Rassembler
« Je vous retirerai d’entre les nations, je vous rassemblerai de tous les pays, et je vous ramènerai dans votre pays. » « Je vous délivrerai de toutes vos souillures. J’appellerai le blé, et je le multiplierai ; je ne vous enverrai plus la famine. » Éz. 36, 24. 29.
La dispersion des Juifs a été une grande malédiction pour eux. C’est à cause de leur grand péché et de leur rébellion que le Seigneur les a dispersés sur toute la terre. La malédiction s’est abattue non seulement sur le peuple, mais aussi sur sa terre, cette terre qui était tellement magnifique lorsqu’ils étaient rassemblés là-bas et qu’ils avaient des rois, des sacrificateurs et des prophètes pieux, et qu’ils se laissaient guider par les bonnes lois et les bons commandements de Dieu. Tout au long de l’ère de la diaspora, le pays a été un désert rempli d’épines et de chardons. La dispersion et la malédiction vont de pair.
Jésus est venu pour rassembler. « Combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! » Mt. 23, 37. Jésus n’est pas venu pour rassembler Israël en tant que puissance de ce monde. S’il l’avait fait, ils auraient probablement accepté d’être rassemblés ; mais le royaume de Jésus n’était pas de ce monde. Jésus voulait qu’ils se détournent de tous leurs intérêts personnels pécheurs et il voulait les rassembler autour de la volonté de son Père céleste, la même volonté par laquelle il se laissait lui-même guider et par laquelle il était puissamment protégé et béni. – Quelle bénédiction, quelle sécurité et quelle gloire auraient reposé sur Israël pour l’éternité s’ils s’étaient laissé guider par cette bonne volonté. Combien de souffrances et de détresses infinies leur auraient été épargnées !
« Et vous ne l’avez pas voulu », dit Jésus avec tristesse. Nous voyons ici combien il est dangereux et insensé de ne pas être rassemblés et unis dans la volonté de Christ lorsqu’il vient appeler notre cœur. Ils avaient chacun leur propre volonté et, dans leur orgueil et leur vanité, ils voyaient quelque chose de grand dans le fait de la conserver. Aussi bien eux que tous ceux qui par la suite ne l’ont pas voulu, ont goûté aux fruits amers de la rébellion.
De nos jours, nous constatons que le Seigneur rassemble son peuple dispersé. Il les tire d’entre les peuples et les rassemble à partir de tous les pays. Nous voyons également comment leur terre se transforme d’un désert en un jardin fertile, au fur et à mesure qu’ils se rassemblent.
Le rassemblement et la bénédiction vont de pair. Tout comme il rassemble et bénit aujourd’hui l’Israël terrestre, il veut aussi rassembler et bénir à notre époque les Israélites spirituels. Il appelle le blé, et il n’y aura pas de manque de nourriture spirituelle.
Une assemblée n’est bénie qu’en fonction de la vraie unité qui y règne. C’est pourquoi les apôtres ont exhorté, combattu et travaillé pour amener les uns et les autres à une parfaite unité de vie et de doctrine. Paul dit que c’est la raison pour laquelle Dieu a donné à l’Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des bergers et des docteurs, pour l’édification du corps de Christ, afin qu’ils parviennent tous à l’unité de la foi au Fils de Dieu. Ils devaient s’efforcer de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix, et se supporter les uns les autres avec amour. « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. » Ép. 4 et 1 Co. 1, 10.
Jésus prie avec ferveur dans sa prière sacerdotale : « ... afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un – moi en eux, et toi en moi – afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » Jn. 17, 21-23.
Nous voyons ici comment le cœur de Jésus et le cœur des apôtres brûlaient pour l’unité et la communion des saints. S’il n’y a pas le même feu dans nos cœurs, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. S’il y a une chose qui manque aujourd’hui sur terre, c’est bien l’unité. Il n’existe pratiquement pas de foi vivante dans le fait que nous puissions être parfaitement un comme le Père et le Fils sont un. Mais là où elle existe réellement, elle suscite également l’unité, et la gloire que le Père avait donnée au Fils est également donnée à ces saints, dans cette unité.
De nombreux prédicateurs peuvent remplir des salles avec des foules. Ils peuvent inviter les pécheurs au salut, à la guérison et aux dons de l’Esprit, mais ils n’ont pas la foi et ne travaillent pas non plus pour que cette grande assemblée devienne un, comme le Père et le Fils sont un. En règle générale, ces congrégations demandent à leur pasteur de leur faire un sermon, puis on s’en va chacun de son côté, en gardant sa propre volonté intacte. Ils peuvent être d’accord sur certains points de doctrine, mais cela ne satisfait pas Christ. Toutes ces volontés humaines se dressent comme des barrières autour des individus et empêchent la communion. Jésus a vu tout cela et il est venu dans le monde pour renverser ces barrières et apporter la paix et l’unité.
« Car il est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié, » « et les réconcilier avec Dieu l’un et l’autre en un seul corps, par la croix, en détruisant par elle l’inimitié. » Ép. 2, 14. 16.
Loué soit Dieu ! Toutes ces volontés propres tellement intelligentes, têtues et rebelles, qui ont causé tant de troubles, de querelles et de conflits, peuvent maintenant être réduites au silence sur la croix de Christ, et nous pouvons alors être unis en tant qu’hommes nouveaux dans un seul corps, avec une même pensée, un même Esprit et une même opinion. Ce n’est qu’en tant que personnes nouvelles et transformées que nous pouvons être un, en nous haïssant et en nous maudissant nous-mêmes selon la chair et en nous laissant guider par la parole et la volonté de Christ.
Chaque Juif que le Seigneur ramène sur sa terre, après qu’il a erré pendant la diaspora, a une histoire personnelle de souffrances à raconter. Ils peuvent écrire des livres entiers sur la façon dont ils ont réussi à s’en sortir et à se retrouver en Palestine. De la même manière, les Israélites spirituels peuvent aussi raconter comment Dieu, dans son zèle pour leur salut, s’est emparé d’eux, a courbé leur cœur dans les épreuves et les tribulations, et les a conduits de manière merveilleuse jusque dans l’Église du Dieu vivant. De nouvelles souffrances nous attendent, mais ce sont les souffrances de Christ, qui apportent à la même proportion des richesses et une gloire impérissables dans nos vies.
Dieu soit loué pour l’Église du Dieu vivant, qui se développe maintenant, dans les temps de la fin, et qui constitue un fait avéré en vie et en doctrine, avec une fraternité indéfectible et glorieuse dans le Saint-Esprit. De nos jours aussi, c’est une pierre d’achoppement et un rocher de scandale pour la religiosité de notre temps, comme elle l’a toujours été, mais les portes du séjour des morts n’auront aucun pouvoir sur elle, dit Jésus. L’Assemblée est l’œuvre de Christ sur terre, et il travaille avec puissance sous la couverture de l’opprobre. Jésus a supporté une grande opposition de la part des pécheurs, et lorsqu’on examine aujourd’hui la vie de ceux qui, par leurs écrits et leurs discours, se déchaînent contre l’assemblée, il s’avère que ce sont aussi des pécheurs. Certains d’entre eux ne parviennent même pas à vaincre le tabac, et encore moins leur propre nature humaine, orgueilleuse et vaniteuse. Dans leur grande insolence, ils n’ont même pas honte de proférer publiquement des mensonges grossiers et de ridiculiser l’idée qu’on puisse avoir une vie victorieuse en Christ. Ce faisant, ils se moquent de la parole même de Dieu et s’attirent son jugement. Ils doivent tous reconnaître qu’il y a de la communion et de l’unité dans l’assemblée de Dieu à laquelle ils s’opposent, alors que cette unité leur est totalement inconnue. Ce sont des conducteurs aveugles pour des aveugles, mais ils sont impuissants face à des voyants. À leur grand désarroi, de plus en plus de personnes ouvrent les yeux sur l’unité et la gloire du corps de Christ, y compris dans leurs propres rangs. Ils sont horrifiés par leur propre impuissance dans les avertissements qu’ils adressent à ceux sur lesquels ils avaient autrefois un tel pouvoir. Il n’est plus possible pour un aveugle d’essayer de nier l’existence de ce que les voyants voient clairement.
Nous vivons dans un monde mauvais et sombre, où la religiosité a une belle apparence mais n’a aucune force. L’injustice prend le dessus et l’amour se refroidit chez la plupart des gens. Puissions-nous, dans la prière et avec vigilance, être préservés dans l’humilité, la fidélité et la consécration, afin que le chandelier et le feu du premier amour brillent, purifient et réchauffent au milieu de nous. Puissions-nous alors attendre avec une espérance vivante notre glorieuse réunion avec Celui qui viendra bientôt pour rassembler les saints et les fidèles de tous les coins de la terre.