Sacrificateurs selon l’ordre de Melchisédek

Dans la nouvelle alliance, un seul sacerdoce est en vigueur : le sacerdoce selon l’ordre de Melchisédek. Jésus a reçu ce témoignage : « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. » Hé. 7, 17. Dans l’ancienne alliance, seul le sacerdoce lévitique était valide, et pour être sacrificateur, il fallait appartenir à la tribu de Lévi. D’après cette loi, Jésus ne pouvait pas être sacrificateur, car il venait de la tribu de Juda. V. 14.

Il n’y a qu’une seule manière de devenir sacrificateur dans la nouvelle alliance, et c’est par la puissance d’une vie impérissable. Cette puissance de vie impérissable, nous pouvons tous la recevoir en nous par le Saint-Esprit. Grâce à cette puissance de vie nouvelle, nous pouvons vaincre la vieille vie, toutes les manifestations de la chair avec ses désirs et ses passions. Ga. 5, 16. Nous devenons sacrificateurs et prédicateurs d’une vie nouvelle, qui se nourrit et se développe par la parole vivante de Dieu.

« Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. » 1 Pi. 2, 9. – Nous voyons ici la mission principale du seul sacerdoce valide dans la nouvelle alliance.

Nous comprenons qu’il n’est pas possible de devenir sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek en étudiant la théologie pendant quelques années. Non, par ce moyen-là, on s’éloigne en général de plus en plus du vrai sacerdoce.

Melchisédek apparut soudain avec du pain et du vin, et il dit brièvement quelques paroles bénies, alors qu’Abraham revenait de sa victoire sur les rois ; puis il disparut aussi rapidement qu’il était apparu. Il ne mettait pas sa propre personne en avant par son ministère béni. Il est arrivé au bon moment, avec ce dont Abraham avait justement besoin pour fortifier aussi bien son corps que son esprit. Être sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, c’est aller au-devant les uns des autres avec du pain et du vin, quelque chose qui donne de la nourriture et de la joie, et se bénir les uns les autres par des paroles appropriées, dites au bon moment. Ceci vaut tant pour les réunions qu’ailleurs. Dans tout notre ministère, nous devons contribuer à ce qui est bien en vue de l’édification, nous dit Paul.

Abraham méritait d’ailleurs une telle bénédiction de la part du sacrificateur du Dieu Très-Haut, au moment où il revenait de sa victoire sur les rois. Il n’avait pas combattu pour son propre gain ou pour une gloire personnelle. Il avait combattu pour délivrer son neveu Lot. Ge. 14. Il a sauvé Lot, qui avait été fait prisonnier, et il a ramené à la fois les biens et les gens qui appartenaient à Lot. V. 16.

Si Abraham avait eu la moindre étincelle de méchanceté contre Lot dans son cœur, il aurait eu là une bonne occasion de se venger. Après tout, Lot avait choisi les meilleurs pâturages. Mais Abraham était plein de bonté. Lot s’est retrouvé parmi des gens méchants et pervers, et c’est ce qui arrive à tous ceux qui recherchent le plus possible de ce qu’il y a de meilleur dans le monde. On est loin d’avoir une bonne vie en compagnie de telles personnes. Abraham, qui ne désirait rien de ce monde, vivait en paix et bénéficiait de la riche bénédiction de Dieu qui reposait sur lui. Si nous avons l’entendement d’Abraham, nous nous retrouvons parmi de telles personnes bénies et nous sommes unis à elles dès maintenant, et pour l’éternité.

Après qu’Abraham eut sauvé Lot, et qu’il eut été béni par Melchisédek, il a été mis une nouvelle fois à l’épreuve. Le roi de Sodome a proposé tout le butin à Abraham. Mais Abraham était si richement béni et fortifié qu’il a vaincu parfaitement en méprisant ces choses terrestres.

« Abram répondit au roi de Sodome : Je lève la main vers l’Éternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier, afin que tu ne dises pas : J’ai enrichi Abram. » V. 23.

Ce n’est pas étonnant que Melchisédek, qui était tout d’abord roi de justice et ensuite roi de paix, est apparu au bon moment pour bénir un tel homme. C’était justice.

Que personne ne puisse influencer notre cœur par la richesse ou la gloire ! C’est la bénédiction de Dieu qui doit nous enrichir dès maintenant et pour l’éternité ; rien d’autre. L’honneur de Dieu reposera alors sur nous.

Peu de choses ont été écrites sur Melchisédek, mais le fait qu’il était tout d’abord roi de justice et ensuite roi de paix en dit long.

La justice est le fondement du royaume de Dieu, et le royaume de Dieu consiste en justice, paix et joie par le Saint-Esprit. Tous les sacrificateurs selon l’ordre de Melchisédek doivent être fondés dans la justice, la paix et la joie, et pour le reste, fondés également dans toutes les vertus de Christ, afin de pouvoir les annoncer à d’autres.

Melchisédek était sans père, sans mère et sans généalogie. Il était libre de tous pour pouvoir être sacrificateur du Dieu Très-Haut.

Pour être sacrificateurs selon l’ordre de Melchisédek, nous devons, comme Jésus le dit, haïr père et mère, femme et enfants, et notre propre vie. Personne ne doit pouvoir exercer d’influence charnelle sur nous. Quand il arrive quelque chose, il est facile pour le mari, la femme et aussi la parenté d’être solidaires d’une manière humaine, empêchant par là la manifestation de ce qui est vrai, juste et bon. La parenté charnelle est alors un voile devant les yeux, qui fait qu’on n’y voit pas clair.

Dans ce sacerdoce de Melchisédek, seul ce que Christ produit par son bon Esprit Saint est valide. Tout le reste, qui vient de l’homme, est mis de côté. Personne ne peut devenir sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek par ses capacités, grâce à une doctrine, ou par parenté, etc. Une meilleure ordonnance a été instituée, qui conduit à la perfection.

Être sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, c’est aussi prononcer brièvement quelques paroles bénies. Par de longs discours, l’homme et ce qui est de l’homme ressortent facilement. Nous revenons tous du champ de bataille, certains en ayant remporté la victoire sur les rois, et les autres sans victoire. Allons au-devant les uns des autres avec ce qui peut apporter un profit et une édification éternels, avec du pain, du vin et des paroles bénies. Aussi bien des frères que des sœurs sont élus pour exercer ce ministère béni, à la maison et dans l’assemblée, selon les lois de l’Esprit de vie. Ps. 133.

Béni soit Dieu pour ce sacerdoce et cette fraternité élevés et magnifiques qui, dans la piété et la fidélité, baignent dans l’huile de la bénédiction !