Notre responsabilité quant à la prière

mars 1945

Notre responsabilité quant à la prière

« Je cherche parmi eux un homme qui élève un mur, qui se tienne à la brèche devant moi en faveur du pays, afin que je ne le détruise pas ; mais je n’en trouve point. » Éz. 22, 30.

Le mal et la punition frappent là où un mur de prière solide n’a pas été construit. Mais qui donc a l’amour et la persévérance nécessaires pour se tenir à la brèche devant l’Éternel en dressant un mur de prières en faveur du pays et du peuple, en faveur de l’Assemblée du Dieu vivant, en faveur de son foyer et de sa propre vie ? Pour cela on a besoin de l’amour qui excuse tout, croit tout, espère tout et supporte tout pour le salut des âmes. Ce qui est courant, c’est qu’on se dérobe à cette responsabilité et qu’on compte sur les autres pour qu’ils se chargent de ce ministère de la prière. Et on se contente généralement d’une courte prière pour soi-même et pour les siens de temps à autre.

Beaucoup de personnes disent qu’elles ont tout remis entre les mains de Dieu : leurs enfants, la détresse et les souffrances de l’humanité, et ainsi de suite. En disant cela, elles estiment que tout se passe de toute façon selon le plan de Dieu, qui est fixé à l’avance et qui est immuable. Cette manière de voir les choses leur fait perdre presque totalement de vue le ministère puissant de la prière. Cette attitude n’est pas du repos en Dieu, mais simplement de l’indifférence et de la paresse.

Dieu a fixé des lois pour la prière, et il agit selon les prières des saints. Dieu veut que nous priions, et Jésus nous apprend à prier, non des prières de routine, mais des prières qui viennent d’un cœur en détresse, des prières ferventes et persévérantes, pour nous-mêmes et pour les autres. Jésus nous a laissé plusieurs paraboles qui se rapportent à la prière, dans Luc 11 et 18. Si nous cessons de prier, Dieu cesse de donner, et nous restons pauvres, aveugles et nus quant à toutes les valeurs spirituelles. – Notre foi et notre attitude de cœur doivent être fondées sur l’assurance que tout peut être transformé par la prière. Il y a dans l’Écriture assez d’exemples qui le montrent. Si ce n’était pas vrai, nous pourrions tout à fait cesser de prier, et prétexter que, de toute façon, Dieu dirigera toutes choses selon sa sagesse. Par la prière, nous devenons les collaborateurs de Dieu, et la part que nous avons à tout le bien que Dieu produit et crée est à la mesure de notre consécration à la prière.

Si nous voulons garder notre place sur la montagne de Sion et vaincre notre adversaire, qui est le diable, nous devons sans cesse demeurer dans L’Esprit de prière. – Tout ce qui est dur et rigide disparaît quand nous prions devant la face du Seigneur. Il n’y a là pas de place pour des racines d’amertume, ni pour une haute opinion de nous-mêmes. On est alors gardé dans l’humilité et dans la pauvreté en esprit, et au fur et à mesure que l’on découvre la détresse et les souffrances des hommes, ainsi que sa propre misère, on ressent de plus en plus fortement le besoin de recevoir tout ce que Dieu peut donner. Le cœur de celui qui prie ainsi devient tendre, il est à même d’oublier, de pardonner et d’aimer. Si on se relâche dans le ministère de la prière, le cœur devient vite froid et dur, et on ne tarde peut-être pas à saisir son frère à la gorge pour exiger son droit.

Que personne d’entre nous ne soit une porte d’accès pour Satan, de façon que rien de mauvais ne puisse pénétrer dans l’Assemblée à travers nous. Mais que la sagesse et la bonté de Dieu puissent pénétrer par nous et être une riche source de bénédiction.

Comme il est nécessaire que les parents construisent une muraille haute et forte autour de leur foyer pour le protéger contre les puissances du mal ! Il n’est pas facile pour l’esprit de mondanité de pénétrer dans un tel foyer. Mais si on ne prend pas soin de ce ministère avec assiduité, on a perdu la bataille et donné accès aux puissances des ténèbres. Il se peut qu’un des plus grands enfants de la famille soit une ouverture dans la muraille par laquelle Satan arrive à s’introduire dans le foyer avec le péché et la mondanité, sous des formes peut-être très discrètes pour commencer. Dans ces cas-là, il faut beaucoup de prières, d’exhortations et de combats, dès les premiers signes avant-coureurs, pour obstruer le plus vite possible l’ouverture qui s’est faite dans la muraille. Si on ferme les yeux et accepte l’esprit du monde dans une proportion même infime, il entre de plus en plus massivement dans le foyer et il met son cachet sur d’autres enfants et sur toute la maison. On peut voir par exemple des foyers chrétiens où la fille aînée a ouvert son cœur pour l’esprit du monde. Elle s’est fait couper et friser les cheveux, elle est allée chez le photographe et s’est arrangée du mieux qu’elle a pu pour se donner un aspect qui correspond aux habitudes du monde, peut-être en singeant une star de cinéma. Cette photo a peut-être été agrandie et accrochée à un mur du foyer, comme décoration, avec la permission de ses parents croyants. De cette façon, l’esprit du monde et la coquetterie ont été acceptés dans ce foyer. Les frères et sœurs plus jeunes voient cette « belle » photo, qui, aux yeux de Dieu, est laide et hideuse, et le même esprit pénètre en eux. Beaucoup de personnes gardent aussi un tas de vieilles photos qui portent l’empreinte du péché et de la mondanité, et datent du temps où elles n’étaient pas converties, ainsi que toute une quantité de mauvaise littérature. Toutes ces choses sont un poison qui peut corrompre le foyer, et dans ce domaine, nous devons être aussi radicaux que Josias dans 2 R. 23. Cf. aussi Ac. 19, 19. – On trouve peut-être éprouvant le jour où l’un des fils allume une première cigarette dans le foyer, mais on laisse passer la chose et bientôt, on y fume et discute comme dans un café.

Les parents sont responsables de l’esprit qui règne dans leur foyer. Il faut montrer en pratique que l’Esprit de Christ est plus fort que l’esprit du monde, et qu’on est la tête et non la queue. Tout dans le foyer doit porter l’empreinte de la piété et de la décence. Si l’Esprit de Christ y règne, les enfants respectent leur foyer, et ils n’ont guère le courage d’y fumer ou de s’y promener les cheveux pleins de bigoudis. – « Telle mère, telle fille », dit le proverbe, et c’est sûrement souvent le cas. Si une mère admire, ne serait-ce qu’un tout petit peu, ce qui est grand dans le monde, cela portera une empreinte sur les enfants, malgré les prières et les exhortations. Leur compréhension de la vie est faussée ; ils ne savent pas ce qui est grand et ce qui est petit à la lumière de Dieu. On prétend ne vouloir que leur bien, mais en réalité, on sacrifie ses enfants aux idoles des hauts-lieux et on fait d’eux la proie des mauvais esprits.

Il faut que nous intercédions auprès de Dieu avec ferveur, en élevant vers lui des cris de détresse, dans la prière, pour que nous soyons entièrement pénétrés de l’Esprit de Christ, et nous devons prier jusqu’à ce que tout notre foyer soit un foyer où règne l’amour, la paix et la bénédiction, au milieu des ténèbres du monde. Avec beaucoup de tels foyers, l’Assemblée sera alors ce qu’elle doit être, c’est-à-dire une ville sur la montagne, éclairée par la gloire de Dieu.

Jérusalem a sombré d’une façon étrange, et tout sombre de la même manière, là où il n’y a pas l’Esprit de prière ; mais par la prière, les foyers et l’Assemblée sont édifiés pour être une habitation de Dieu en Esprit, une parure au jour de Jésus-Christ.

Soyons aussi conscients de notre responsabilité quant à la prière pour l’époque à laquelle nous vivons, car de grands changements peuvent se faire dans tous les domaines, grâce à la prière.