Le grand Vigneron

mars 1941

Le grand Vigneron

Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron.

Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche ; et tout sarment qui porte du fruit, il l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Jn. 15, 1-2.

Tout sarment qui est en moi – en Jésus-Christ, dans le corps de Christ – qui ne porte pas de fruit, il le retranche. Qui retranche ce sarment ? Le vigneron, le Père de Jésus-Christ. Cela nous indique que le Père veille sur le corps de Christ, sur ses membres ici sur terre. Il ne suffit donc pas de vivre paisiblement et sans faire de vagues ; il faut porter du fruit. Sinon, on est retranché. Que signifie le fait de porter du fruit ? Il faut avoir les œuvres de l’Esprit, le fruit de l’Esprit, c’est-à-dire l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. La loi n’est pas contre ces choses. Ga. 5, 22-23.

De cette manière, on reste saint et pur dans le corps de Christ, et on porte du fruit. Mais pour ce qui est du sarment qui porte du fruit, le vigneron l’émonde, afin qu’il porte encore plus de fruit. Comment cela se passe-t-il ? Par le fait qu’il est mis à l’épreuve par toutes sortes de tentations et de tribulations. Notons bien ce que l’apôtre Paul en dit :

Car Dieu, ce me semble, a fait de nous, apôtres, les derniers des hommes, des condamnés à mort en quelque sorte, puisque nous avons été en spectacle au monde, aux anges et aux hommes.

Nous sommes fous à cause de Christ ; mais vous, vous êtes sages en Christ ; nous sommes faibles, mais vous êtes forts. Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés ! 1 Co. 4, 9-16.

Note bien que c’était en Christ que les apôtres étaient fous à cause de Christ. Ils étaient faibles et méprisés.

C’est de cette manière que le grand Vigneron émondait ses apôtres, afin qu’ils portent plus de fruit. Et il agit de la même manière avec son assemblée jusqu’à ce jour. Tout l’opprobre repose sur les sarments qui portent du fruit. Ainsi est avérée la parole qui dit que tout ce qui est glorieux est mis à couvert.

Que nul ne s’abuse lui-même : Si quelqu’un parmi vous pense être sage selon ce siècle, qu’il devienne fou, afin de devenir sage. Car la sagesse de ce monde est une folie devant Dieu. Aussi est-il écrit : Il prend les sages dans leur ruse. Et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages, il sait qu’elles sont vaines. 1 Co. 3, 18 et versets suivants.

Peu importe que ces pensées soient de nature théologique ; elles n’en demeurent pas moins vaines pour autant, on ne porte pas de fruit et on n’est pas émondé.

Venons-en aux sarments qui ne portent pas de fruit et qui sont en passe d’être retranchés. 1 Co. 4, 10 et versets suivants.

Ils sont sages en Christ. Note bien « en Christ ». Ils savent tellement de choses, ils sont éclairés et brandissent toute une série de passages bibliques pour réfuter et coincer la partie adverse. Celui qui est spirituel se tait, et il donne l’impression d’être insensé et ignorant.

Vous êtes forts. Ils affirment ceci ou cela dans toute leur connaissance, avec beaucoup de force, et en souriant d’aisance dans la satisfaction de leur chair. Il n’en va pas de même de celui qui est spirituel. Il est faible, car il sait que la force apparente peut disparaître en un clin d’œil quand la puissance de Dieu se manifeste ; car lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort.

Vous êtes honorés, et nous sommes méprisés.

L’homme extérieur admire les choses extérieures et honore ceux qui sont sages, forts et pleins de connaissance en Christ. Ils sont bien vus par ceux [qui admirent les choses extérieures], et qui de ce fait sont de mauvais juges. Ils ont préféré de faux apôtres aux apôtres de Christ. 2 Co. 11, 13. Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. V. 14.

Parmi de tels apôtres, les sarments pouvaient mûrir rapidement pour ne pas porter de fruit, et le grand jardinier céleste gardait un œil sur eux pour décider quand il fallait les retrancher.

C’est dangereux de s’éloigner des serviteurs que Dieu a placés dans l’assemblée pour le perfectionnement des saints. Si le jardinier céleste leur a confié la tâche d’émonder un sarment, il faut le supporter ; c’est en effet pour le bien de ce sarment, pour qu’il porte plus de fruit. Ne considère pas de tels instruments comme des insensés ; tu y perdrais toi-même. Ils ont dû eux-mêmes passer par la purification pour porter plus de fruit.

Il n’y a que peu de pères au milieu des dix mille maîtres.