L’épître aux Hébreux
V. 1-2. En effet, ce Melchisédek, roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut, – qui alla au-devant d’Abraham lorsqu’il revenait de la défaite des rois, qui le bénit, et à qui Abraham donna la dîme de tout, – qui est d’abord roi de justice, d’après la signification de son nom, ensuite roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix…
D’après la signification de son nom, Melchisédek est premièrement roi de justice. Il est rendu semblable au Fils de Dieu. Il est roi dans le fait de pratiquer la justice dans les petites et les grandes choses. Il n’y avait pas la moindre inexactitude quant à la justice en lui. Il n’y avait pas de place dans son entendement pour accorder des avantages à la chair. Il préférait subir lui-même un préjudice. C’est pourquoi son nom est « Roi de Justice ». Jusqu’où le suivons-nous à cet égard ? De cette façon, il a acquis la dignité royale dans la chair et dans l’Esprit. Si nous voulons être des rois et des sacrificateurs pour l’éternité, il faut que nous le suivions dans la justice. Un peu d’injustice détruit notre dignité royale et affaiblit notre ministère de sacrificateur. Souvenons-nous de cela dans notre vie quotidienne, lorsque nous devons régler différentes choses et prendre des décisions.
Ensuite, il est roi de Salem, c’est-à-dire « Roi de Paix ». D’abord la justice, puis la paix. Dans le monde on travaille intensément pour obtenir la paix, mais on oublie la justice. Une des conséquences est qu’on n’obtient pas de paix. Nous ne pouvons pas non plus parvenir à la loi de la justice par nos œuvres légalistes. On ne peut l’obtenir que par la foi en Jésus-Christ. Pas autrement. Il est la figure centrale pour tout ce qui concerne la justice et la paix. Sans lui, nous ne recevons ni l’une ni l’autre.
V. 3. … qui est sans père, sans mère, sans généalogie, qui n’a ni commencement de jours ni fin de vie, – mais qui est rendu semblable au Fils de Dieu, – ce Melchisédek demeure sacrificateur à perpétuité.
Nous n’entendons plus parler de Melchisédek, si ce n’est qu’il est allé à la rencontre d’Abraham quand celui-ci est revenu après sa victoire sur les rois, et qu’il a béni Abraham. On apprend en même temps qu’il était roi de Salem. Ni la date de naissance de Melchisédek, ni celle de sa fin de vie ne sont mentionnées. C’est pourquoi il est dit qu’il n’a ni commencement de jours ni fin de vie, et qu’il a été rendu semblable au Fils de Dieu. Il n’est pas non plus parlé de son père ou de sa mère, ni de sa généalogie. À cet égard aussi, il ressemble au Fils de Dieu.
Avant de mourir, Jésus a confié sa mère à son disciple Jean en disant : Femme, voilà ton fils ; puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Jn. 19, 26-27. Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte : Eli, Eli, lama sabachthani ? c’est-à-dire : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Mt. 27, 46.
De cette manière, cette parole s’est accomplie : C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ce mystère est grand ; je dis cela par rapport à Christ et à l’Église. Ép. 5, 31-32.
Jésus dit : Avant qu’Abraham fût, je suis. Et qui peut le suivre dans l’éternité des éternités pour compter ses jours ? Il est lui-même la vie éternelle.
Christ a donc quitté père et mère pour s’attacher à son épouse. De la même façon, nous aussi, nous devons quitter notre parenté et nos amis pour devenir une seule chair avec Christ. Mais il est le mari, personne ne fait les choses aussi parfaitement que lui. C’est pourquoi l’épouse est la partie la plus faible et l’époux la partie la plus forte. Si nous gardons la fidélité envers lui comme crucifiés, pendant toute notre vie sur cette terre étrangère, nous serons son épouse pour toute l’éternité. C’est la ville qui descend du ciel, à la lumière de laquelle toutes les nations marcheront. Ap. 21, 10 et 24.
V. 4-7. Considérez combien est grand celui auquel le patriarche Abraham donna la dîme du butin.
Ceux des fils de Lévi qui exercent le sacerdoce ont, d’après la loi, l’ordre de lever la dîme sur le peuple, c’est-à-dire sur leurs frères, qui cependant sont issus des reins d’Abraham ; et lui, qui ne tirait pas d’eux son origine, il leva la dîme sur Abraham, et il bénit celui qui avait les promesses.
Or c’est sans contredit l’inférieur qui est béni par le supérieur.
Pour bien comprendre combien Christ est grand, il faut rendre grand Melchisédek, qui est son modèle. Le patriarche Abraham lui donna la dîme du butin et reçut de lui la bénédiction, bien qu’il ait lui-même reçu les promesses. Mais il est clair que les promesses concernaient la personne de Christ, et si Melchisédek est maintenant rendu semblable au Fils de Dieu, le Fils est plus grand que la personne qui reçoit les promesses qui le concernent. Ainsi, Abraham – bien qu’il ait été prophète et prince – était pourtant subordonné à Melchisédek.
Jésus a dû quitter père et mère pour s’attacher à son épouse. Il n’est pas avec son épouse comme le premier Adam était avec Ève. Non, Jésus est devenu un esprit vivifiant, et il a livré (vidé, trad. norv.) son âme. És. 53, 12.
Le premier Adam devint une âme vivante. Ge. 2, 7. Jésus a aussi reçu cette âme, mais il l’a livrée (vidée). Cela marquait la fin de la parenté selon la chair, et il a pu dire : Femme ! Voici ton fils ! Il ne l’a même pas appelée « mère ». S’il avait fait cela en suivant son cœur, il n’aurait pas été libre d’elle. C’est cela, perdre sa vie à l’égard de liens de parenté terrestres. Et c’est ce que Jésus a dû faire pour gagner son épouse, qui est rachetée de la terre et des hommes comme prémices pour Dieu et l’Agneau. Ap. 14, 3-4.