Autorité

mars 1943

Autorité

Après que Jésus eut achevé ces discours, la foule fut frappée de sa doctrine ; car il enseignait comme ayant autorité, et non pas comme leurs scribes. Mt. 7, 28-29.

Ce n’est donc pas le fait d’être instruit dans la loi et d’amasser des connaissances qui donne de l’autorité. Les principaux sacrificateurs et les anciens du peuple ont demandé à Jésus : Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t’a donné cette autorité ? Mt. 21, 23. C’était justement les principaux sacrificateurs et les anciens qui auraient dû avoir de l’autorité ; mais ils n’en avaient pas, et s’étonnaient de constater l’autorité de Jésus. Ils auraient bien aimé savoir comment il l’avait reçue, et qui la lui avait donnée. Mais Jésus ne leur a donné aucune réponse à ces questions. Ils ont commencé à être jaloux de Jésus ; car ils sentaient bien que leurs propres paroles n’étaient que de la paille par rapport aux paroles de Jésus, qui pesaient lourd chez le peuple. Pour préserver leur position d’anciens du peuple, ils devaient donc écarter Jésus.

Un maître donne de l’autorité à un serviteur qui est fidèle et compétent, qui n’a pas seulement des connaissances, mais qui fait bien son travail et qui recherche l’intérêt de son maître. Les scribes étaient à l’opposé de ce type de serviteurs. Ils liaient des fardeaux pesants, et les mettaient sur les épaules des hommes, mais ils ne voulaient pas les remuer eux-mêmes du doigt. Ils faisaient toutes leurs actions pour être vus des hommes. Ils recherchaient leur propre honneur au lieu d’honorer Dieu. Mt. 23, 4-5. Jésus, en revanche, ne recherchait pas sa propre gloire, mais honorait le Père. Jn. 8, 49-50. Jésus a commencé à la fois de faire et d’enseigner. Ac. 1, 1. C’est de cette manière qu’il avait reçu son autorité. C’est le Père qui la lui avait donnée.

De nos jours aussi, nombreux sont ceux qui passent pour être les anciens du peuple, alors qu’il leur manque de l’autorité. Ils sont devenus grands par leurs examens, leurs titres et leurs dons, parce que le peuple est dans les ténèbres. Ils se sont emparé des clés de la connaissance ; mais ils ne peuvent pas s’emparer de l’autorité. Ils s’effondrent face à un laïc pieux.

Beaucoup de gens, qu’ils soient instruits ou non, deviennent amers quand ils se rendent compte qu’on n’écoute pas leurs paroles, mais qu’elles s’envolent comme de la paille. Mais la chose ne fait qu’empirer si on devient amer et jaloux. Il faut cesser de rechercher son propre honneur, et chercher à honorer Dieu. Les paroles doivent être un fruit non seulement de la connaissance, mais aussi des œuvres qu’on a faites. Cela leur donne du poids. On peut écarter celui qui a prononcé les paroles, mais celles-ci continuent à travailler dans le cœur de ceux qui les ont entendues.

Il y en a beaucoup qui parlent bien parce qu’ils ont des dons et de la connaissance pour le faire, mais ce n’est pas sûr pour autant qu’ils soient pieux. Mais personne ne peut annoncer la parole de Dieu avec autorité – dans une démonstration d’esprit et de puissance – sans être pieux. Avoir de l’autorité, cela ne signifie pas forcément qu’on crie et qu’on parle très fort, mais celui qui a de l’autorité peut parler avec force.

Si quelqu’un remplit un ministère, qu’il le remplisse selon la force que Dieu communique. 1 Pi. 4, 11. La force que Dieu communique, c’est l’autorité. Ce n’est pas moi seulement qui rends témoignage, mais Dieu rend aussi témoignage par son Esprit dans le cœur de ceux qui écoutent. Si je dépasse ces bornes-là dans mon ministère, je commence à dominer. J’attends alors de mes auditeurs qu’ils s’inclinent sans ressentir que Dieu atteste dans leur cœur de ce qui est dit. Une telle domination ne peut durer qu’un moment ; car il faut deux témoins pour que quelque chose soit fermement attesté. Celui qui domine ne cherche pas à honorer Dieu, mais à s’honorer lui-même. De ce fait, il perd son autorité et les âmes perdent leur liberté. Dieu tirera vengeance de tout cela.

Paul écrit : Donnez-nous une place dans vos cœurs ! Nous n’avons fait tort à personne, nous n’avons ruiné personne, nous n’avons exploité personne. 2 Co. 7, 2. Quand on dépasse l’autorité qu’on a reçue dans son ministère, on commence à exploiter les autres. Dieu n’a exigé de leur part aucun sacrifice dans ce domaine de leur vie, et dans ce cas un serviteur de Christ n’a pas non plus le droit d’en exiger. Cela viendra peut-être plus tard dans leur vie, mais on ne doit pas, par excès de zèle, être injuste envers les âmes en ne leur donnant pas le temps dont elles ont besoin pour croître. On aurait vite fait alors de les détruire. D’autres, en revanche, sont en retard. Cela fait longtemps que l’Esprit de Christ a désigné dans leur vie des choses qui devraient être sacrifiées, mais ils ont été lents à entendre. Dans une telle situation, un serviteur de Christ doit user de son autorité, et l’apôtre écrit : Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu. Hé. 5, 11-12.

Personne n’a d’autorité pour exercer en faveur des autres un ministère de sacrificateur dans des domaines où il n’est pas sacrifié lui-même. On tombe alors sous le coup du jugement suivant : Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. 2 Co. 11, 13.

Puisse Dieu faire grâce à l’Assemblée dans les temps à venir, pour qu’il y ait beaucoup d’ouvriers qui ont de l’autorité, des hommes qui servent selon la force que Dieu communique, pour que Dieu soit honoré en tout par Jésus-Christ. Amen.