Une grande jalousie
« L’Éternel répondit par de bonnes paroles, par des paroles de consolation, à l’ange qui me parlait. Et l’ange qui me parlait me dit : Crie, et dis : Ainsi parle l’Éternel des armées : Je suis ému d’une grande jalousie pour Jérusalem et pour Sion. » Za. 1, 13-14.
L’Éternel porte le nom de jaloux, Ex. 34, 14, et tous ses véritables fils et filles portent à juste titre le même nom. Les saints de l’ancienne alliance étaient unis à Dieu dans leur zèle pour Jérusalem et Sion. « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ! » Ps. 137, 5-6. Phinées a reçu un sacerdoce perpétuel parce qu’il avait été animé de zèle. Nb. 25, 13. « Viens avec moi, et tu verras mon zèle pour l’Éternel », a dit Jéhu. 2 R. 10, 16.
Tous les vrais disciples de Jésus peuvent en dire autant : « Viens avec moi, et tu verras mon zèle pour l’Éternel ! » Il est dit de Jésus, notre précurseur : « Car le zèle de ta maison me dévore. » Ps. 69, 10. « Car je suis jaloux de vous d’une jalousie de Dieu », dit Paul dans 2 Co. 11, 2.
Il faut considérer une cause comme étant extrêmement grande et précieuse pour être ému d’une grande jalousie pour elle. Paul a considéré toutes les choses de ce monde comme une perte et de la boue lorsqu’il a vu la gloire qu’il pouvait gagner en Jésus-Christ. Christ et l’Église étaient tout l’intérêt de sa vie. Il avait reçu des yeux illuminés et oints, de sorte qu’il comprenait quelles étaient les valeurs en jeu pour lui-même et pour les autres. Il était saisi par Christ et avait toujours les yeux fixés sur quelque chose de grand et de glorieux, et il courait pour s’en emparer. Il priait également avec insistance pour les autres, afin qu’ils reçoivent des yeux du cœur illuminés et qu’ils puissent voir et comprendre ce à quoi ils étaient réellement appelés. Ép. 1, 18.
Il s’agit maintenant pour nous de comprendre à quoi nous sommes appelés, et de nous y consacrer avec beaucoup de zèle. Nous sommes entourés de toutes sortes de puissances spirituelles maléfiques qui veulent nous lier et nous entraver. Des esprits de paresse et d’impuissance veulent s’emparer de nous. Si nous ne veillons pas et ne combattons pas avec suffisamment de zèle, nous nous sentirons bientôt à notre place dans ce monde et nous convoiterons les choses terrestres. Nous ne verrons pas alors le péché aussi dangereux qu’il l’est, et nous ne prendrons pas suffisamment au sérieux le fait d’avoir un peu d’amertume, d’ingratitude, d’avoir « une dent » contre quelqu’un, etc. Jésus dit qu’il vaut mieux s’arracher un œil ou se couper une main, plutôt que de pécher. Il y voyait clair !
Tout notre intérêt doit se porter sur Christ et sur la préparation de l’Église à son avènement. C’est à cela que nous devons consacrer nos capacités, nos efforts, notre temps et tout ce que nous possédons. Sans zèle, nous n’aurons pas part à la sagesse qui dirigera pour l’éternité.
C’est en vérité de bonnes paroles, des paroles de consolation, qui ont été criées de la part du Seigneur : Il est ému d’une grande jalousie pour Jérusalem et pour Sion. Il est ému de jalousie pour toi et pour moi, afin de nous venir en aide dans toutes sortes de situations, pourvu que nous soyons de ceux qui ont un cœur entier en Sion. Il veille à ce qu’aucune tentation ne soit trop grande pour nous, et il nous donne tout ce qui contribue à la vie et à la piété.
Le Seigneur n’a jamais toléré de péché ou d’impureté en ce qui concerne Sion et Jérusalem. Tout péché a été sévèrement puni, mais il n’a pas été avare en bénédiction et en gloire abondantes quand il s’agit de récompenser la piété et la fidélité.
Si Dieu est ému de jalousie pour la Jérusalem terrestre, il l’est encore plus pour la Jérusalem spirituelle, l’Église du Dieu vivant.
Les ténèbres de la nuit progressent rapidement sur la terre, et le temps où personne ne peut travailler est arrivé dans la plus grande partie du monde. Le temps qu’il nous reste est court, et l’Épouse se prépare en hâte à la venue de Christ. Il veut se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres. Tite 2, 14.
Sommes-nous de ceux qui sont purifiés et zélés pour toutes sortes de bonnes œuvres ? Sommes-nous brûlants de zèle et de jalousie pour tout ce qui concerne la Sion spirituelle et la Jérusalem spirituelle ? Y a-t-il de la ferveur et de la chaleur dans nos paroles lorsque nous parlons de notre vocation céleste ?
La plupart des gens parlent avec ferveur et chaleur de choses tout à fait différentes. Ils sont zélés pour défendre leur propre honneur, pour gagner de l’argent afin d’acheter tout ce qu’ils ont envie de posséder. Si on parle à de telles personnes de la gloire qu’il y a dans le fait de renoncer à soi-même, et de souffrir injustement avec joie, elles sont habituellement très loin d’y voir quelque chose de glorieux.
Mais si nous aimons Christ plus que nos convoitises, il est dit de l’amour qu’il est fort comme la mort, et que sa jalousie est inflexible comme le séjour des morts. Il ne cède pas d’un seul millimètre face au péché, dans quelque direction que ce soit. Il aime ce que Dieu aime et hait ce que Dieu hait, et il demeurera toujours là où Dieu demeure.
Parmi les sept Églises de l’Apocalypse, le Seigneur cherchait la chaleur et le zèle du véritable amour, mais il n’en a pas trouvé beaucoup. Il a trouvé de la faiblesse et du relâchement dans la vie et dans le ministère. « Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n’es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. » Ap. 3, 16.
L’ange de l’Église de Laodicée était donc dans le corps de Christ, mais il ne pouvait pas y demeurer s’il restait tiède. Si nous sommes en Christ et que nous n’y voyons rien d’assez glorieux pour être autre chose que tièdes et extravertis, alors nous ne sommes pas dignes d’y être, en fait.
Le jour approche, nous devons donc d’autant plus nous exciter les uns les autres à l’amour et aux bonnes œuvres. Hé. 10, 24-25. Examinons-nous nous-mêmes, pour voir si nous sommes toujours dans le premier amour fervent que l’Épouse a pour son Époux céleste : « Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le séjour des morts ; ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de l’Éternel. » Ca. 8, 6.
Qu’advient-il alors de toute grandeur et de l’idolâtrie sur les hauts lieux ? du fait de se vexer ou de perdre courage ? Comment pourrions-nous permettre au moindre péché d’avoir du pouvoir dans nos vies, quand nous savons que tout péché nous sépare de Christ ?
Non, nous aurons alors la victoire, de la croissance et du développement, et nous serons en communion avec le Père, le Fils et les uns avec les autres dans la lumière. Nous pouvons attendre avec joie la bienheureuse espérance et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ. Tite 2, 13.