Dirigés à partir du tabernacle

décembre 1963

Dirigés à partir du tabernacle

« Le jour où le tabernacle fut dressé, la nuée couvrit le tabernacle, la tente d’assignation (du Témoignage, autre trad.) ; et, depuis le soir jusqu’au matin, elle eut sur le tabernacle l’apparence d’un feu. Il en fut continuellement ainsi : la nuée couvrait le tabernacle, et elle avait de nuit l’apparence d’un feu. Quand la nuée s’élevait de dessus la tente, les enfants d’Israël partaient ; et les enfants d’Israël campaient dans le lieu où s’arrêtait la nuée. Les enfants d’Israël partaient sur l’ordre de l’Éternel, et ils campaient sur l’ordre de l’Éternel ; ils campaient aussi longtemps que la nuée restait sur le tabernacle. » Nb. 9, 15–23.

Ce passage nous montre comment les enfants d’Israël ont été dirigés d’une façon sûre et bonne à partir du tabernacle, la tente du Témoignage, lorsqu’elle fut dressée au milieu d’eux. Leurs yeux étaient dirigés vers le tabernacle et ils partaient ou campaient selon les indications que donnait la nuée. La nuit aussi, ils pouvaient clairement voir la nuée, car elle avait alors l’apparence d’un feu. Ils n’avaient jamais de raison d’être dans le doute.

Un tabernacle a aussi été dressé dans la nouvelle alliance. Les enfants d’Israël étaient dirigés de l’extérieur, mais nous pouvons être dirigés de l’intérieur. La direction divine ne provient que du tabernacle. À l’extérieur, ce sont les opinions et les sentiments des uns et des autres qui prévalent, et on s’égare. Dans l’ancienne alliance, seul le souverain sacrificateur pouvait entrer dans le sanctuaire. Maintenant, nous pouvons tous y entrer, à condition que nous ayons des cœurs purifiés et la pleine assurance de la foi. Hé. 10, 22. Dans de tels cœurs, Dieu dresse son tabernacle, la tente du Témoignage, où il rend lui-même témoignage à la pureté et à la fidélité de la personne en question. On n’est plus animé par une disposition de cœur charnelle, mais par la disposition de cœur qui était en Christ.

Dieu parle dans de tels cœurs, et lorsqu’ils annoncent ces paroles pures et claires qui viennent du ciel, nombreux sont les auditeurs qui se réjouissent et qui comprennent que c’est la vérité qui leur est annoncée, la seule chose qui soit juste. Mais ils ne sont pas pour autant eux-mêmes dans le tabernacle et ils ne sont pas capables de retenir ce qu’ils ont entendu. Leurs propres sentiments et leurs opinions, ainsi que ceux d’autres personnes, les font dévier plus ou moins fortement. – D’autres peuvent fréquenter les réunions pendant des années et vivre une vie pieuse et correcte. Ils se sentent en sécurité lorsqu’ils écoutent la prédication que donnent les personnes spirituelles, et se laissent diriger par cette prédication, mais dès qu’ils sont seuls, ils ne sont pas capables de trouver par eux-mêmes ce qu’il y a lieu de faire. Ils restent humains et tributaires des sentiments de leur âme.

Nous ne pouvons pas être dans le tabernacle et conserver notre propre vie égoïste tout en voulant avoir part à la vie et à la gloire de Christ. On ne peut pas mener une double vie dans ce domaine.

Dans le tabernacle de l’ancienne alliance, Dieu parlait au souverain sacrificateur du haut du propitiatoire, entre les deux chérubins. C’est là que lui était communiqué tout ce qu’il devait dire aux enfants d’Israël. Ex. 25, 22.

C’est effrayant de penser à tous ceux qui annoncent la parole de Dieu aujourd’hui sans se tenir dans le sanctuaire de Dieu, le cœur purifié et dans une crainte respectueuse. Ils n’entendent pas les paroles de Dieu ; mais, dans ces conditions, qu’annoncent-ils donc ? Tout ce qu’ils disent vient de ce qu’ils ressentent et pensent par eux-mêmes. Ils s’égarent et ils égarent les autres. La foi vient de ce qu’on entend, et si la prédication peut donc être impure et souillée, nous comprenons pourquoi Jacques dit qu’il ne doit pas y avoir parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement. Ja. 3, 1. Nous comprenons aussi combien sont précieux les serviteurs vrais et fidèles du Seigneur.

Si on n’est pas fidèle dans le sanctuaire du Seigneur, ce qu’on dit est immédiatement influencé par la recherche du gain ou de l’honneur et par toutes sortes de tendances charnelles. C’est seulement par la pureté et la fidélité du cœur qu’on voit et qu’on entend clairement. C’est pourquoi il est dit : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie. » Pr. 4, 23.

C’est une bonne chose de recevoir les conseils et les recommandations de personnes pieuses ; on se sent alors en sécurité. Mais c’est une chose bien plus grande et plus glorieuse encore d’être un de ceux qui entendent eux-mêmes la voix dans leur cœur. C’est une voix qui crée la joie et la paix et qui nous convainc et nous rend inébranlables dans tout ce qui est noble et bon. C’est le bon berger qui parle, et ces paroles nous font savoir ce qui est bénéfique pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent. C’est par ces paroles que l’Église du Dieu vivant est édifiée. Tous les membres du corps de Christ ont renoncé à tout pour se laisser conduire par Christ, qui est le chef, la tête. Leurs corps sont des temples où Dieu habite, parle et agit. 1 Co. 6, 19. Nous sommes chacun pour notre part un édifice de Dieu, et par la voix du berger, nous sommes unis les uns aux autres et croissons pour former un temple saint dans le Seigneur. Si nous ne sommes pas unis de plus en plus étroitement avec les autres pierres de l’édifice pour former une parfaite unité, nous n’entendons pas la voix, ou alors nous lui sommes désobéissants.

Tout l’édifice de Dieu, avec toutes les pierres vivantes, est en dehors du camp. Toutes ces pierres sont rejetées par les hommes, mais élues et précieuses aux yeux de Dieu, comme l’est la pierre angulaire. 1 Pi. 2, 4-5.

Dans le camp, on peut recevoir le pardon de ses péchés, mais on n’a pas part à l’unité parfaite et à la transformation à l’image de la vie et de la gloire de Christ, qui est la nature divine. Dans le camp, on est sanctifié par le sang de Jésus, Hé. 13, 12, mais on ne devient pas saint comme Jésus était saint, et c’est pourtant à cela que nous sommes appelés dans la nouvelle alliance. 1 Pi. 1, 15-16.

Les disciples se sentaient en sécurité quand ils étaient avec Jésus, mais ils n’avaient pas eux-mêmes cette vie intérieure et ils n’étaient pas dirigés de l’intérieur. Quand ils se retrouvaient seuls, il leur arrivait même de se disputer pour savoir qui était le plus grand. Mais Jésus leur a dit qu’il ne les laisserait pas orphelins. Il leur a promis d’envoyer le Consolateur, le Saint-Esprit qui devait les conduire. Le jour de la Pentecôte, Christ a planté son tabernacle dans leur cœur et il s’y est installé. Ils ont pu alors entendre les mêmes paroles que celles que Jésus avait entendues quand il était ici-bas. Grâce à ces paroles, ils ont su eux-mêmes la voie qu’il fallait suivre et ils ont pu diriger les autres. C’est par cet Esprit que nous aussi, nous accédons à la connaissance de sa volonté, en toute sagesse et intelligence spirituelle, pour que nous puissions marcher en toutes choses d’une manière digne du Seigneur. Col. 1, 9-10. Cette connaissance est extrêmement précieuse pour nous-mêmes et pour d’autres, et c’est une puissance contre tout le mal et l’impureté qui se manifestent à notre époque. C’est aussi une arme puissante contre toutes les ténèbres religieuses et l’hypocrisie.

Dans le millénium, les peuples seront guidés d’une manière sûre et bonne depuis Jérusalem, par Christ et par ceux qui se seront laissé diriger par lui pendant leur vie sur terre. Ce sont ceux-là qui constitueront la nouvelle Jérusalem, qui dirigera les peuples de la nouvelle terre par sa lumière.

Cette lumière éternelle et cette gloire intérieure entrent en nous maintenant, pendant la courte période que dure notre vie, par l’obéissance et la fidélité envers les lois de l’Esprit de vie. Comme c’est magnifique ! Le Père et le Fils veulent établir leur demeure dans notre cœur et se révéler à nous. Jn. 14, 23. Grâce à leurs paroles, nous serons toujours consolés par une espérance vivante.

Heureux sont tous ceux qui sont capables d’apprécier une proposition aussi infiniment grande et qui l’acceptent de tout leur cœur. « Tu me conduiras par ton conseil, puis tu me recevras dans la gloire. » Ps. 73, 24.