Les Gabaonites
Quand Josué devait conquérir le pays, il ne devait rien épargner, mais tuer tout ce qui avait souffle de vie. Il ne devait conclure d’alliance avec personne.
Les habitants de Gabaon, de leur côté, lorsqu’ils apprirent de quelle manière Josué avait traité Jéricho et Aï, eurent recours à la ruse. Ils ont mis de vieux vêtements, et ont pris avec eux du pain vieux, sec et en miettes. Ils se sont présentés ainsi devant Josué, en prétendant qu’ils venaient d’un pays éloigné, et ils ont demandé à Josué de faire la paix avec eux. Josué et ses hommes ont alors goûté à leurs provisions, sans consulter l’Éternel. Et Josué fit la paix avec eux. Trois jours plus tard, les enfants d’Israël ont compris que ces Gabaonites habitaient au milieu d’eux, mais maintenant, Josué devait les laisser vivre, à cause de l’alliance qu’il avait établie avec eux, et il les a chargés de couper le bois et de puiser l’eau pour toute l’assemblée.
« Et si Christ est en vous, le corps, il est vrai, est mort à cause du péché, mais l’esprit est vie à cause de la justice. » Ro. 8, 10.
Pour appartenir à Christ – être un membre de son corps qui est l’Assemblée – il faut que la chair avec ses passions et ses désirs soit crucifiée. Notre corps doit être mort, pour que nous ne nous laissions pas diriger par ses convoitises et ses passions, mais que ce soit la tête, Christ, qui nous dirige.
Celui qui hait est un meurtrier, et sans haïr sa propre vie, on ne peut pas être disciple de Jésus. Il est impossible d’être à l’école du Maître tout en aimant sa propre vie. Il faut passer par une mort pour devenir membre du corps de Christ, qui est l’Assemblée. Il faut renoncer à tout. De ce point de vue, le même commandement nous est donné qu’à Josué. Comme il devait exterminer tout ce qui a souffle de vie, nous devons nous aussi exterminer tout ce qui appartient à notre propre vie.
Nous sommes appelés ici à être des sacrificateurs de Jésus-Christ. Nous devons veiller, pour qu’aucun égoïsme ne puisse se développer dans l’Assemblée, pour que personne n’y soit admis sans haïr sa propre vie ou sans avoir renoncé à tout.
Mais de même que tous les habitants du pays s’opposaient à Josué à l’époque, tous les partis religieux s’opposent à l’Assemblée de nos jours. Ils ont peur de la puissance contenue dans la parole de la croix, et ils se liguent, mais en vain. Mais parfois, certaines personnes se comportent comme les Gabaonites. Elles comprennent qu’il ne sert à rien de s’opposer, et elles voudraient bien être dans l’Assemblée. Mais elles ont recours à la ruse. De même que les Gabaonites avaient des vêtements usés, de vieilles outres à vin et du pain sec, ces personnes se présentent comme si elles étaient fatiguées du péché et usées au service du moi, lasses du pain sec et émietté qu’on leur donne dans leurs milieux, et comme si elles voulaient commencer une nouvelle vie. On goûte alors à leur confession, on trouve que c’est bon, et on les laisse entrer – on les accepte, et on les loue peut-être même un peu. Mais il ne se passe pas beaucoup de jours avant que l’on sente que leur confession n’était pas si vraie. Tous leurs vêtements n’étaient pas usés ; on les voit se revêtir de colère, de méchanceté, de mensonge, d’orgueil et du désir de dominer sur les autres. Col. 3, 8–9. Ce sont des vêtements qui restent en bon état. Et ils n’ont pas non plus seulement du pain rassis et en miettes ; ils ont aussi une nouvelle pâte pleine du levain de la méchanceté et de l’impiété. Non seulement ils en mangent eux-mêmes, mais ils contaminent aussi les autres. 1 Co. 5, 6-8. Il ne reste plus qu’à faire de ces Gabaonites des esclaves. Car si on les laissait prendre le pouvoir, ils auraient vite fait de transformer l’assemblée en un repaire de brigands.
Il semble bien que beaucoup de personnes ne deviennent jamais autre chose que de tels Gabaonites. Elles n’ont pas l’entendement qui permet d’entrer sérieusement dans la mort de Christ, pour être affranchies. Elles aiment leurs convoitises, tout en cherchant à observer les lois de Dieu. De ce fait, le joug leur semble bien lourd, et elles soupirent tout en cherchant à rendre le chemin plus large. On pourrait parfois être tenté d’exterminer de tels Gabaonites, mais cela ne serait pas juste. Puisqu’ils sont entrés, il faut leur permettre de rester, mais il faut veiller à ce que la parole de la croix les maintienne toujours dans l’esclavage. Ainsi, on peut espérer que certains d’entre eux finiront par être tellement fatigués du péché qu’ils en viendront à reconnaître leur véritable état ; ils pourront alors naître de nouveau et devenir de vrais enfants d’Israël. D’autres seront peut-être tellement lassés de l’esclavage qu’ils s’en iront volontairement.
Il y a un nombre assez important de ces Gabaonites, qui sont las d’observer les commandements de Dieu. Ils ont trouvé que c’était de l’esclavage, et maintenant, ils mettent les autres en garde. Dès que tu mentionnes, ne serait-ce qu’un peu, les œuvres et les commandements, ils trahissent qu’ils sont des Gabaonites, car ils s’écrient : « C’est de l’esclavage ! » C’est de cette manière qu’on peut facilement les reconnaître.