Une gloire qui n’est pas passagère

Or, si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d’Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire ait été passagère, combien le ministère de l’Esprit ne sera-t-il pas plus glorieux ! Si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, ce qui a été glorieux ne l’a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce qui était passager a été glorieux, ce qui est permanent est bien plus glorieux. Ayant donc cette espérance, nous usons d’une grande liberté. .

Dans l’ancienne alliance, toute la gloire s’évanouissait, parce que c’était une gloire extérieure et terrestre ; mais Christ est venu avec une meilleure espérance pour l’humanité, et c’est d’une alliance plus excellente qu’il est devenu le garant. Il est venu avec un sacerdoce qui n’est pas transmissible, et dont la gloire ne disparaîtra jamais. « L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour toujours, à la manière de Melchisédek. » . Puisque Christ a été établi pour toujours, ceux qui sont rois et sacrificateurs avec lui sont eux aussi établis pour toujours, et leur ministère procure une gloire qui dure à jamais. – C’est pourquoi, ayant ce ministère selon la miséricorde qui nous a été faite, nous ne perdons pas courage, dit Paul, mais ayant cette espérance, nous usons d’une grande liberté.

Mais ce ne sont que les rares personnes dont le cœur est éclairé qui voient une gloire dans le ministère de l’Esprit ; pour tous les autres, cela semble insensé et insupportable.

Qui pourrait voir une quelconque gloire dans le ministère de Paul ? Il s’est exercé sous les persécutions et les coups, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de sa nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères, dans le travail et dans la peine, exposé à de nombreuses veilles, à la faim et à la soif, à des jeûnes multipliés, au froid et à la nudité, et sans parler d’autres choses, il était assiégé chaque jour par les soucis que lui donnaient toutes les Églises. .

Paul voyait quelque chose de glorieux que les foules ne comprenaient pas. Il savait que tous les biens matériels disparaîtraient, mais que les âmes des hommes étaient des êtres éternels et que, par son ministère, elles pouvaient être transportées des ténèbres à la lumière, du pouvoir de Satan à Dieu, et qu’elles pouvaient être transformées à l’image de Christ, de gloire en gloire. Il considérait à juste titre que toutes les choses de ce monde ne sont qu’une perte et de la boue, par rapport à un tel ministère. –

Par son ministère, il a glorifié Christ et a amassé des trésors dans le ciel, afin qu’il ait un salaire pour l’œuvre de sa vie dans les demeures éternelles. Quelle folie que de porter tout son intérêt et consacrer le travail de toute une vie à ce qui va périr, alors qu’il est possible d’avoir part à ce qui ne périt pas !

C’est la loi qui mettait en évidence la gloire dans l’ancienne alliance. Lorsqu’ils craignaient Dieu et qu’ils gardaient ses commandements, il y avait de la gloire et de la joie en Israël. Le pays regorgeait de blé et de miel, et ils étaient bénis dans toutes leurs entreprises. C’est pourquoi ils chantaient des louanges anciennes et sacrées à propos des commandements et des préceptes de l’Éternel. David chante : Que mes lèvres publient ta louange ! Car tu m’enseignes tes statuts. Que ma langue chante ta parole ! Car tous tes commandements sont justes. Que ta main me soit en aide ! Car j’ai choisi tes ordonnances. Je soupire après ton salut, ô Éternel ! Et ta loi fait mes délices. .

Si les saints ont ainsi chanté les louanges des lois et des commandements du Seigneur, combien plus chanterons-nous, les cœurs remplis de joie, les louanges des lois de l’Esprit de vie, qui apportent une richesse de gloire infiniment plus grande, qui ne disparaîtra jamais.

Les vrais saints de tous les temps, depuis l’époque des apôtres, ont également chanté dans leur cœur les lois et les commandements de Christ, au fur et à mesure que ceux-ci ont été inscrits par le Saint-Esprit sur les tables de chair de leur cœur, au fil des nombreuses épreuves de la vie. C’est cette sainte assemblée de chantres qui se tiendra avec l’Agneau sur la montagne de Sion et qui chantera le cantique nouveau.

Le vieil homme ne peut jamais rien apprendre d’autre que les vieilles plaintes et lamentations bien connues. De même que Dieu siégeait au milieu des louanges d’Israël, c’est Satan lui-même qui siège au milieu de ces chants sinistres. Ceux-ci doivent être bannis de nos vies.

Il est tout à fait impossible d’obtenir une gloire véritable et durable si ce n’est par l’obéissance de la foi aux commandements de Christ. Mais pour la prostituée, ces commandements sont une terreur, un fardeau et une nuisance. La prostituée cherche à se fabriquer une gloire en dehors des commandements de Christ, par de l’éclat et du lustre religieux extérieurs, mais tout cela s’écroulera comme un château de cartes et sera la proie du feu.

Le culte de la nouvelle alliance n’a pas d’éclat extérieur. Il ne se déroule pas dans des temples coûteux, resplendissants d’or et de pierres précieuses, et les prêtres ne sont pas parés comme dans l’ancienne alliance, mais il a lieu dans un frêle vase de terre et est caché sous la couverture de l’opprobre. Notre corps est un temple du Saint-Esprit, et en offrant chaque jour notre corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, nous rendons par là un culte raisonnable et spirituel. .

Dans l’ancienne alliance, on prenait des sacrifices extérieurs, sous la forme d’animaux et d’oiseaux, mais dans la nouvelle alliance, les sacrifices sont pris à l’intérieur de nous-mêmes. Nous devons nous-mêmes nous trouver sur l’autel. Mais il y a peu de gens qui voient quelque chose de grand dans cela, et c’est pourquoi il y a aussi peu de gens qui trouvent l’abondante richesse de la gloire. Cette gloire consiste en la justice, la paix et la joie dans le Saint-Esprit, et nous sommes bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ. . Si nous sommes fidèles, cette vie glorieuse avec Christ ne s’estompe pas dans les temps difficiles, dans les contrariétés et les tribulations, mais elle augmente au contraire, en proportion de l’obéissance de la foi.

L’obéissance de la foi aux lois de l’Esprit de vie produit également une communion de l’Esprit bénie et indéfectible. – Lorsqu’une assemblée n’est pas unie par ces belles lois divines qui forment le lien de l’amour, on s’échine énormément à la maintenir unie par des divertissements religieux. Mais tous ces divertissements créent de la compétition pour la meilleure performance, ce qui conduit à l’envie, à la jalousie et à toutes sortes de dissensions, parce qu’on donne accès au diable.

L’ancienne alliance avait sa gloire dans ce qui est créé, tandis que la nouvelle alliance a sa gloire dans les choses invisibles. Les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles. . Dans ce qui est invisible se trouve l’origine même de la vie. On y trouve le Père et le Fils, les myriades d’anges et les esprits des justes parvenus à la perfection. Ceux qui vivent une vie de foi dans ce qui est invisible sont capables de discerner et de juger ceux qui vivent leur vie dans les choses visibles, alors que l’inverse n’est pas vrai. Cela suscite la haine, et ceux qui sont spirituels sont persécutés, comme Jésus l’a été par les pharisiens et les docteurs de la loi.

Christ dépasse toute intelligence, sa gloire est incommensurable et insondable. Nous pouvons maintenant être remplis de sa plénitude, en proportion de notre obéissance de foi et de la connaissance que nous avons de lui. Lâchons donc, par la foi, la gloire qui est passagère, et saisissons la gloire qui n’est pas passagère.