Notre domaine oint
Christ est l’Oint, et tous ses frères sont des personnes ointes. Si nous sommes membres du corps de Christ, nous sommes oints pour servir.
Aaron a été oint pour son ministère et l’huile d’onction a été répandue sur lui en abondance. Tout comme cette huile a coulé en abondance, il a reçu la grâce en abondance dans l’exercice du ministère que Dieu lui avait donné. Dieu lui a donné l’urim et le thummim dans le ministère, ce qui signifie la lumière et la perfection. Ex. 28, 29-30 et Lé. 8, 8-12.
Quand Aaron entrait dans le sanctuaire, il devait porter sur son cœur le nom des enfants d’Israël gravés sur le pectoral du jugement, comme un souvenir permanent devant l’Éternel. Les enfants d’Israël avaient besoin d’un intercesseur bon et plein de sollicitude. Il connaissait le jugement de l’Éternel et il le portait sur son cœur. Par son ministère, il détournait le jugement de Dieu, ce qui apportait le pardon et la bénédiction. Il voyait toutes sortes de péchés, mais il n’avait ni accusations ni reproches. Il portait leur détresse avec lui dans son cœur et la présentait à Dieu. Ce ministère est devenu naturel pour Aaron.
Notre ministère devient lui aussi naturel et bon, pour nous-mêmes et pour les autres, lorsque nous sommes humbles et que nous servons selon la grâce que Dieu donne. Si nous sortons de notre domaine oint, poussés par une ambition humaine, nous remarquerons nous-mêmes qu’il y a quelque chose qui n’est pas naturel dans notre ministère, et d’autres personnes en souffriront. Tout ministère exercé dans le corps de Christ doit baigner dans l’huile d’onction. Nous n’avons rien qui ne nous ait été donné, et tout ce qui vient de Dieu nous est donné selon les lois de l’humilité et de la fidélité. Il ne faut pas que nous méprisions ou négligions ce que Dieu nous a donné en dépassant la mesure qui nous a été départie.
« Par la grâce qui m’a été donnée, je dis à chacun de vous de n’avoir pas de lui-même une trop haute opinion, mais de revêtir des sentiments modestes, selon la mesure de foi que Dieu a départie à chacun. » Ro. 12, 3.
Paul exhortait et servait selon la grâce qui lui avait été donnée, et quand il voulait entreprendre quelque chose, il ne dépassait pas la mesure de foi que Dieu lui avait départie. On a vite fait d’avoir une trop haute opinion de soi-même et de se mêler des affaires des autres, car on estime être capable de « mettre de l’ordre » dans toutes sortes de choses. Quand on agit dans cet esprit-là, on rend souvent la situation plus compliquée qu’elle ne l’était. Quand le temps est venu, et que Dieu fait grâce, tous les problèmes trouvent leur solution. C’est dans le calme et la confiance en Lui que Dieu donne de la force. Dieu ne prend pas plaisir à la force de l’homme. Il est peut-être obligé de le faire descendre deux ou même trois fois jusqu’aux portes de la mort pour venir à bout de son orgueil. Mais s’il se trouve un ange intercesseur, un seul entre mille, l’un de ceux qui ont été oints pour annoncer à l’homme son devoir, l’homme peut être aidé en vérité. Job 33, 14-30.
« Comme de bons dispensateurs des diverses grâces de Dieu, que chacun de vous mette au service des autres le don qu’il a reçu. Si quelqu’un parle, que ce soit comme annonçant les oracles de Dieu ; si quelqu’un remplit un ministère, qu’il le remplisse selon la force que Dieu communique, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié par Jésus-Christ, à qui appartiennent la gloire et la puissance, aux siècles des siècles. Amen ! » 1 Pi. 4, 10-11.
Il est question ici d’être de bons dispensateurs de la grâce si diverse de Dieu. En agissant ainsi, nous ne nous imposons pas aux autres, nous leur donnons du temps, nous pardonnons comme Dieu nous a pardonnés. Nous aimons comme Dieu nous a aimés. Nous donnons du lait à ceux qui ne supportent pas encore la nourriture solide et nous annonçons la sagesse parmi ceux qui sont parfaits. Si nous servons selon la force que Dieu communique, nous disparaissons nous-mêmes et Dieu est honoré en toutes choses par Jésus-Christ.
« ... dont j’ai été fait ministre selon le don de la grâce de Dieu, qui m’a été accordée par l’efficacité de sa puissance. » Ép. 3, 7.
« Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. » 4, 7.
Quelle bénédiction lorsque nous servons tous selon la grâce que Dieu donne, si bien que chacun reste dans son domaine oint. Si nous dépassons ces limites, il en résulte toutes sortes de frictions provoquées par la sécheresse du raisonnement humain.
Jésus avait été oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux. Il avait été envoyé pour guérir ceux qui avaient le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté et aux prisonniers la délivrance, « ... pour consoler tous les affligés ; pour accorder aux affligés de Sion, pour leur donner un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu. » És. 61, 1-3.
Voilà quels sont les résultats bénis d’un ministère oint dans le Saint-Esprit. Dans leur zèle, beaucoup de gens veulent gagner des âmes, exhorter, aider, etc., et ils dépassent de beaucoup les limites de leur domaine oint. Cela ne produit pas de bons résultats et cela ne laisse pas un bon goût. Cinq paroles ointes peuvent apporter beaucoup, tandis qu’une doctrine sèche et des sermons pleins de pensées humaines raisonnables volent un temps précieux à ceux qui sont oints. Dans l’Église primitive, seuls ceux qui étaient oints par l’Esprit de Christ et la sagesse pouvaient servir.
« Voici, oh ! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble ! C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements. C’est comme la rosée de l’Hermon, qui descend sur les montagnes de Sion ; car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, la vie, pour l’éternité. » Ps. 133.
Nous voyons ici que la bonne huile coule abondamment dans la fraternité à Sion. Quand on demeure ensemble, surtout quand cela dure longtemps, il y a souvent des frictions et des disputes. Mais il n’en va pas ainsi dans la fraternité ointe. On peut y venir à tout moment et dans toutes les circonstances, et on constate combien l’atmosphère est bonne et agréable. Et cela continuera de la même manière dans la vie et la bénédiction jusque dans l’éternité. C’est là que le Seigneur a envoyé la bénédiction.
L’accusateur de nos frères a été précipité du ciel et l’Oint du Seigneur aura le pouvoir pour toute l’éternité, en compagnie de ceux qui sont oints. Ap. 12, 10-11.
L’onction nous accompagne aussi longtemps que nous sommes humbles et fidèles. Dieu a oint Saül comme roi lorsqu’il était petit à ses propres yeux, mais quand il s’est élevé et qu’il a désobéi, Dieu a trouvé David, qui a été oint comme roi à sa place.
Servons avec reconnaissance, fidélité et joie dans le domaine qui nous a été départi et pour lequel nous avons été oints, afin qu’il plaise à Dieu de l’élargir pour nous, pour notre bénédiction éternelle et celle d’autres personnes.
« Et celui qui nous affermit avec vous en Christ, et qui nous a oints, c’est Dieu. » 2 Co. 1, 21.