Qu’est-ce qui nous attriste ?
Jonas s’était vu confier une tâche sacrée. Il devait être le messager de Dieu à Ninive, mais son propre honneur faisait obstacle, et il a opposé ses propres pensées aux pensées et aux projets de Dieu. Jonas aurait préféré laisser périr une ville tout entière, pourvu qu’il préserve son honneur. Il s’est tellement préoccupé de lui-même et de ses soucis futiles qu’il a été irrité jusqu’à la mort à cause d’un ricin qui était né dans une nuit et avait péri dans une nuit. Voilà à quel point un être humain est misérable.
Si nous sommes convertis à Dieu, nous avons tous reçu une mission sacrée : notre propre salut et celui des autres. L’Éternel dit à Jonas : « Tu as pitié du ricin... Et moi, je n’aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, dans laquelle se trouvent plus de cent vingt mille hommes qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des animaux en grand nombre ! » Jon. 4, 10-11. Il y avait vraiment une différence entre ces deux raisons de s’attrister. Qu’est-ce qui nous attriste ?! De quoi avons-nous pitié en ces temps de la fin sombres et mauvais ? Que contiennent notre esprit et nos pensées ? Des personnes converties s’affligent et souffrent ; mais si on examinait cela de près, il s’avérerait probablement que la plupart du temps, ce n’est qu’un chagrin égoïste pour des broutilles, comparé au chagrin à cause de la grande ville. C’est le grand « moi » qui est rempli d’exigences, de souhaits et de projets, qui aime bien ou qui n’aime pas, et quand on n’obtient pas ce qu’on veut, on est affligé et on souffre. On est affligé et on souffre à cause de ce que quelqu’un a dit sur soi, ou parce qu’on n’est pas assez considéré, ou alors on est affligé à cause de quelqu’un dont on était amoureux mais que Dieu avait destiné à une autre personne. Tout cela n’est que des afflictions stupides. Les gens sont troublés, nerveux et accablés par toutes sortes de choses, alors que le chagrin à cause de la grande ville leur est totalement inconnu.
On s’attache au confort humain et on veut jouir de la vie par toutes sortes de moyens ; mais Dieu a des pensées plus élevées pour notre vie que celle de nous installer confortablement et de jouir de ces choses terrestres. Il laisse donc dépérir les choses qui occupent tant les pensées et qu’on apprécie tant. Mais au lieu de découvrir à cette occasion sa vocation sacrée et la mission qu’on a reçue dans la vie, son propre salut et celui des autres, on commence à s’apitoyer sur son sort et, comme Jonas, à se lamenter jusqu’à la mort à cause de ces bagatelles terrestres.
Puissions-nous nous éveiller à notre mission sacrée ! Ayons à cœur que les hommes soient sauvés du péché et de la misère. Soyons attristés selon l’entendement de Christ, qui n’a pas vécu pour se complaire en lui-même.
Dans Éz. 9, il est dit que l’ange devait faire une marque sur le front des hommes qui soupiraient et qui gémissaient à cause de toutes les abominations qui se commettaient. Ceux qui n’avaient pas cette peine devaient être frappés sans pitié.
Satan, le dieu de ce monde, fait tout ce qu’il peut pour entraver notre sainte vocation. Il fait tout ce qu’il peut pour nous occuper avec des choses de moindre valeur. Des centaines d’heures de notre courte et précieuse vie peuvent être consacrées à la lecture de toutes sortes de choses qui ne sont pas nécessaires à notre vie terrestre et certainement pas à l’éternité. Le temps qui nous reste est court, veillons donc à accomplir ce qui compte le plus pour l’éternité.
C’est maintenant le temps des semailles ; mais ce qui semé infirme et méprisable, ressuscitera glorieux et plein de force.