Prends soin de l’autel !

« Car, le sacerdoce étant changé, il y a aussi nécessairement un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel (n’a pris soin de l’autel, trad. norv.). » Hé. 7, 12-13

Avec Jésus, il y a eu un remaniement complet du sacerdoce et de la loi. Alors que les sacrificateurs pieux prenaient soin de l’autel dans l’ancienne alliance selon les lois établies pour le service, Jésus a pris encore plus soin de l’autel selon les lois de l’Esprit de vie.

Dieu a toujours suivi de près l’autel, car c’est là que se révèle le cœur de l’homme. C’est par le feu de l’autel que Dieu a maintenu sa communion avec ses sacrificateurs et avec Israël, lorsque les sacrifices étaient purs et que tout se passait conformément aux prescriptions de la loi. Beaucoup de gens épargnaient leurs meilleurs animaux et en amenaient à l’autel qui étaient boiteux ou aveugles, mais ils s’exposaient alors à la colère de Dieu.

L’Éternel dit à Aaron : « Toi, et tes fils avec toi, vous observerez les fonctions de votre sacerdoce pour tout ce qui concerne l’autel et pour ce qui est au-dedans du voile : c’est le service que vous ferez. » Nb. 18, 7.

Ce service était une image du service caché que nous exerçons selon les lois de l’Esprit de vie à l’autel qui se trouve au-dedans du voile. Nous avons tous une vie cachée et une vie visible, un ministère caché et un ministère visible. Si nous ne sommes pas agréables à Dieu dans ce qui est caché, nous ne le sommes pas non plus dans ce qui est visible. « Je n’ai pas trouvé tes œuvres parfaites devant mon Dieu », a-t-il été dit à l’ange de Sardes. La vie intérieure s’était éteinte, bien qu’il fasse beaucoup d’œuvres et qu’il passe pour être vivant.

Tous les sacrificateurs de la nouvelle alliance ont été rapprochés par le sang de Christ et sont appelés à exercer leur ministère à l’autel, au-dedans du voile. Si nous sommes fidèles dans ce ministère caché, nous entendrons aussi Dieu nous parler et, en tant que sacerdoce royal, nous pourrons alors annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. 1 Pi. 2, 9. Cette admirable lumière brillera alors toujours dans le temple de notre cœur et gardera notre œil spirituel éclairé.

« Nous avons un autel dont ceux qui font le service au tabernacle n’ont pas le droit de manger. » Hé. 13, 10.

Ceux qui font le service au tabernacle sont sanctifiés par le sang de Jésus. Ils ont le pardon des péchés et peuvent être très actifs dans leur service pour Dieu. Ils sont dans le camp, mais Jésus a été crucifié en dehors du camp. Là, au dehors, se trouve l’autel dressé dans le sanctuaire de Dieu. Là se trouve l’opprobre, mais aussi la vie et la gloire. Ceux qui sont là n’ont pas ici-bas de cité permanente, mais cherchent celle qui est à venir. V. 14. Ils sont crucifiés avec Christ, ils ne vivent plus eux-mêmes, mais c’est Christ qui vit en eux. Ils sont nourris à l’autel, comme Jésus l’a été. « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas », a-t-il dit dans Jn. 4, 32-34. Sa nourriture était de faire la volonté de celui qui l’avait envoyé et d’accomplir son œuvre. Par cette nourriture, nous aussi, nous sommes fortifiés dans notre être intérieur pour accomplir notre travail avec joie.

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? » Heureux tous ceux qui ont reçu une certitude divine à ce sujet, car cela rend la vie riche et intéressante. L’Esprit qui habitait en Jésus, lorsqu’il a purifié le temple avec zèle, veut aussi avoir un temple pur aujourd’hui. C’est cet Esprit qui veut habiter en nous. Il prend de ce qui est au Père et nous le donne ; il nous conduit et nous anime. Il s’oppose à toutes sortes de penchants de la chair et les livre au feu de l’autel. Il nous ressuscite et nous unit à Christ lors de son avènement ! Ro. 8, 11.

Dans le lieu très saint, il y avait un encensoir d’or pour les parfums, et de cet autel qui est dans le sanctuaire de notre cœur doit toujours s’élever un sacrifice de louange et d’action de grâces, alors que nous sommes nous-mêmes sacrifiés. C’était l’attitude de Paul dans son sacerdoce pour lui-même et pour les autres : « Et même si je sers de libation pour le sacrifice et pour le service de votre foi, je m’en réjouis, et je me réjouis avec vous tous. Vous aussi, réjouissez-vous de même, et réjouissez-vous avec moi. » Ph. 2, 17-18. Un tel ministère à l’autel est agréable au Seigneur. Aucun soupir les uns contre les autres ne monte de cet autel.

Mais quand on sert de cette manière, on a le diable comme adversaire, et il mobilise toutes ses forces contre de telles personnes. Il est donc significatif qu’il soit fait mention des âmes des saints qui ont été trouvées sous l’autel. Ap. 6, 9. Ils avaient été mis à mort à cause de la parole de Dieu et à cause de leur témoignage. Ils devaient se tenir en repos quelque temps encore, jusqu’à ce que soit complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. V. 11.

Ils sont tous tombés à leur poste auprès de l’autel. Mais s’il y a un endroit sur lequel les yeux de Dieu veillent, c’est bien celui-là. Jésus s’est levé, et le ciel tout entier était prêt à accueillir Étienne, quand celui-ci s’est effondré auprès de l’autel, offrant des prières et des sacrifices d’action de grâces au milieu de la pluie de pierres de la part de ses ennemis.

C’est auprès de l’autel du cœur que le Seigneur parle, et c’est là que naissent la louange et la joie véritables. David souhaitait aller autour de l’autel de l’Éternel, pour éclater en actions de grâces et raconter toutes ses merveilles. Si nous entretenons le feu sur l’autel, nous aurons nous aussi beaucoup de merveilles à raconter.

« Envoie ta lumière et ta fidélité ! Qu’elles me guident, qu’elles me conduisent à ta montagne sainte et à tes demeures ! J’irai vers l’autel de Dieu, de Dieu, ma joie et mon allégresse, et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu ! » Ps. 43, 3-4.

C’est à l’autel que nous rencontrons le Dieu de notre joie et de notre allégresse. C’est seulement là qu’il peut se réjouir pour nous et avec nous !

« Le passereau même trouve une maison, et l’hirondelle un nid où elle dépose ses petits…Tes autels, Éternel des armées ! Mon roi et mon Dieu ! » Ps. 84, 4.

Oui, trouvons le repos à l’autel de l’Éternel ; il est bon d’y habiter et on y est en sécurité. Prenons fidèlement soin du service à l’autel dans le secret, et Dieu veillera à ce que notre vie et notre service apportent de la bénédiction à l’extérieur.

Il n’est pas agréable à Dieu que nous lui offrions quoi que ce soit, si nous ne nous sommes pas d’abord donnés nous-mêmes entièrement à lui, comme ils l’avaient fait en Macédoine. 2 Co. 8, 1-5. Paul nous exhorte donc à offrir nos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, ce qui sera de notre part un culte raisonnable. Ro. 12, 1.

Jésus s’est offert lui-même sans tache à Dieu, par la puissance d’un Esprit éternel. Hé. 9, 14.

Ce sacrifice se passe hors du camp. On y est rejeté par les hommes, mais précieux devant Dieu. 1 Pi. 2, 4. C’est à ces personnes hors du camp que s’adresse l’exhortation : « Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. » Hé. 13, 13.