sens qui doivent se développer, mais il ne comprend rien de tout ce qu’il voit et rencontre dans ce monde où il est né. Si l’enfant est en bonne santé, il est toujours actif, tout le temps qu’il ne dort pas. Cela peut être fatigant pour son père et sa mère. Il se peut qu’il casse beaucoup de choses, y compris des objets que beaucoup regardent comme précieux ; en fait, seul l’enfant lui-même a de la valeur. Si les biens terrestres et ton propre confort ont pour toi plus de valeur que l’enfant, tu ne sauras pas le châtier.
Même s’il fait beaucoup de bêtises, l’enfant n’agit pas par méchanceté. Pendant la période où ses sens doivent s’exercer, tu ne dois pas t’attendre à autre chose qu’à le voir faire beaucoup de bêtises. Pour sa formation et son développement, il est nécessaire qu’il soit actif. Tu dois t’en réjouir, et il incombe aux parents de guider l’activité et le développement de l’enfant. Il faut d’abord discerner si le mal commis vient de la nature ou du cœur de l’enfant, si on veut le châtier de la bonne manière. En tout premier lieu, tu dois veiller à ce que les sourires que tu adresses à l’enfant ne se refroidissent pas, afin que la chaleur de l’été puisse être conservée dans le foyer. Cette responsabilité ne revient pas à l’enfant, mais aux parents.
Les parents sont différents. Chez certains, ce sont les traits de caractère forts qui prédominent. Ils s’attachent à châtier. Ils sont forts et se chargent de faire du petit un enfant obéissant. Mais souvent, ils oublient de semer la bonne semence, de s’entretenir avec l’enfant. Ils oublient aussi qu’il doit y avoir de la chaleur pour que la semence pousse. A mesure que l’enfant grandit, la distance entre lui et ses parents se fait de plus en plus grande. Les cœurs ne sont pas unis.
Chez d’autres, ce sont les traits de caractère faibles qui l’emportent. Ils ne se préoccupent pas de châtier. Ils ne voient pas le danger que représente la nature mauvaise héritée par l’enfant. Ils sont mous. L’enfant ne reçoit pas d’aide pour renoncer à lui-même, ni de compréhension pour discerner le bien du mal. Ce danger est beaucoup plus grand à notre époque que celui de trop châtier. Ces parents-là oublient aussi de semer la bonne semence. Ils pensent que s’ils cèdent à l’enfant, celui-ci les aimera, mais c’est tout le contraire. L’enfant les méprise, et commence à dominer sur ses parents, justement parce qu’ils n’ont pas pris soin de le châtier. Ce qu’on voit le plus aujourd’hui, c’est que les enfants sont les maîtres dans les foyers.
Les femmes âgées doivent enseigner aux jeunes à aimer leur mari et leurs enfants. (Tit. 2, 4). A l’heure actuelle, l’esprit du siècle est pour l’égalité des droits. Les femmes mariées veulent être partout avec leur mari ; il faut qu’elles fassent partie de tous les comités et qu’elles aient leur mot à dire en tout. Dans ces conditions, c’est une gêne d’avoir des enfants, car cela les oblige à rester à la maison. Elles ne veulent pas rester sans enfant, sinon le foyer et la vie seraient trop vides, mais en tout cas, elles ne veulent pas du tout avoir beaucoup d’enfants. Elles n’aiment pas les enfants. Elles pensent à elles-mêmes. C’est pourquoi elles doivent apprendre à aimer leurs enfants.
Quand les enfants sont assez grands pour que les parents les emmènent aux réunions ou à d’autres endroits, il faut qu’ils apprennent à se tenir tranquilles et à ne pas déranger les adultes. Tous n’y arrivent pas aussi bien, et les parents punissent. Souvent, les enfants sont tout simplement fatigués, ils ne sont pas responsables. Au lieu de recevoir une punition, ils devraient aller au lit. Si les mères aimaient leurs enfants, elles rentreraient avec plaisir, ou bien elles resteraient à la maison avec l’enfant, pour ne pas l’exposer à une telle fatigue. Elles se réjouiraient de leur tâche auprès des enfants, et elles ne la ressentiraient pas comme dévalorisante. Ce qui est dévalorisant, pour une femme, c’est de quitter son foyer et de se mêler du service de son mari. Si elle veut gagner la couronne de la vie, elle ne pourra le faire qu’en remplissant sa tâche en tant que femme, et non en tant qu’homme. Alors « ses fils se lèvent, et la disent heureuse ; son mari se lève et lui donne des louanges. » Pr. 31, 28.
Jésus dit : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Mt. 4, 4. Si les parents ne plantent pas la parole de Dieu dans les cœurs, les enfants ne sauront pas comment résister à l’influence qu’ils reçoivent dans la rue et à l’école. Et si les parents n’ont pas la Parole de Dieu à donner à leurs enfants comme base de ce qu’ils leur enseignent et lorsqu’ils les châtient, ils construisent leur maison sur le sable. Sans la parole de Dieu, ils n’ont pas de lumière pour leur propre compte pour vaincre leur propre nature, et ils n’en ont pas non plus pour aider leurs enfants. Les enfants peuvent être richement pourvus de nourriture et de vêtements, mais c’est seulement par la Parole de Dieu qu’on a la lumière et la force pour fermer la porte à l’hiver, de sorte que lorsqu’ils sont parmi les hommes à l’extérieur et qu’ils sentent le froid, les enfants puissent être heureux de revenir à la maison et à la chaleur. C’est seulement ainsi que le sourire des parents pour les enfants, et celui des enfants pour les parents, pourront être préservés.
Sans le châtiment, auquel tous les enfants légitimes ont part, il se crée du désordre, et avec le désordre vient la discorde (Hé. 12, 5–11). « Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. » 1 Co. 14, 33. Sinon, des esprits mauvais pénètrent et prennent le dessus. Tous ceux dans le cœur desquels le royaume de Dieu se développe, et qui arrivent à garder la chaleur dans leur foyer, peuvent contribuer à construire l’assemblée. De même, tous ceux qui ne sont pas mariés, et qui ont un cœur chaleureux, peuvent, dans les foyers qu’ils visitent, contribuer à ce que les enfants goûtent que Dieu est bon, et à construire l’Assemblée. L’Assemblée peut ainsi être comme une île où règne l’été, au milieu de la mer des peuples, afin que des hommes puissent avoir comme avenir d’être des membres du corps de Christ et être sauvés d’une génération perverse.
Quand Jésus reviendra comme Seigneur — soleil de justice — « l’été » que nous aurons eu dans nos cœurs, dans nos foyers et dans l’Assemblée, s’étendra au monde entier. Ce sera le millénium.