L’opprobre de l’Èypte
Ce n’est qu’après que le peuple d’Israël eut été circoncis dans les plaines de Guilgal que l’Éternel a pu rouler de dessus d’eux l’opprobre de l’Égypte. Cet opprobre avait reposé sur eux tout le long du chemin, depuis leur sortie de l’Egypte jusqu’à l’entrée du pays de Canaan. Ils risquaient toujours de s’entendre dire : «C’est pour leur malheur qu’il (Dieu) les a fait sortir de l’Égypte.» Ex. 32, 12. Parce qu’ils se sont rebellés, ils ont dû porter cet opprobre bien plus longtemps qu’il n’eût été nécessaire de le faire. Leurs cœurs se tournaient vers les marmites de viande de l’Égypte, si bien que Dieu n’avait pas pu accomplir son dessein avec eux. Mais maintenant, ils étaient à la frontière du pays promis, et Dieu pouvait enfin ôter l’opprobre de dessus son peuple. Le but était atteint. Dieu avait pu réaliser ce qu’il avait promis.
L’opprobre qui reposait sur Israël était aussi une honte pour Dieu aux yeux des Égyptiens. Nb. 14, 15-17.
Nous comprenons que ces choses aussi ont été écrites pour nous servir d’exemple. Nous aussi, nous traînons avec nous l’opprobre de l’Égypte — du monde — jusqu’à ce que nous parvenions à la circoncision du cœur selon l’Esprit. Ro. 2, 29. N’avons-nous pas souvent entendu les gens du monde dire — à juste titre : «Lui, un chrétien ? Mais il n’est pas le moins du monde meilleur que nous autres !» Quand de telles affirmations sont fondées, l’opprobre du monde repose sur nous, et cela déshonore Dieu. On peut sûrement dire à juste titre de beaucoup de chrétiens de notre temps : «C’est pour leur malheur et leur honte qu’il les a fait sortir — qu’il les a sortis du monde.» Aussi longtemps qu’on est esclave de péchés conscients, on porte l’opprobre de l’Égypte. Les hommes peuvent nous reprocher quelque chose. On a la honte d’être un malfaiteur. 1 Pi. 4, 14-15. Pour nous qui sommes chrétiens, ce genre d’opprobre déshonore Dieu. Le péché, c’est-à-dire les œuvres manifestes de la chair, est une honte dans ce temps de la grâce.
Aussi longtemps qu’on aime le monde et qu’on se mêle à lui, il ne peut en résulter que du péché. Ayons des cœurs circoncis, et l’opprobre du monde sera bientôt roulé de dessus de nous.
L’opprobre du monde n’est pas la même chose que l’opprobre de Christ. Le premier, par exemple le fait que les autres se moquent de nous à cause de nos péchés conscients, révèle que notre cœur n’est pas circoncis. L’opprobre de Christ, en revanche, par exemple le fait que les hommes se moquent de notre fidélité et de notre piété empreintes de simplicité tout en louant nos œuvres - 1 Pi. 2, 12 - va de pair avec un cœur circoncis.
Il en va de nos jours comme au temps du peuple d’Israël, qui a traîné l’opprobre de l’Égypte bien trop longtemps. La plupart des soi-disant chrétiens n’expérimentent jamais que l’opprobre du monde est roulé de dessus eux. Ils meurent avec cet opprobre. Ils n’en finissent jamais avec la vanité, la convoitise des yeux, la cupidité, etc. Leur cœur est dans le monde. Qu’il n’en soit pas ainsi avec qui que ce soit parmi nous ! Nous ne sommes pas condamnés à traîner l’opprobre du monde année après année. Non ! on peut en être libéré en peu de temps.
De même qu’Abraham a reçu le signe de la circoncision comme sceau de la foi qu’il avait quand il était incirconcis (Ro. 4, 7-12), le pardon des péchés doit aussi nous conduire, alors que nous sommes encore incirconcis, au dépouillement du corps de la chair, afin d’atteindre la circoncision du cœur selon l’Esprit. Si la justification par la foi ne nous conduit pas au signe de la circoncision, notre foi est une foi morte. Ce n’est que lorsque nous atteignons la circoncision selon l’Esprit que nous marchons dans la foi d’Abraham, c’est-à-dire que nous sommes fils d’Abraham, héritiers selon la promesse. Ga. 3, 7 et 29. On ne peut pas croire en Dieu sans parvenir à la circoncision du cœur. On peut bien entendu prétendre croire en Dieu, tout en conservant l’opprobre. Mais on n’est pas libéré de l’opprobre dans les plaines de Guilgal. On n’entre pas dans le pays promis, c’est-à-dire qu’on n’a pas part à la nature divine. Seuls ceux qui sont circoncis ont part aux promesses.
Veillons donc à nous débarrasser de l’opprobre du monde ! Déposons le péché et soyons prêts à entrer dans le pays ! Nous le conquérons alors pas après pas, avec des cœurs circoncis. Le péché dans la chair est condamné peu à peu, et la nature de Dieu prend la place. Loué soit Dieu !