Né de nouveau
Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Jn. 3, 6.
C’est tout aussi impossible pour la chair de devenir spirituelle que ce l’est pour un chien de devenir humain. Le chien est né chien et ne peut jamais devenir autre chose, même si on s’en occupe avec soin et qu’on le dresse autant qu’on peut.
De même, l’homme naturel reste terrestre et sous l’emprise de ses sens humains, même si on lui donne la meilleure éducation chrétienne possible et qu’il accède à toute la connaissance sur les choses spirituelles. C’est pour cela que Jésus dit à Nicodème : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. V. 3. Nicodème était un maître en Israël. Il savait beaucoup de choses sur Dieu, et comprenait que Jésus était un docteur venu de Dieu, mais Jésus lui dit qu’il devait naître de nouveau pour voir le royaume de Dieu.
Nicodème ne comprenait pas comment on pouvait naître de nouveau et dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le sein de sa mère et naître ? V. 4.
Cela aurait eu peu d’utilité pour Nicodème de revivre sa vie plusieurs fois, de l’enfance à la vieillesse. Malgré toutes les circonstances variables et toute sa connaissance, il serait resté le vieux Nicodème.
Jésus n’est pas venu pour enseigner ce qui appartient au royaume des Cieux à la vieille nature corrompue. Elle ne peut pas être améliorée et doit être livrée à la mort, pour que la vie de Christ se manifeste en nous. Si nous voulons être disciples de Jésus, nous devons naître de nouveau, renoncer à tout et haïr notre propre vie, pour qu’Il puisse commencer à nous enseigner.
C’est pourquoi Luther écrit dans sa lettre pastorale aux Hussites : « Pour devenir prêtre dans l’esprit du nouveau testament, il faut naître à cela, on ne peut pas être fabriqué pour le devenir ; il faut être créé, et non pas consacré [de manière humaine]. Cette naissance n’est pas selon la chair, mais elle est d’eau et d’esprit, et elle a lieu dans le bain de la nouvelle naissance. C’est pourquoi tous les chrétiens sont prêtres, et tous les prêtres chrétiens. Si on dit : `Je vais être sacré prêtre’, on concède par cela, par ses paroles ou par ses actes, qu’on n’a pas été prêtre ni qu’on l’est devenu. »
Ce n’est que lorsque nous naissons de nouveau et que nous devenons des disciples de Jésus avec un cœur entier qu’il peut être question d’être prêtre dans le royaume de Dieu. Tous les chrétiens véritables tels que ceux-là sont prêtres, comme le dit Luther. Ils peuvent exercer un ministère ecclésiastique auprès d’autres personnes, dans la mesure qu’ils ont atteinte eux-mêmes en Christ.
Mais il est tout aussi impossible pour l’homme naturel de devenir prêtre dans l’esprit du Nouveau Testament, que ce l’est pour un chien ou un cheval.
Ceux qui vivent selon la chair mourront ; ils ne peuvent pas être agréables à Dieu et ils ne peuvent pas se soumettre à la loi de Dieu. Ro. 8.
Chacun doit venir comme un pécheur perdu, qui reconnaît son péché et sa misère à tous points de vue. Je dois haïr ma vieille nature, avoir de la répulsion pour elle, et aspirer de tout mon cœur à la vie nouvelle, pour pouvoir naître de nouveau. Si je hais vraiment le péché, je n’ai plus aucune envie de vivre en m’y conformant, puisque j’ai reçu l’Esprit de Christ et sa force pour le vaincre.
Mais ceux qui vivent selon leurs convoitises demeurent dans la mort, quoique vivants, même s’ils portent le nom de chrétiens et que les autres chrétiens les portent en haute estime.
Nous naissons de nouveau pour vivre une vie nouvelle avec Jésus-Christ. Nous avons reçu un nouveau cœur, un nouvel entendement, un nouvel esprit, et dans cette nouvelle vie nous avons pris une position ferme de la foi pour combattre toute la vieille nature. La chair s’oppose à l’Esprit et l’Esprit s’oppose à la chair. Mais si j’ai l’entendement de Christ, l’Esprit remportera toujours la victoire. Cela concerne le combat contre notre propre chair et le combat contre tous les hommes charnels, que ce soit notre père ou notre mère, notre sœur ou notre frère, notre femme ou nos enfants. Je ne suis pas venu apporter la paix, dit Jésus, mais la division. Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois. Luc 12, 51-52.
Il s’agit ici d’un saint combat, et si nous nous abstenons de combattre, le Saint-Esprit s’éloignera de nous. On ne peut jamais unir chair et Esprit, et il restera donc toujours un gouffre entre ce qui est charnel et ce qui est spirituel.