Annoncer la lumière
« ... savoir que le Christ souffrirait, et que, ressuscité le premier d’entre les morts, il annoncerait la lumière au peuple et aux nations. » Ac. 26, 23.
Pour annoncer la lumière, Jésus est passé par les souffrances et la mort. Sorti indemne et victorieux de toutes les tentations et épreuves de la vie terrestre, il a pu envoyer son Esprit à ses disciples, ceux qui lui obéissent. Cet Esprit de vérité ne rend son témoignage qu’en lien avec l’eau et le sang. Ces trois éléments sont d’accord et rendent un véritable témoignage de la mort de l’ancienne vie et de la naissance de la nouvelle vie. Heureux celui qui a dans son cœur ce témoignage ferme et inébranlable de l’Esprit. Là, au-delà du voile, se trouve l’arche du témoignage avec la manne cachée et le bâton qui a fleuri. Là, la lampe de l’Esprit brille d’un vif éclat et, depuis le trône de la grâce, sous le regard acéré des chérubins, le Seigneur se révèle à nous et nous parle. Là, tout est saint et pur, et ce n’est que dans cette pureté que le Seigneur révèle son conseil.
« En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et que je suis en vous. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. » Jn. 14, 20-21.
Le chemin pour accéder à cette communion bénie avec le Père et le Fils passe par la mort, pour parvenir à la vie. Nous devons renoncer à tout, dit Jésus. C’est ainsi qu’il partagera le butin avec les puissants, ceux qui sont fidèles et dont le cœur est entier. Là, à la porte étroite, les boucs sont séparés des brebis. Les lâches, les peureux et les incrédules, qui trouvent que tout est trop important pour être sacrifié, restent en dehors. Ceux qui ont franchi avec bonheur la porte étroite pour entrer dans la communion du Père, du Fils et des saints considèrent tout ce qu’ils ont abandonné comme une perte et de la boue.
Là, à la porte, tout mensonge et toute hypocrisie sont exclus, et il ne sert à rien d’essayer d’acquérir la sagesse de Dieu par la ruse ou par son intelligence. C’est une consolation bénie, et c’était aussi une consolation pour Christ lorsqu’il a dit : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants. » Mt. 11, 25.
Seuls ceux dont le cœur est brisé et contrit peuvent entrer dans la présence de Dieu et dans son conseil intime, ceux qui sont las et fatigués du péché et veulent à tout prix en être vainqueurs, ceux qui ont faim et soif de justice dans la vie pratique et qui prient continuellement pour être remplis de la connaissance de la volonté de Dieu en toute sagesse et intelligence spirituelles, afin de marcher d’une manière digne du Seigneur en toutes choses.
Ce n’est que lorsque nous sommes morts à ce dont nous étions prisonniers que nous pouvons servir en nouveauté d’Esprit. Ro. 7, 6. Si on est dans la chair, on est aussi dans les ténèbres et malgré toute son intelligence, on ne peut pas annoncer la lumière. De telles personnes peuvent être des serviteurs de la lettre, mais pas de l’Esprit, et leur prédication n’a pas le pouvoir de rendre vivant. Toute la merveilleuse, vivante et puissante parole de Dieu devient pour elles une simple lettre. Leur connaissance n’est pas née de la mort de leur propre vie, qui aurait réjoui leur cœur.
Ce n’est que sur le fondement de la résurrection, derrière la souffrance et la mort, que l’on peut annoncer la lumière. Mais il y a tellement peu de gens qui veulent suivre ce chemin de la croix, à travers la mort pour accéder à la vie ; c’est pourquoi l’obscurité religieuse est tellement grande. Dans ces ténèbres, on discute de manière légère et on manipule négligemment les paroles les plus glorieuses de Dieu, comme s’il s’agissait de perles sans valeur. Leur connaissance est bon marché, et leur lumière et leur compréhension ne sont que des hypothèses et des opinions qui changent constamment.
Nombreux sont ceux qui, grâce à leur intelligence, peuvent comprendre beaucoup de vérités, mais cela n’est pas comparable à la lumière de Dieu. Il peut y avoir des combats et des doutes dans le cœur, mais lorsque la lumière jaillit, toute obscurité et tout doute disparaissent, l’allégresse et la paix remplissent le cœur, et l’on devient inébranlable comme la montagne de Sion, au milieu des oppositions de toutes sortes. La connaissance de Dieu devient plus précieuse que tout ce qui existe dans ce monde, et l’on ne présente pas la parole de Dieu comme une parole humaine, mais dans une crainte respectueuse et dans une démonstration d’Esprit et de puissance. Ph. 3, 8. 1 Co. 2, 3-4.