L'épître aux Hébreux - chapitre 7

septembre 1938

L’épître aux Hébreux

Chapitre 7

Il est dit ensuite que le Père l’a abandonné au moment de sa mort. Il avait suivi son Fils bien-aimé pendant toute sa vie, mais maintenant qu’il devait quitter la vie, il fallait que Dieu l’abandonne. La grâce du Père devait se retirer un instant, pour que le Fils soit un sacrifice parfait. Mais ce n’était pas tout, c’était pour qu’il puisse être donné entièrement à son épouse. Encore une fois, nous devons dire avec Paul : Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Les deux deviendront une seule chair. Jésus a livré sa chair jusque dans la mort. L’épouse doit suivre le même chemin, c’est pourquoi il est dit : Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. C’est la réconciliation par la mort dans le corps de sa chair. Col. 1, 22.

Melchisédek n’était pas de la tribu de Lévi, qui, selon la loi, avait le droit de lever la dîme sur ses frères, et cependant Lévi avait payé la dîme par son aïeul Abraham ; Lévi était encore dans les reins d’Abraham quand Abraham paya la dîme à Melchisédek. Ainsi, celui qui a le droit de lever la dîme a dû payer la dîme, et ce à une personne extérieure à sa tribu. Lévi a été béni par Melchisédek de la même manière qu’Abraham, et Melchisédek a ainsi béni tout le sacerdoce israélite avec ses souverains sacrificateurs ; car Lévi était dans les reins d’Abraham lorsque Melchisédek bénit Abraham. Considérons donc combien il est grand. Car c’est toujours l’inférieur qui est béni par le supérieur.

V. 8. Et ici, ceux qui perçoivent la dîme sont des hommes mortels ; mais là, c’est celui dont il est attesté qu’il est vivant.

Comme ces quelques mots en disent long ! Ce qui est mortel, ce sont ici des hommes qui perçoivent la dîme. Non seulement dans l’ancienne alliance, mais aussi dans la nouvelle. Un homme mortel lève la dîme sur un autre homme mortel. Mais c’est un homme dont il est attesté qu’il est vivant. Mais ce n’est pas tout, il a aussi le témoignage qu’il est passé par la mort.

Tout ce qu’un homme possède, il le donne pour sa vie. Quand Jésus est mort, il a donné tout ce qu’il possédait. Ils tirèrent sa tunique au sort. C’était bien plus qu’un dixième. Il en va de même pour nous, qui, sans cesse, sommes livrés à la mort de Christ. Nous perdons la vie sans cesse, et nous perdons ainsi tout ce que nous possédons. C’est plus qu’un dixième. Mais nous recevons « celui qui est vivant » en possession éternelle.

Et avec lui, nous recevons l’héritier lui-même. C’est un excellent échange. Nous recevons le Fils. Comme c’est misérable de s’en tenir alors à la dîme, et ainsi passer à côté [d’une part plus grande] ! Ce sont uniquement des hommes mortels qui s’attachent à de telles choses par incrédulité. Le regard fixé sur celui qui a le témoignage d’être vivant n’est pas suffisamment compréhensif et confiant, car il a dit : Cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et tout le reste vous sera donné par-dessus. Et il a encore le témoignage qu’il vit, qu’il peut faire ce qu’il a promis. Mais c’est la parole de la foi que nous annonçons.

V. 9-11. De plus, Lévi, qui perçoit la dîme, l’a payée, pour ainsi dire, par Abraham ; car il était encore dans les reins de son père, lorsque Melchisédek alla au-devant d’Abraham.

Si donc la perfection avait été possible par le sacerdoce lévitique, – car le peuple était lié à lui par la loi – qu’était-il encore besoin qu’il paraisse un autre sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek, et non selon l’ordre d’Aaron ?

Le sacerdoce lévitique n’était pas parfait ni définitif, car Lévi – qui avait le droit de lever la dîme – a payé la dîme par Abraham. Et le peuple avait besoin qu’il se lève un sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek et qui ne descende pas d’Aaron. Les plus pieux en Israël comprenaient aussi cela, bien qu’ils aient vécu dans le temps de l’ancienne alliance. Avec toute leur exactitude légaliste et avec tous leurs sacrifices, ils ne pouvaient pas atteindre la perfection selon leur conscience. Les victimes animales ne suffisaient pas car le péché ne résidait pas dans le corps des animaux, il se trouvait dans le corps humain. C’est pourquoi, puisque les enfants participent à la chair et au sang, Jésus devait également y participer. Tu m’as formé un corps. C’est dans ce corps que le péché a été condamné. Ro. 8, 3. C’est là le sacerdoce parfait.

V. 12-14. Car, le sacerdoce étant changé, nécessairement aussi il y a un changement de loi. En effet, celui de qui ces choses sont dites appartient à une autre tribu, dont aucun membre n’a fait le service de l’autel ; car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n’a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce.

Moïse ordonna qu’on fasse des sacrifices d’animaux et qu’on utilise leurs cendres pour la purification de la chair. Mais Christ s’est offert lui-même par la puissance d’un esprit éternel. Tu m’as formé un corps. Ce corps a été offert en sacrifice selon la volonté de Dieu. La loi de Moïse donnait une pureté extérieure, le pardon des péchés ; la loi de l’Esprit de Christ purifie la vie intérieure. Mais souviens-toi : Elle s’appelle la loi de l’Esprit. Les lois sont dans l’Esprit, qui les inscrit dans notre cœur et dans nos pensées. En tant qu’imitateurs de Christ, nous sommes remplis des lois de l’Esprit de Christ. Ce sont les lois de la sagesse ; car Christ est sagesse de Dieu. Le sacerdoce est changé et la loi est changée, elle ne reste pas la loi d’un commandement charnel, elle devient une loi de l’Esprit de vie.

V. 18-19. Il y a ainsi abolition d’une ordonnance antérieure, à cause de son impuissance et de son inutilité, – car la loi n’a rien amené à la perfection, – et introduction d’une meilleure espérance, par laquelle nous nous approchons de Dieu.

Sous l’ancienne alliance, le péché n’avait pas encore été condamné dans la chair. Christ n’était pas encore venu dans la chair et il n’avait pas encore pu mettre à mort le péché dans la chair. L’œuvre n’était pas encore accomplie. C’est pourquoi la chair était assez forte pour rendre la loi faible et inutile, bien qu’elle ait été elle-même sainte, juste et bonne. Le péché dans la chair était extrêmement grand et puissant, de sorte que bien qu’ils aient reçu la loi par le moyen des anges, ils ne l’ont pas gardée.

Mais maintenant une meilleure espérance est introduite, si bien que nous pouvons nous approcher de Dieu. Nous sommes maintenant revêtus de la puissance de l’Esprit par lequel Jésus s’est offert lui-même en sacrifice, et cela va réussir. Cette puissance de l’Esprit n’est pas faible et inutile ; car dans cette puissance nous pouvons, par la foi, crucifier la chair avec ses passions et ses désirs. Et en marchant dans cette puissance de l’Esprit, l’exigence de la loi s’accomplit en nous, de sorte qu’une meilleure espérance est introduite et que nous pouvons ainsi nous approcher de Dieu.