Le prix de la course

juillet 1942

Le prix de la course

«Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne.» Col. 2, 18–19.

Il y en a beaucoup qui ne s’attachent pas au chef, mais à l’un ou l’autre des membres du corps, qu’ils admirent. C’est de ce membre qu’ils reçoivent les décisions à prendre dans les différentes situations de la vie. La personne en question devient pour eux un intermédiaire, à qui ils rendent un culte et qu’ils adorent – ils n’osent jamais se passer de son avis. De cette manière, ils perdent le prix de la course.

Quand il faut prendre une décision et qu’on n’y voit pas clair, cela suscite un combat. Au lieu de mener ce combat jusqu’au bout et d’assumer ensuite la responsabilité de leur choix, beaucoup de gens choisissent une voie plus facile, en allant demander conseil à quelqu’un ; puis ils se reposent sur le conseil qu’on leur a donné. De telles personnes ne vivent pas vraiment elles-mêmes – d’autres vivent pour elles. Si les choses tournent mal, elles en font reposer la faute sur les autres, et si les choses vont bien, elles en tirent peu de profit, puisqu’elles manquent tout autant d’autonomie face au choix suivant qu’elles doivent faire.

Dieu a établi dans l’Assemblée des apôtres, des docteurs et des pasteurs, pour aider, diriger et conduire les saints au perfectionnement, en vue de l’œuvre du ministère. Ils ont été placés dans l’Assemblée comme serviteurs, pour que chacun puisse croître à tous égards en celui qui est le chef, Christ. Ép. 4, 11–16.

Le but est que tous croissent en celui qui est le chef et qu’ils reçoivent de lui leurs directives. Mais tous les serviteurs ne sont pas fidèles. Au lieu d’aider chacun en particulier à être directement lié à Christ, ils lient les gens à eux-mêmes. Ils aiment avoir une troupe de personnes autour d’eux, qui les admirent et qui leur demandent conseil pour toutes sortes de choses. Ils considèrent comme une vexation qu’on ne leur demande pas conseil. Au lieu d’aider les autres à entendre eux-mêmes la voix de l’Esprit – à remporter le prix de la course – ils leur ravissent ce prix. Ils aiment rassembler les gens comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Ils les encouragent à demander conseil et à leur écrire à tout propos, et prennent volontiers la responsabilité de leur vie. Si ces gens commençaient à croître et à mener eux-mêmes un combat, au lieu de se cacher sous l’aile de la «poule», ils seraient considérés comme ayant perdu la confiance en leur dirigeant et comme orgueilleux. Et comme on veut avoir la réputation d’être humble, on se laisse ravir le prix de la course – on se laisse dominer.

Pour croître en celui qui est le chef, il faut être fidèle à la vérité. L’orgueil et le fait d’être sage à ses propres yeux peuvent donner l’apparence d’être de la force et de l’autonomie. De même, la peur et la lâcheté face à des personnes fortes peuvent donner l’apparence d’être de l’humilité. Mais chacun sait pour sa propre part ce qu’est la vérité. Si nous sommes fidèles à la vérité, nous aurons part à une croissance. Nous sommes alors humbles, et nous avons la grâce de comprendre ce qui est juste dans la vie. Nous avons alors une oreille pour entendre la voix de l’Esprit, et nous pouvons demeurer dans toute la volonté de Dieu, parfaits et pleinement persuadés. Col. 4, 12.