Lumière et paix

Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s’alarme point. Jn. 14, 26-27.

La paix que Jésus donne est toujours associée au consolateur, l’Esprit-Saint, qui est parfois désigné à juste titre comme « l’homme avec la lumière ». Mais cet « homme » a de tous temps été haï, persécuté, et exclu des cœurs et des synagogues. Jésus est venu comme la vraie lumière, mais ils l’ont haï, parce qu’il rendait témoignage d’eux que leurs œuvres étaient mauvaises. – La paix idyllique dans la synagogue prenait fin lorsque Jésus y apportait la lumière. Ils l’ont chassé de la ville et ont voulu le précipiter en bas de la montagne ; mais passant au milieu d’eux, il s’en alla. Luc 4, 28-30. C’est de cette manière qu’il quitte les assemblées et les individus qui n’aiment pas la lumière, et ils sont laissés là avec une doctrine sèche dans une église bien organisée et « ordonnée ». Ils veillent à ce que personne ne soit autorisé à dire quoi que ce soit qui soit en contradiction avec leurs opinions et leur règlement, et le prédicateur doit veiller à n’offenser personne par son discours, faute de quoi il a peu de chances d’être invité à revenir.

Il y a quelque temps, nous avons parlé à un prédicateur bien connu qui souhaitait pouvoir, comme nous, annoncer la parole de Dieu librement du fond du cœur, sans tenir compte de la chair, et il trouvait que nous avions un excellent auditoire. Ses auditeurs à lui étaient des personnes dont la vie intérieure s’était figée et qui ne savaient ni prier ni témoigner. Ils exigeaient des sermons écrits et bien formés, et quel que soit le travail qu’il y consacrait, certains n’étaient pas satisfaits. Dans les foyers dans lesquels il était hébergé, il se sentait également très contraint. Il avait maintenant établi un petit commerce à côté de son œuvre de prédicateur, ce qui lui permettait d’être un peu plus libre, car il ne dépendait plus autant de leur argent. – Louons Dieu pour la liberté bénie que nous avons dans l’Esprit de Christ en dehors du camp, là où toute chair est maudite !

Les gens veulent qu’on les laisse tranquilles. Ils veulent pouvoir aller dans leur église ou leur salle de réunion pour y écouter de beaux discours, des chants et de la musique sans être dérangés, et garder à côté de ça leur vie privée pour eux-mêmes. À chaque réunion, ils aiment être réconfortés par le fait que, malgré tous leurs péchés, ils peuvent se reposer en toute sécurité sur le « fondement du sang ». Si le Consolateur, le Saint-Esprit, par l’intermédiaire d’un de ses serviteurs, venait leur enseigner et leur rappeler ce que Jésus a dit au sujet de l’injustice, du mensonge, de l’acception de personnes, de la grandeur mondaine, etc., et leur annoncer que se reposer sur le fondement du sang, c’est pouvoir dans toutes nos actions être fondés sur la vérité, la justice et l’amour, cela créerait pas mal de remous dans l’assemblée. Le sol se mettrait à trembler sous leurs pieds et ils n’auraient pas envie d’entendre à nouveau de tels propos. – Seuls ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique bâtissent sur un fondement sûr. Mt. 7, 24 et 2 Ti. 2, 19.

Il vaut mieux que les gens soient dérangés ici en leur laissant voir leur véritable condition, que de remettre à plus tard qu’ils rencontrent un jour « l’homme avec la lumière ». Hans Nilsen Hauge a mis beaucoup de gens mal à l’aise lorsqu’il apportait tranquillement et paisiblement la lumière dans les villages de Norvège. Certains ont été remplis de haine, et d’autres se sont réjouis. Les vrais porteurs de lumière de Dieu ont à toutes les époques représenté un grand danger pour « la paix et l’ordre » religieux.

Jésus ne permet aucune paix et aucun repos en dehors du fondement de la lumière et de la vérité. Il faut procéder à un nettoyage en profondeur et à une purification du cœur, selon les instructions de « l’homme avec la lumière », car ce n’est que dans un cœur éclairé et pur que Jésus peut répandre sa bonne paix. Nous avons alors une bonne conscience selon les lois de la justice, et nos cœurs n’ont pas besoin d’être troublés ou effrayés par les dangers et les difficultés de la vie. Cette paix bénie s’accroît en plénitude à mesure que le consolateur, le Saint-Esprit, peut accomplir son œuvre en nous.

« Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. » Ro. 14, 17.