L’épître à Philémon

août 1941

L’épître à Philémon

Paul, prisonnier de Jésus-Christ, et le frère Timothée, à Philémon notre bien-aimé et notre compagnon d’œuvre, à notre sœur Apphia, à Archippe, notre compagnon de combat, et à l’Église qui est dans ta maison.

Philémon avait bonne réputation parmi les apôtres et les anciens. Et ce n’est pas la moindre des choses. Il avait une église dans sa maison, et plusieurs collaborateurs parmi ceux qui y habitaient. Le foyer de Philémon était ouvert pour les saints et les élus, et c’était un foyer dans lequel Paul était aussi reçu.

Il se trouve que Philémon avait un serviteur, Onésime – un esclave – qui s’était sauvé de chez lui et était venu rendre visite à Paul dans sa captivité. Comme il venait voir Paul, il faut croire qu’il le connaissait d’avant et qu’il s’était pris d’affection pour lui. Onésime s’était converti auprès de Paul, et le bon et vieil apôtre devait maintenant le renvoyer chez Philémon, et cela posait un problème. Mais avec amour et sagesse, cela devait aller.

V. 4. Je rends continuellement grâces à mon Dieu, faisant mention de toi dans mes prières.

Nous comprenons par là que Philémon était un instrument choisi, pour lequel Paul remerciait Dieu.

V. 5 et 6. Parce que je suis informé de la foi que tu as au Seigneur Jésus et de ta charité pour tous les saints. Je lui demande que ta participation à la foi soit efficace pour la cause de Jésus-Christ, en faisant reconnaître parmi vous toute espèce de bien.

L’apôtre pense ici à Onésime, qu’il était sur le point de renvoyer. Que la communion en Christ que nous avons avec toi et avec l’église qui est dans ta maison agisse maintenant efficacement pour englober aussi ce pauvre fugitif – l’esclave Onésime.

C’était sûrement très humiliant d’accueillir un esclave qui avait fui, à l’époque, car c’était une grande honte qu’un esclave s’enfuie de chez son maître. Nous nous souvenons comment c’était à l’époque de Salomon, lorsque Schimeï passa le torrent de Cédron pour rattraper un serviteur qui s’était enfui de chez lui. Bien qu’il ait encouru la peine de mort s’il quittait Jérusalem, parce qu’il avait maudit le roi David, il perdit tout contrôle et poursuivit l’esclave.

V. 7. J’ai, en effet, éprouvé beaucoup de joie et de consolation au sujet de ta charité ; car par toi, frère, le cœur des saints a été tranquillisé.

Paul a constamment Onésime à l’esprit et il le mentionne au moment précis où c’est opportun de le faire, et c’est maintenant :

V. 8. C’est pourquoi, bien que j’aie en Christ toute liberté de te prescrire ce qui est convenable, c’est de préférence au nom de la charité que je t’adresse une prière, étant ce que je suis, Paul, vieillard, et de plus maintenant prisonnier de Jésus-Christ. Je te prie pour mon enfant, que j’ai engendré étant dans les chaînes, Onésime, qui autrefois t’a été inutile, mais qui maintenant est utile, et à toi et à moi.

V. 12. Je te le renvoie, lui, mes propres entrailles !

Le grand amour et la grande sagesse de l’apôtre se manifestent ici : Onésime est mes propres entrailles (trad. norv. « mon propre cœur »). Qui pouvait résister à cela ? Philémon avait beau être un homme très pieux, cela n’empêchait pas l’apôtre de lui faire découvrir de nouveaux domaines inconnus pour lui.

V. 13. J’aurais désiré le maintenir auprès de moi, pour qu’il me serve à ta place, pendant que je suis dans les chaînes pour l’Évangile. Toutefois, je n’ai rien voulu faire sans ton avis, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu’il soit volontaire.

Même en étant dans les chaînes, Paul avait donc la possibilité de servir l’Évangile. Et il avait envie d’avoir Onésime auprès de lui pour qu’il l’aide. En réalité, c’est toi, Philémon, qui aurait dû être ici pour me servir, mais je n’ai rien voulu faire sans ton avis, dit Paul, afin que ton bienfait ne soit pas comme forcé, mais qu’il soit volontaire.

Dans l’amour de Christ pour Onésime et Philémon, l’apôtre se courbe maintenant avec humilité sous Philémon, pour que la bonté de Philémon soit volontaire et non forcée. C’est la loi parfaite de la liberté qui se manifeste ici. Paul s’avère être un homme qui règne dans la crainte de Dieu. Il avait l’assurance nécessaire pour ordonner à Philémon de faire bon accueil à Onésime, mais dans ce cas, la bonté de Philémon serait passée inaperçue. La mission de l’apôtre dans son service pour Dieu était de rendre les autres grands dans le royaume de Dieu.

V. 15. Peut-être a-t-il été séparé de toi pour un temps, afin que tu le recouvres pour l’éternité, non plus comme un esclave, mais comme supérieur à un esclave, comme un frère bien-aimé, de moi particulièrement et de toi à plus forte raison, soit dans la chair, soit dans le Seigneur.

Tu vas recouvrer Onésime comme un frère bien-aimé – mon propre cœur –, de moi particulièrement, et de toi à plus forte raison, soit dans la chair, soit dans le Seigneur.

V. 17. Si donc tu me tiens pour ton ami, reçois-le comme moi-même.

Paul place Onésime sur un pied d’égalité avec lui-même, et même plus haut, car il n’aurait jamais supplié de cette façon pour sa propre personne. On voit ainsi se réaliser en vérité le passage qui dit que, par amour, nous considérons les autres comme plus élevés que nous-mêmes. L’apôtre mettait en pratique ce qu’il enseignait.

V. 18. S’il t’a fait quelque tort, ou s’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte. Moi Paul, je l’écris de ma propre main, je paierai, pour ne pas te dire que tu te dois toi-même à moi.

Ici, l’apôtre se souvient que, comme nous tous, Philémon avait du péché dans la chair et pouvait être tenté à s’endurcir à l’égard d’Onésime. C’est pourquoi il fait usage d’une autorité pleinement apostolique pour sauver son fils Onésime et il dit : S’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte, je paierai, pour ne pas te dire que tu te dois toi-même à moi.

Paul était un homme riche, il possédait Philémon et Onésime, car il les avait engendrés l’un et l’autre en Jésus-Christ. S’il te doit quelque chose, mets-le sur mon compte, je paierai, et voilà la preuve : Moi Paul, je l’écris de ma propre main.

Ici, l’amour, le détachement de soi et la force de Dieu se manifestent dans une seule et même personne.

V. 20. Oui, frère, que j’obtienne de toi cet avantage, dans le Seigneur ; tranquillise mon cœur en Christ.

Ici, il se courbe à nouveau sous Philémon, dans l’amour de Christ, et il dit : Tu es plus grand que moi, tranquillise maintenant mon cœur selon les lois de la liberté.

V. 21. C’est en comptant sur ton obéissance que je t’écris, sachant que tu feras même au-delà de ce que je dis.

L’apôtre est tantôt en-dessous de Philémon, tantôt au-dessus de lui. J’ai la confiance que tu feras même au-delà de ce que je dis. Cela montre que Paul était apôtre, et qu’il avait une grande confiance en Philémon.

V. 22. En même temps, prépare-moi un logement, car j’espère vous être rendu, grâce à vos prières.

De cette manière, Paul dit : Je vais bientôt venir vous voir pour partager la joie avec toi, Philémon, et mon fils Onésime. Ce sera une réception et une gloire plus grandes que la joie que le fils prodigue a éprouvée à son retour, car toute l’assemblée qui est dans ta maison se réjouira avec nous, et il n’y aura pas de fils aîné qui puisse être jaloux.

Le fait que Paul voulait venir lui-même était la garantie que tout se passerait bien et qu’il espérait leur être bientôt rendu grâce à leurs prières, et c’était une preuve de la grande confiance que Paul avait en Philémon et l’assemblée qui se réunissait dans sa maison. Rends-toi compte : ils priaient pour que l’apôtre leur soit envoyé – malgré l’affaire avec Onésime.

Nous avons là un petit aperçu de toute la bonté qui était dans l’apôtre Paul, dans Philémon et dans l’assemblée qui était dans sa maison. Nous voyons comment ils étaient liés dans l’amour.

V. 25. Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit !