L'épître aux Hébreux - chapitre 5

février 1938

L’épître aux Hébreux

Chapitre 5

V. 1-3. En effet, tout souverain sacrificateur pris du milieu des hommes est établi pour les hommes dans le service de Dieu, afin de présenter des offrandes et des sacrifices pour les péchés. Il peut être indulgent pour les ignorants et les égarés, puisque la faiblesse est aussi son partage. Et c’est à cause de cette faiblesse qu’il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés, comme pour ceux du peuple.

Tout ministère de sacrificateur a son accomplissement final dans le ministère du souverain sacrificateur. Il était lui-même un homme établi pour des hommes dans le service pour Dieu. Un ange ne pouvait pas effectuer un tel service. Il fallait quelqu’un qui ait lui-même la faiblesse en partage, pour qu’il puisse être indulgent pour les ignorants et les égarés. Lorsqu’il présentait le sacrifice pour les péchés du peuple, il le faisait aussi pour lui-même, pour se souvenir de sa propre faiblesse.

Avec quelle sagesse Dieu dispose toutes choses ! Il est indulgent et miséricordieux envers tous les hommes. Toute la façon dont le ministère de sacrificateur est organisé témoigne de cela.

V. 4-6. Nul ne s’attribue cette dignité, s’il n’est appelé de Dieu, comme le fut Aaron.

Et Christ ne s’est pas non plus attribué la gloire de devenir souverain sacrificateur, mais il la tient de celui qui lui a dit : Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui ! Comme il dit encore ailleurs : Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek.

Dieu dit : Tu es mon fils ! L’ange du Seigneur est apparu à Joseph dans un songe, alors qu’ils étaient fiancés et avant qu’ils aient habité ensemble, et dit : Ne crains pas de prendre avec toi Marie, ta femme, car l’enfant qu’elle a conçu vient du Saint-Esprit ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus ; c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Mt. 1, 19-21.

Nous voyons donc par là que Jésus-Christ est Fils de Dieu et Fils de Marie. Il est Fils de Dieu et Fils de l’homme. Selon la chair, il est né de la postérité de David, mais selon l’Esprit de sainteté, il est déclaré Fils de Dieu avec puissance par sa résurrection d’entre les morts. Ro. 1, 3-4.

Il s’agit ici de Christ manifesté en chair. Dans cette chair de la postérité de David, il a engagé son combat sacerdotal par l’esprit de sainteté, contre la chair, en s’offrant lui-même en sacrifice par la puissance d’un esprit éternel, et en ayant été mis à mort quant à la chair, mais rendu vivant quant à l’esprit. Lorsqu’est venu le temps où il a été élevé à la perfection, il a pu dire : Tout est accompli. Il s’était alors dépouillé de sa chair, qu’il donnait pour la vie du monde, et il était devenu un deuxième Adam, un esprit vivifiant, contrairement au premier Adam, qui était devenu une âme vivante. Jésus avait eu cette âme, lui aussi, mais il l’avait vidée. És. 53, 12 (trad. norv.). Ici, nous voyons à nouveau la lutte entre la chair et l’esprit. À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards (il verra que l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains). C’est cela qui est à l’origine de tout progrès. Les réveils qu’on voit ici et là ne sont que des réveils de grâce. Si l’œuvre du Seigneur (la volonté du Seigneur, trad. norv.) ne prospère pas après le réveil, les hommes par qui le réveil s’est produit ne sont rien, et ceux qui ont été réveillés ne sont rien.

Ce que Dieu veut c’est notre sanctification.

Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédek. Mais qui est donc ce Melchisédek ?

Après qu’Abram fut revenu vainqueur de Kedorlaomer et des rois qui étaient avec lui, le roi de Sodome sortit à sa rencontre dans la vallée de Schavé, qui est la vallée du roi.

Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : Il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre ! Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dîme de tout.

Après chaque victoire spirituelle, des représentants du royaume de Satan et du royaume de Dieu viennent manifester leur présence. L’un est le roi de Sodome, et l’autre est Melchisédek, le plus grand sacrificateur de Dieu. À qui allons-nous maintenant attribuer l’honneur d’avoir remporté la victoire ? Le roi de Sodome a offert à Abraham toutes les richesses, si seulement il pouvait avoir les personnes. Melchisédek bénit Abraham et le fortifie avec le vin et le pain, une image de la chair et du sang de Christ. Si Abraham n’avait pas eu un entendement de berger, mais seulement de la cupidité, il se serait vendu lui-même au roi de Sodome et aurait reçu les richesses, et il aurait laissé les personnes partir avec le roi. Plus tard, sans doute, le roi de Sodome se serait servi des mêmes personnes pour reprendre les richesses de la main d’Abraham. Cependant, Abram répond au roi de Sodome : Je lève la main vers l’Éternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre : Je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier, afin que tu ne dises pas : J’ai enrichi Abram.

Nous voyons ici le noble entendement d’Abraham, un entendement victorieux. Et nous voyons ici le ministère de Melchisédek pour une âme victorieuse. Il a fortifié Abraham avec le vin et le pain. Ge. 14, 18. Maintenant, Jésus a triomphé de toutes les principautés et les puissances. Il siège maintenant comme souverain sacrificateur fidèle à la droite de Dieu, et il va toujours à la rencontre d’une âme victorieuse avec du pain et du vin, avec de la consolation et de l’espérance. Tandis que Satan vient avec de la gloire (de la vaine gloire) et des richesses. Combien de prédicateurs, après de grands réveils, ne se sont-ils pas laissé tromper par des richesses – les richesses du roi de Sodome. Et puis ils ont vendu les personnes pour un salaire sordide. Et ils ont aussi renoncé à la bénédiction de Melchisédek et son pain et son vin. Voilà pourquoi on ne connaît pas Jésus-Christ comme grand souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.

V. 7-10. C’est lui qui, dans les jours de sa chair, ayant présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu’il fût Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes, et qui, après avoir été élevé à la perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.

Jésus a été sauvé de la mort à cause de sa piété. De quelle mort a-t-il été sauvé ? Il devait mourir pour nos péchés, mais il a pourtant été sauvé de la mort. Il a souffert la mort selon la chair, et a été rendu vivant quant à l’esprit. Jésus a dû mener un grand combat pour être sauvé de la mort dont il parle.