Les clés
«Je te donnerai les clés du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.» Mt. 16, 19 et 18, 15-18. Jn. 20, 23.
«Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ... Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.» 1 Jn. 1,3 et 7.
Personne ne pouvait avoir communion avec le Père sans avoir aussi communion avec le Fils. Il fallait passer par le Fils pour parvenir au Père. Si Jésus fermait l’accès, il n’y avait pas d’espoir, mais s’il ouvrait, on pouvait entrer dans le royaume des cieux, et on avait aussi communion avec le Père. Les scribes et les pharisiens ont senti cela, et cela les a remplis de fureur. Ils sentaient bien que Jésus leur fermait l’accès, et qu’ils ne pouvaient arriver à rien sans passer par lui. S’il n’en avait pas été ainsi, ils n’auraient pas ressenti le besoin de l’éliminer de leur chemin.
Jésus a donné ce pouvoir — ces clés — à l’Assemblée édifiée sur le roc, et Jean dit : «Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ.» Les gens ne pouvaient pas avoir communion avec le Père et avec le Fils, sans avoir aussi communion avec Jean. Diotrèphe s’y est essayé, mais il a été lié, et il n’a sûrement pas été délié avant que Jean ne le délie. 3 Jn. 9-11. Mais s’il retrouvait la communion avec Jean, il pouvait retrouver aussi la communion avec le Père et avec le Fils.
Jésus a donné la parole de la vie aux apôtres, et en marchant dans cette lumière, ils ont eu communion avec Jésus et avec le Père. Les apôtres ont à leur tour annoncé cela aux hommes, et seuls ceux qui marchaient dans la lumière avaient communion les uns avec les autres. Diotrèphe avait sûrement accepté la doctrine, mais il s’y conformait pas, car il voulait être le premier, alors que la doctrine dit que celui qui veut être le premier doit être le serviteur et l’esclave de tous. C’est pourquoi Diotrèphe ne pouvait rien lier ou délier dans le ciel. Il pouvait chasser certaines personnes de son assemblée, mais cela n’avait aucune importance pour elles, car cela ne les empêchait pas d’avoir communion avec le Père. Ceux qui avaient été chassés le sentaient bien, et ils n’éprouvaient aucun besoin de retourner dans l’assemblée de Diotrèphe. Il en va tout autrement quand on est chassé de l’Assemblée du Dieu vivant. On sent alors que la communion avec Dieu et avec les saints est rompue. On le sent bien, on est lié, et on voudrait bien revenir. Nous avons vu comment des personnes qui se sont retrouvées à l’extérieur, parce qu’elles ont péché, ont fait toutes sortes d’efforts pour revenir dans l’Assemblée. Mais pour pouvoir revenir, il faut reconnaître pleinement dans quel état on se trouve, et peu nombreux sont ceux qui veulent le faire. On essaye plutôt de s’excuser et de se justifier à n’en plus finir. On implore et on implore, en espérant trouver un jour un écho favorable. Il est évident que de telles personnes souffrent et se sentent liées, et qu’elles comprennent aussi que seule l’Assemblée — les saints — peut les délier. Mais comme elles ne veulent pas s’humilier, elles commencent à haïr l’ange de l’Assemblée, et elles souhaiteraient qu’il soit éliminé. Pour de telles personnes, l’Assemblée devient ce qu’est le lieu du crime pour les malfaiteurs. Les pensées retournent sans cesse à cet endroit, et les choses qui leur arrivent leur rappellent le lieu du crime. Ils reviennent constamment, pour pouvoir si possible effacer les traces compromettantes. Les choses sont tout à fait différentes quand on est chassé des partis religieux à cause de la vérité. On se sent alors comme l’homme qui était né aveugle, qui avait été chassé par les Juifs et qui a rencontré Jésus. Jn. 9,34-38.
C’est à son Assemblée que Jésus a donné les clés, et si nous marchons dans la lumière, selon la parole de la vie, nous possédons ces clés. Sinon, nous ne les possédons pas.
Celui à qui ont été confiées les clés d’une maison a une grande responsabilité. Il doit prendre garde à ne pas ouvrir la porte à un voleur. L’ange de l’assemblée et chaque membre ont de même une grande responsabilité, car ils doivent savoir à qui ils ouvrent l’accès à la communion. Ceux qui ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs sont à Jésus-Christ. A ceux-là, on peut ouvrir la porte. Mais il faut maintenir dehors ceux qui aiment leurs propres convoitises, car à cause de leur péché, ils font l’effet du levain, et détruisent la communion. Il doit y avoir une séparation claire et nette entre ceux qui sont dans la chair et ceux qui sont dans l’Esprit. Chacun en particulier doit être fidèle dans ce domaine. Paul écrit : «Et si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons par cette lettre, notez-le, et n’ayez point de communication avec lui, afin qu’il éprouve de la honte.» 2 Th. 3, 14. Ils devaient utiliser les clés dans cette situation. Mais la plupart des gens sont faibles sur ce point. Ils sont devenus de bons amis selon la chair, et pour préserver l’amitié, ils s’excusent mutuellement quand ils pèchent. L’assemblée finit alors par ressembler à une auberge où le premier venu peut prendre une chambre. Non ! la communion doit être selon l’Esprit, et si l’un pèche, cela rompt la communion à l’instant même. C’est ainsi que Dieu peut être au milieu de nous et agir puissamment par son Esprit.
«N’impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe pas aux péchés d’autrui ; toi-même, conserve-toi pur.» 1 Ti. 5, 22.
Cette parole a une profonde portée, et nous en avons besoin dans nos rapports mutuels. La plupart des gens sont dans la chair, et la chair ne peut pas obéir à la loi de Dieu. Nous devons alors placer la lumière sur le chandelier, et ne pas approuver ce que disent et font les gens. Ils ne doivent pas retirer l’impression que nous sommes d’accord avec eux. Il peut s’agir de personnes inconverties. Elles savent que nous sommes convertis, mais si nous rions de ce dont elles rient, si nous nous intéressons à ce qui les intéresse, et si nous participons à toutes leurs conversations, elles ne ressentiront jamais qu’elles ont besoin de salut, et nous prendrons part à leurs péchés.
Il peut s’agir de gens qui ont ouvert leur cœur à la vérité. Ils ont commencé à aimer la parole de la vie, mais ils ne sont pas encore parvenus à la victoire. De temps en temps, ils sont dans la chair, ils bavardent, rient, discutent et expliquent les choses, et les vieilles habitudes ont vite fait de reprendre le dessus. Nous les aimons, car ils ont ouvert leur cœur à la parole de la vie, mais nous ne devons pas être faibles. Nous devons utiliser les clés. Lorsqu’ils s’aventurent dans la chair, et que les vieilles habitudes reviennent, nous ne devons pas sourire à leurs paroles, et ils doivent sentir que la communion est rompue. Dans beaucoup de cas, nous n’avons pas besoin de dire quoi que ce soit ; mais cela doit se sentir dans l’Esprit. C’est comme si nous leur verrouillions la porte au nez. S’ils sont sincères et qu’ils se jugent eux-mêmes, cela sera pour eux un châtiment salutaire, mais s’ils ne le sont pas, ils resteront pour toujours dehors, et ce sera un grand avantage pour toute l’Assemblée. La porte devient ainsi étroite. Ceux qui veulent rassembler de grandes foules ne sont pas capables d’agir ainsi, mais ils n’ont pas non plus les clés.
«C’est pourquoi, si un aliment scandalise mon frère, je ne mangerai jamais de viande, afin de ne pas scandaliser mon frère.» 1 Co. 8, 13.
Celui qui est dans la chair n’a pas de liberté. Tout ce qu’il fait est péché. Tout est impur pour celui qui est impur, mais tout est pur pour celui qui est pur. Celui qui est dans F Esprit a une grande liberté. Parmi les Corinthiens, il y en avait beaucoup qui avaient sacrifié aux idoles et qui avaient mangé de la viande en leur honneur. Maintenant, ils s’étaient convertis, mais les vieux souvenirs, leurs vieilles habitudes et leurs anciens penchants étaient encore présents dans leurs pensées, si bien qu’ils ne pouvaient pas manger de viande sans que cela devienne pour eux un sacrifice aux idoles. Ils devaient donc s’en abstenir. Ils n’avaient pas de liberté dans ce domaine. Paul, lui, était libre. Il était dans l’Esprit et mangeait de la viande sans penser aux idoles, mais en rendant grâces à Dieu pour la nourriture. Cependant, à cause des autres, qui ne pouvaient pas agir de la même manière, il devait lui aussi s’abstenir. Nous devons agir avec prudence et rechercher le bien des autres.
Nous sommes dans l’Esprit, et nous pouvons plaisanter et parler de toutes sortes de choses. Nos motivations sont toujours la piété et la pureté. Mais nous sommes peut-être en compagnie de quelques-uns qui n’ont pas la victoire. Ils n’ont pas cette liberté. Dès qu’ils entendent une plaisanterie, ils sont dans la chair. On l’entend bien à leur manière de rire, et quand on parle de choses et d’autres, de vieux souvenirs reviennent à leur esprit, et ils en sont souillés. On peut par exemple parler ensemble d’autres personnes. Ils croient tout de suite que c’est de la médisance, et ils le prennent mal, alors que nos intentions étaient tout à fait à l’opposé. Ils commencent alors à nous soupçonner, et perdent confiance. Ils croient que les autres sont comme eux-mêmes. Sur ce point, nous devons être sur nos gardes et diriger les choses d’une main ferme, car il faut qu’un serviteur dans l’Assemblée soit digne. Ce n’est pas quelqu’un avec qui les gens peuvent être «copains» d’une manière humaine. Ils doivent sentir que c’est quelqu’un qui est capable de discerner où ils en sont. Dans ce cas, ils veillent sur eux-mêmes et prennent garde à leur propre péché, pour pouvoir être purs et garder la communion. En agissant ainsi, on n’occasionne pas des tentations chez les autres, et on ne participe pas à leurs péchés.
La parole de Dieu est purifiée sept fois. C’est la parole de la vie. Nous pouvons nous y conformer, la suivre à la lettre. Elle ne contient ni exagérations, ni plaisanteries ; pas un iota n’en disparaîtra, jusqu’à ce que tout soit accompli. C’est de cette manière que nous aussi devons annoncer la parole de Dieu. Il faut que les gens comprennent que c’est sérieux, et que chacune de nos paroles est véridique. Lot n’y était pas arrivé. Il était juste et tourmentait journellement son âme à cause de toute l’iniquité qu’il voyait. 2 Pi. 2, 7-8. Il jugeait et réprimandait les gens de Sodome. Ge. 19, 9-16. Mais il n’était pas toujours zélé pour la crainte de l’Éternel ; il a dû parfois être zélé contre les pécheurs. Au milieu des tourments de son âme, il a probablement dit beaucoup de paroles qui n’étaient pas bien pesées. Et le jour où c’était vraiment sérieux, et où il voulut sauver ses gendres, ils ont cru qu’il plaisantait, et ce n’est que de justesse qu’il a pu se sauver lui-même.
On peut ainsi parfois entendre un message sérieux. L’assemblée est saisie par le sérieux et prend des résolutions, mais tout à coup, le prédicateur change de ton, cite toutes sortes d’exemples et dit beaucoup de choses amusantes, qui font rire toute la salle. Il s’avère que la plupart des gens sont dans la chair, et ces rires chassent le sérieux. Ils agissent comme Ésaü, ils rompent le joug, et prennent le tout pour une plaisanterie. C’est une conclusion triste à un message puissant. On devient alors semblable à Lot. Malgré son zèle, il a pris part à la perdition de ses gendres, et un prédicateur zélé peut de la même manière prendre part aux péchés de la congrégation.
N’impose les mains à personne avec précipitation. Il ne faut pas être trop prompt à tout prendre pour argent comptant de la part des gens. On ne doit pas leur ouvrir tout de suite toute la maison. Il faut leur faire sentir la communion petit à petit, au fur et à mesure qu’ils font preuve de fidélité. Cela les incitera à aspirer à ce qui est encore devant eux. Sinon, ils croient avoir tout saisi, et ils se sentent riches et rassasiés. Ils deviennent des maîtres ; ils ne croient pas qu’il y a plus à obtenir, et dans la liberté qu’ils s’octroient de ce fait, ils peuvent faire beaucoup de ravages dans la maison. «Ceux qui pèchent, reprends-les devant tous, afin que les autres aussi éprouvent de la crainte.» Timothée a dû beaucoup utiliser les clés, mais il devait veiller sur lui-même, afin de ne rien faire par faveur. De la même manière, un serviteur du Seigneur à notre époque doit savoir utiliser les clés, et ne pas s’installer dans des habitudes, mais veiller et mettre tout à l’épreuve.