Il faut faire la volonté de Dieu
Dans le « Notre Père », il est dit : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. C’est un point d’achoppement pour celui qui veut promouvoir sa propre volonté dans tout ce qui se passe ici sur terre.
Ces deux volontés s’opposent donc. L’une est divine, l’autre est humaine, sentimentale et démoniaque. Note bien comment les petits enfants s’époumonent pour exprimer ce qu’ils veulent. La Parole de Dieu dit néanmoins que pour le reste de notre vie, nous devons vivre en conformité à la volonté de Dieu et non selon nos propres convoitises, et que la volonté de Dieu, c’est notre sanctification.
Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit :
Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai !
Quand Dieu a parlé ainsi à Abraham, c’est dans son cœur qu’il lui a parlé, car Dieu est un Esprit et pas un être humain. Cela aurait été bien facile pour Abraham de repousser tout cela avec incrédulité. Mais Abraham a cru en Dieu, et cela lui a été imputé à justice.
Abraham se leva de bon matin, sella son âne, et prit avec lui deux serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste, et partit pour aller au lieu que Dieu lui avait dit.
Dans le cœur d’Abraham se déroulait un combat sans pareil. Tu peux bien t’imaginer à quel point il a pensé à Isaac, ce joli garçon innocent, qu’il aimait tellement, et il pensait à Sara – qu’en dirait-elle ? Mais la volonté de Dieu est restée inflexible devant ses yeux ; il fallait la faire, quoi qu’il en coûte.
La petite compagnie a donc cheminé, et le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit le lieu de loin.
Et Abraham dit à ses serviteurs : Restez ici avec l’âne ; moi et le jeune homme, nous irons jusque-là pour adorer, et nous reviendrons auprès de vous.
C’était le chemin de la croix. La dernière partie de ce chemin menait à la mort, et les serviteurs ne pouvaient pas l’accompagner. Abraham et Isaac devaient suivre ce chemin tout seuls. Cela renvoie à Jésus-Christ, qui dit à ses disciples : Là où je vais, vous ne pouvez pas me suivre. Il devait fouler seul au pressoir. Abraham et Isaac ont aussi dû faire de même, comme une image du Père et du Fils.
Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble.
Dieu a agi de la même manière avec son Fils quand il a mis la croix sur ses épaules, en gardant pour lui le feu et le couteau. C’était l’aboutissement du chemin de la croix. La foi devait être mise à l’épreuve. La volonté de Dieu et la volonté de l’homme s’étaient disputé le pouvoir.
Isaac a commencé à se douter de ce qui se passait, et il a dit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? Isaac ne voyait pas d’agneau, et se demandait s’il n’était pas lui-même l’agneau pour l’holocauste. Alors Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois.
Aussi bien Abraham qu’Isaac comprenaient maintenant que c’était sérieux. Ils étaient tous deux parvenus à l’autel pour l’holocauste, et ce dont Isaac se doutait est devenu une pure réalité. La manière dont Abraham s’est comporté pendant qu’ils étaient en route avait amené Isaac, pas à pas, à la compréhension qu’il allait se passer quelque chose d’extraordinaire. On en était arrivé au point où Abraham et Isaac étaient d’accord pour réaliser cette action ; car Isaac savait qu’Abraham aimait son fils et qu’il ne ferait rien sans que Dieu ne l’exige de sa part. Il en allait de même du Père et du Fils, Jésus-Christ. Quand il s’est dirigé vers Jérusalem, tout le monde l’a abandonné.
Alors l’ange de l’Éternel l’appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici !
L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique.
Abraham avait donc passé avec succès la mise à l’épreuve de sa foi, et son fils Isaac lui a été rendu comme s’il était ressuscité d’entre les morts.
Et maintenant viennent la récompense et la bénédiction de l’Éternel, à cause de son obéissance et de sa fidélité.
L’ange de l’Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel ! parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. Ge. 22.
Nous avons tous un Isaac que nous devons sacrifier par l’obéissance de la foi. Si on reste stérile, sans engendrer d’enfants spirituels, c’est qu’on n’a pas sacrifié ce que Dieu a désigné dans notre vie.
Il est dit de Jésus dans És. 53, 12 : C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands ; il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est livré lui-même à la mort (il a vidé son âme dans la mort, trad. norv.), et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, et qu’il a intercédé pour les coupables.
Vider son âme, c’est sacrifier Isaac, et on partage alors le butin avec les puissants.