L'épître aux Hébreux - chapitre 3

septembre 1937

L’épître aux Hébreux

par J. O. Smith
Chapitre 3

V. 1-2. C’est pourquoi, frères saints, qui avez part à la vocation céleste, considérez (prêtez attention à, trad. norv.) l’apôtre et le souverain sacrificateur de la foi que nous professons, Jésus, qui a été fidèle à celui qui l’a établi, comme le fut Moïse dans toute sa maison.

Prête attention à Jésus en tant qu’apôtre. C’est une œuvre d’apôtre d’annoncer la lumière à ceux qui sont assis dans les ténèbres. Le Messie devait souffrir et lui, le premier à ressusciter d’entre les morts, devait annoncer la lumière au peuple et aux nations. Ac. 26, 23. Après avoir été tenté par Satan, et après avoir appris que Jean avait été jeté en prison, Jésus vint demeurer à Capernaüm, située près de la mer, dans le territoire de Zabulon et de Nephtali.

À partir de ce moment-là, Jésus a commencé son ministère d’apôtre. Il avait été tenté par Satan et était resté fidèle. Jean avait été jeté en prison, il ne pouvait donc pas s’appuyer sur lui. Maintenant, il se tenait là, avec une vocation céleste, de la puissance et de la lumière en lui-même, contre tout un monde de méchanceté et de ténèbres – sans un seul point d’appui dans ce monde. Prête attention à Jésus dans cette situation – c’est en vérité une attitude d’apôtre. Ésaïe prophétise : Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, et sur ceux qui étaient assis dans l’ombre de la mort, la lumière s’est levée. Mt. 4, 13-16.

Prête attention à Jésus comme souverain sacrificateur. C’est Dieu qui l’avait appelé à être souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek. L’œuvre de souverain sacrificateur de Jésus commence après qu’une mort a eu lieu quant aux transgressions commises sous la première alliance. Hé. 9, 15. Il est alors le Médiateur d’une nouvelle alliance ; l’alliance qui est inscrite dans les cœurs et les entendements. On n’entend quasiment jamais de prêche sur Jésus en tant que souverain sacrificateur ; la raison en est qu’ils ne le connaissent pas en tant que tel. On ne le connaît que comme sacrifice expiatoire pour le péché. L’œuvre de Jésus en tant que souverain sacrificateur, c’est qu’il fait de nous des sacrifices pour le péché dans le corps terrestre de Christ. Col. 1, 22. À l’intérieur du corps de Christ, il ne suffit pas d’avoir la connaissance « du péché et de la grâce ». Cette connaissance doit être approfondie pour inclure la connaissance de la mort de Christ en nous. C’est ainsi que le ministère de Médiateur peut s’exercer. Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre chair mortelle. 2 Co. 4, 11.

Ces choses sont écrites pour ceux qui ont eu part à une vocation céleste. Sans cette vocation, il est impossible de confesser et de comprendre Jésus comme apôtre et souverain sacrificateur.

Jésus a été fidèle envers celui qui l’a établi dans ce ministère. C’est aussi par la fidélité que nous pouvons recevoir de la lumière sur Jésus en tant que souverain sacrificateur, sur le fait qu’il a été établi en tant que tel dans les jours de sa chair, par la fidélité dont il a fait preuve envers son Père céleste en toutes sortes de choses. Le souverain sacrificateur applique cette fidélité à nous, qui obéissons à la vocation céleste. Le bien et le mal, la vérité et le mensonge nous sont enseignés jusque dans les moindres détails. À chaque instant, il faut faire des choix. Nous devons faire preuve ici de fidélité divine, si nous voulons faire partie du troupeau qui suit l’Agneau partout où il va. Ap. 14, 4. Suivre l’Agneau, cela signifie que nous sommes sans cesse mis à mort, comme l’Agneau. Il faut toujours renoncer à sa volonté propre. Dieu a toujours raison, et nous avons tort. Nous devons constamment l’admettre. C’est ainsi que nous prêtons attention à Jésus comme souverain sacrificateur, et à la manière dont il a été établi dans ce ministère.

V. 3-6. Car il a été jugé digne d’une gloire d’autant supérieure à celle de Moïse que celui qui a construit une maison a plus d’honneur que la maison même.

Moïse a été fidèle dans toute la maison de Dieu. La maison est devenue visible grâce à la loi. Dieu s’est fait connaître sous le nom du Seigneur, l’Éternel. Le corps a pris forme. Tout péché qu’un homme puisse commettre se trouve hors du corps. La loi est venue à cause des transgressions, et tous les sacrifices faits selon la loi permettaient la purification de la chair. Le corps est ainsi apparu. Dieu, qui était précédemment connu comme un Dieu grand et puissant, s’est maintenant fait connaître comme Seigneur. Le rocher qui les suivait était Christ. C’était un grand honneur pour Moïse d’avoir été fidèle dans tout son service dans la maison. Mais c’est Christ qui a fait la maison, et le constructeur d’une maison a plus d’honneur que la maison elle-même. Ceci est la différence entre l’honneur de Moïse et l’honneur de Christ.

Chaque maison est construite par quelqu’un, mais celui qui a construit toutes choses, c’est Dieu.

Christ a présenté la maison qui a été faite par Dieu, avant que Moïse ne naisse dans ce monde. Cette maison avait été rendue invisible à cause des transgressions et du péché. Mais par la loi et les sacrifices, la maison, qui est le corps, est apparue. L’honneur de Moïse, c’est d’avoir été fidèle dans ce ministère.

Mais Christ l’est comme Fils sur sa maison ; et sa maison, c’est nous, pourvu que nous retenions jusqu’à la fin la ferme confiance et l’espérance dont nous nous glorifions.

Toutes choses ont été créées par Christ et pour Christ. La maison a été créée bien avant Moïse. Mais avec la chute, la maison est devenue invisible. Le ministère de Moïse l’a rendue à nouveau visible. Mais le ministère de Moïse n’était pas capable de purifier l’intérieur de la maison, seulement l’extérieur, par des sacrifices de toutes sortes. Mais quand Christ est venu, lui qui avait fait la maison, il est entré dans la maison et a condamné le péché dans la chair. Ro. 8, 3. Il a purifié la maison à l’intérieur et a fait ce qui était impossible à la loi. Il s’est revêtu de la chair et du sang, comme les enfants, et a ainsi pu entrer dans la maison. Et une fois entré, il a lié l’homme fort (Satan) et l’a jeté dehors avec tous ses instruments. La volonté de Satan a été écrasée, parce que Jésus venu en chair et en sang n’a fait que la volonté de son Père, et non pas la volonté qui se trouvait dans la chair et le sang. Ceci est tout à fait facile à comprendre, par la foi. Sa maison c’est nous, maintenant. Il habite dans nos cœurs par la foi, et nous l’y avons sanctifié comme Seigneur. Ce ne sont plus Satan et la chair qui sont les maîtres. Bien au contraire, nous avons crucifié la chair avec ses passions et ses désirs. De cette manière, Satan est écrasé sous nos pieds, et sa volonté est anéantie. C’est Christ qui est notre tête, et il produit en nous le vouloir et le faire – en opposition complète à la volonté de la chair et de Satan. De cette manière, nous sommes la maison de Christ, et nous avons un plus grand ministère que celui de Moïse, qui n’annonçait que la pureté extérieure. Dans la puissance de Christ par le Saint-Esprit, nous pouvons annoncer la pureté intérieure et extérieure. Nous pouvons chanter le cantique de Moïse et de l’Agneau. Moïse avait le témoignage de l’eau, mais nous avons le témoignage de l’Esprit, de l’eau et du sang, à condition d’être fidèles à celui qui parle du haut des cieux.