La clé (ou l’esprit) du Sermon sur la montagne

septembre 1949

La clé (ou l’esprit) du Sermon sur la montagne

En règle générale, on considère qu’il est impossible pour les « croyants » de mettre en pratique le contenu de ce qu’on appelle le Sermon sur la montagne. Mais on se trompe lourdement.

À condition d’en avoir reçu la clé, on peut saisir l’esprit, le sens et le contenu du Sermon sur la montagne, et on peut alors vivre avec joie et assurance une telle vie élevée et glorieuse, à la gloire de Dieu et pour le bien des hommes.

Junipère, l’un des disciples de François d’Assise, a exprimé de manière parfaite l’esprit et le sens du « Sermon sur la montagne », et cela a été la règle fondamentale de sa vie :

Toutes les choses terrestres ne sont rien, à moins qu’elles ne servent la loi de l’amour.

Cela veut dire par exemple, que la seule valeur de l’argent et toute richesse terrestre, c’est qu’on peut les donner. L’avantage d’avoir un très bon lit, c’est de laisser son prochain se reposer et dormir dedans. C’est ainsi que mes biens peuvent servir la loi de l’amour. Loué soit Dieu !

On peut même affirmer que c’est une expression bien trop faible de dire que toutes choses terrestres ne sont rien. Dans une large mesure, elles sont pires que rien, comme le sage apôtre Paul, plein d’amour et de dévouement, le dit dans l’épître aux Philippiens :

« Et même je regarde toutes choses comme une perte... et je les regarde comme de la boue. »

Lorsqu’on pêche, cela provient toujours de l’aveuglement qui consiste à voir de la grandeur dans les choses terrestres que l’on voudrait obtenir. On le « voit comme ça », comme quelque chose de grand et d’attractif, au point de ne pas hésiter à pécher à cause de cela. C’est pour cela que l’on ment, qu’on commet l’injustice, qu’on est sans pitié, qu’on se met en colère, qu’on s’emporte et qu’on est amer, qu’on rend le mal pour le mal, qu’on n’arrive pas à donner ou à prêter, ou à remettre les dettes à quelqu’un. C’est pour la même raison qu’on boude et qu’on se vexe, qu’on est choqué et qu’on se sent blessé, parce qu’on « voit » comme enviable d’être honoré, respecté et bien traité. On est assez bête pour voir les choses de la sorte, on est incrédule à ce point ! C’est pour la même raison qu’on divorce et qu’on se remarie. Combien de péchés ne proviennent-ils pas du fait qu’on est assez aveuglé pour être subjugué par l’autre sexe. Rien que cela remplit le monde de toutes sortes de péchés, allant jusqu’à la folie, au meurtre et au suicide. C’est une danse infernale dans les ténèbres. Il arrive tellement souvent que quelqu’un a le sentiment de ne pas pouvoir continuer à vivre s’il n’obtient pas telle ou telle personne comme conjoint. Mais il est encore plus fréquent de ne plus tenir le coup justement parce qu’on s’est marié avec la personne que l’on voulait.

Le péché s’évapore quasiment comme la rosée exposée au soleil, quand on croit la parole de Dieu, quand celle-ci devient vivante dans le cœur. Dans ce cas, on ne voit plus que la grandeur de Dieu, de Jésus-Christ, des choses célestes qui sont éternelles et impérissables. On attache uniquement de l’importance aux sentiments et aux vertus de Christ, à la nature divine, à la volonté de Dieu, etc. et toutes les autres choses ne sont rien ou sont pires que rien.

C’est alors seulement qu’on peut mettre en pratique le « Sermon sur la montagne » de tout son cœur et avec joie. C’est alors, qu’on peut dire de tout son cœur, comme l’apôtre Jean : Ses commandements ne sont pas pénibles !!!

Regardons un peu les précieux commandements de la vie du « Sermon sur la montagne », ces commandements qui ne sont pas pénibles – les Lois de l’esprit de vie en Jésus-Christ. Pourquoi devrais-je me séparer de mon conjoint, en opposition à la loi ? Ce qui est grand et glorieux, ce n’est absolument pas d’échapper aux difficultés pénibles, d’éviter le mal et ce qui est « insupportable » chez le conjoint, mais justement de rester à mon poste et surtout de rendre le mal par le bien. Et puisque c’est cela qui est glorieux, il faut justement rester dans cette position-là. Cela est très facile à comprendre pour tous ceux qui aiment tout ce qui est en Christ.

Donner ou prêter sans rien espérer en retour, sans compter et sans cesse, cela n’est pas impossible, ni même difficile, quand je considère – à juste titre – que tout ça, ce n’est rien. Combien ai-je vraiment donné, prêté, ou perdu spirituellement parlant ???

Puisque le fait d’agir ainsi me donne une récompense et une gloire éternelles, et que cela me rend même très heureux ici sur terre, et qu’en plus cela a pour conséquence que Dieu prend particulièrement soin de moi et me donne en retour au septuple, comme le dit l’Ecclésiastique – où est donc la difficulté insurmontable ??? Quand tu as cette vision céleste des choses, ce que les autres appellent difficulté ne devient pour toi qu’un avantage et un gain sur terre et pour l’éternité !! Loué soit Dieu et son évangile précieux !!!

Et si l’honneur des hommes n’a pas de poids du tout dans ma balance, que seul compte pour moi l’honneur que Dieu donne, et que Dieu me donne une grande récompense dans les cieux, même si tous les hommes me rejettent, où est alors la difficulté pour me réjouir et être dans l’allégresse, lorsqu’on couvre mon nom de honte et qu’on me calomnie ?

Où est alors la difficulté à présenter la joue gauche quand quelqu’un me frappe sur la joue droite, quand ce qui compte pour moi n’est pas d’échapper au déshonneur et à la souffrance, mais de vaincre le mal par le bien et d’échapper aux souffrances et au déshonneur pendant toute l’éternité !?

Pourquoi utiliserais-je un avocat pour sauvegarder mon argent ou mes biens, quand leur vraie valeur est nulle, voire une perte. On n’utilise pas un avocat pour y perdre ?!!

Et pourquoi éprouve-t-on des difficultés à aimer ses ennemis ? Personne n’a plus besoin d’amour qu’eux ! Pauvres gens ! Que leur vie doit être douloureuse à vivre !

Et ainsi de suite pour toutes choses !

Nous comprenons maintenant l’esprit !

Retiens-le fermement !

En d’autres termes, comme Jésus a dit : « Mon royaume n’est pas de ce monde », nous de même, nous devons penser, parler et agir dans cet esprit.

Loué soit le Dieu très-haut !

Votre frère et serviteur très heureux.