« Sous le sang »

Voilà une expression couramment utilisée dans le monde religieux. Dans leurs messages et leurs cantiques, ils disent combien il est merveilleux d’être sous le sang. Cette expression vient de l’Égypte, où Israël avait aspergé de sang les poteaux de leurs portes pour sauver leurs premiers-nés de la mort. Mais même s’ils avaient aspergé de sang les poteaux de leurs portes, il n’y a pas eu de transformation de cœur chez les Israélites. Ce sont ces mêmes Israélites qui ont murmuré tout au long du chemin menant de l’Égypte aux frontières de Canaan, et qui ont ramassé des pierres pour lapider Josué et Caleb lorsque ceux-ci ont affirmé que, par la force de Dieu, ils pouvaient vaincre les ennemis dans le pays. Les enfants d’Israël recherchaient l’aide de Dieu dans les moments de détresse et de danger, mais leur cœur était endurci lorsqu’il était attendu d’eux qu’ils sacrifient et qu’ils obéissent. Le grand plan de Dieu pour les Israélites était de les faire entrer dans le pays de Canaan, et il les a conduits d’une main puissante et les a aidés à surmonter toutes les difficultés en route. Mais à cause de leur cœur dur et incrédule, ils n’ont jamais atteint ce grand but.

Aujourd’hui encore, une foule peut louer Dieu d’avoir miraculeusement reçu de l’aide financière dans des moments difficiles, d’avoir été guérie de différentes maladies, et d’avoir reçu de l’aide sous toutes sortes de formes. C’est souvent autour de cela que tournent leurs prières et leurs témoignages, mais au beau milieu de tout cela, ils sont charnels et peuvent se mettre en valeur comme le grand héros dans les expériences qu’ils ont faites. Ils considèrent comme acquis que Dieu doit être bon envers eux, et ils parlent d’être « sous le pouvoir protecteur du sang ». Mais si on ne se laisse pas pousser à la repentance par toute cette bonté de Dieu, alors toute la bonté de Dieu sera transformée en un équivalent de colère et de jugement de Dieu, comme les enfants d’Israël en ont fait l’expérience lorsqu’ils ont été décimés dans le désert.

De cette grande foule d’Israélites sauvés d’Égypte, seuls Josué et Caleb ont été poussés par la bonté de Dieu à avoir de l’amour en retour pour lui, leur donnant le désir d’observer ses commandements jusqu’au bout. Les autres sont devenus des ennemis.

L’expression « sous le sang » n’est pas biblique et doit être rejetée.

On parle souvent du sang comme d’une force purificatrice, mais on ne pense alors qu’au pardon des péchés, à la purification des péchés que l’on a commis. Une image est également souvent utilisée dans ce contexte, à savoir que nous les chrétiens sommes nettoyés par le « flot de sang », comme la pierre dans le torrent. Cela donne une vie de défaite constante et de pardon pour les mêmes péchés, qui se répètent sans cesse. C’est ainsi que cela se passait dans l’ancienne alliance, lorsqu’on utilisait le sang des animaux, mais le sang de Jésus purifie bien plus que des péchés extérieurs.

« Car si le sang des taureaux et des boucs, et la cendre d’une vache répandue sur ceux qui sont souillés, sanctifient et procurent la pureté de la chair, combien plus le sang de Christ, qui, par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même sans tache à Dieu, purifiera-t-il votre conscience des œuvres mortes, afin que vous serviez le Dieu vivant ! » Hé. 9, 13-14.

Dans la nouvelle alliance, l’eau est une image de la purification extérieure (le bain d’eau dans la Parole), mais le sang est une image de la purification intérieure. Il en est ainsi pour le corps naturel, et il en va de même pour le corps spirituel. Le sang précieux de Jésus doit pouvoir faire son travail de purification au plus profond de notre vie intérieure, afin que la nature égoïste, dure et rigide, puisse être dissoute et anéantie et que la vie divine puisse prendre place.

Celui qui pèche délibérément marche dans les ténèbres, tandis que celui qui mène une vie chrétienne victorieuse marche dans la lumière. « Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. » 1 Jn. 1, 7. Il me purifie de tout péché dont je deviens conscient par le fait que j’accède à une lumière toujours plus grande. C’est à l’heure où je suis tenté et mis à l’épreuve que le sang doit agir.

Nous devons aussi savoir que ce n’est pas par des choses périssables, par de l’argent ou de l’or, que nous avons été rachetés de la vaine manière de vivre que nous avions héritée de nos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache. Si nous continuons à vivre dans notre mauvaise conduite, dans l’indifférence et en nous considérant comme la pierre du torrent, nous méprisons le sang de Jésus au lieu de l’honorer, et au beau milieu de tout cela, on garde un cœur de pierre.