Les obsèques
Le corps terrestre, que le fr. J. O. Smith a si bien utilisé, a été enterré le samedi 8 mai, dans l’après-midi. Comme on pouvait s’y attendre, la salle de Horten était plus que remplie, bien qu’il soit actuellement particulièrement difficile de voyager.
Le fr. Smith était très aimé par tous les amis dans tout le pays, si bien qu’on a tout fait pour venir, d’une manière ou d’une autre. Certains ont fait des dizaines de kilomètres à bicyclette.
Le cortège funèbre était le plus grand qu’on ait jamais vu à Horten. Qu’est-ce que cela aurait été dans des conditions normales ? Des télégrammes, des lettres et des gerbes sont venus de tous les coins du pays.
Pendant la cérémonie, E. Aslaksen a cité Hé. 13, 7–9 : « Souvenez-vous de vos conducteurs qui vous ont annoncé la parole de Dieu ; considérez quelle a été la fin de leur vie, et imitez leur foi… car il est bon que le cœur soit affermi par la grâce, et non par des aliments qui n’ont servi de rien à ceux qui s’y sont attachés. »
Nous qui sommes ici, nous sommes une toute petite partie du fruit de la vie du fr. Smith. Nous ne sommes pas devenus des adeptes de quelques principes doctrinaux, mais des imitateurs d’une foi vivante, qui apporte la vie !
Par la fidélité du fr. Smith, nous avons reçu une lumière abondante sur le chemin, sur la vie, sur la force, sur la vérité, et nous avons été menés au fait d’être rendus semblables à Jésus-Christ, en mourant à tout péché, en mourant à toute injustice, flatterie, hypocrisie, etc.
Ce qui est le plus grand, c’est que le fr. Smith nous a servis d’une telle manière que par la grâce de Dieu, nous sommes en mesure de transmettre la même foi vivifiante à d’autres, de telle sorte que cette vie bénie de Christ peut continuer à se propager. –
Le fr. Smith a été un pionnier, un combattant, pas pour des principes doctrinaux, en fait, mais pour un christianisme véritable, pour une vie de Dieu authentique, pour la justice, la vérité, l’amour, la sagesse de Dieu, la pureté, la bonté.
Nous vivons aujourd’hui un moment exceptionnel. Quel résultat de la vie de ce seul homme ! Quelle récompense l’attend ! Elle est tellement grande qu’on manque de mots pour la décrire. Il a trouvé la vie elle-même. Et c’est justement de cela qu’il sera question à la résurrection des morts.
Je suis entré dans la Marine à 19 ans et j’ai rencontré le fr. Smith à l’occasion de ma première mission en mer ; il m’a parlé de la véritable grâce de Dieu, qui est capable de nous transformer. Je n’avais jamais auparavant entendu de telles choses. Aucun homme n’avait jamais réussi à me dire quelque chose de semblable !
Pendant 35 ans, nous avons eu une communion précieuse l’un avec l’autre et avec les autres saints dans l’assemblée du Dieu vivant ! Loué soit Dieu ! La mémoire du fr. Smith est une bénédiction éternelle ! Et ta vie peut devenir de même, s’il te reste assez de jours pour cela. –
Il a été rien de moins qu’un réformateur pour une vie de Dieu vraie. Et c’est donc une grande honte que les dirigeants religieux et d’autres se soient opposés à ce chemin.
C’était un homme doux et humble. C’est ainsi que Dieu l’avait formé. Nous avons maintenant pu considérer la fin de sa vie. Elle s’est achevée à la plus grande gloire de Dieu. –
Karl Pedersen a parlé ensuite, en citant Hé. 12, 22-24 : « Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, des myriades qui forment le chœur des anges, de l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion qui parle mieux que celui d’Abel. »
Ici-bas, nous ne verrons plus jamais le fr. Smith, ni n’entendrons sa voix, qui nous a tellement guidés dans cette dispensation, et qui nous a apporté tellement de bénédiction. « Heureux l’homme qui médite la loi de l’Éternel jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison… » Psaume 1.
Le fr. Smith était un tel arbre vert. On peut dire qu’il portait du fruit 12 fois par an – que la situation soit claire ou sombre, dans des temps favorables comme au jour de l’adversité.
Cela faisait déjà longtemps qu’il était parvenu à Sion avec son esprit, et nous faisons la même expérience si nous marchons de la bonne manière. –
« Ceux qui auront été intelligents brilleront comme la splendeur du ciel, et ceux qui auront enseigné la justice à la multitude brilleront comme les étoiles, à toujours et à perpétuité. » Da. 12, 3. Cette parole s’applique tout particulièrement bien.
Il a aussi communiqué aux autres la foi en cette vie de victoire. –
Au cimetière, le fr. Sigurd Bratlie a parlé à la grande foule réunie en citant Ph. 2, 13 : « Car c’est Dieu qui produit en vous le vouloir et le faire, selon son bon plaisir. »
Cette parole pourrait résumer la vie du fr. Smith. Il s’en tenait à ce que Dieu produisait, et cela a donné de grands résultats. Il peut y avoir tellement d’influences diverses, de tous côtés. L’immense majorité des gens suit l’esprit du siècle et l’influence de leurs convoitises et passions charnelles. En général, les gens n’osent pas se fier aux injonctions de Dieu, pour les suivre. Dès le temps où on va à l’école, on est sous l’influence de beaucoup de mensonges et de tromperie, et ce sont ces injonctions-là que l’on suit.
L’Écriture dit que Dieu était surpris ne pas trouver quelqu’un qui veuille se placer à la brèche, qui puisse se lever pour défendre Sa cause. Le fr. Smith est à cet égard un très grand exemple ; il a osé se présenter, bien disposé et obéissant aux injonctions de Dieu, malgré l’opposition et la contradiction qu’il a rencontrées de tous côtés.
En règle générale, on a peur de l’opprobre. Le fr. Smith avait des yeux du cœur ouverts, et il s’est présenté avec un cœur affermi, sans craindre l’opprobre. Son nom a été méprisé et conspué, et il a été taxé de défenseur d’une fausse doctrine. Mais nous avons ici aujourd’hui un groupe de personnes pieuses, qui rend témoignage à sa prédication bénie, qui nous a aidés à tous égards, pour être délivrés du péché, des hommes et de l’esprit du siècle. Nous louons Dieu pour cette délivrance, et pour cet instrument qu’il a choisi en son temps pour nous apporter de l’aide.
Au beau milieu d’une génération corrompue, nous avons été choisis pour suivre les traces de notre noble frère. Nous aussi nous voulons être des lumières et ne pas avoir honte des injonctions de Dieu. Nous avons affaire à une génération du monde corrompue, mais aussi à une génération religieuse corrompue. Et nous devons nous extraire de l’une comme de l’autre.
Le fr. Smith a usé son corps au service du Seigneur. Sa course ici-bas n’a pas été en vain. Il nous a laissé une lumière céleste – et Satan doit fuir. Nous voulons être sa couronne au jour de Christ.
C’est pourquoi j’ai envie de dire : Nous qui avons vu sa course ici-bas, continuons sur les mêmes traces. Suivons les injonctions de Dieu, sans avoir peur des hommes !
Smith nous a précédés, et nous suivons. Puisse Dieu nous bénir, pour que ces vérités restent vivantes aussi longtemps que nous sommes dans ce monde.
Ensuite, il y a eu un repas en commun à la salle, puis une réunion commémorative le soir. Le lendemain, dimanche, nous avons continué la réunion commémorative aussi bien le matin que l’après-midi. Nous avons donc eu en tout trois réunions commémoratives consécutives. C’était comme la plus précieuse des conférences. Loué soit Dieu !